- De nombreux pays africains ont enregistré des progrÚs en matiÚre de santé maternelle et infantile
- La Banque mondiale a fourni des financements qui ont permis la mise en Ćuvre des rĂ©formes et des projets clĂ©s dans ces pays
- Ces exemples de rĂ©ussite doivent ĂȘtre rĂ©pliquĂ©s rapidement pour combler les Ă©carts en matiĂšre dâODM relatifs Ă la santĂ©
KAMPALA, 23 juillet 2010 â Alors que les dirigeants politiques africains se rĂ©unissent Ă Kampala cette semaine pour traiter des questions liĂ©es Ă la santĂ© maternelle et infantile, problĂšme hautement prioritaire, il est essentiel de ne pas se limiter Ă percevoir lâAfrique subsaharienne comme nâĂ©tant pas en mesure de rĂ©aliser les Objectifs du MillĂ©naire pour le dĂ©veloppement (OMD), dont certains visent dâimportantes rĂ©ductions du nombre de dĂ©cĂšs maternels et infantiles Ă lâhorizon 2015. Pour accĂ©lĂ©rer le rythme des progrĂšs rĂ©alisĂ©s jusquâici, le continent dans son ensemble pourrait tirer des leçons prĂ©cieuses des pays africains qui ont accompli envers et contre tout des progrĂšs extraordinaires. De nombreux pays ont fait des avancĂ©es considĂ©rables, notamment la Tanzanie, qui est en bonne voie de rĂ©aliser les OMD liĂ©s Ă la santĂ© infantile et juvĂ©nile ; ou encore le SĂ©nĂ©gal, qui a connu de grandes avancĂ©es en matiĂšre dâamĂ©lioration de la nutrition ; et le Niger, oĂč les donnĂ©es prĂ©liminaires indiquent que lâusage de contraceptifs modernes semble plus important que dans le passĂ©. De mĂȘme, le Malawi, lâĂthiopie et la Gambie ont tous rĂ©duit la mortalitĂ© infantile de 25 Ă 40 % au cours des dix derniĂšres annĂ©es, alors que le Rwanda a enregistrĂ© une baisse encore plus Ă©levĂ©e, de lâordre de 47 %. DiffĂ©rentes raisons expliquent ces bons rĂ©sultats : lâaccĂšs Ă©quitable aux services de santĂ©, les prises de dĂ©cision fondĂ©e sur des donnĂ©es dâobservation, les rĂ©formes des systĂšmes de santĂ©, la disponibilitĂ© des ressources, lâĂ©ducation, les modifications de comportements, lâappropriation du processus par le pays, ainsi quâune meilleure coordination entre les donateurs, pour nâen nommer que quelques unes. Si ces changements Ă©taient adoptĂ©s sur une plus grande Ă©chelle, lâAfrique pourrait atteindre ses objectifs en matiĂšre de santĂ© maternelle et infantile, peut-ĂȘtre pas en 2015, mais dans un avenir proche. Tanzanie : progrĂšs rapides en matiĂšre de survie infantile et juvĂ©nile La mortalitĂ© infantile a chutĂ© de plus de 40 % en Tanzanie, passant de 99 dĂ©cĂšs pour 1 000 naissances vivantes en 1999 Ă 58 en 2007-2008. Ce rĂ©sultat semble indiquer que le pays peut atteindre ses OMD dĂšs 2015. La mortalitĂ© chez les enfants de moins de 5 ans a Ă©galement baissĂ©, passant de 146 Ă 91 dĂ©cĂšs pour 1 000 naissances vivantes, ce qui permet Ă nouveau dâĂȘtre optimiste sur la rĂ©alisation des OMD. « Les rĂ©ductions de la mortalitĂ© infantile et juvĂ©nile en Tanzanie figurent parmi les meilleurs rĂ©sultats enregistrĂ©s en Afrique subsaharienne », confirme Dominic Haazen, spĂ©cialiste en chef de la politique de la santĂ© du bureau de la Banque mondiale dans le pays. « Mais ce nâest pas tout. LâaccĂšs aux services de santĂ© sâest aussi amĂ©liorĂ©, en particulier pour les plus pauvres, ce qui est trĂšs encourageant », ajoute-t-il. LâaccĂšs plus Ă©quitable aux services de santĂ© est liĂ© aux efforts du gouvernement en matiĂšre dâamĂ©lioration des soins de santĂ© primaires, ainsi quâĂ lâaugmentation du volume du « panier de capitaux pour la santĂ© » en provenance de nombreux partenaires, dont la Banque mondiale, et destinĂ© aux services de santĂ© de premiĂšre ligne. Une Ă©valuation indĂ©pendante de cette approche coordonnĂ©e (encore appelĂ©e Approche sectorielle ou « SWAp », suivant son sigle en anglais) estime quâelle pouvait ĂȘtre liĂ©e aux meilleurs rĂ©sultats sur le plan de la santĂ© et de la qualitĂ© des services et, Ă©ventuellement, Ă une progression vers les OMD, en particulier ceux touchant Ă la survie infantile et juvĂ©nile. GrĂące Ă une campagne rĂ©cemment mise sur pied pour protĂ©ger les enfants de moins de 5 ans contre les moustiques porteurs du paludisme (Ă laquelle la Banque mondiale a participĂ© en fournissant 2,4 millions de moustiquaires) et Ă lâimportance grandissante accordĂ©e Ă la couverture vaccinale, la Tanzanie est plus proche dâatteindre les OMD liĂ©s Ă la santĂ© infantile. Au Kenya, renversement des tendances nĂ©gatives AprĂšs une pĂ©riode de stagnation durant laquelle les taux de mortalitĂ© infantile et juvĂ©nile se sont dĂ©tĂ©riorĂ©s et lâespĂ©rance de vie a baissĂ©, le Kenya a fait rĂ©cemment des progrĂšs trĂšs significatifs. Les tendances nĂ©gatives constatĂ©es entre 1993 et 2003 ont Ă©tĂ© inversĂ©es entre 2003 et 2007. LâEnquĂȘte sur la situation dĂ©mographique et la santĂ© au Kenya en 2008 fait apparaĂźtre une baisse remarquable des taux de mortalitĂ© parmi les nouveau-nĂ©s et les enfants de moins de 5 ans au cours de cette pĂ©riode (passant respectivement de 77 Ă 52 dĂ©cĂšs et de 115 Ă 74 dĂ©cĂšs pour 1000 naissances vivantes). « Il est difficile dâisoler les causes de lâamĂ©lioration des taux de survie infantile et juvĂ©nile observĂ©e au Kenya entre 2003 et 2007, mais celle-ci a Ă©tĂ© probablement due Ă la soliditĂ© de la croissance Ă©conomique survenue au cours de cette pĂ©riode, ainsi quâĂ divers programmes de santĂ© particuliĂšrement rĂ©ussis, comme la lutte contre le paludisme avec lâemploi accru de moustiquaires, les progrĂšs considĂ©rables du programme de vaccination et le renforcement du programme anti VIH/Sida avec une meilleure prĂ©vention de la transmission mĂšre Ă enfant », a expliquĂ© Michael Mills, Ă©conomiste en chef et responsable du secteur du dĂ©veloppement humain du bureau de la Banque mondiale en Tanzanie. Et dâajouter : « La hausse des taux de vaccination Ă©tait particuliĂšrement impressionnante. » RĂ©cemment, la Banque a approuvĂ© lâoctroi supplĂ©mentaire de 100 millions de dollars Ă lâappui du programme destinĂ© au secteur de la santĂ© du Kenya. Le Rwanda met lâaccent sur les rĂ©sultats AprĂšs le conflit en 1994 dont les effets ont fortement pesĂ© sur le secteur de la santĂ©, le Rwanda a abordĂ© le 21e siĂšcle avec un des systĂšmes de santĂ© les plus dĂ©ficients du monde. Aujourdâhui, le pays affiche pourtant de solides rĂ©sultats en matiĂšre de santĂ©. Lâaccouchement assistĂ© par sage-femme est passĂ© de 39 % en 2005 Ă 52 % en 2008, alors que la mortalitĂ© chez les enfants de moins de 5 ans a chutĂ© dâun tiers, passant de 152 dĂ©cĂšs pour 1 000 naissances vivantes en 2005 Ă 103 en 2008. De mĂȘme, lâemploi de mĂ©thodes modernes de contraception sâest accru, passant de 10 Ă 27 % en lâespace de trois ans seulement. Ces succĂšs Ă grande Ă©chelle peuvent ĂȘtre attribuĂ©s aux rĂ©formes innovantes du secteur de la santĂ© rwandais, en particulier le financement des Ă©tablissements de santĂ© en fonction des rĂ©sultats et une prise de dĂ©cision plus dĂ©centralisĂ©e. La Banque mondiale a soutenu lâengagement solide du gouvernement rwandais envers ces rĂ©formes. Une Ă©valuation rigoureuse (Ă lâaide dâune Ă©tude randomisĂ©e et contrĂŽlĂ©e) a montrĂ© que le financement basĂ© sur les rĂ©sultats â par lequel les Ă©tablissements de santĂ© reçoivent des primes de rendement en fonction des services fournis, par exemple, le nombre dâenfants vaccinĂ©s â contribuait fortement Ă lâamĂ©lioration de la prestation de services de santĂ©. Lâassurance-maladie pour plus de la moitiĂ© de la population du Ghana Depuis la crĂ©ation dâun programme national dâassurance-maladie financĂ© par la Banque mondiale en 2006, le Ghana a fait de grands efforts pour fournir une couverture dâassurance aux personnes employĂ©es dans les secteurs ruraux et non structurĂ©s. Plus de la moitiĂ© de la population du Ghana est actuellement couverte. Environ 70 % des personnes assurĂ©es, dont les femmes enceintes et les enfants, nâont aucune prime Ă payer. Une enquĂȘte menĂ©e en 2009 sur la situation dĂ©mographique et la santĂ© indique quâau moins 90 % des femmes enceintes font appel Ă des services de soins prĂ©nataux et que les naissances assistĂ©es par du personnel compĂ©tent ont augmentĂ© de 40 Ă 59 % entre 1990 et 2008. La Banque mondiale fournit une assistance technique Ă lâorganisme national dâassurance-maladie du Ghana pour favoriser, entre autres interventions, lâintroduction de mĂ©canismes de paiement fondĂ©s sur les performances afin de crĂ©er des incitations pour amĂ©liorer la qualitĂ© des soins. Ces aides ont donnĂ© de bons rĂ©sultats dans dâautres pays, notamment au Rwanda. SĂ©nĂ©gal : chute des taux dâarrĂȘt de la croissance chez les enfants Au SĂ©nĂ©gal, la Banque mondiale a soutenu lâadoption et la mise en Ćuvre de rĂ©formes de la politique alimentaire. Un projet dâamĂ©lioration de la nutrition financĂ© par la Banque mondiale touche dĂ©sormais prĂšs de 40 % de la population, avec une attention particuliĂšre pour les zones Ă©loignĂ©es souffrant de taux Ă©levĂ©s de malnutrition. La couverture pour les consultations prĂ©natales, dâune grande importance pour les futures mĂšres ainsi que pour les enfants quâelles portent, a grimpĂ© de 52 Ă 67 %. Le pourcentage de mĂšres qui nourrissent leur enfant exclusivement au sein pendant les six premiers mois a presque doublĂ©, passant de 30 Ă 58 %. Les activitĂ©s de conseil aux mĂšres sur les effets nĂ©fastes de lâeau sucrĂ©e, des prĂ©parations lactĂ©es pour nourrissons et autres produits de substitution ont eu un rĂ©el impact au SĂ©nĂ©gal. Par ailleurs, lâusage des moustiquaires a doublĂ©, passant de 28 Ă 59 % dans les collectivitĂ©s ciblĂ©es. Il est important de rĂ©duire la prĂ©valence du paludisme du point de vue de la nutrition, du fait que cette maladie peut aggraver ou entraĂźner une anĂ©mie, laquelle rĂ©duit la productivitĂ© au travail chez les adultes et altĂšre la fonction cognitive chez les enfants. Le SĂ©nĂ©gal a Ă©galement accompli de grands progrĂšs en matiĂšre de capacitĂ© institutionnelle. Le ComitĂ© de Lutte contre la Malnutrition remplit les fonctions dâagence de coordination centrale pour toutes les activitĂ©s touchant Ă la nutrition, donnant plus de visibilitĂ© Ă lâalimentation comme prioritĂ©. Le taux dâarrĂȘt de la croissance enregistrĂ© au SĂ©nĂ©gal, qui se situe Ă 19 %, est aujourdâhui lâun des plus bas du continent africain. Augmentation du nombre de postes sanitaires et de conseillers en matiĂšre de santĂ© en Ăthiopie LâĂthiopie fait actuellement un grand effort pour renforcer les services de santĂ© primaire et fournir des services de base aux plus dĂ©munis et aux personnes vivant dans des rĂ©gions Ă©loignĂ©es, grĂące au Programme dâextension des services de santĂ©. Par le biais de ce programme lancĂ© en 2002, le pays ambitionne de construire un poste sanitaire et de dĂ©signer deux conseillers en matiĂšre de santĂ© pour chaque village administratif. Ă ce jour, plus de 31 000 conseillers ont Ă©tĂ© recrutĂ©s et formĂ©s et environ 15 000 postes sanitaires ont Ă©tĂ© bĂątis. Le Programme a considĂ©rablement amĂ©liorĂ© lâaccĂšs aux soins de santĂ©. La couverture des services de santĂ© de base, notamment la distribution des moustiquaires, les vaccinations, le dĂ©pistage et les conseils pour lutter contre le VIH, ont contribuĂ© Ă rĂ©duire la mortalitĂ© infantile ainsi que lâincidence du paludisme et du VIH. Les rĂ©sultats prĂ©liminaires du Programme national de nutrition en Ăthiopie financĂ© par la Banque mondiale montrent une rĂ©duction rapide de la malnutrition parmi les enfants ĂągĂ©s de 6 Ă 24 mois. Environ 17 000 travailleurs communautaires de la santĂ© ont suivi une formation leur permettant dâassurer lâaccomplissement dâactivitĂ©s essentielles en matiĂšre de nutrition. Hausse possible de lâemploi de mĂ©thodes modernes de contraception au Niger Face Ă la lenteur des progrĂšs rĂ©alisĂ©s pour rĂ©duire les taux de fertilitĂ© dans la plupart des pays de la rĂ©gion (un des principaux facteurs de la mortalitĂ© maternelle), quelques pays ont fortement accru le taux de prĂ©valence des moyens de contraception par lâemploi de mĂ©thodes modernes, lâexemple le plus rĂ©cent Ă©tant celui du Niger. Le Niger est parti dâun niveau plutĂŽt bas, avec un taux dâutilisation de mĂ©thodes modernes passant de 2,3 % en 1992 Ă 4,4 % en 2006 (source : EnquĂȘte sur la situation dĂ©mographique et la santĂ©). Mais des rĂ©sultats prĂ©liminaires provenant de sources diverses, dont un sondage effectuĂ© en 2010 par le ministĂšre de la SantĂ© publique, indiquent que le taux de prĂ©valence des mĂ©thodes modernes de contraception pourrait ĂȘtre de 15 Ă 16 % au Niger, ce qui, sâil est confirmĂ©, constitue une hausse impressionnante en lâespace de quelques annĂ©es. Bien quâil soit encore trop tĂŽt pour lâaffirmer, les facteurs contribuant Ă cette augmentation possible pourraient inclure la gratuitĂ© des services de santĂ©, lâaccroissement des connaissances en matiĂšre de planning familial par le biais des mĂ©dias comme la radio, la tĂ©lĂ©vision et les Ă©tablissements de soins de santĂ©, la disponibilitĂ© et le caractĂšre abordable des mĂ©thodes modernes de planning familial, en particulier la pilule, et un certain degrĂ© dâautonomisation des femmes. La Zambie accorde toute son attention Ă la prĂ©vention du paludisme, ainsi quâaux chaĂźnes dâapprovisionnement des mĂ©dicaments essentiels En Zambie, oĂč la Banque Ă©tait lâun des principaux partenaires soutenant la mise Ă lâĂ©chelle nationale du Programme de contrĂŽle du paludisme, la mortalitĂ© infantile dans lâensemble du pays a baissĂ© de 29 % entre 2002 et 2007 et la prĂ©valence des taux dâanĂ©mie sĂ©vĂšre parmi les enfants sâest rĂ©duite de prĂšs de 10 % durant la pĂ©riode de 2006 Ă 2008. Ce rĂ©sultat est liĂ© aux efforts de prĂ©vention comme lâemploi accru de moustiquaires et la pulvĂ©risation dâinsecticides dans les foyers. Du cĂŽtĂ© des traitements, la dĂ©faillance des chaĂźnes dâapprovisionnement constitue une faiblesse majeure. Une rĂ©cente Ă©tude financĂ©e par la Banque mondiale et dâautres partenaires a fait apparaĂźtre que de simples amĂ©liorations apportĂ©es Ă la chaĂźne dâapprovisionnement des mĂ©dicaments essentiels, effectuĂ©es Ă lâĂ©chelle nationale, pourraient sauver la vie de 27 000 enfants touchĂ©s par le paludisme dâici 2015. Si les chaĂźnes dâapprovisionnement Ă©taient plus solides, la vie dâun grand nombre dâenfants serait Ă©pargnĂ©e dans toute lâAfrique. |