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Les migrations donnent Ă  l’Afrique la possibilitĂ© de gagner sur les deux tableaux, selon un nouveau rapport

Disponible en: English
Communiqué de presse n°:2011/393/DEC

 

wbaf

La Banque mondiale publie les derniers résultats de travaux de recherche menés en collaboration avec la Banque africaine de développement

 

WASHINGTON, le 30 mars 2011 — Les quelque 30 millions d’Africains qui vivent aujourd’hui Ă  l’étranger constituent une ressource vitale pour le continent, mais les responsables africains doivent encore faire plus pour tirer tous les avantages Ă©conomiques de ce phĂ©nomĂšne de migration. Tel est le constat dressĂ© dans un nouveau rapport que publient conjointement la Banque africaine de dĂ©veloppement et la Banque mondiale. 

 

IntitulĂ© Leveraging Migration for Africa: Remittances, Skills, and Investments (DĂ©multiplier l’impact des migrations pour l’Afrique : Envois de fonds, renforcement des compĂ©tences et investissements), ce rapport prĂ©sente les donnĂ©es tirĂ©es d’une nouvelle sĂ©rie d’enquĂȘtes, et fait ressortir des Ă©lĂ©ments qui laissent penser que migrations et envois de fonds se traduisent par une baisse des niveaux de pauvretĂ© dans les communautĂ©s d’origine. Pour les pays du continent, les envois effectuĂ©s par leurs expatriĂ©s aboutissent Ă  un surcroĂźt d’investissements en matiĂšre de santĂ©, d’éducation et de logement, et leurs diasporas sont Ă©galement sources de capitaux, d’échanges commerciaux ou de savoir, et de transferts de technologies. 

 

« Les pressions en matiĂšre de migration ne vont qu’augmenter Ă  l’avenir du fait des mutations dĂ©mographiques correspondant Ă  l’accroissement de population en Afrique et au dĂ©clin de la population active en Europe et dans beaucoup d'autres pays dĂ©veloppĂ©s », a soulignĂ© Ă  cet Ă©gard Hans Timmer, directeur du Groupe des perspectives de dĂ©veloppement Ă  la Banque mondiale. « C’est pourquoi il est essentiel d’adapter les mesures prises au niveau des politiques en rĂ©ponse Ă  ces facteurs dĂ©mographiques, et de concevoir des arrangements multilatĂ©raux pour gĂ©rer les migrations futures. » 

 

Deux tiers des migrants d’Afrique subsaharienne, notamment les plus pauvres, vont s’établir dans d’autres pays du continent, alors que, dans le cas des Ă©migrĂ©s d’Afrique du Nord, plus de 90 % sont allĂ©s s’installer sur un autre continent. Pour les migrants africains, les principaux pays de destination sont la France (9 % du nombre total d’émigrĂ©s), la CĂŽte d’Ivoire (8 %), l’Afrique du Sud (6 %), l’Arabie saoudite (5 %), les États-Unis et le Royaume-Uni (4 % chacun). 

 

Comme l’a expliquĂ© de son cĂŽtĂ© l’économiste en chef de la Banque mondiale pour la rĂ©gion Afrique, Shantayanan Devarajan : « Le niveau de migration de main-d’Ɠuvre qualifiĂ©e est particuliĂšrement Ă©levĂ© dans les pays d’Afrique de petite taille et Ă  faible revenu, qui ont dĂ©jĂ  de faibles niveaux de capital humain. Les pays fragiles et sortant d’un conflit connaissent des problĂšmes encore plus grands du fait de cette fuite de capital humain. Les gouvernements et responsables africains doivent s’attacher Ă  accroĂźtre les niveaux d’instruction et de compĂ©tences et Ă  Ă©tablir un environnement dans lequel les travailleurs hautement qualifiĂ©s aient sur place des possibilitĂ©s d’emplois productifs. »

 

Selon Dilip Ratha, Ă©conomiste principal Ă  la Banque et principal auteur du rapport : « Les pays africains doivent renforcer les liens entre diasporas et pays d’origine, protĂ©ger les migrants et accroĂźtre la concurrence sur les marchĂ©s des envois de fonds. Sinon, le potentiel qu’offrent les migrations pour l’Afrique reste en grande partie inexploitĂ©. »

 

Un outil novateur mĂ©rite d’ĂȘtre envisagĂ© Ă  cet Ă©gard, Ă  savoir les bons de la diaspora, qui sont des titres mis en vente par des entitĂ©s publiques ou privĂ©es auprĂšs de nationaux Ă©tablis Ă  l’étranger. Cette formule a dĂ©jĂ  permis Ă  IsraĂ«l et Ă  l’Inde de puiser dans les ressources dont disposent leurs ressortissants vivant dans d’autres pays. Selon M. Ratha, les pays d’Afrique subsaharienne pourraient mobiliser par ce biais des montants de l’ordre de 5 à 10 milliards de dollars par an. Plusieurs États africains ont d’importantes diasporas dans des pays Ă  revenu Ă©levĂ© et sont donc potentiellement Ă  mĂȘme d’émettre des bons de ce type : ce sont l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le LibĂ©ria, le NigĂ©ria, l’Ouganda, le SĂ©nĂ©gal et la Zambie, en Afrique subsaharienne ; et l’Égypte, le Maroc et la Tunisie, en Afrique du Nord.

 

« Les banques africaines peuvent amĂ©liorer leur accĂšs aux marchĂ©s internationaux des capitaux en Ă©mettant des bons qui sont titrisĂ©s au moyen des futurs envois de fonds », a dĂ©clarĂ© Ă  ce sujet Mthuli Ncube, Ă©conomiste en chef de la Banque africaine de dĂ©veloppement. « La Banque africaine de dĂ©veloppement, la Banque mondiale et les donateurs bilatĂ©raux peuvent jouer un rĂŽle significatif en facilitant la titrisation des envois de fonds et en attĂ©nuant les risques que prĂ©sente, pour les pays d’Afrique, l’émission de ces bons adossĂ©s Ă  des envois de fonds. Les efforts en ce sens peuvent consister Ă  fournir une assistance technique pour la conception des projets et l’analyse de solvabilitĂ©, Ă  assurer une gestion prudentielle de la dette et Ă  aider les pays africains Ă  obtenir de bonnes notes souveraines. » 

 

Le niveau des envois de fonds dĂ©clarĂ©s vers les pays d’Afrique a quadruplĂ© entre 1990 et 2010 pour s’établir, cette annĂ©e-lĂ , Ă  prĂšs de 40 milliards de dollars, ce qui en fait la principale source de capitaux extĂ©rieurs aprĂšs les apports d’investissement direct Ă©tranger. Selon les rĂ©centes enquĂȘtes, les principaux emplois des envois de fonds de la diaspora africaine ont pris sur place la forme d’investissements pour des achats de terrains, des constructions de logements et des crĂ©ations d’entreprises. Relativement parlant, ces investissements ont reprĂ©sentĂ© 36 % du niveau d’investissement global au Burkina Faso, 55 % au Kenya, 57 % au NigĂ©ria, 15 % au SĂ©nĂ©gal et 20 % en Ouganda. Au plan sectoriel, l’éducation venait en deuxiĂšme position de l’utilisation faite de ces envois au NigĂ©ria et en Ouganda, en troisiĂšme position dans le cas du Burkina Faso et en quatriĂšme pour ce qui est du Kenya. 

 

Cela dit, les chiffres officiels concernant ces envois sont nettement en deçà de la rĂ©alitĂ©, car la moitiĂ© seulement environ des pays d’Afrique subsaharienne assure de maniĂšre un tant soit peu rĂ©guliĂšre la collecte et la publication de donnĂ©es dans ce domaine. 

 

Selon le rapport, le coĂ»t de ces envois de fonds reste prohibitif, surtout Ă  partir d’autres pays d’Afrique. Pour M. Ratha, cela ne fait qu’encourager le recours Ă  des circuits informels, et reprĂ©sente une charge superflue pour les migrants africains et ceux qui bĂ©nĂ©ficient de leurs envois. 

 

Les auteurs du rapport estiment que les bureaux de poste, coopĂ©ratives d’épargne et de crĂ©dit, banques rurales et institutions de microfinancement possĂ©dant de vastes rĂ©seaux de succursales peuvent jouer un grand rĂŽle pour amĂ©liorer l’accĂšs des pauvres et des populations rurales aux envois de fonds et autres formes de services financiers. Mais ces Ă©tablissements doivent Ă©viter de conclure des accords d’exclusivitĂ© avec les opĂ©rateurs de services de transfert de fonds, car cela restreint la concurrence et tend Ă  accroĂźtre le coĂ»t des envois. Il convient en outre d’évaluer les implications que l’offre de services de transfert par tĂ©lĂ©phone mobile et autres types de services financiers Ă©manant des opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©com en Afrique peut avoir pour la stabilitĂ© du secteur bancaire, ainsi qu’en termes de risque systĂ©mique.

 

À propos du rapport

L’ouvrage Leveraging Migration for Africa vient combler d’importantes lacunes au niveau des connaissances sur les migrations, les envois de fonds et les diasporas africaines. PubliĂ© conjointement par la Banque africaine de dĂ©veloppement et la Banque mondiale, il s’inscrit dans le cadre du projet Migrations en Afrique, entrepris avec l’appui financier de multiples partenaires, Ă  savoir, outre la Banque africaine de dĂ©veloppement (BAD), l’Agence canadienne de dĂ©veloppement international (ACDI), le ministĂšre britannique du DĂ©veloppement international (DFID), le ministĂšre français de l’Immigration, de l’IntĂ©gration, de l’IdentitĂ© nationale et du DĂ©veloppement solidaire, le ministĂšre danois des Affaires Ă©trangĂšres, le Fonds international de dĂ©veloppement agricole (FIDA) et l’Agence suĂ©doise de dĂ©veloppement international (SIDA). 

 

Deux autres volumes accompagnent ce rapport, intitulĂ©s respectivement Remittance Markets in Africa (MarchĂ©s des envois de fonds en Afrique) et Diaspora for Development in Africa (Diaspora pour le dĂ©veloppement en Afrique). Par ailleurs, la Banque publie simultanĂ©ment les donnĂ©es principales tirĂ©es d’une sĂ©rie d’enquĂȘtes auprĂšs des mĂ©nages qui ont Ă©tĂ© menĂ©es sur le thĂšme des migrants dans six pays — Afrique du Sud, Burkina Faso, Kenya, NigĂ©ria, Ouganda et SĂ©nĂ©gal.

 

L’intĂ©gralitĂ© du rapport et les derniĂšres donnĂ©es sur les migrations et envois de fonds sont disponibles sur le site www.worldbank.org/migration. 

 

Les journalistes dĂ©jĂ  inscrits peuvent accĂ©der Ă  l’ouvrage avant la levĂ©e de l’embargo par l’intermĂ©diaire du service en ligne de la Banque mondiale pour les mĂ©dias : http://media.worldbank.org/secure. Les membres des mĂ©dias accrĂ©ditĂ©s peuvent faire une demande de mot de passe sur ce mĂȘme site, Ă  l’adresse : http://media.worldbank.org/

 

Contacts:

À Washington: Rebecca Ong +1 (202) 458-0434, rong@worldbank.org

TV/radio: Cynthia Case +1 (202) 494-3465, cynthiacase@gmail.com




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