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Les adversaires de la corruption s'engagent en faveur de la restitution des avoirs volés et de la fin des refuges pour les biens mal acquis

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  • Jusqu'Ă  40 milliards de dollars sont dĂ©robĂ©s chaque annĂ©e aux pays en dĂ©veloppement du fait d’actes de subornation, de dĂ©tournements de fonds publics et d’autres formes de corruption.
  • Une confĂ©rence organisĂ©e Ă  Paris a rĂ©uni la Directrice gĂ©nĂ©rale du Groupe de la Banque mondiale et des membres des gouvernements français, suisse et sud-africain pour discuter des moyens Ă  mettre en Ɠuvre.
  • Les participants rĂ©clament plus de transparence et une application efficace de l’obligation de vigilance Ă  l'Ă©gard de la clientĂšle de la part des institutions financiĂšres.

9 juin 2010 — En cette pĂ©riode de difficultĂ©s Ă©conomiques mondiales, des acteurs de la lutte contre la corruption venus du monde entier se sont rĂ©unis les 8 et 9 juin Ă  Paris afin de concerter leur action contre le pillage des pays en dĂ©veloppement et de soutenir les efforts entrepris contre le vol des avoirs et les refuges pour les biens mal acquis.

« Chaque année, du fait des actes de corruption, les pays en développement perdent des milliards de dollars, et cet argent trouve refuge sur les places financiÚres internationales », déplore Ngozi Okonjo-Iweala, Directrice générale du Groupe de la Banque mondiale. « Ces pratiques favorisent et encouragent la mondialisation de la corruption. »

Au bas mot, entre 20 et 40 milliards de dollars sont dĂ©robĂ©s chaque annĂ©e aux pays en dĂ©veloppement du fait d’actes de subornation, de dĂ©tournements de fonds publics et d’autres formes de corruption. Les pertes en termes d'opportunitĂ©s Ă©conomiques sont colossales. Selon les estimations de la Banque mondiale, les pays en dĂ©veloppement pourraient, avec 20 milliards de dollars, financer la construction de 48 000 kilomĂštres de routes revĂȘtues Ă  deux voies, le traitement de premiĂšre ligne, pendant une annĂ©e complĂšte, de 120 millions de personnes atteintes du VIH/SIDA, ou encore l'approvisionnement en eau sous conduite d'environ 50 millions de mĂ©nages.

Pour Christine Lagarde, ministre française de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, « la corruption, au mĂȘme titre que la violence ou les actes de barbarie, doit ĂȘtre Ă©radiquĂ©e ». Il s’agit « d’un enjeu du dĂ©veloppement Ă©conomique ».

Mmes Lagarde et Okonjo-Iweala s’exprimaient ainsi lors d’une session exceptionnelle de la confĂ©rence « Pas de refuge pour les biens mal acquis : un forum international pour le recouvrement des avoirs et le dĂ©veloppement ». Cet Ă©vĂ©nement Ă©tait coparrainĂ© par l'Initiative pour la restitution des avoirs volĂ©s (InitiativeStAR) – programme conjoint de la Banque mondiale et de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), et le gouvernement suisse.

Mme Lagarde a appelé « à ne jamais abandonner et à poursuivre le combat », en référence à la restitution des avoirs volés et à la nécessité pour la société civile de rester vigilante. Elle a également lancé un appel en faveur d'une plus grande transparence et régulation du secteur financier, un sujet qui a été largement discuté au cours de la conférence.

Plusieurs participants ont soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© pour les institutions financiĂšres d’appliquer de façon efficace leur obligation de vigilance Ă  l'Ă©gard de la clientĂšle et d’adopter des mesures prĂ©ventives pour empĂȘcher le blanchiment des fonds dĂ©tournĂ©s. La corruption est Ă©galement apparue comme un obstacle majeur Ă  l'investissement, que les entreprises responsables doivent s'efforcer d’éliminer.

Certains intervenants ont Ă©galement suggĂ©rĂ© que les questions de corruption et de restitution des avoirs volĂ©s soient placĂ©es en haut de l'agenda international, notamment dans la perspective du prochain sommet du G-20, qui doit se tenir fin juin Ă  Toronto (Canada). C’est notamment ce qu’a souhaitĂ© Mme Okonjo-Iweala lors de son allocution d'ouverture de la confĂ©rence : « Lorsque les dirigeants mondiaux se retrouveront Ă  l'occasion des rĂ©unions du G-20 et d'autres forums au cours des semaines Ă  venir pour discuter de la crise Ă©conomique, des plans de relance et de la rĂ©gulation financiĂšre, la lutte contre la corruption et les vols d'avoirs devra figurer en tĂȘte de leurs prĂ©occupations. »

RĂ©soudre le problĂšme des vols d'avoirs « est trĂšs important pour les pays en dĂ©veloppement car cela dĂ©tourne des ressources qui pourraient ĂȘtre autrement utilement employĂ©es », a indiquĂ© le ministre sud-africain de la Justice Jeffrey Thamsanqa Radebe. « Une action collective est indispensable pour faire en sorte que les criminels ne trouvent pas de refuge. »

Plusieurs experts ont en effet soulignĂ© le fait que le problĂšme de la corruption ne se limite pas aux pays en dĂ©veloppement, les produits de la corruption trouvant souvent refuge sur les places financiĂšres des pays dĂ©veloppĂ©s. D’oĂč la nĂ©cessitĂ© d'agir de façon coordonnĂ©e.

Comme l’a fait remarquer Mo Ibrahim, Ă  l’origine de la Fondation Mo Ibrahim, engagĂ©e dans les questions de gouvernance en Afrique, « pour qu’il y ait corruption, il faut au moins deux personnes. Vous ne pouvez pas accomplir un acte de corruption tout seul ». Un avis que partage la ministre suisse des Affaires Ă©trangĂšres Micheline Calmy-Rey : « Parce que nous sommes tous l’une des causes du problĂšme, nous devons aussi ĂȘtre tous un des Ă©lĂ©ments de la solution. Nous devons collaborer pour faire en sorte que la corruption cesse d'entraver le dĂ©veloppement. »

De concert, Mmes Okonjo-Iweala et Calmy-Rey ont invité tous les pays à ratifier la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC).

(a) indique une page en anglais.




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