Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
AccÚs membres / Devenir membre

Les partenaires de la lutte mondiale contre la tuberculose Ă©valuent les progrĂšs accomplis depuis dix ans

Disponible en: äž­æ–‡, English
  • Le ComitĂ© de coordination du partenariat « Halte Ă  la tuberculose » se rĂ©unit Ă  Washington pour faire le point sur l’état de l’épidĂ©mie, dix ans aprĂšs le lancement de l’initiative.
  • Si la tuberculose a tuĂ© 1,7 million de personnes en 2009, de nombreux progrĂšs ont nĂ©anmoins Ă©tĂ© enregistrĂ©s et 13 des pays les plus touchĂ©s par la maladie devraient atteindre l’ODM 6.
  • GrĂące Ă  l’appui de la Banque, l’Inde a triplĂ© ses taux de guĂ©rison, tandis qu’un projet en Afrique de l’Est aide les laboratoires Ă  dĂ©pister la maladie.

Le 31 mars 2011 – Ministres de la SantĂ©, agences des Nations unies et de dĂ©veloppement, ONG, malades atteints de la tuberculose, mĂ©decins et scientifiques se rĂ©unissent cette semaine Ă  Washington dans le cadre du ComitĂ© de coordination du partenariat « Halte Ă  la tuberculose ». L’objectif de leur rencontre est d’évaluer les progrĂšs enregistrĂ©s depuis qu’ils ont pris, il y a dix ans, l’engagement historique « de rayer la tuberculose de la liste des problĂšmes de santĂ© publique dans le monde ».

CrĂ©Ă© en 2001, l’initiative Halte Ă  la tuberculose est un rĂ©seau d’organisations internationales, de pays et de bailleurs de fonds, dont la Banque mondiale est l’un des membres fondateurs. Tandis que son ComitĂ© de coordination se rĂ©unit aujourd’hui, un nouveau rapport du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU Ban Ki-moon, prĂ©sentĂ© Ă  Nairobi (Kenya), alerte sur l’association meurtriĂšre tuberculose-VIH/SIDA et signale que l’épidĂ©mie est loin d’ĂȘtre vaincue.

Maladie hautement contagieuse provoquĂ©e par une bactĂ©rie pathogĂšne se propageant par voie aĂ©rienne, la tuberculose est l’une des principales causes de mortalitĂ© parmi les femmes ĂągĂ©es de 15 Ă  44 ans. Bien qu’elle soit Ă©vitable et curable, elle a tuĂ©, durant la seule annĂ©e 2009, 1,7 million de personnes dont 380 000 Ă©taient Ă©galement infectĂ©es par le VIH.

Dans de nombreux pays africains, la tuberculose est l’infection opportuniste qui constitue frĂ©quemment la cause ultime du dĂ©cĂšs des personnes atteintes du SIDA, ce qui rend la co-infection SIDA-tuberculose particuliĂšrement dangereuse. En 2010, le taux de tuberculose multi-rĂ©sistante (MR) n’avait jamais Ă©tĂ© aussi Ă©levĂ©. Des cas de tuberculose ultra-rĂ©sistante ont Ă©tĂ© recensĂ©s dans 58 pays.

Des signes de progrĂšs

L’initiative Halte Ă  la tuberculose vise, Ă  court terme, Ă  aider les pays Ă  atteindre le sixiĂšme objectif de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire (ODM), Ă  savoir stopper la propagation et commencer Ă  inverser la tendance de l’incidence de la tuberculose d’ici 2015 par rapport aux valeurs de rĂ©fĂ©rence de 1990. De nombreux pays indiquent qu’ils sont sur la bonne voie pour atteindre cet objectif. Le taux global de guĂ©rison a atteint le niveau sans prĂ©cĂ©dent de 86 %, et 13 des 22 pays les plus touchĂ©s par la tuberculose sont prĂšs d’atteindre les cibles fixĂ©es par l’ODM 6.

Les progrÚs concernent tant la découverte de nouveaux traitements antituberculeux que le dépistage.

Le Rapport 2010 sur les tendances du financement de la recherche sur la tuberculose (2005-2009), publiĂ© par le partenariat Halte Ă  la tuberculose et le Treatment Action Group indique qu’en 2010, quatre nouvelles classes de mĂ©dicaments antituberculeux ont subi des tests cliniques et qu’un intĂ©rĂȘt sans prĂ©cĂ©dent a permis d’accĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement de nouvelles combinaisons de mĂ©dicaments. Depuis les annĂ©es 1970 et jusqu’en 2005, aucune nouvelle catĂ©gorie de mĂ©dicaments antituberculeux n’avait Ă©tĂ© approuvĂ©e.

Par ailleurs, l’Agence fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine des produits alimentaires et mĂ©dicamenteux (FDA) et l’Agence europĂ©enne des mĂ©dicaments ont fourni de nouvelles orientations susceptibles de faciliter l’approbation d’un ou deux nouveaux mĂ©dicaments antituberculeux dans les 12 Ă  18 prochains mois. De mĂȘme, de nouveaux vaccins potentiels pourraient faire l’objet d’essais Ă  grande Ă©chelle dans les cinq ans Ă  venir.

En matiĂšre de dĂ©pistage, l’Afrique a connu une grande avancĂ©e technologique la semaine derniĂšre Ă  l’occasion de la JournĂ©e mondiale de la tuberculose, avec l’inauguration par le ministre sud-africain de la SantĂ©, Aaron Motsoaledi, au Prince Mshiyeni Memorial Hospital, du premier systĂšme GeneXpert du continent. Le GeneXpert permet de dĂ©tecter la tuberculose multi-rĂ©sistante en deux heures, un progrĂšs remarquable comparĂ© aux 3 Ă  12 semaines habituelles d’attente pour obtenir un diagnostic avec la mĂ©thode utilisĂ©e actuellement.

Le défi tuberculose-VIH en Afrique

L’Afrique de l’Est connaĂźt des taux trĂšs Ă©levĂ©s de co-epidĂ©mie tuberculose-HIV. La Banque mondiale aide quatre pays – Kenya, Ouganda, Rwanda et Tanzanie – Ă  Ă©tablir un rĂ©seau rĂ©gional de laboratoires publics pour amĂ©liorer l’accĂšs des populations vulnĂ©rables des zones frontiĂšres Ă  des services de diagnostic de qualitĂ©.

Un projet de 63,7 millions de dollars a Ă©tĂ© lancĂ© en mai 2010 avec le soutien des Centres amĂ©ricains de prĂ©vention et de contrĂŽle des maladies (CDC), de l’Organisation mondiale de la santĂ©, de l’Agence amĂ©ricaine pour le dĂ©veloppement international et de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires. Il aide les laboratoires Ă  fournir des diagnostics prĂ©cis et rapides, vitaux non seulement pour dĂ©tecter la tuberculose mais aussi pour augmenter les chances de survie des patients souffrant du cholĂ©ra, de mĂ©ningites et de la fiĂšvre de la VallĂ©e du Rift.

Historiquement, les laboratoires ont été le maillon faible des systÚmes de santé en Afrique subsaharienne, entravant les capacités des gouvernements à faire face, de façon coordonnée, aux épidémies de tuberculose.

Des taux de guérison multipliés par 3 en Inde

Les efforts de la Banque mondiale ont Ă©galement bĂ©nĂ©ficiĂ© Ă  l’Inde, qui porte un cinquiĂšme du fardeau mondial de la tuberculose. Depuis que l’institution a commencĂ© Ă  aider ce pays Ă  combattre la maladie, les taux de guĂ©rison ont triplĂ©, passant de 25 % Ă  86 %. Les taux de mortalitĂ© par tuberculose ont Ă©tĂ© divisĂ©s par sept et sont passĂ©s de 29 % Ă  4 % ; environ 1,7 millions de vies supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© sauvĂ©es.

Actuellement, les financements à taux nul alloués par la Banque servent à acheter des médicaments, étendre les capacités des laboratoires et former des agents de santé communautaires. Sept millions de personnes ont bénéficié de dépistages et 78 000 ont été traitées avec succÚs.

Le combat continue

Ces progrĂšs sont encourageants mais le combat doit continuer. Lors de la JournĂ©e mondiale de la tuberculose, Ban Ki-moon a prĂ©venu que, faute de financements additionnels, quelque 8 millions de personnes vont mourir d’ici 2015 Ă  cause d’une maladie pourtant largement curable.

« Il y a des raisons d’ĂȘtre optimiste, a affirmĂ© le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies, mais notre espoir doit ĂȘtre tempĂ©rĂ© par le fait que les formes de tuberculose multi-rĂ©sistante risquent, si elles ne sont pas maĂźtrisĂ©es, d’inverser les progrĂšs constamment enregistrĂ©s durant les deux derniĂšres dĂ©cennies. Sans amĂ©liorations dans la prĂ©vention de la tuberculose, le diagnostic prĂ©coce et les traitements, 8 millions de personnes mourront d’ici 2015. »




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/AYQ3KGSGN0