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La Banque mondiale et la Suisse lancent un appel à l’action contre le vol des avoirs et la corruption

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Communiqué de presse n°:2010/459/StAR

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Contacts :

À Paris : Rachel Winter Jones, +33-1-4069-3052, Rjones1@worldbank.org 

Valérie Chevalier, +33-1-4069-3048, Vchevalier@worldbank.org 

À Washington: Amy Stilwell, +1 (202) 458-4906, Astilwell@worldbank.org

 

PARIS, le 8 juin 2010 — Le Groupe de la Banque mondiale et le gouvernement suisse ont lancĂ© aujourd’hui un appel en faveur d’une action concertĂ©e contre le pillage des pays en dĂ©veloppement. Une grande partie de l’argent qui leur est volĂ© trouve refuge sur les places financiĂšres internationales. Le fait de ne pas endiguer et inverser ces flux criminels contribue Ă  l’appauvrissement des pays les plus pauvres.

 

Chaque annĂ©e, entre 20 et 40 milliards de dollars (environ 16,2 Ă  32,4 milliards d’euros) sont dĂ©robĂ©s aux pays en dĂ©veloppement du fait d’actes de subornation, de dĂ©tournements de fonds publics et d’autres formes de corruption. Avec 20 milliards de dollars, selon les estimations de la Banque mondiale, les pays en dĂ©veloppement pourraient financer la construction de 48 000 kilomĂštres de routes revĂȘtues Ă  deux voies, ou le traitement de premiĂšre ligne, pendant une annĂ©e complĂšte, de 120 millions de personnes atteintes du VIH/SIDA, ou encore l’approvisionnement en eau sous conduite d’environ 50 millions de mĂ©nages.

 

« Des milliards de dollars sont volĂ©s chaque annĂ©e aux pays en dĂ©veloppement, qui se trouvent ainsi privĂ©s d’opportunitĂ©s Ă©conomiques », dĂ©clare Ngozi Okonjo-Iweala, Directrice gĂ©nĂ©rale du Groupe de la Banque mondiale.

 

« Lorsque les dirigeants mondiaux se retrouveront Ă  l’occasion des rĂ©unions du G-20 et d’autres instances durant les semaines Ă  venir pour discuter de la crise Ă©conomique, des plans de relance et de la rĂ©glementation financiĂšre, la lutte contre la corruption et les vols d’avoirs devra figurer en tĂȘte de leurs prĂ©occupations ».

 

De l’avis de Micheline Calmy-Rey, Chef du DĂ©partement fĂ©dĂ©ral des affaires Ă©trangĂšres de la ConfĂ©dĂ©ration helvĂ©tique, « la corruption est l’un des principaux obstacles au dĂ©veloppement ». « C’est pourquoi la Suisse assume un rĂŽle de premier plan dans le recouvrement des avoirs mal acquis. À ce jour, nous avons rendu 1,6 milliard de dollars aux pays d’origine », ajoute la ConseillĂšre fĂ©dĂ©rale suisse.

 

Mmes Okonjo-Iweala et Calmy-Rey s’exprimaient Ă  l’ouverture de la confĂ©rence intitulĂ©e « Pas de refuge pour les biens mal acquis : un forum global sur le recouvrement des avoirs et le dĂ©veloppement », qui se dĂ©roule les 8 et 9 juin Ă  Paris. À l’occasion de ce forum, les adversaires de la corruption, venus du monde entier, aborderont les problĂšmes que posent les refuges dont bĂ©nĂ©ficient le produit de la corruption, le blanchiment des capitaux et les lacunes de la surveillance financiĂšre, et discuteront des moyens Ă  mettre en Ɠuvre pour empĂȘcher que les pays en dĂ©veloppement continuent d’ĂȘtre spoliĂ©s.

 

Le premier forum mondial jamais consacrĂ© au thĂšme du vol des avoirs et du dĂ©veloppement est coparrainĂ© par l’Initiative pour la restitution des avoirs volĂ©s (Initiative StAR) — programme conjoint de la Banque mondiale et de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) — et le gouvernement suisse.

 

La Directrice gĂ©nĂ©rale du Groupe de la Banque mondiale et la Ministre suisse des affaires Ă©trangĂšres ont appelĂ© les pays dĂ©veloppĂ©s et en dĂ©veloppement, ainsi que les secteurs privĂ© et public, Ă  collaborer dans la lutte contre la corruption. Elles ont invitĂ© les pays Ă  ratifier et Ă  mettre en Ɠuvre la Convention des Nations Unies contre la corruption  (CNUCC) en insistant sur l’importance des dispositions relatives Ă  la coopĂ©ration juridique et au recouvrement des avoirs.

 

Selon le Directeur de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), Antonio Maria Costa, «La CNUCC est au niveau mondial un bon instrument permettant de prĂ©venir et d’inverser les flux des biens mal-acquis car il s’agit du seul instrument lĂ©gal global comportant des provisions dĂ©taillĂ©es et innovantes sur le recouvrement des avoirs ». Aussi, a-t-il ajoutĂ©, « la Convention doit ĂȘtre entiĂšrement appliquĂ©e et soutenue de maniĂšre active, en particulier par les centres financiers».

 

De surcroĂźt, Mmes Okonjo-Iweala et Calmy-Rey ont invitĂ© les places financiĂšres Ă  prendre l’initiative de traiter les affaires de corruption intĂ©rieures et Ă©trangĂšres. À cet Ă©gard, le Groupe d’action financiĂšre (GAFI) — l’organisme international chargĂ© de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme — peut jouer un rĂŽle important en utilisant ses outils et en appliquant ses normes dans le combat contre la corruption.

 

S’agissant du secteur financier, Mmes Okonjo-Iweala et Calmy-Rey ont demandĂ© aux banques et aux autres institutions financiĂšres de respecter rigoureusement leur obligation de vigilance Ă  l’égard de la clientĂšle et de prendre les devants pour dĂ©tecter le produit de la corruption et en rendre compte. Le secteur privĂ© peut aller encore plus loin, par exemple en adoptant volontairement des directives en matiĂšre de lutte contre la corruption.

 

« Le secteur privĂ© peut jouer un rĂŽle crucial », estime Mme Okonjo-Iweala. « La corruption est un obstacle majeur Ă  l’investissement. Aussi, tandis que nous nous en prenons vigoureusement aux corrupteurs, les entreprises responsables doivent s’efforcer aussi d’éliminer les actes de corruption ».

 

Et, « parce que nous sommes tous l’une des causes du problĂšme, nous devons aussi ĂȘtre tous un des Ă©lĂ©ments de la solution », insiste Mme Calmy-Rey. En consĂ©quence, « nous devons collaborer pour faire en sorte que la corruption cesse d’entraver le dĂ©veloppement ».

 

L’Initiative pour la restitution des avoirs volĂ©s (StAR)

StAR est un partenariat entre le Groupe de la Banque mondiale et l’ONUDC qui soutient les efforts dĂ©ployĂ©s au plan international pour Ă©liminer les refuges dont bĂ©nĂ©ficient les fonds provenant de la corruption. StAR collabore avec les pays en dĂ©veloppement et les places financiĂšres pour prĂ©venir le blanchiment du produit de la corruption et faciliter une restitution plus systĂ©matique et plus rapide des biens mal acquis aux pays d’origine.

 

Pour de plus amples informations sur le recouvrement des avoirs mal acquis, veuillez visiter le site suivant : www.worldbank.org/star 

 


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