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Le premier projet forestier de grande ampleur de l’Afrique dans le cadre du Protocole de Kyoto

Disponible en: English
Communiqué de presse n°:2010/279/SDN

Contact: 

Personnes à contacter :
World Vision Australie – Bill Pheasant, + 61 3 9287 2282, bill.pheasant@worldvision.com.au
World Vision Éthiopie – Tamirat Yirgu, +521116 293349, tamirat_yirigu@wvi.org 
Banque mondiale, Washington – Isabel Hagbrink, + 1 202-458-0422, ihagbrink@worldbank.org


NAIROBI, 3 mars 2010 — En marge du Forum africain du carbone prévu tous les ans, une nouvelle initiative visant à générer des retombées bénéfiques aux plans écologique et financier pour les communautés locales vivant dans les zones pauvres situées sur les hauteurs de l’Éthiopie a été annoncée aujourd’hui même à Nairobi.

 

Le Projet de régénération naturelle assistée de Humbo est le premier projet forestier de grande ampleur en Afrique à être homologué dans le cadre du Mécanisme de développement propre du Protocole de Kyoto. Il générera des retombées économiques et sociales pour les communautés pauvres en Éthiopie, mais aussi des effets bénéfiques pour l’environnement car il réduira d’environ 880 000 tonnes les émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère au cours des 30 prochaines années.

 

Le Président-Directeur général de World Vision Australie, M. Tim Costello, a affirmé que le Projet de régénération naturelle assistée de Humbo, qui a été mis en place par l’agence internationale World Vision en partenariat avec la Banque mondiale, est un exemple très réussi de reboisement qui réduit la pauvreté tout en luttant contre le changement climatique.

 

« World Vision travaille depuis plus de 20 ans avec les communautés pour la mise en œuvre de projets compatibles avec l’environnement qui créent des emplois et font reculer la pauvreté », a-t-il déclaré. « Le revenu généré par les crédits carbone est sans doute un surcroît de ressources fort appréciable, mais le projet offre d’autres avantages tangibles tels que le renforcement des capacités de surmonter les effets sur le climat.

 

Le Projet Humbo est le fruit de la collaboration entre plusieurs organisations à l’échelle de plusieurs continents, qui bénéficie de l’assistance des bureaux de World Vision en Australie et en Éthiopie, de la Banque mondiale, de l’Agence éthiopienne pour la protection de l’environnement, ainsi que des administrations locales et régionales et de la communauté. Il a permis de restaurer plus de 2 700 hectares de terres dégradées à Humbo au sud-ouest de l’Éthiopie depuis 2007. L’homologation du Projet par les Nations unies ouvre la voie à la vente future de crédits carbone représentant plus de 338 000 tonnes (d’ici à 2017), dont le Fonds BioCarbon de la Banque mondiale achètera l’équivalent de 165 000 tonnes sous forme de crédits carbone.  

 

Le Fonds BioCarbon est une initiative bénéficiant de contributions venant du secteur public et du secteur privé. Il achète des réductions d’émissions à des projets de boisement et de reboisement dans le cadre du MDP, ainsi qu’à des projets sectoriels portant sur l’aménagement des terres hors du cadre du MDP, tels que les projets qui contribuent à la Réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des sols (REDD) et à l’accroissement des quantités de carbone piégées dans les sols par l’emploi de pratiques agricoles améliorées.

 

La vente de crédits carbone dans le cadre du Fonds BioCarbon génèrera un flux de revenus de plus de 700 000 dollars pour les communautés locales sur une période d’au moins dix ans. La communauté pourra bénéficier d’autres revenus par la vente des crédits carbone qui n’ont pas été achetés par la Banque mondiale ainsi que de la vente de produits du bois provenant d’îlots boisés désignés dans le cadre du Projet.

 

Le Projet Humbo est le plus vaste projet forestier de la Banque mondiale en Afrique à obtenir l’homologation du MDP. « À cette date, l’Afrique abrite moins de 2 % des projets homologués par le MDP. La promotion de projets d’aménagement des terres et de protection des forêts dans cette région est une condition essentielle au changement du statu quo. Sans cela, il sera difficile d’obtenir l’adhésion des pays africains à un régime climatique après Kyoto. À cet égard, l’homologation de ce projet revêt une signification toute particulière », selon Mme Inger Andersen, Directrice, Développement durable (Région Afrique) pour la Banque mondiale.

 

« Nous sommes convaincus que le projet encouragera les promoteurs du projet à accroître les initiatives d’aménagement des terres et des forêts dans cette région, permettant ainsi aux pays africains de mettre à profit les débouchés qu’offrent les marchés du carbone en pleine croissance tout en générant des retombées supplémentaires pour les communautés aux plans social, économique et environnemental ».

 

La Directrice nationale de World Vision Éthiopie, Mme Tenagne Lemma, a confié que les avantages du Projet Humbo ont été reconnus publiquement l’année dernière par le gouvernement éthiopien au cours de la Journée mondiale de l’environnement, ce qui s’est traduit par le détachement de deux agents de terrain de World Vision en vue d’appuyer l’équipe de négociation sur le changement climatique du pays. Le « modèle du projet Humbo » a été également repris dans d’autres projets de World Vision à travers le pays.

 

« Les fortes pentes que l’on rencontre sur le site du projet avaient été aplanies depuis le début des années 70 et étant donné qu’il ne reste presque plus d’arbres à cet endroit, l’érosion et les coulées de boue sont courantes pendant la saison pluvieuse », a-t-elle ajouté. « La situation est tout à fait différente aujourd’hui ».

 

« La multiplication des retombées pour la communauté à travers l’amélioration de l’aménagement des terres et les effets bénéfiques qui en découleront pour la santé, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations ont dépassé les prévisions les plus optimistes. Ce qui est bien plus encourageant que les revenus liés au carbone, c’est le revenu généré par la vente du fourrage, des fruits forestiers et, enfin, la récolte sélective des produits du bois qui contribue à la fourniture de moyens d’existence aux ménages et au développement de l’économie locale et qui dépasse de loin les recettes provenant du carbone ».

 

Quoique les approches classiques du reboisement font appel à la replantation onéreuse des arbres en puisant dans les stocks des pépinières, plus de 90 % de la zone d’implantation du projet Humbo a été reboisé en recourant à la Régénération naturelle des forêts gérée par les exploitants (FMNR), qui encourage les repousses à partir de souches d’arbres déjà abattus, mais encore vivants. À l’aide de cette méthode, une vaste « forêt souterraine » a été mise à jour et des essences forestières locales génératrices de biodiversité, dont certaines sont menacées, ont été restituées à la région.

 

À ce jour, trente projets forestiers ont été homologués dans le cadre du MDP et ce projet est le cinquième projet LULUCF à être homologué dans le cadre du Fonds BioCarbon de la Banque mondiale. La mise en place de tels projets d’aménagement des terres, de modification de l’utilisation des terres et d’aménagement forestier (LULUCF) est indispensable, en particulier sur un continent qui n’a pas vu généralement se concrétiser un grand nombre de projets dans le cadre du MDP.

 

La majorité des 80 millions d’éthiopiens tirent leurs moyens de subsistance de l’agriculture, qui représente 50 % du PIB et fournit 80 % des emplois. World Vision intervient dans la zone de Humbo en Éthiopie depuis la grande famine de 1984-1985 qui a coûté la vie à un demi-million de personnes. 

 

Pour de plus amples renseignements sur le Fonds BioCarbon, prière visiter le site web suivant :

http://www.wbcarbonfinance.org

 

Pour de plus amples renseignements sur le Forum africain du carbone, prière visiter le site suivant : http://www.africacarbonforum.com/2009/english/index.htm 

 




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