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Le problème des prix alimentaires au centre de la réunion semestrielle des gouverneurs de la Banque mondiale et du FMI

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  • Surchauffe économique, développement dans les pays touchés par un conflit, situation au Moyen-Orient : ce sont les points clés abordés par le Comité du développement.
  • Le communiqué du Comité demande à la Banque de continuer à accroître son rôle dans le développement de l’agriculture et de la recherche agricole.
  • Pour les gouverneurs, le Rapport sur le développement dans le monde 2011 pourrait contribuer à dynamiser l’aide aux pays touchés par un conflit.

Les prix alimentaires sont la plus grosse menace qui pèse sur les populations pauvres aujourd’hui, a rappelé le président de la Banque mondiale Robert Zoellick aux journalistes rassemblés à la conférence de presse qui a suivi la réunion du Comité du développement de la Banque mondiale et du FMI. « Il suffit d’un autre choc pour se retrouver face à une véritable crise », a insisté M. Zoellick.

Dans leur communiqué final, les membres du Comité se disent « préoccupés par le fait que la surchauffe dans certains secteurs, en particulier ceux des produits alimentaires et de l’énergie, exerce des pressions sur les prix et accroît leur volatilité ».

Leur discussion s’est appuyée sur un rapport de la Banque intitulé Faire face à la volatilité des prix alimentaires mondiaux et à ses répercussions sur la sécurité alimentaire (a) . Alors que le communiqué note « le rôle accru joué par le Groupe de la Banque mondiale dans le développement de l’agriculture et de la recherche agricole, et notamment les efforts déployés pour accroître la productivité et la résilience de la petite agriculture », il appelle la Banque à « rechercher des moyens novateurs pour accroître la productivité et les échanges agricoles, améliorer l’accès des agriculteurs aux marchés et renforcer l’investissement privé et la coopération Sud-Sud ». Il souligne en outre « le rôle crucial joué par les femmes dans l’agriculture et la nécessité de veiller à la prise en compte de leurs besoins ».

Consacrée au thème « Confits, sécurité et développement », la dernière édition du Rapport sur le développement dans le monde (a) était également à l’ordre du jour de la réunion. Selon le communiqué du Comité, ce rapport « pourrait promouvoir une amélioration sensible de la performance du Groupe de la Banque et d’autres partenaires de développement dans les États fragiles et touchés par un conflit ». Le rôle de la Banque doit, dans ces pays, mettre l’accent sur « la création d’emplois et le développement du secteur privé, une croissance inclusive, le développement d’institutions solides et le renforcement de la sécurité et de la justice ».

Sur ces points, les ministres se déclarent « favorables à l’intégration des leçons tirées du Rapport sur le développement dans le monde dans les politiques et les opérations du Groupe de la Banque mondiale, notamment l’alignement des résultats et la gestion des risques, et à l’offre d’incitations aux agents les mieux qualifiés pour qu’ils opèrent dans ces situations ». Ils demandent en outre au Groupe de la Banque « de se tenir prêt à intervenir rapidement et systématiquement dans les situations fragiles et touchées par un conflit dans les domaines qui relèvent de sa mission institutionnelle, en coordonnant étroitement son action avec celle d’autres partenaires de développement ».

Au sujet des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM), M. Zoellick a relevé qu’aucun pays touché par un conflit n’a été en mesure d’atteindre un seul des ODM. « Il nous faut progresser dans les États fragiles », a-t-il déclaré. Alors que les événements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sont dans tous les esprits, il a estimé qu’il ne faut pas attendre jusqu’à ce que la situation se stabilise, et préconise plutôt une action immédiate — à l’appui des réformes politiques et pas nécessairement sous la forme de financements.

Cet appui devrait porter sur les domaines de la transparence et l’obligation de rendre des comptes, de la gouvernance, de la création d’emplois, des filets de protection sociale, du développement du secteur privé et des exportations, ainsi que sur celui de la responsabilité sociale. Concernant ce dernier point, il s’agit, selon M. Zoellick, de collaborer avec la société civile et d’instaurer « un nouveau contrat social aux termes duquel les gouvernements sont à l’écoute de leurs peuples ». Le président de la Banque voit en outre dans la situation au Moyen-Orient une occasion de mettre en pratique les conclusions du Rapport sur le développement dans le monde.

Les ministres avaient par ailleurs poursuivi, vendredi, le dialogue ministériel sur le changement climatique dans le cadre des « Petit-déjeuners de Bali » instaurés par M. Zoellick. Dans leur communiqué final, ils appellent de leurs vœux « la formulation d’approches novatrices du financement du développement et de l’action à mener face au changement climatique, et l’appui de la Banque aux travaux du Comité de transition chargé de la conception du Fonds vert pour le climat ».

Outre les deux thèmes centraux discutés au Comité, les prix alimentaires et le Rapport sur le développent dans le monde, les gouverneurs se sont vus remettre l’édition 2011 du Rapport de suivi mondial (a) faisant le point sur la réalisation des ODM, un rapport d’étape sur la Modernisation du Groupe de la Banque mondiale (a) et un rapport sur la gouvernance intitulé « Renforcer la gouvernance et l’éthique de responsabilité : Rôle directeur et de supervision des actionnaires (a) ».