Le Mali va bénéficier du soutien financier de 160 millions de dollars pour relancer son agriculture

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Communiqué de presse n°:2010/453/AFR

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WASHINGTON, 3 juin 2010 - Le gouvernement du Mali va bĂ©nĂ©ficier d'un investissement de plusieurs bailleurs de fonds d’un montant de 160 millions de dollars pour accroĂźtre la productivitĂ© des exploitations agricoles familiales et des petits entrepreneurs agro-industriels et amĂ©liorer les pratiques de gestion durable des terres et des eaux.

 

Le Programme d’accroissement de la productivitĂ© agricole au Mali (PAPAM) que le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvĂ© ce jour contribuera aux objectifs spĂ©cifiques de sĂ©curitĂ© alimentaire et de croissance agricole. Il est financĂ© par un CrĂ©dit d'Investissement sectoriel (SIL en anglais) d’une durĂ©e de six ans et d’un montant de 70 millions de dollars provenant de l'Association internationale de dĂ©veloppement (IDA), d’une subvention de 6,2 millions de dollars du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et d’un don de 14,64 millions d'euros (Ă©quivalent Ă  19,5 millions de dollars) du Fonds de rĂ©ponse Ă  la crise alimentaire financĂ© par l'Union europĂ©enne. Le Fonds international de dĂ©veloppement agricole (FIDA) co- financera le projet Ă  hauteur de 32 millions de dollars. Le projet bĂ©nĂ©ficiera Ă©galement d’un financement parallĂšle supplĂ©mentaire du FEM d’un montant de 1,9 million de dollars devant ĂȘtre mis en Ɠuvre par le Programme des Nations unies pour le dĂ©veloppement (PNUD).

 

La contribution de l’État malien au projet est estimĂ©e Ă  23,7 millions de dollars sous forme d'exonĂ©ration  de taxes. La participation des bĂ©nĂ©ficiaires est estimĂ©e Ă  6,7 millions de dollars.

 

« Le projet proposĂ© est axĂ© sur trois volets visant Ă  rĂ©soudre les principaux obstacles Ă  la modernisation de l'agriculture au Mali, notamment le faible niveau de productivitĂ© agricole, l’insuffisance des infrastructures de production et le manque de coordination sectorielle», a dĂ©clarĂ© Olivier Durand, le responsable de l’équipe chargĂ©e du programme pour le compte de la Banque mondiale. «  Les investissements du programme porteront sur :  le transfert des technologies et la prestation de services aux producteurs, comme la recherche, le conseil agricole et l'accĂšs au financement ; les infrastructures d'irrigation Ă  petite et Ă  grande Ă©chelle ; et la promotion d'une approche programmatique et le suivi sectoriel, dans le but de crĂ©er un environnement politique et institutionnel favorable Ă  l’accroissement de la productivité agricole».

 

Un des principaux objectifs sous-jacents du programme consiste Ă  aider les producteurs Ă  moderniser leurs exploitations et leurs systĂšmes de production par la diffusion d’un Ă©ventail de technologies dĂ©jĂ  disponibles pour intensifier l'agriculture, l'Ă©levage, la gestion des terres et les pratiques agro-forestiĂšres. Le projet visera Ă©galement Ă  introduire des technologies alternatives essentielles Ă  une gestion durable des terres et des eaux, qui permettront d’amĂ©liorer la rĂ©sistance des Ă©cosystĂšmes grĂące Ă  la sĂ©questration du carbone, d’enrichir les sols en carbone organique et d’amĂ©liorer la production de biomasse et de couverture vĂ©gĂ©tale. Suite Ă  ces interventions, les systĂšmes de production devraient prĂ©senter une rĂ©sistance accrue aux chocs externes, tels que le changement climatique (sĂ©cheresses, inondations, etc.), rĂ©duisant ainsi les risques et amĂ©liorant  la stabilitĂ© des systĂšmes des exploitations agricoles familiales et les revenus correspondants.

 

Le programme financera le dĂ©veloppement de 2 700 hectares d’amĂ©nagements irriguĂ©es Ă  l'Office du Niger et de 4 600 hectares de pĂ©rimĂštres d'irrigation de proximitĂ© (pĂ©rimĂštre irriguĂ©s villageois, bas-fonds, etc.). Il fournira aux producteurs du conseil technique visant Ă  amĂ©liorer la gestion des eaux par l'introduction de techniques d'Ă©conomie d'eau et par la promotion du systĂšme de riziculture intensive.

 

 « Au-delĂ  des investissements dans le transfert des technologies et les infrastructures d'irrigation, le programme investira une partie substantielle de son budget dans le renforcement des capacitĂ©s des organisations de producteurs et  transfĂ©rera davantage de responsabilitĂ©s aux Chambres rĂ©gionales d'agriculture dans la mise en Ɠuvre des activitĂ©s du projet et des investissements sur le terrain. Les organisations de producteurs joueront un rĂŽle plus important dans la conception et la mise en Ɠuvre de leurs propres projets d'investissement. Le projet aidera Ă©galement les producteurs Ă  participer plus activement Ă  la formulation des Ă©lĂ©ments de politique agricole  et Ă  la prise de dĂ©cision aux niveaux national et rĂ©gional pour la promotion des exploitations agricoles familiales », a ajoutĂ© Olivier Durand.

 

 

Le projet appuiera Ă©galement les efforts actuels du gouvernement malien pour amĂ©liorer la coordination et l'harmonisation des interventions dans le secteur agricole. Avec d'autres donateurs, il appuiera l'Ă©laboration d'un programme national d’investissements dans le secteur agricole, qui permettra de dĂ©finir les orientations stratĂ©giques et favoriser l’alignement des investissements futurs dans l'agriculture en cohĂ©rence avec la politique agricole et la Loi d'orientation agricole.

 

Les investissements seront concentrĂ©s  sur quatre principaux systĂšmes de production essentiellement vivriers dotĂ©s d’un potentiel d’accroisseemnt de productivitĂ©, reposant sur une demande intĂ©rieure confirmĂ©e et offrant un impact potentiel important sur la croissance agricole et la rĂ©duction de la pauvretĂ©. Les investissements seront focalisĂ©s sur : (i) le systĂšme de production de riz / maraĂźchage irriguĂ©s qui nourrit de nombreux Maliens; (ii) le systĂšme de production de cĂ©rĂ©ales pluviales, qui a Ă©tĂ© nĂ©gligĂ© pendant de nombreuses annĂ©es et sur lequel dĂ©pendent les revenus de la majoritĂ© des populations rurales. Dans ce cadre, deux sous-systĂšmes seront mis en exergue : cĂ©rĂ©ales/lĂ©gumineuses et cĂ©rĂ©ales/coton, qui sont tous deux fortement associĂ©s Ă  la production animale. Le projet prĂȘtera attention Ă  la production de coton, qui reste le pilier de la rotation des cultures du systĂšme de production mixte cĂ©rĂ©ales/coton. (iii) La production fourragĂšre: la demande d'alimenta bĂ©tail  alternatives aux tourteaux de coton est en augmentation. Le systĂšme de production fourragĂšre prĂ©sente le plus fort potentiel d'innovation, de l'introduction de nouvelles cultures Ă  la diffusion du matĂ©riel de rĂ©colte et de transformation. Des techniques de cultures et d’ensemencement amĂ©liorĂ©es sont dĂ©jĂ  prĂȘtes Ă  ĂȘtre diffusĂ©es. (iv) La production animale : le Mali est connu pour son cheptel, mĂȘme s’il importe la majeure partie du lait consommĂ©. Le projet mettra l'accent sur la production laitiĂšre semi-intensive et agro-pastorale, la production avicole semi-commerciale et traditionnelle et l’embouche ovine. Les femmes et les jeunes ruraux peuvent profiter pleinement des gains de productivitĂ© dans les Ă©levages Ă  cycle court.

 

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