POINT DE PRESSE : Conférence de presse du Comité du développement

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Conférence de presse du Comité du développement
Remarques, questions et réponses
Le 25 avril 2010

M. HANLON : Mesdames et messieurs, bonjour ! Bienvenues et merci beaucoup de vous ĂȘtre joints Ă  nous sans prĂ©avis. 

Le ComitĂ© du dĂ©veloppement vient de se terminer. Bien, commençons cette confĂ©rence de presse ! Nous allons vous lire un communiquĂ© de M. le ministre Al Khalifa, le nouveau prĂ©sident du ComitĂ© du dĂ©veloppement, puis nous Ă©couterons Bob Zoellick, et enfin le directeur gĂ©nĂ©ral, M. Strauss-Kahn. À la suite de quoi, bien entendu, nous nous ferons un plaisir de rĂ©pondre Ă  vos questions.

Nous allons maintenant donner la parole à notre nouveau président du Comité de développement, M. le ministre Al Khalifa.

Monsieur le ministre, si vous voulez bien.

M. AL KHALIFA : Merci.

Mesdames et messieurs, bienvenues Ă  cette confĂ©rence de presse sur la rĂ©union du ComitĂ© de dĂ©veloppement qui s’est tenue aujourd’hui. J’ai le plaisir d’accueillir Ă  mes cĂŽtĂ©s Dominique Strauss-Kahn et Bob Zoellick.

Je suis ravi de vous informer du programme de mesures ambitieuses que nous avons approuvĂ© aujourd’hui lors de notre rĂ©union du ComitĂ© du dĂ©veloppement : de nouvelles injections de capital, une nouvelle stratĂ©gie, de nouvelles rĂ©formes internes et le franchissement d’une nouvelle Ă©tape dĂ©cisive dans l’augmentation du pouvoir de vote des pays en dĂ©veloppement et en transition (DTC) dans le processus de prise de dĂ©cision du Groupe de la Banque.

Il s’agit d’une rĂ©novation sans prĂ©cĂ©dent dans l’histoire du Groupe de la Banque mondiale et c’est un honneur pour moi que ma premiĂšre prestation en tant que prĂ©sident du CD soit d’animer cette rĂ©forme, dont l’enjeu est d’adapter le rĂŽle de la Banque Ă  un monde en rapide Ă©volution.

Essentiellement ces mesures garantiront que le Groupe de la Banque mondiale puisse continuer Ă  assurer sa mission de rĂ©duction de la pauvretĂ© et de soutien des pays confrontĂ©s aux dĂ©fis du dĂ©veloppement de l’aprĂšs-crise.

Quoique le ComitĂ© se soit fĂ©licitĂ© de la rĂ©ponse impressionnante du Groupe de la Banque mondiale face Ă  la crise, SFI comprise, nous sommes conscients que l’extension de ses opĂ©rations de prĂȘt a Ă©galement créé une pression supplĂ©mentaire sur la structure financiĂšre actuelle de la Banque ainsi que sur sa structure institutionnelle et sa gouvernance, ce qui nous incite Ă  faire porter nos efforts sur la gestation d’une nouvelle Banque mondiale pour le nouveau monde de l’aprĂšs-crise qui nous attend.

Vous trouverez tous les dĂ©tails dans notre communiquĂ© et dans le document de synthĂšse mais permettez-moi quand mĂȘme de vous donner quelques brĂšves explications. En combinant une augmentation de capital gĂ©nĂ©rale avec une augmentation sĂ©lective, nous avons donnĂ© notre aval Ă  une augmentation de grande envergure du capital de la BIRD d’un montant de 86,2 milliards de dollars, dont 5,1 milliards seront libĂ©rĂ©s. Sans cette injection de capital, nous aurions Ă©tĂ© contraints de procĂ©der Ă  d’importantes rĂ©ductions des prĂȘts bancaires. De mĂȘme, la Banque n’aurait pas Ă©tĂ© en mesure de mettre en Ɠuvre sa nouvelle orientation stratĂ©gique de l’aprĂšs-crise.

Ces orientations remettent l’accent sur la raison d’ĂȘtre de la Banque, qui est de vaincre la pauvretĂ©, tout en rĂ©visant ses prioritĂ©s pour s’adapter Ă  une Ă©conomie mondiale en pleine mutation. La Banque mettra en Ɠuvre ces nouvelles orientations stratĂ©giques avec plus d’efficacitĂ© et de transparence conformĂ©ment au programme de rĂ©formes internes, de rĂ©formes de son fonctionnement opĂ©rationnel et de rĂ©formes de sa gouvernance. Un nouveau Groupe de Banque pour un monde nouveau se doit d’ĂȘtre reprĂ©sentatif.

Ceci m’amĂšne Ă  ce qui doit ĂȘtre en quelque sorte l’élĂ©ment essentiel du programme, le rĂ©alignement des actions. C’est la rĂ©forme de la gouvernance la plus importante pour les pays en dĂ©veloppement et en transition, Ă©galement dĂ©nommĂ©s DTC. En droite ligne de la rĂ©forme Ă  laquelle le Groupe de la Banque mondiale avait appelĂ© depuis 2002 Ă  Monterrey, le rĂ©alignement de la rĂ©partition portera les pouvoirs de vote des DTC Ă  prĂšs de 47,2 % Ă  la BIRD et Ă  prĂšs de 39,5 % Ă  la SFI. Ce rĂ©alignement des actions constitue en fait la deuxiĂšme phase d’une rĂ©forme des pouvoirs de vote dans le cadre d’un effort pour augmenter les pouvoirs des DTC et faire Ă©voluer le processus de prise de dĂ©cision au sein de la BIRD.

La premiĂšre phase qui a fait l’objet d’un accord en 2008 a fait progresser la part des DTC de prĂšs de 1,5 % par une augmentation des voix de base. Cette deuxiĂšme phase augmentera le pouvoir de vote des DTC de plus de 3,1 points de pourcentage. Cela reprĂ©sentera donc au total une Ă©volution de prĂšs de 4,6 % des pouvoirs de vote Ă  la BIRD sur l’ensemble des deux phases.

Pour la SFI l’évolution en faveur des DTC est de prĂšs de 6,1 points de pourcentage.

Le rĂ©alignement des actions tient compte de l’évolution du poids Ă©conomique des pays membres et de leur contribution Ă  la mission de dĂ©veloppement de la Banque, y compris de leurs contributions Ă  l’IDA, le fonds de la Banque destinĂ© aux plus pauvres.

Le programme prĂ©voit Ă©galement des mesures de protection spĂ©ciales pour garantir le pouvoir de vote des pays pauvres les plus petits. Pour entretenir la dynamique, l’accord introduit un examen rĂ©gulier de la rĂ©partition du capital tous les cinq ans.

Pour le prochain examen de la rĂ©partition du capital de la BIRD, en 2015, il lance un programme de travail et un plan d’action en vue d’établir une rĂ©fĂ©rence pour une formule dynamique reflĂ©tant les principes convenus Ă  Istanbul au mois d’octobre dernier.

La conclusion de l’accord d’aujourd’hui une annĂ©e plus tĂŽt que prĂ©vu n’a Ă©tĂ© possible qu’au prix d’efforts intenses et constructifs consentis par les 186 actionnaires de la Banque et cet accord est d’autant plus important qu’il intervient Ă  un moment oĂč il est trĂšs difficile de parvenir Ă  des accords multilatĂ©raux entre pays dĂ©veloppĂ©s et pays en dĂ©veloppement.

Mesdames et messieurs, notre ComitĂ© a donnĂ© son aval Ă  un nouveau Groupe de la Banque mondiale dans un monde nouveau, nouveau en termes d’orientation stratĂ©gique, nouveau en termes de ressources et nouveau en termes de gouvernance.

Merci beaucoup.

M. HANLON : Merci beaucoup, M. le ministre Al Khalifa.

Nous allons maintenant passer la parole au président de la Banque mondiale, Robert Zoellick.

M. ZOELLICK : Je tiens tout d’abord Ă  remercier notre prĂ©sident pour le magnifique travail qu’il a accompli.

Aujourd’hui a Ă©tĂ© un beau jour pour le multilatĂ©ralisme et je voudrais commencer par remercier nos 186 pays actionnaires pour leur vote de confiance sans faille au Groupe de la Banque mondiale.

Le ComitĂ© du dĂ©veloppement a approuvĂ© un programme de rĂ©formes sans prĂ©cĂ©dent dans l’histoire de la Banque qui lui permettra de continuer Ă  servir les intĂ©rĂȘts des personnes pauvres dans les pays en dĂ©veloppement.

Chacun des volets de ce programme est important. Ensemble ils représentent une transformation dynamique du Groupe de la Banque mondiale.

L’augmentation de capital signifie que nous n’aurons plus Ă  redouter l’éventualitĂ© d’ĂȘtre contraints Ă  restreindre le crĂ©dit bancaire Ă  la fin de cette annĂ©e. Nous sommes entrĂ©s dans cette crise bien armĂ©s sur le plan du capital grĂące Ă  des politiques financiĂšres saines. Nous avons dispensĂ© un montant record de 105 milliards de dollars d’aide financiĂšre depuis que la crise a commencĂ© Ă  se faire sentir en juillet 2008. Cet apport de capital supplĂ©mentaire signifie que nous pourrons continuer Ă  jouer le rĂŽle qui est attendu de nous.

Nous avons Ă©galement bien avancĂ© dans la voie d’accroĂźtre la reconnaissance et l’influence des pays en dĂ©veloppement au sein du Groupe de la Banque mondiale. L’aval donnĂ© Ă  l’évolution du pouvoir de vote est capital pour la lĂ©gitimitĂ© de la Banque. Il montre clairement qu’il est temps de relĂ©guer des concepts dĂ©passĂ©s comme celui de « Tiers-Monde Â» aux oubliettes de l’histoire.

Aujourd’hui le monde Ă©volue vers une nouvelle forme d’économie, en mutation rapide et multipolaire. Les pays en dĂ©veloppement reprĂ©sentent des sources clĂ©s de demande pour alimenter cette reprise, susceptibles, avec le temps, de devenir autant de pĂŽles de croissance. La Banque mondiale doit Ă©voluer pour prendre en compte ces rĂ©alitĂ©s nouvelles.

Ce changement du pouvoir de vote, accordant plus de 47 pour cent des voix aux pays en dĂ©veloppement est une Ă©tape marquante. J’espĂšre que les pays en dĂ©veloppement atteindront la paritĂ© avec le temps. Notre prochain examen de la rĂ©partition prĂ©vu en 2015, sera la prochaine Ă©tape dans ce processus.

Ce programme est une premiĂšre pour la Banque. Jamais auparavant la Banque n’avait tentĂ© de modifier le pouvoir de vote tout en appelant simultanĂ©ment Ă  une augmentation gĂ©nĂ©rale du capital pour accroĂźtre ses ressources. C’était un programme ambitieux, trop ambitieux mĂȘme au goĂ»t de certains, mais nous avons travaillĂ© dur avec nos États membres pour dĂ©montrer notre valeur ajoutĂ©e et parvenir Ă  un accord qui soit dans nos intĂ©rĂȘts mutuels. C’est la concrĂ©tisation d’une forme moderne de multilatĂ©ralisme. Chaque actionnaire y gagne et tous participent. Plus de la moitiĂ© des ressources proviennent des pays en dĂ©veloppement, mĂȘme en tenant compte des augmentations de prix et du plein usage des investissements dans leurs parts. Cet accord est encore plus important si l’on considĂšre la difficultĂ© actuelle Ă  parvenir Ă  une coopĂ©ration multilatĂ©rale, des Ă©changes commerciaux au changement climatique.

Le ComitĂ© du dĂ©veloppement a Ă©galement approuvĂ© notre stratĂ©gie pour la pĂ©riode de l’aprĂšs-crise ainsi que notre programme de rĂ©formes pour la modernisation de la Banque ; maintenant, il s’agit de faire passer tout cela dans les faits.

Nous en sommes donc reconnaissants Ă  nos actionnaires et avons trĂšs envie de nous mettre au travail.

Merci.

M. HANLON : Merci, monsieur.

Et nous allons maintenant passer la parole au directeur général, M. Strauss-Kahn, si vous voulez bien.

M. STRAUSS-KAHN : En fait je n’ai pas grand chose Ă  ajouter Ă  ce que viennent de dire le prĂ©sident et Bob Zoellick.

C’est un grand jour pour la Banque mondiale, tant pour ce qui est de son capital que de la rĂ©forme du quota. Nous ne sommes pas directement concernĂ©s par cette augmentation de capital, parce qu’au Fonds nous n’avons pas de capital mais le changement de la quote-part nous intĂ©resse et, comme vous le savez, nous devons faire la mĂȘme chose pour la fin de cette annĂ©e. Cela devrait se faire d’ici la fin de l’annĂ©e, j’espĂšre. Et ce qui a Ă©tĂ© fait Ă  la Banque nous a beaucoup aidĂ© parce que cela a Ă©videmment bien prĂ©parĂ© le terrain.

Donc je pense que ce que tous deux ont dit est le vrai message et, dans le sillage de la crise, les deux Ă©tablissements-sƓurs de Bretton Woods ont beaucoup Ă©voluĂ© pour ĂȘtre prĂȘts Ă  relever les dĂ©fis du 21Ăšme siĂšcle. Cela se fait progressivement. Je ne crois pas Ă  un grand jour oĂč tout changerait mais, rĂ©union aprĂšs rĂ©union, la maniĂšre dont nous fonctionnons, notre mandat, la lĂ©gitimitĂ© de nos Ă©tablissements, Ă©voluent et aujourd’hui est, sans conteste, un jour trĂšs important pour l’histoire du Groupe de la Banque mondiale.

Je souhaite donc les fĂ©liciter tous les deux, naturellement, et l’ensemble du ComitĂ©, pour ce qui a Ă©tĂ© accompli, et j’espĂšre qu’il sera aussi efficace quand ce sera notre tour.

M. HANLON : Merci beaucoup, monsieur.

Nous allons maintenant passer à vos questions. Je vous demande de bien vouloir indiquer votre nom, le nom de votre organisation et un micro vous sera tendu pour que nous puissions vous entendre haut et clair.

Voyons, Harry Dunphy d’Associated Press, s’il vous plaüt.

QUESTION : Harry Dunphy, AP.

M. Zoellick, craignez-vous que l’instabilitĂ© du marchĂ© provoquĂ©e par la crise de l’endettement de la GrĂšce puisse faire dĂ©railler la reprise Ă©conomique mondiale, alors qu’elle commence Ă  peine, et qu’elle complique la tĂąche de la Banque mondiale pour protĂ©ger les pays en dĂ©veloppement contre les effets de la rĂ©cession ?

M. ZOELLICK : C’est une question dĂ©licate selon moi, non seulement pour la GrĂšce et l’Europe, mais aussi pour l’économie mondiale. C’est pourquoi je pense que le fait que les membres de l’Union europĂ©enne se soient dĂ©cidĂ©s Ă  faire appel aux capacitĂ©s et ressources du FMI, a Ă©tĂ© une Ă©tape importante parce que cela permet de montrer comment un groupe rĂ©gional, qui a ses propres besoins et intĂ©rĂȘts particuliers, peut fonctionner avec une institution mondiale et c’est ce que Dominique et moi avons essayĂ© de faire, non seulement dans ce cas-ci mais dans d’autres.

Donc je sais qu’ils y travaillent jour aprĂšs jour et il est important qu’ils rĂ©ussissent.

M. HANLON : OK. Question suivante.

Ces messieurs du premier rang, s’il vous plaüt.

QUESTION : Je suis Toshi Ogata de Asahi Shimbun, un journal japonais.

J’ai une question Ă  poser Ă  M. Zoellick. Avec ce rĂ©alignement des pouvoirs de vote, la Chine deviendra le numĂ©ro trois en termes de pouvoir de vote. Pourriez-vous, dans ce cas, nous en dire plus sur ce que cela signifie ainsi que ce que vous attendez de la Chine en tant que partie prenante responsable.

M. ZOELLICK : Je vous rĂ©pondrai d’abord que le Japon est numĂ©ro [sic] et que les États-Unis demeurent numĂ©ro un.

En fait, ce que cette Ă©volution reflĂšte est un accord auquel ont abouti nos actionnaires, parce que ce sont eux qui doivent dĂ©cider de la rĂ©partition pour essayer de la faire correspondre aux changements de l’économie mondiale.

Maintenant une chose importante Ă  savoir concernant ce changement c’est que notre mĂ©thode est, pour la premiĂšre fois â€“ une rĂ©orientation par rapport Ă  celle du FMI, bien que la cohĂ©rence demeure. Ainsi, lorsque nous avons fait nos calculs, nous avons pris en compte la taille de l’économie mondiale, en utilisant des mesures de pouvoir d’achat mais aussi de taux de change et Ă©galement, en tant qu’institution du dĂ©veloppement, de la contribution au dĂ©veloppement notamment de la contribution Ă  l’IDA, notre fonds destinĂ© aux plus pauvres. Et ceci se devait de reflĂ©ter les contributions faites dans le passĂ©, le Japon, par exemple, ayant fait des contributions gĂ©nĂ©reuses, mais aussi d’en encourager de nouvelles, destinĂ©es notamment Ă  certains des pays en dĂ©veloppement et en transition.

Et le reprĂ©sentant japonais a mentionnĂ© aujourd’hui Ă  quel point il est important, compte tenu de l’historique du Japon en tant que bĂ©nĂ©ficiaire des dons de la Banque mondiale et de l’IDA, puis plus tard en tant que contributeur trĂšs, trĂšs important, que d’autres suivent son exemple, et c’était une bonne remarque Ă  faire.

Dans le cas de la Chine, sa part a augmentĂ© en raison de sa part croissante dans l’économie mondiale. Dans la derniĂšre contribution que nous avons faite Ă  l’IDA fin 2007, IDA15, la Chine a fait une contribution pour la premiĂšre fois. Cette contribution Ă©tait certes modeste comparĂ©e Ă  celle du Japon, des États-Unis et de l’Europe, mais il Ă©tait symbolique qu’elle franchisse le pas et, pour moi, les pays en dĂ©veloppement peuvent apporter une contribution sous diffĂ©rentes formes. Une partie de ces contributions peut se faire par l’intermĂ©diaire d’instruments comme l’IDA, mais d’autres formes – il existe d’autres aspects, par exemple, la croissance de la Chine et de l’Asie de l’Est est trĂšs importante pour les cours des matiĂšres premiĂšres ; cela a Ă©tĂ© important pour l’AmĂ©rique latine. La Chine est un investisseur de plus en plus important et nous travaillons avec elle sur certains de ces investissements en Afrique.

Mais tout aussi importants sont les investissements du monde en dĂ©veloppement des pays dĂ©veloppĂ©s [sic] tels que le Japon. Nous avons donc travaillĂ© en Ă©troite collaboration avec le Japon l’annĂ©e derniĂšre dans le cadre de la ConfĂ©rence internationale de Tokyo sur le dĂ©veloppement africain ou TICAD, qui catalyse les efforts de dĂ©veloppement et d’investissement du Japon en Afrique.

Il représente donc vraiment bien ce que nous avons tous déclaré ici, que nous nous dirigeons vers une économie multipolaire. Les institutions doivent évoluer avec eux.

M. HANLON : OK. Passons la parole au premier rang, si vous voulez bien.

QUESTION : Merci. Mon nom est Winston Nojugomocali [ph.], d’Africa Week Ă  Londres.
Ma question s’adresse à M. Hamed Khalifa.

Dans votre dĂ©claration vous avez mentionnĂ© un â€“ un programme ambitieux, une nouvelle stratĂ©gie et une avancĂ©e sans prĂ©cĂ©dent pour la nouvelle Banque mondiale. 

Et le président de la Banque mondiale parlait de concepts dépassés.

Pourriez-vous me dire si nous parlons maintenant de la Banque mondiale, du FMI et d’autres pays occidentaux comme abordant les problĂšmes non pas pour envisager si les pays suscitent l’intĂ©rĂȘt des puissances occidentales ou d’une façon gĂ©nĂ©rale si ces pays ont besoin d’aide et, plutĂŽt que dans l’intĂ©rĂȘt de l’AmĂ©rique ou de la Grande-Bretagne, dans des termes qui tiennent Ă©galement compte de la crise bancaire rĂ©cente oĂč la communautĂ© internationale a rĂ©ussi Ă  trouver des billions de dollars pour sauver les Banques alors que, Ă  l’heure oĂč nous parlons, nous avons toujours du mal Ă  trouver de l’argent pour â€“ lutter contre la pauvretĂ©.

Merci beaucoup.

M. AL KHALIFA : Merci. Eh bien, il me semble trĂšs important de noter que beaucoup d’efforts ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s pour arriver Ă  l’accord conclu cet aprĂšs-midi, et cela n’a Ă©tĂ© possible que parce que 186 pays en ont discutĂ© entre eux et abouti au consensus nĂ©cessaire.

Ce qui est important c’est que â€“ la Banque mondiale offre une assistance Ă  beaucoup de pays du monde et qu’elle parvienne Ă  atteindre les pauvres dans beaucoup de zones, et pas seulement les pauvres, mais qu’elle aide aussi d’autres pays comme le mien pour lesquels les activitĂ©s hors prĂȘts de la Banque sont Ă©galement importantes, parce qu’elles nous apportent un appui technologique, elles nous apportent du savoir-faire, elles nous apportent un soutien en nous faisant connaĂźtre la façon dont d’autres pays abordent diffĂ©rentes questions.

Donc, il me semble que, si vous prenez les diffĂ©rents programmes dont s’occupe la Banque mondiale, je pense que nous avons atteint un consensus sur ce programme. Il me semble important de noter que l’accord qui a Ă©tĂ© conclu est un bon accord et je pense que tous les pays ont collaborĂ© les uns avec les autres pour que le plus de ressources possible soient aiguillĂ©es vers les pays qui en ont besoin. 

M. HANLON : Merci beaucoup.

Nous allons prendre la question suivante, s’il vous plaüt.

Ces messieurs du premier rang aussi, ici.

QUESTION : Emile Baroody de Dubai TV.

PrĂ©sident Zoellick, comment est-on arrivĂ© au rĂ©sultat de 3,13 ? Était-il basĂ© sur quelque chose ? Si c’est le cas, utilisera-t-on la mĂȘme base dans cinq ans, puis cinq ans plus tard et ainsi de suite


M. ZOELLICK : Bonne question !

Avec nos actionnaires nous avons mis au point une mĂ©thodologie pour atteindre l’augmentation de 3 pour cent qui avait Ă©tĂ© convenue avec les actionnaires lors des AssemblĂ©es annuelles d’Istanbul mais Ă©galement au G-20. Et nous avons eu recours Ă  une combinaison de la taille de l’économie avec la paritĂ© de pouvoir d’achat et les taux de change, un certain degrĂ© de contribution au dĂ©veloppement, y compris Ă  l’IDA, et diffĂ©rentes pondĂ©rations et rĂ©partitions. De plus nous avons voulu tenter de sauvegarder ceux qui Ă©taient tout en bas, ce qui nous a amenĂ©s Ă  faire quelques augmentations et Ă  attribuer des actions Ă  ceux qui Ă©taient tout en bas de l’échelle. C’est un processus qui est loin d’ĂȘtre parfait mais il nous aura au moins permis de faire travailler ensemble les 186 actionnaires.

Parce qu’il y a toujours des sensibilitĂ©s Ă  mĂ©nager, quoique tous les pays se soient mis d’accord sur la nĂ©cessite de l’évolution, ceux qui ont Ă©tĂ© contraints de renoncer Ă  certaines de leurs actions auraient Ă©videmment prĂ©fĂ©rĂ© ne pas avoir Ă  le faire et il a Ă©tĂ© convenu que le â€“ pour le prochain examen de la rĂ©partition du capital en 2015, on chercherait Ă  mettre au point une nouvelle formule et une nouvelle mĂ©thodologie qui se devraient de reflĂ©ter ces variables et que cela se ferait dans le cadre d’un processus dynamique, ouvert et transparent.

Les difficultĂ©s commencent toujours lorsqu’on rentre dans le dĂ©tail de telles dispositions, d’aprĂšs l’expĂ©rience de diffĂ©rentes nĂ©gociations. Pour moi, ce qui est important, c’est qu’ils avaient tous promis qu’ils le feraient et qu’ils aient tenu parole.

M. HANLON : OK.

Voyons ce qu’en pensent ces messieurs du deuxiùme rang du Dow Jones, s’il vous plaüt.

QUESTION : Tom Barkley du Dow Jones.

M. Zoellick, pourriez-vous nous parler des difficultĂ©s potentielles de faire valider l’augmentation de capital par le CongrĂšs des États-Unis ? PrĂ©voyez-vous de rencontrer des difficultĂ©s Ă  ce niveau et que faudrait-il faire d’autre pour que ces rĂ©formes progressent ?

M. ZOELLICK : Eh bien, d’abord, pour ce qui est de votre deuxiĂšme question, quand nous avons montĂ© ce programme d’augmentation des ressources financiĂšres, nous avons eu recours Ă  un ensemble de mesures : des augmentations de prix, l’augmentation spĂ©ciale du capital, l’augmentation gĂ©nĂ©rale du capital.

Une mesure importante tenait au fait que nous avions comptabilisĂ© dans nos livres les investissements antĂ©rieurs rĂ©alisĂ©s dans les pays en dĂ©veloppement en les libellant dans la devise locale, Ă  laquelle nous ne pouvions pas avoir accĂšs, et nous avons donc travaillĂ© avec ces pays pour y avoir maintenant accĂšs. Cela a reprĂ©sentĂ© un important pas en avant pour certains des principaux pays en dĂ©veloppement. Moi-mĂȘme et d’autres pensons qu’il n’est que juste que, si vous achetez des actions, vous ayez accĂšs au capital, mais ce n’était pas exigĂ© prĂ©cĂ©demment et ceci permettra de rĂ©colter 1 milliard de dollars de plus.

C’est important parce que lorsqu’on s’adresse aux parlements ou aux instances lĂ©gislatives -- non seulement aux États-Unis mais aussi au Canada, en Europe et au Japon, je pense qu’il est important de montrer qu’il faut se partager le fardeau.

Et l’un des points que j’ai soulignĂ©s est que, aprĂšs avoir participĂ© Ă  la nĂ©gociation d’accords sur le commerce et sur le changement climatique entre autres, il est assez significatif qu’au moins la moitiĂ© de la contribution Ă  ce programme provienne des pays en dĂ©veloppement. Cela dĂ©montre une rĂ©elle volontĂ© de mutualisation et de partage des fardeaux.

Ceci dit, tous les pays sont soumis Ă  d’importantes contraintes budgĂ©taires, y compris les États-Unis, comme vous l’avez Ă©voquĂ©. Nous avons donc travaillĂ© avec l’Administration, le TrĂ©sor. J’ai dĂ©jĂ  rendu visite Ă  un certain nombre de membres du CongrĂšs, Ă  divers groupes du collĂšge Ă©lectoral et, mĂȘme si je ne m’attends pas Ă  ce que cela soit facile sur aucun plan, j’ai reçu un assez bon accueil initial, y compris, par exemple, Ă  la Chambre de commerce des États-Unis, qui est consciente que la croissance du monde en dĂ©veloppement va ĂȘtre un facteur important pour le dĂ©veloppement de leurs entreprises. Ils ont donc offert de nous soutenir, de mĂȘme qu’un certain nombre de groupements professionnels – ils ont dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  Ă©crire des lettres au CongrĂšs pour obtenir son appui, dont certains avec lesquels j’avais l’habitude de travailler au sujet des Ă©changes commerciaux.

Il me semble important de noter qu’un autre message, en plus de celui de partage du fardeau est le fait que ce programme global de rĂ©formes que nous mettons en avant aujourd’hui dans l’ouverture et la transparence est quelque chose de similaire Ă  la Loi sur la libertĂ© d’information pour notre nouvelle Initiative d’accĂšs libre aux donnĂ©es, Ă  la gouvernance et Ă  la lutte contre la corruption. Tout cela fait partie des Ă©lĂ©ments du programme que le CongrĂšs va souhaiter voir, Ă  mon avis. 

Et je pense Ă©galement que ceci montre bien la façon dont un investissement des États-Unis ou notre capital peuvent ĂȘtre dĂ©multipliĂ©s. Ainsi les États-Unis dĂ©tiennent environ 15 %des actions de la BIRD. Donc, si, pour chaque dollar engagĂ© par le CongrĂšs des États-Unis, vous devez multiplier cela par environ 6,5 % pour obtenir les 100 %, c’est-Ă -dire la contribution des autres actionnaires. Puis, vous la multipliez par l’effet de levier de notre emprunt, qui est d’environ cinq pour un. Faites le calcul, 6 fois 5, cela fait 30. Ainsi pour chaque dollar investi, vous recevez 30 $ de contribution au dĂ©veloppement. C’est ce qu’on peut appeler un bon et robuste rendement. Et nous essayons de dĂ©montrer au jour le jour l’efficacitĂ© et les rĂ©sultats obtenus en faisant travailler cet argent.

Il ne fait aucun doute que ceci prendra du temps Ă  l’Administration, Ă  moi-mĂȘme et Ă  d’autres, mais comme je l’ai dit, les manifestations d’intĂ©rĂȘt et les premiĂšres rĂ©actions que nous avons enregistrĂ©es au dĂ©part ont Ă©tĂ© positives.

Vous avez sans doute remarquĂ© que le PrĂ©sident Frank du ComitĂ© des opĂ©rations bancaires se disait trĂšs ouvert et globalement favorable Ă  l’idĂ©e. Il rencontre quelques problĂšmes particuliers. Le sĂ©nateur Kerry de la Commission des relations extĂ©rieures, qui est le comitĂ© d’autorisation du SĂ©nat, a fait des dĂ©clarations similaires. Je pense que nous pouvons compter sur un bon soutien de la part des RĂ©publicains.

J’ai donc bon espoir que ceci puisse devenir un succĂšs bipartite du soutien apportĂ© par l’AmĂ©rique Ă  l’internationalisme et aux institutions multilatĂ©rales, mais il faut que nous continuions Ă  assumer notre part.

M. HANLON : OK. Une derniĂšre question ! Il ne nous reste malheureusement que peu de temps. 

Passons Ă  Bloomberg, au deuxiĂšme rang, si vous le voulez bien.

QUESTION : PrĂ©sident Zoellick, Sandrine Rastello de Bloomberg.

Pourriez-vous nous donner un exemple prĂ©cis de la nouvelle stratĂ©gie que la Banque va mettre en Ɠuvre et de la façon dont vous traiterez les problĂšmes concernant le changement climatique. J’ai entendu qu’un groupe d’associations de la sociĂ©tĂ© civile ne soutenait pas l’augmentation de capital parce qu’elles redoutaient que vous financiez des projets d’énergie sale.

M. ZOELLICK : Oui, c’est possible. En fait, j’ai le sentiment qu’avec un certain nombre de groupes environnementaux, nous travaillons pas mal sur diverses questions que ce soit la biodiversitĂ©, les tigres ou d’autres.

Pour ĂȘtre plus prĂ©cis, nous proposons cinq pistes pour sortir de la crise. La premiĂšre est de concentrer les efforts sur les plus pauvres et les plus vulnĂ©rables, en particulier l’Afrique subsaharienne, et c’est un point qui a Ă©tĂ© soulignĂ© lors de notre rĂ©union d’aujourd’hui. La focalisation sur la pauvretĂ© est l’objectif principal.

DeuxiĂšmement, essayer de stimuler la croissance mondiale. Cela dĂ©coule du point que je viens d’évoquer sur les sources de croissance. 

TroisiĂšmement, le centrage sur la coopĂ©ration internationale pour les biens publics, comme â€“ des questions comme le changement climatique mais Ă©galement la santĂ© mondiale, le systĂšme financier, l’eau et d’autres questions.

Le quatriĂšme champ est celui de la gouvernance et de la lutte contre la corruption, parce que nous devons garantir que l’argent soit correctement dĂ©pensĂ©, et Ă  moins que les pays se soient appropriĂ©s le dĂ©veloppement, cela ne fonctionne pas. Il nous faut donc renforcer leurs organes de gouvernance. 

Et le cinquiÚme champ concerne la préparation pour les crises, que ce soient les tremblements de terre à Haïti ou les tsunamis ou les catastrophes de nature financiÚre.

Cela reflĂšte donc l’étendue et la diversitĂ© de notre travail avec les pays en dĂ©veloppement. Revenant Ă  la question de Tom, comme vous le savez, nous sommes un acteur clĂ© dans des pays comme HaĂŻti, l’Afghanistan ou le Pakistan. Ce sont donc des pays d’un grand intĂ©rĂȘt pour la communautĂ© des donateurs.

Quant au changement climatique, je vais me rendre littĂ©ralement Ă  l’un de nos Ă©vĂ©nements de Bali oĂč nous travaillons avec les Mexicains, qui ont accueilli la rĂ©union de Cancun, pour essayer de discuter quelle forme d’appui nous pourrions apporter au programme de changement climatique. 

Nous avons créé un certain nombre de fonds d’investissement climatiques qui ont apportĂ© des contributions de l’ordre de 5 Ă  6 milliards de dollars. Ils ont dĂ©jĂ  rencontrĂ© un trĂšs grand succĂšs. Ils ont dĂ©jĂ  permis de dĂ©multiplier ces fonds dans une proportion de prĂšs de dix pour un. Donc vous recevez Ă  peu prĂšs 50 milliards pour les 5 Ă  6 milliards que vous avez investis.

Sur ce montant, une partie provient d’autres fonds de la Banque mondiale ou des fonds de nos banques de dĂ©veloppement rĂ©gionales partenaires. 30 % provient du secteur privĂ©.

Et ceci a pu ĂȘtre accompli avec une configuration de gouvernance basĂ©e sur un nombre Ă©gal de membres au conseil d’administration. Alors ils ont portĂ© sur des projets [sic] allant d’un projet solaire d’importance majeure sur l’ensemble de l’Afrique du Nord Ă  des projets d’amĂ©lioration du rendement Ă©nergĂ©tique au Mexique.

Je suis convaincu que nous pourrions faire beaucoup plus pour venir en aide à l’Afrique subsaharienne. Il nous faut aussi faire beaucoup plus pour les petits États insulaires.

Et dans ce processus nous pouvons bien faire les choses tout en faisant du bien. Nous réorienterons les populations vers une croissance à faible teneur en carbone mais nous contribuerons également à étoffer le soutien aux négociations sur le changement climatique.

Donc, je crois, c’est un secteur clĂ© oĂč jouer gagnant-gagnant. Nous ne devons pas perdre de vue cependant, et c’est lĂ  que la question des sensibilitĂ©s entre en jeu, que : les pauvres ont besoin d’énergie pour leur croissance et dans beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne seulement 7 Ă  10 % de la population a l’électricitĂ©. Donc nous devons veiller Ă  ce que l’accĂšs Ă  l’énergie aille de pair avec des politiques saines Ă  l’égard de l’environnement.

M. HANLON : OK. Merci beaucoup, mesdames et messieurs. Nous avons beaucoup apprĂ©ciĂ© votre participation.

[Sur ce, la conférence de presse a été clÎturée à 13h12].


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