Pour une action plus rapide et coordonnée contre la malnutrition

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WASHINGTON, le 24 avril 2010 — La malnutrition tue jusqu’à 3 millions de mĂšres et de jeunes enfants chaque annĂ©e. Face Ă  ce problĂšme, plusieurs ministres et responsables d’organismes d’aide au dĂ©veloppement et d’organisations de la sociĂ©tĂ© civile prĂ©sents au RĂ©unions de printemps de la Banque mondiale et du FMI viennent de lancer un appel aux gouvernements du monde entier pour qu’ils fassent un effort supplĂ©mentaire en vue de rĂ©duire de moitiĂ© le taux de malnutrition Ă  l’horizon 2015 — un des objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire (ODM).

 

Lors d’une table ronde de haut niveau sur la nutrition co-organisĂ©e Ă  Washington par le Canada, le Japon, l’Agence des États-Unis pour le dĂ©veloppement international (USAID) et la Banque mondiale, ces ministres et autres hauts responsables ont entendu les intervenants rappeler comment une meilleure nutrition (qualifiĂ©e d’ODM « oublié » du fait d’avoir Ă©tĂ© depuis longtemps nĂ©gligĂ©e par les donateurs) permettrait non seulement de rĂ©duire nettement la faim et la malnutrition, mais aussi d’amĂ©liorer sensiblement la santĂ© des mĂšres et des enfants Ă  travers le monde. Les recherches dans ce domaine montrent en effet que des mĂšres mal nourries ne peuvent pas mettre au monde des enfants sains, et que des enfants sous-alimentĂ©s courent un plus grand risque de dĂ©cĂ©der prĂ©maturĂ©ment. 

 

Axer les interventions en matiĂšre de nutrition sur cette pĂ©riode propice, de la prĂ©conception Ă  2 ans, est donc primordial dans le but d’atteindre une bonne partie des ODM, Ă  commencer par les objectifs 4 et 5. Mais alors que ce type d’investissement peut s’avĂ©rer trĂšs rentable, les derniers chiffres de l’OCDE Ă  ce sujet montrent que la part des programmes d’aide au dĂ©veloppement consacrĂ©e Ă  la nutrition reste modeste, avec des engagements infĂ©rieurs Ă  300 millions de dollars par an.

 

Des ministres des finances et de la planification de pays comme le Rwanda, le Guatemala, la Bolivie ou l’Éthiopie figuraient parmi les hauts responsables prĂ©sents Ă  la rĂ©union, ainsi que Josette Sheeran, directrice exĂ©cutive du Programme alimentaire mondial (PAM). Et Ă  cette occasion ont Ă©tĂ© annoncĂ©es deux sĂ©ries d’initiatives et d’engagements importants destinĂ©s Ă  accroĂźtre l’effort d’investissement dans la nutrition, avec les avantages que cela entraĂźnera plus largement pour le dĂ©veloppement.

 

« En tant qu’un des pays chefs de file pour les investissements en micronutriments, le Canada se fĂ©licite de l’attention renouvelĂ©e accordĂ©e au niveau international Ă  la nutrition comme prioritĂ© de dĂ©veloppement », a dĂ©clarĂ© Beverley J. Oda, ministre canadienne de la CoopĂ©ration internationale. « Nous avons travaillĂ© sans relĂąche avec nos partenaires internationaux dans ce domaine de la nutrition pour insuffler cet Ă©lan, et nous nous ferons les dĂ©fenseurs de la nutrition dans le cadre de l’initiative pour la santĂ© maternelle et infantile lors du Sommet du G8, en juin. »           

 

Les participants Ă  la rĂ©union ont par ailleurs exprimĂ© leur soutien pour une nouvelle initiative intitulĂ©e Scaling up Nutrition: A Framework for Action (a) (Renforcer la nutrition : Un cadre d’action, prĂ©sentĂ©e sur le site de la Fondation internationale pour la nutrition : www.inffoundation.org/publications/policy-brief.htm (a)). Soutenu par de multiples partenaires, ce projet se donne de lutter contre la malnutrition au moyen d’interventions ayant fait leurs preuve et d’un bon rapport coĂ»t-efficacitĂ© pour viser en prioritĂ© les femmes enceintes et les enfants de moins de 24 mois.

 

Ce dispositif a dĂ©jĂ  reçu l’aval de plus de 80 groupes — institutions multilatĂ©rales et bilatĂ©rales, organismes universitaires ou de recherche, organisations de la sociĂ©tĂ© civile — actifs dans les domaines de la nutrition et du dĂ©veloppement. Ceux qui Ă©taient prĂ©sents Ă  la rĂ©union, tenue au siĂšge de la Banque, ont vu dans ce nouveau cadre d’action une initiative « historique », de par la façon dont les milieux actifs dans ce secteur au niveau mondial se sont ralliĂ©s autour d’un programme commun et de solutions uniformes aux problĂšmes posĂ©s par la malnutrition.

 

Selon la Banque mondiale, la malnutrition est une cause dĂ©cĂšs majeure chez les femmes et les jeunes enfants partout dans le monde, et mĂȘme les personnes qui ont assez de chance pour ne pas y succomber Ă©tant enfants continuent d’en subir les effets prĂ©judiciables pour le reste de leur vie. Ces individus risquent en effet d’accuser un retard dans le dĂ©but de leur scolaritĂ©, sont plus prĂ©disposĂ©s que d’autres Ă  ne pas l’achever et sont moins aptes aux Ă©tudes du fait que leurs fonctions intellectuelles et leurs capacitĂ©s d’apprentissage ont Ă©tĂ© compromises dĂšs leur plus jeune Ăąge.

 

« Non seulement la malnutrition signifie que des enfants ont Ă  souffrir, mais elle en fait aussi des individus moins productifs Ă  l’ñge adulte », a dĂ©clarĂ© Ă  ce sujet Robert B. Zoellick, prĂ©sident du Groupe de la Banque mondiale. « Il nous faut briser le cercle vicieux de la pauvretĂ© et de la malnutrition, afin de donner des chances aux personnes concernĂ©es et d’assurer une croissance soutenue au plan Ă©conomique. Le nouveau cadre d’action multipartenaires reprĂ©sente un appel conjoint Ă  l’action pour cet “ODM oubliĂ©â€. »

 

À l’occasion de cette rĂ©union, l’USAID a annoncĂ© pour la premiĂšre fois la liste des pays prioritaires pour son programme Feed the Future, initiative de grande envergure qui cherche Ă  cibler les causes mĂȘme de la famine et se donne d’agir Ă  l’échelle nationale pour rĂ©duire la pauvretĂ© et lutter contre la faim et la dĂ©nutrition. L’USAID travaille ainsi aux cĂŽtĂ©s de pays d’Afrique, d’Asie et d’AmĂ©rique latine Ă  la mise en place de vastes programmes multisectoriels destinĂ©s Ă  promouvoir la sĂ©curitĂ© alimentaire et la nutrition, notamment en renforçant la productivitĂ© du secteur agricole, en Ă©largissant l’accĂšs aux marchĂ©s, en rĂ©duisant la sous-alimentation et en amĂ©liorant les capacitĂ©s de rĂ©sistance aux chocs qui affectent la sĂ©curitĂ© alimentaire.

 

« Selon The Lancet, jusqu’à 3 millions de mĂšres et de jeunes enfants meurent de malnutrition chaque annĂ©e », a dĂ©clarĂ© Ă  cet Ă©gard Rajiv Shah, administrateur de l’USAID. « La nutrition a trop longtemps Ă©tĂ© dissociĂ©e des pratiques agricoles et des politiques alimentaires. Il faut nous employer Ă  rendre les aliments enrichis plus accessibles et Ă  renforcer le recours aux mĂ©thodes Ă©prouvĂ©es pour modifier quand il le faut les comportements en matiĂšre d’alimentation et de soins chez les femmes et les jeunes enfants, par le biais de programmes Ă  l’échelon des communautĂ©s. L’approche que nous Ă©laborons aujourd’hui marque un tournant dans la façon dont nous concevons les interactions entre l’agriculture et les politiques en matiĂšre de nutrition. »

 

La liste prioritaire de Feed the Future annoncĂ©e lors de la rĂ©union comprend les pays suivants : en Afrique, Éthiopie, Ghana, Kenya, LibĂ©ria, Mali, Malawi, Mozambique, Ouganda, Rwanda, SĂ©nĂ©gal, Tanzanie et Zambie ; en Asie, Bangladesh, Cambodge, NĂ©pal et Tadjikistan ; en AmĂ©rique latine, Guatemala, HaĂŻti, Honduras et Nicaragua.

 

À l’entame des cinq derniĂšres annĂ©es du compte Ă  rebours menant Ă  l’échĂ©ance de 2015 fixĂ©e pour la rĂ©alisation des ODM, certains signes indiquent que les prix alimentaires ont recommencĂ© Ă  augmenter dans les pays en dĂ©veloppement, ce qui a fait dire Ă  David Nabarro, reprĂ©sentant spĂ©cial du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies Ban Ki-Moon sur la sĂ©curitĂ© alimentaire et la nutrition : « La sĂ©curitĂ© alimentaire et nutritionnelle est la condition prĂ©alable pour une vie dĂ©cente et productive et la rĂ©alisation de tous les objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire. Il est de notre responsabilitĂ© collective d’assurer la sĂ©curitĂ© alimentaire et nutritionnelle pour tous par une synergie couvrant la gamme complĂšte des secteurs concernĂ©s. Le cadre de “Scaling Up Nutrition” — ou SUN — nous offre la possibilitĂ© Ă  tous de nous mobiliser autour d’une nouvelle approche intelligente pour parvenir Ă  des rĂ©sultats largement supĂ©rieurs sur le plan du dĂ©veloppement. »

 

Lors de la rĂ©union, il a Ă©tĂ© question du fonds fiduciaire mis en place par le Japon pour accroĂźtre les investissements en matiĂšre de nutrition, lequel se donne de renforcer les capacitĂ©s opĂ©rationnelles pour des interventions dans les pays oĂč le fardeau de la malnutrition est Ă©levĂ©, de maniĂšre Ă  stimuler les investissements et Ă  porter Ă  un niveau supĂ©rieur l’appui de l’Association internationale de dĂ©veloppement dans ce domaine. L’objectif est d’établir une plateforme commune pour permettre Ă  la communautĂ© internationale d’accroĂźtre les ressources nĂ©cessaires au renforcement des prestations de services dans les pays oĂč ce fardeau est le plus Ă©levĂ©.

 

« En traitant les multiples aspects de la  sous-alimentation chez les plus jeunes enfants d’aujourd’hui, les pays et les communautĂ©s seront plus forts et rĂ©sistants dans la perspective de chocs futurs tels que les crises alimentaires, Ă©nergĂ©tiques et financiĂšres », a dĂ©clarĂ© Nobumitsu Hayashi, directeur gĂ©nĂ©ral adjoint du Bureau international du ministĂšre japonais des Finances. « Le moment est venu de coordonner l’action et d’harmoniser le financement Ă  l’échelle mondiale et nationale. »

 

La rĂ©union a Ă©galement Ă©tĂ© l’occasion pour le ministĂšre britannique du DĂ©veloppement international (DFID) d’annoncer une initiative pour la sĂ©curitĂ© alimentaire et nutritionnelle en Asie du Sud, qui financera des activitĂ©s dans cinq pays de cette rĂ©gion — Afghanistan, Bangladesh, Inde, NĂ©pal et Pakistan. MenĂ©e conjointement par le DFID et la Banque mondiale, cette initiative a pour but d’amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© alimentaire et la situation nutritionnelle dans l’ensemble de la rĂ©gion, et elle se donne pour cela de perfectionner les donnĂ©es disponibles dans ce domaine, d’accroĂźtre la sensibilisation au problĂšme et de renforcer les capacitĂ©s.

 

Tout au long de cette rĂ©union, les membres des dĂ©lĂ©gations des pays reprĂ©sentant une multitude de secteurs d’activitĂ©s (finance, santĂ©, planification, agriculture et protection sociale, entre autres), ainsi que les reprĂ©sentants des organisations de la sociĂ©tĂ© civile et des partenaires bilatĂ©raux, ont soulignĂ© les progrĂšs rĂ©alisĂ©s mais aussi les enjeux restant Ă  surmonter pour mettre en Ɠuvre sur une plus grande Ă©chelle des mĂ©thodes effectives et Ă©prouvĂ©es afin de remĂ©dier au flĂ©au de la malnutrition.

 

« Beaucoup d’organismes de la sociĂ©tĂ© civile Ă  travers le monde sont ravis de voir qu’il y a dĂ©sormais un consensus au plan international sur la stratĂ©gie la plus effective pour s’attaquer Ă  la malnutrition », a notamment dĂ©clarĂ© David Beckmann, prĂ©sident de Bread for the World. « Cela fournit des bases solides et politiquement attractives pour une action. »

 

La rĂ©union a par ailleurs donnĂ© aux participants l’occasion de voir le clip vidĂ©o rĂ©cemment mis en ligne sur ce sujet, Investing in Nutrition: Let’s Grow Together. Tous se sont accordĂ©s Ă  dire que les investissements en matiĂšre de nutrition doivent se focaliser sur cette pĂ©riode propice, de la prĂ©conception Ă  2 ans, pour avoir le plus d’impact sur la mortalitĂ© infantile, la santĂ© maternelle, le dĂ©veloppement physique et intellectuel des enfants, ainsi que les perspectives de croissance et de productivitĂ© Ă©conomiques des pays. 

 

Mais cette approche doit s’appliquer en parallĂšle Ă  des avancĂ©es dans d’autres domaines — santĂ© gĂ©nĂ©sique, protection sociale, Ă©galitĂ© des sexes, dĂ©veloppement du jeune enfant, agriculture et sĂ©curitĂ© alimentaire —, ainsi que dans les programmes de lutte contre la pauvretĂ© en gĂ©nĂ©ral. Ce sur quoi ont insistĂ© les participants, c’est qu’une bonne nutrition est un droit humain fondamental pour tous les enfants.

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À propos des organisations co-organisatrices

 

Agence canadienne de développement international

L’Agence canadienne de dĂ©veloppement international (ACDI) soutient une approche fondĂ©e sur des donnĂ©es d'observation pour guider les investissements en matiĂšre de nutrition, en mettant l’accent sur des activitĂ©s d’un coĂ»t abordable, Ă  fort impact et Ă  mĂȘme de produire des rĂ©sultats durables. Le Canada joue un rĂŽle de chef de file en matiĂšre d’investissements dans les micronutriments ; il est le principal bailleur de fonds pour les programmes de fourniture de vitamine A, une importante source de financement pour les programmes d’iodation du sel, et l’un des principaux contributeurs aux activitĂ©s d’alimentation scolaire du Programme alimentaire mondial. Pour en savoir plus sur l’action menĂ©e par l’ACDI Ă  l’appui des efforts en matiĂšre de nutrition, veuillez visiter son site.

 

Gouvernement japonais

Le Gouvernement japonais est dĂ©terminĂ© Ă  soutenir l’accroissement des investissements en matiĂšre de nutrition dans les pays oĂč le fardeau de la malnutrition est Ă©levĂ©. Le fonds fiduciaire qu’il a mis en place avec la Banque mondiale dans ce domaine, en juillet 2009, a pour but de renforcer les capacitĂ©s des pays de maniĂšre Ă  stimuler les investissements et Ă  gĂ©nĂ©rer une demande en matiĂšre de nutrition. 

 

Agence des États-Unis pour le dĂ©veloppement international

L’Agence des États-Unis pour le dĂ©veloppement international (USAID) est l’organisme par le biais duquel les AmĂ©ricains dispensent depuis prĂšs de 50 ans une assistance dans le domaine Ă©conomique et humanitaire Ă  travers le monde. Feed the Futureest l’initiative lancĂ©e par le Gouvernement amĂ©ricain pour lutter contre la faim et promouvoir la sĂ©curitĂ© alimentaire au niveau mondial, en s’attaquant aux causes fondamentales de la famine et de la pauvretĂ©. L’USAID soutient dans plus de 20 pays des programmes de nutrition qui touchent au total plus de 20 millions d’enfants. Pour en savoir plus Ă  ce sujet, veuillez visiter son site web (a).

 

Banque mondiale

La Banque mondiale est dĂ©terminĂ©e Ă  inverser les tendances de la sous-alimentation chez les catĂ©gories de population les plus vulnĂ©rables, Ă  savoir les femmes enceintes et les enfants de moins de 2 ans, en renforçant les investissements en matiĂšre de nutrition dans les pays oĂč le fardeau de la malnutrition est Ă©levĂ©. Elle peut tabler pour cela sur son aptitude Ă  agir Ă  l’échelon multisectoriel, Ă  mettre en place de solides systĂšmes de gouvernance et moyens de mise en Ɠuvre de programmes, ainsi que sur sa capacitĂ© d’intervention Ă  l’échelle voulue dans les pays. Pour en savoir plus sur l’appui fourni par la Banque aux investissements en matiĂšre de nutrition, veuillez visiter  son site web (a) consacré à ce dossier (vous pouvez aussi visiter www.worldbank.org/hnp (a) et cliquer sur le lien « Nutrition »).

 

(a) indique une page en anglais.




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