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Yémen: Troisième projet de travaux publics

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Projets de travaux publics‎
Cibler les pauvres et les communautés rurales

Vue d'ensemble

Depuis 1996, la Banque mondiale prête son concours au gouvernement yéménite pour la mise en place d’un filet de protection sociale crucial pour les communautés les plus durement frappées par la pauvreté, réduisant ainsi les impacts négatifs des réformes économiques destinées à stabiliser l’économie du pays et stimuler la croissance économique. Au cours de cette période, le Programme de travaux publics (PWP) du gouvernement, qui a bénéficié d’un financement de l’Association internationale de développement (IDA), a généré 3 900 sous-projets, créant plus de 740 000 emplois en mois-travail pour la population yéménite.

Défi


Entre 1985 et 1995, les besoins en infrastructure de base et en création d’emplois étaient très élevés dans les zones pauvres et reculées du Yémen : le taux d’analphabétisme était de 46 % dans la population totale, et atteignait au moins 62 % chez les femmes ; le taux de chômage se situait à 30 % ; les services de santé ne couvraient que 58 % de la population, et seulement 11 % des routes en milieu rural étaient pavées. La rareté de l’eau faisait peser une lourde contrainte sur les femmes et les enfants, notamment les filles qui pour puiser quelques litres d’eau par jour devaient marcher pendant une heure et plus sur des terrains extrêmement difficiles. La prestation de services essentiels, notamment dans les zones rurales, risquait de pâtir du Programme de réforme économique mis en œuvre par le gouvernement. Aussi le défi consistait-il à identifier des approches et des instruments capables de réduire le fardeau des réformes sur la population, et plus particulièrement sur les pauvres et les sans-emploi vivant pour la plupart dans les zones rurales reculées.


Démarche


Afin d’optimiser son impact sur la réduction de la pauvreté et offrir plus de possibilités d’emploi aux groupes ciblés, le projet a été articulé autour de petits sous-projets d’infrastructure à forte intensité de main-d’œuvre et mis en place par le biais d’entrepreneurs locaux. L’utilisation de mécanismes de ciblage a permis de s’assurer que les sous-projets touchaient bien les communautés présentant les taux de pauvreté les plus élevés. L’ensemble de l’initiative visait aussi à assurer la viabilité à long terme des ouvrages réalisés en se reposant largement sur la participation et les contributions locales.


Résultats


Les résultats obtenus à ce jour sont les suivants:

  • Plus de 3 900 sous-projets, dont 1 950 financés par l’IDA, ont été créés dans différents secteurs, principalement l’éducation, la santé, l’eau et l’assainissement, le réseau routier, l’agriculture, la formation professionnelle et la protection sociale. Plus de 14,7 millions de personnes pauvres en bénéficient, dont 80 % vivent dans les zones rurales. Globalement, le projet a réussi à toucher environ 68 % de la population rurale pauvre du Yémen
  • Plus de 740 000 opportunités d’emplois en mois-travail ont été créées directement ou indirectement.
  • Environ 1 900 entrepreneurs locaux et 1 250 consultants locaux ont bénéficié de nouveaux contrats et de possibilités de développement.

En outre, le PWP a eu plusieurs effets socioéconomiques sur la population des zones ciblées:

  • Dans le secteur de l’éducation, le taux de scolarisation a globalement augmenté de 141 % pour les garçons et 181 % pour les filles. Le nombre de salles de classe a augmenté de 124 % et les effectifs par salle de classe ont diminué de 17 %.
  • Dans le secteur de la santé, le taux de couverture vaccinale a augmenté de 62 % et la proportion d’accouchements sous surveillance médicale a atteint 31 %.
  • Dans le secteur de l’eau, le nombre de maisons alimentées en eau salubre a augmenté d’environ 29 %.

Financement de la Banque


En 1996, un crédit de l’IDA d’un montant de 25 millions de dollars a été utilisé pour mettre en place la phase I du Projet de travaux publics. L’IDA a par la suite fourni deux crédits additionnels d’un montant total de 124,8 millions de dollars répartis en deux phases successives, afin de répondre aux besoins persistants en services d’infrastructure de base, notamment dans les zones rurales reculées du Yémen, et de soutenir la Stratégie de réduction de la pauvreté du gouvernement et ses plans de développement quinquennaux successifs. En outre, le PWP met en œuvre pour le compte d’autres ministères d’exécution des volets d’infrastructure au titre des crédits de l’IDA. Le financement direct total de l’IDA, qui s’élève à 149,8 millions de dollars, contribue à environ 27 % du coût total du projet.  


Partenaires


Le projet a été d’emblée conçu pour permettre l’intervention d’autres bailleurs de fonds potentiels et augmenter progressivement les décaissements mensuels d’un montant moyen de 1,5 million de dollars à plus de 6 millions de dollars aujourd’hui. Les crédits de l’IDA ont beaucoup contribué à mobiliser des fonds auprès de nombreux partenaires de développement : Pays-Bas, États-Unis, Italie, France, Oman, Union européenne, Fonds arabe de développement économique, Fonds de l’OPEP, Fonds saoudien, Yémen. Les contributions des partenaires ont augmenté progressivement, pour passer de 2 millions de dollars pendant la phase I à 66 millions de dollars pendant la phase II et à 325 millions de dollars pendant la phase III. La plupart des partenaires de développement suivent les procédures établies pour les crédits de l’IDA dans tous les aspects de la mise en œuvre du projet, notamment en ce qui concerne la passation de marchés et l’exécution. .


Perspectives


Le crédit de l’IDA alloué à la phase III, y compris le crédit de financement additionnel, touche à son terme. L’octroi d’un don supplémentaire est en préparation en vue d’être présenté au Conseil pendant l’exercice 2012. Il est prévu que la plupart des partenaires de développement continueront d’appuyer les activités du projet. Par ailleurs, le gouvernement yéménite s’appuie sur la cellule de gestion du projet pour mettre en œuvre d’autres activités dont il assure actuellement le financement. Afin de capitaliser l’expérience acquise à ce jour et d’assurer la viabilité à long terme du projet, il est prévu que le projet soit transformé en un fonds.

 

Bénéficiaires

 

 

Le sous-projet (programme de récupération de l’eau) a contribué à réduire le taux d’émigration vers la ville. Avant la mise en place du sous-projet, huit familles étaient parties s’installer en ville à cause des pénuries d’eau. En plus, la production de café a augmenté. Pour ce qui est de l’eau, nous nous sentons aujourd’hui en sécurité. La production de caféiers a augmenté. Nous utilisons l’eau pour notre consommation et pour abreuver les animaux, et pour la culture de café et d’autres cultures.

Bénéficiaires de Beit Al-Qanes, dans le district de Manakha

 

Notre région est menacée par la sécheresse. L’eau de source a commencé à s’épuiser et à tarir. Les eaux souterraines sont très profondes, elles peuvent aller jusqu’à 1 000 mètres. Et elles ne conviennent pas à la boisson ni à l’agriculture. Elles contiennent un taux élevé de fer et de salinité. Les médecins ont dit que cela provoque des problèmes dentaires chez les enfants. Les arbres à noix sont en voie d’extinction. Les récoltes sont extrêmement faibles à cause de la rareté de l’eau. Ce projet contribuera à fournir de l’eau et à accroître la productivité des arbres à noix et à reconstituer en même temps les réserves d’eau de source.

Un agriculteur à Al-Husn, dans le district d’Al-Tayal

 

L’école est située au milieu de villages voisins, les habitants du village peuvent donc envoyer leurs enfants à l’école sans souci, et ils pourront aussi autoriser leurs filles à y aller.

Dans le village d’Al-Ghoola, dans le district de Dhi Been (gouvernorat d’Amran), à propos d’un autre aspect du PWP

 

Pour en savoir plus, veuillez consulter le site des Projets.



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