Données sur le développement maintenant en libre accÚs

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  • Le Groupe de la Banque mondiale rend libre d’accĂšs plus de 2 000 statistiques sur les finances, le commerce, la santĂ©, l’économie et le dĂ©veloppement sur son nouveau site : donnees.banquemondiale.org
  • 330 indicateurs sont d'ores et dĂ©jĂ  accessibles en libre accĂšs en français, espagnol et en arabe.
  • Les experts pensent que cette nouvelle politique d'ouverture des donnĂ©es permettra de stimuler l'innovation.

Le 20 avril 2010 – Le Groupe de la Banque mondiale a annoncĂ© aujourd’hui que celle-ci mettait en libre accĂšs plus de 2 000 statistiques sur les finances, le commerce, la santĂ© et le dĂ©veloppement humain et Ă©conomique qui, pour la plupart, n’étaient disponibles que par abonnements payants.

Cette dĂ©cision, qui s’inscrit dans le cadre d’un effort plus vaste pour accroĂźtre l’accĂšs Ă  l’information de la Banque mondiale, signifie que les chercheurs, les journalistes, les organisations non gouvernementales (ONG), les entrepreneurs et les Ă©coliers seront tous en mesure de puiser dans les bases de donnĂ©es de la Banque mondiale Ă  partir d’un nouveau site web, donnees.banquemondiale.org.

Les experts affirment que l’initiative de donnĂ©es ouvertes de la Banque mondiale a le potentiel de favoriser une prise de dĂ©cisions plus Ă©clairĂ©e en matiĂšre de politiques dans les pays en dĂ©veloppement en apportant davantage de chercheurs et d’analyse novatrice au processus de dĂ©veloppement. Cette dĂ©cision aura probablement Ă©galement pour effet de stimuler la demande pour des donnĂ©es et d’accroĂźtre la capacitĂ© des pays de produire de telles donnĂ©es, disent-ils.

De plus, pour la premiĂšre fois, les donnĂ©es seront disponibles dans d’autres langues que l’anglais. En effet, 330 indicateurs seront initialement traduits en français, en espagnol et en arabe.

« Il est important de mettre Ă  la disposition de tous les donnĂ©es et le savoir de la Banque mondiale », affirme le prĂ©sident de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick. « Les statistiques racontent l’histoire des personnes vivant dans les pays en dĂ©veloppement et dans les pays Ă©mergents et, Ă  ce titre, elles peuvent jouer un rĂŽle important dans la lutte contre la pauvretĂ©. »

Un libre accùs pour stimuler l’innovation et l’autonomisation

Hans Rosling, co-fondateur de la fondation Gapminder et militant pour le libre accĂšs des donnĂ©es de la Banque mondiale, ajoute : « C’est ce qu’il faut faire parce que cela favorisera l’innovation. L’innovation, c’est ce qu’il y a de plus important. »

Ce dernier espĂšre que cette dĂ©cision inspirera la crĂ©ation d’un plus grand nombre d’outils pour visualiser les donnĂ©es, amĂ©liorera la comprĂ©hension des dĂ©fis relatifs au dĂ©veloppement Ă  l’échelle mondiale et donnera l’exemple pour que d’autres institutions internationales fassent de mĂȘme.

« Le vrai pouvoir des donnĂ©es ouvertes est l’immense potentiel de transformation des donnĂ©es en savoir et en applications utiles qui peuvent accroĂźtre la transparence et la responsabilitĂ© sociale des donateurs », ajoute Aleem Walji, directeur de la nouvelle pratique sur l’innovation de l'Institut de la Banque mndiale (World Bank Institute - WBI). « Un accĂšs libre et ouvert Ă  des donnĂ©es peut rendre autonomes les citoyens afin qu’ils participent directement au processus de dĂ©veloppement. »

De potentielles applications pourraient fusionner ou combiner les ensembles de donnĂ©es issus des Indicateurs du dĂ©veloppement dans le monde de la Banque mondiale avec des donnĂ©es au niveau local sur les flux d’aide au sein d’un pays dans le but de rĂ©vĂ©ler dans quelle mesure l’aide internationale rĂ©pond vraiment aux besoins des segments les plus pauvres et les plus vulnĂ©rables de la sociĂ©tĂ©. Monsieur Walji ajoute que la Banque mondiale lancera un concours d’ « Applications pour le dĂ©veloppement » plus tard cette annĂ©e pour inciter les dĂ©veloppeurs informatiques du monde entier Ă  « transformer les ensembles de donnĂ©es en nouvelles applications pour contribuer Ă  surmonter les dĂ©fis actuels en matiĂšre de dĂ©veloppement tels que la mortalitĂ© infantile, l’analphabĂ©tisme et l’extrĂȘme pauvretĂ©.

Des données et statistiques accessibles à tous

Des chercheurs et experts en dĂ©veloppement ont dĂ©clarĂ© qu’ils estiment que la dĂ©cision de la Banque mondiale de mettre ses donnĂ©es en libre accĂšs aura un impact majeur.

« C’est certain puisque le cƓur de notre travail, ce sont les donnĂ©es », dĂ©clare James Foster de l’universitĂ© George Washington, un Ă©conomiste dont les recherches nĂ©cessitent souvent de mesurer la pauvretĂ©. « Être capable de voir le monde tel qu’il est et de communiquer avec les autres au sujet de notre interprĂ©tation de ce que nous voyons, c’est l’essence mĂȘme de notre travail. »

« Plus important encore, cette dĂ©cision aura un impact indirect (ou peut-ĂȘtre direct) majeur sur le bien-ĂȘtre des personnes pauvres dans le monde Ă©tant donnĂ© que les politiques que nous voulons tant bien Ă©laborer seront beaucoup mieux Ă©clairĂ©es avec de meilleures donnĂ©es. En plus, un plus grand nombre d’individus pourront dĂ©sormais examiner ces donnĂ©es », ajoute M. Foster.

Au Maroc, l’économiste et statisticien Abdelkhalek Touhami de l’Institut national de statistique et d’économie appliquĂ©e (INSÉA) affirme que l’initiative de la Banque mondiale permet d’« éliminer un important obstacle ». Mettre Ă  la disposition des chercheurs des donnĂ©es de qualitĂ© dans une langue qu’ils comprennent amĂ©liorera la qualitĂ© de leurs recherches et peut inspirer les gouvernements Ă  faire de mĂȘme, dit-il.

« À l’heure actuelle, il n’y a presque pas de donnĂ©es disponibles et il est trĂšs difficile d’avoir accĂšs aux donnĂ©es existantes. Une initiative comme celle-ci envoie un message aux gouvernements : ils doivent faciliter l’accĂšs Ă  leurs donnĂ©es », souligne-t-il.

Michael Tierney, coordonnateur de l’Initiative Aiddata, qui suit le financement du dĂ©veloppement, affirme qu’une plus grande transparence au niveau des donnĂ©es des pays favorisera une meilleure coordination des donateurs.

« Si vous pouviez convaincre les pays non membres de l’OCDE en particulier
 qu’il y a des avantages Ă  la transparence, alors des personnes comme moi qui Ă©tudient l’aide Ă©trangĂšre, ou des personnes qui coordonnent l’aide, qui travaillent par exemple sur des projets d’eau au Guatemala, bĂ©nĂ©ficieront de cette transparence parce qu’ils sauront Ă  titre d’exemple ce que font les organisations russes et chinoises dans le domaine de l’eau au Guatemala », dit-il.

Des données sur plus de 200 pays

Le nouveau site web, donnees.banquemondiale.org, offre un plein accÚs aux données de 209 pays, et certaines de ces données couvrent une période de 50 ans. Les utilisateurs pourront télécharger des ensembles complets de données pour un pays ou un indicateur donné, avoir rapidement accÚs à des données brutes, cliquer sur un bouton pour commenter les données, envoyer un message électronique et partager les données avec des sites sociaux et les médias, affirme Neil Fantom, statisticien principal à la Banque mondiale.

Le site web rĂ©pond aux besoins de chacun. Il est adaptĂ© « à la personne qui n’a qu’une minute et qui sait vraiment ce qu’elle cherche, tout comme Ă  la personne qui veut faire des recherches et explorer la base de donnĂ©es, tout comme Ă  un dĂ©veloppeur d’application qui souhaite un lien direct Ă  une base de donnĂ©es ou qui ne souhaite que tĂ©lĂ©charger une base de donnĂ©es « en bloc » et quitter le site », ajoute Shaida Badiee, directrice du Groupe de gestion des donnĂ©es sur le dĂ©veloppement de la Banque mondiale.

Les donnĂ©es proviennent de diverses sources, notamment des 185 pays membres et de plus de 30 organisations internationales, organismes privĂ©s et ONG partenaires. Au nombre des bases de donnĂ©es mises Ă  la disposition du public aujourd’hui, il y a les Indicateurs de dĂ©veloppement dans le monde, les Indicateurs de dĂ©veloppement en Afrique, Global Economic Monitor, Doing Business, et Global Development Finance.

Le libre accÚs : une tendance qui a le vent en poupe !

En rendant ses bases de donnĂ©es libres d’accĂšs, le Groupe de la Banque mondiale rejoint une tendance grandissante pour les « donnĂ©es libres » Ă  l’heure oĂč les gouvernements des États-Unis et du Royaume-Uni rendent leurs donnĂ©es accessibles au public. La Banque mondiale a aussi rĂ©cemment conclu un partenariat avec Google pour rendre 39 indicateurs du dĂ©veloppement trĂšs faciles d’accĂšs et interrogeables.

« Nous sommes heureux de participer à la révolution des données ouvertes », dit Nicole Frost qui est au nombre de ceux qui mÚnent à bien un effort pour moderniser le site web de la Banque mondiale.

« Nos donnĂ©es vont avoir un nouveau public cible qu’elles n’avaient jamais eu auparavant. Les Ă©tudiants des Ă©coles secondaires de Des Moines (Iowa), de Dakar (SĂ©nĂ©gal) et du Caire (Égypte) vont avoir accĂšs aux donnĂ©es de la Banque mondiale. Nos donnĂ©es vont ĂȘtre intĂ©grĂ©es dans un si grand nombre de moteurs de recherche diffĂ©rents dans le monde que nous allons pouvoir toucher des gens comme jamais auparavant et qui, nous l’espĂ©rons, continueront de naviguer et d’en apprendre davantage au sujet des enjeux relatifs au dĂ©veloppement et des engagements de notre organisation. »

Un changement de stratt pour la Banque

L’Initiative de donnĂ©es ouvertes marque un tournant dans la maniĂšre dont la Banque mondiale diffuse ses donnĂ©es. PrĂ©cĂ©demment, elle avoir recours Ă  un rĂ©seau privĂ© de distributeurs pour acheminer l’information vers 1 000 sites et 25 millions d’utilisateurs abonnĂ©s dans le monde. Les Indicateurs du dĂ©veloppement dans le monde, un ensemble de donnĂ©es populaire et largement utilisĂ© sur le dĂ©veloppement humain et d’autres donnĂ©es, Ă©taient initialement disponibles sur CD-ROM et disquettes il y a 15 ans.


Cette carte montrant la déforestation au RondÎnia (Brésil)
est un exemple de visualisation de données.

« Nous changeons le cours des choses et nous allons essayer un processus de distribution trĂšs diffĂ©rent qui nĂ©cessitera que les personnes intĂ©ressĂ©es viennent Ă  nous plutĂŽt que ce soit nous qui allions vers eux pour tenter de connaĂźtre l’usage qu’ils font de ces donnĂ©es », dĂ©clare Eric Swanson, directeur de programme et dirigeant de la grappe de suivi mondial du Groupe de gestion des donnĂ©es sur le dĂ©veloppement de la Banque mondiale.

« Les gens ont dĂ©sormais les compĂ©tences pour accĂ©der aux donnĂ©es et pour en faire des applications et des applications composites », ajoute M. Fantom. « Regardez les dĂ©veloppeurs d’applications qui ont du succĂšs en ce moment et vous remarquerez qu’ils utilisent des donnĂ©es de tierces parties. Nous voulions donc tirer parti de cet environnement-lĂ  et nous estimons qu’il s’agit d’un modĂšle appropriĂ© pour repousser les limites de l’utilisation des donnĂ©es. »

« J’aimerais que cette initiative fasse la promotion de l’utilisation de donnĂ©es dans les pays en dĂ©veloppement et que cela stimule en particulier l’élaboration de politiques basĂ©es sur des faits dans nos pays clients ainsi que la demande pour des donnĂ©es afin que la capacitĂ© de ces pays de produire de telles donnĂ©es s’amĂ©liore », ajoute-t-il.

Sabina Alkire, directrice de Oxford Poverty and Human Development Initiative s’estime chanceuse qu’on lui ait donnĂ© un CD-ROM contenant les donnĂ©es des Indicateurs du dĂ©veloppement dans le monde lorsqu’elle a terminĂ© ses Ă©tudes. « Je n’aurais jamais eu les moyens de me l’acheter. »

Elle dit qu’elle espĂšre que la nouvelle politique de donnĂ©es ouvertes de la Banque mondiale permettra une mise Ă  jour plus frĂ©quente des donnĂ©es sur la pauvretĂ© et davantage d’innovation.

« Plus il y a de personnes qui ont accĂšs aux donnĂ©es, plus elles peuvent interagir avec ces donnĂ©es, y rĂ©flĂ©chir, les Ă©tudier et les expĂ©rimenter. Il s’agit d’une bonne chose puisque, en faisant cela, vous permettez Ă  la crĂ©ativitĂ© de beaucoup d’esprits de s’exprimer, d’ĂȘtre en mesure de crĂ©er et d’innover, d’expĂ©rimenter ces donnĂ©es et de voir s’ils peuvent parvenir Ă  une analyse plus intĂ©ressante. »


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