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Allocution d’ouverture de Robert B. Zoellick, prĂ©sident du Groupe de la Banque mondiale

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Allocution d’ouverture de Robert B. Zoellick, prĂ©sident du Groupe de la Banque mondiale

Association de la presse étrangÚre

Singapour

10 novembre 2010

 

M. Zoellick: Merci beaucoup, Sonia. Comme vous le savez, je me trouve Ă  Singapour pour l’ouverture du Centre d’excellence pour le financement des infrastructures, ainsi que pour la confĂ©rence sur les infrastructures. Je pense qu’il s’agit d’une bonne prĂ©paration au Sommet du G-20 durant lequel j’espĂšre dĂ©fendre le principe d’un programme d’action visant Ă  soutenir la croissance et Ă  promouvoir l’ouverture commerciale, qui viendra complĂ©ter les dĂ©bats sur les monnaies, les rééquilibrages et les rĂ©formes financiĂšres. Comme vous m’avez peut-ĂȘtre entendu le dire en prĂ©sence de Lionel Barber, je pense que le programme doit aller au-delĂ  du rééquilibrage de la demande globale et doit se concentrer sur la croissance, donc sur les rĂ©formes structurelles, le commerce et le soutien au secteur privĂ©.


Je suis conscient que le texte que j’ai publiĂ© dans le Financial Times a suscitĂ© beaucoup d’attention. Mon objectif premier Ă©tait d’établir un lien entre une stratĂ©gie propice Ă  la croissance et les rĂ©formes monĂ©taires. L’économie internationale Ă©volue vers un « Bretton-Woods III ». Les principales monnaies seront le dollar, l’euro, la livre sterling, le yen et, Ă  terme, un yuan qui s’internationalise et Ă©volue vers la libre circulation des capitaux. Il est vrai aussi que l’or est utilisĂ© et considĂ©rĂ© actuellement comme un avoir monĂ©taire de rechange. Ce n’est toutefois pas la mĂȘme chose que l’étalon-or. L’or est devenu un point de rĂ©fĂ©rence, car les dĂ©tenteurs de devises estiment que les perspectives d’apprĂ©ciation sont faibles et incertaines pour l’ensemble des monnaies autres que le yuan, lequel ne peut ĂȘtre Ă©changĂ© librement. Aussi, l’or apparaĂźt-il relativement intĂ©ressant Ă  ceux qui se demandent oĂč placer leur argent. C’est une protection contre l’incertitude. Un des points que je m’efforce de souligner est que cette situation montre que les grandes Ă©conomies ont besoin de politiques favorables Ă  la croissance, de rĂ©formes structurelles, d’ouverture commerciale et de programmes antiprotectionnistes, car ces mesures renforceront la confiance dans le dĂ©veloppement du secteur privĂ© et inciteront les gens Ă  investir dans les pays concernĂ©s, donc dans leur monnaie.


Le programme d’action en faveur du dĂ©veloppement est un Ă©lĂ©ment important du programme de croissance, car il multiplie les pĂŽles de croissance dans une Ă©conomie mondiale plus Ă©quilibrĂ©e. Les pays en dĂ©veloppement sont maintenant Ă  l’origine d’environ la moitiĂ© de la croissance mondiale. La demande d’importations progresse deux fois plus vite dans les Ă©conomies en dĂ©veloppement que sur les marchĂ©s avancĂ©s. Les investissements en infrastructures reprĂ©sentent respectivement les deux tiers et environ la moitiĂ© de la croissance en Asie de l’Est et en Afrique. Les infrastructures peuvent donc engendrer des emplois Ă  court terme. Elles renforcent la demande et, Ă  moyen et long terme, contribuent Ă  accroĂźtre la productivitĂ© et Ă  supprimer les goulets d’étranglement qui entravent l’offre. Nous estimons Ă  environ 900 milliards de dollars les futurs besoins d’investissement et d’entretien annuels des pays en dĂ©veloppement en matiĂšre d’infrastructures. Or, le montant des investissements actuels correspond Ă  environ la moitiĂ© de cette somme. Le Groupe de la Banque mondiale a engagĂ© 50 milliards de dollars au cours des deux derniĂšres annĂ©es Ă  l’appui des activitĂ©s d’infrastructure et a mobilisĂ© 18 milliards de dollars supplĂ©mentaires. Nous nous efforçons d’utiliser ces ressources de maniĂšre innovante en crĂ©ant des partenariats public-privĂ©, en recourant Ă  diverses formes d’investissements et en utilisant des outils tels que les garanties de capital et les lignes de crĂ©dit ; nos Fonds d’investissement climatiques ont facilitĂ© la mobilisation de ressources supplĂ©mentaires grĂące Ă  un effet de levier dont le ratio est d’environ 9 pour 1.

Le centre d’études urbaines que nous avons créé Ă  Singapour il y a un an a jouĂ© un rĂŽle pratique trĂšs utile. Il est donc logique d’essayer d’utiliser cette expĂ©rience et de s’inspirer des travaux rĂ©alisĂ©s ailleurs dans le monde pour proposer des conseils impartiaux. Comme je l’ai mentionnĂ©, nous avons travaillĂ© sur plusieurs projets : la concession de la route Ă  pĂ©age de Chongqing, un partenariat pilote public-privĂ© visant Ă  promouvoir les Ă©changes commerciaux ; les autoritĂ©s indonĂ©siennes mettent au point un fonds de garantie des infrastructures ; nous discutons avec le gouvernement des Philippines au sujet d’un fonds de financement des infrastructures. Le Centre d’excellence pour le financement des infrastructures ajoutera Ă  ces projets en renforçant les liens avec Singapour, mais aussi avec des pays comme l’Australie pour tirer parti de leur expĂ©rience dans le domaine des infrastructures et fournir ainsi aux pays l’assistance technique nĂ©cessaire au renforcement de leurs capacitĂ©s et Ă  l’élaboration de projets. Le Centre, en outre, offrira des services de conseil, rĂ©alisera des travaux de faisabilitĂ©, facilitera la promotion des projets et effectuera des Ă©tudes. Pour vous donner un avant-goĂ»t de ces activitĂ©s, je mentionnerai que nous avons travaillĂ© avec l’Australie Ă  la prĂ©paration d’une prĂ©sentation Ă  l’intention des ministres des Finances de l’APEC sur un ensemble de rĂ©glementations types que les pays pourraient utiliser pour attirer des investissements dans l’infrastructure.

Comme je l’ai dit durant le forum prĂ©cĂ©dent, je suis convaincu que les pays dĂ©veloppĂ©s peuvent aussi tirer des enseignements de ces travaux du point de vue de la monĂ©tisation des avoirs et de la mobilisation des capitaux privĂ©s. C’est une trĂšs bonne chose que cette confĂ©rence coĂŻncide avec la rĂ©union du G-20, car l’infrastructure est un Ă©lĂ©ment clĂ© du programme d’action en faveur de la croissance. J’aimerais mentionner deux autres composantes essentielles : la sĂ©curitĂ© agricole, notamment les moyens d’amĂ©liorer la production et la productivitĂ© dans ce domaine ; et une main-d’Ɠuvre qualifiĂ©e et en bonne santĂ©. Je le rĂ©pĂšte : je considĂšre que le programme de dĂ©veloppement est devenu une composante du programme de croissance Ă  l’échelle mondiale.

J’en reviens aux questions monĂ©taires : si la croissance mondiale est Ă©quilibrĂ©e, les ajustements de taux de change seront plus aisĂ©s. Dans une situation oĂč l’économie mondiale connaĂźt une croissance faible et oĂč l’on craint une dĂ©tĂ©rioration de la situation, les ajustements monĂ©taires seront plus difficiles, car les populations se partageront un gĂąteau plus petit plutĂŽt que d’en produire un plus grand. Demain, je me rendrai au Sommet du G-20 Ă  SĂ©oul, puis au Sommet de l’APEC Ă  Yokohama qui portera en partie sur certaines stratĂ©gies de croissance que nous pouvons promouvoir dans le contexte de cette organisation. 

 

 

 

 





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