- Un an aprĂšs que la Banque mondiale a ouvert son « stock » de donnĂ©es au public, le nombre dâutilisateurs des sĂ©ries de statistiques et des indicateurs a triplĂ©.
- LâannĂ©e derniĂšre, la Banque a partagĂ© des outils de visualisation de donnĂ©es avec les pays, conçu une application consistant Ă cartographier ses rĂ©sultats, mis au point quatre applications pour iPhone et dĂ©veloppĂ© un nouvel outil pour suivre les flux dâaide extĂ©rieure.
- La SuĂšde sâassocie Ă la Banque pour gĂ©olocaliser ses projets de dĂ©veloppement en mĂȘme temps que 16 000 projets de la Banque mondiale qui ont Ă©tĂ© cartographiĂ©s dans 79 des pays les plus pauvres.
Le 20 avril 2011 â Il y a un an, la Banque mondiale ouvrait son vaste « stock » de donnĂ©es au public. Depuis lors, les visiteurs ont accouru en masse â au rythme de 100 000 par semaine â pour accĂ©der gratuitement Ă des sĂ©ries de donnĂ©es, organisĂ©es et facilement consultables, sur les indicateurs du dĂ©veloppement (Ă©ducation, pauvretĂ©, santĂ©, accĂšs Ă lâeau, etc.). Le rĂ©sultat, câest une vĂ©ritable rĂ©volution Ă la Banque mondiale, sâenthousiasme Neil Fantom, responsable de lâinitiative pour le libre accĂšs aux donnĂ©es. « Tout se passe extrĂȘmement bien, câest mieux que nous nâosions lâespĂ©rer ». Selon le classement Ă©tabli par lâorganisation britannique Publish What You Fund, la Banque est devenue lâannĂ©e derniĂšre une institution leader en matiĂšre de transparence. Le nombre des internautes utilisant ses donnĂ©es a triplĂ©, et lâinstitution a en outre publiĂ© dâautres sĂ©ries de statistiques, partagĂ© des outils de visualisation de donnĂ©es avec les pays, conçu une application pour cartographier ses rĂ©sultats, mis au point quatre applications pour iPhone et dĂ©veloppĂ© un nouvel outil destinĂ© au suivi des flux dâaide extĂ©rieure. La semaine derniĂšre, lors des RĂ©unions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monĂ©taire international, la Banque a rĂ©compensĂ© les laurĂ©ats de la premiĂšre Ă©dition du concours « DĂ©veloppeurs au service du dĂ©veloppement », des innovateurs qui ont su exploiter ses donnĂ©es pour crĂ©er leurs propres applications. En outre, elle a sorti lâĂ©dition 2011 des Indicateurs du dĂ©veloppement dans le monde (a) , soit des statistiques supplĂ©mentaires et actualisĂ©es, organisĂ© une manifestation sur le libre accĂšs aux donnĂ©es Ă lâintention des organisations de la sociĂ©tĂ© civile et tenu un Open Forum sur la crise alimentaire qui a permis de recueillir les suggestions et les rĂ©actions de milliers dâinternautes. Tout cela fait partie dâune vaste entreprise qui vise Ă faire de la Banque une institution plus ouverte et plus transparente. La semaine derniĂšre, entourĂ© des jeunes finalistes du concours DĂ©veloppeurs au service du dĂ©veloppement, le prĂ©sident de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a ainsi dĂ©crit lâinitiative de la Banque mondiale pour le libre accĂšs aux donnĂ©es : « des premiers pas concret dans la mise en pratique de notre engagement Ă devenir une institution plus ouverte ; Ă partager plus activement nos connaissances et Ă encourager les autres Ă mettre Ă profit ces connaissances ». « Il y a dix ans, on commençait seulement Ă parler de transparence », a dĂ©clarĂ© Zoellick dans un discours dâorientation prononcĂ© le 6 avril. « Aujourdâhui, la Banque mondiale est la seule organisation multilatĂ©rale Ă ĂȘtre dotĂ©e dâune vaste politique de libertĂ© de lâinformation : nous avons ouvert grand les portes de nos programmes de recherche et rendu publiques plus de 7 000 sĂ©ries de donnĂ©es ; nous avons lancĂ© un processus de conception dâapplications logicielles et des concours Ă lâintention des concepteurs dâapplications, pour que les chercheurs, professionnels et membres de la sociĂ©tĂ© civile puissent Ă partir de lĂ effectuer leurs propres calculs â et vĂ©rifier indĂ©pendamment les nĂŽtres. » « Ouvrir lâaccĂšs Ă ses donnĂ©es comme lâa fait la Banque mondiale, câest crĂ©er des opportunitĂ©s », a dĂ©clarĂ© Dirk Heine, co-crĂ©ateur de lâapplication Yourtopia â Development beyond GDP qui a obtenu le troisiĂšme prix du concours. « Câest ouvrir dâimmenses perspectives nouvelles pour la recherche, en particulier hors des universitĂ©s Ă©tablies ». Hans Rosling de la Fondation Gapminder (a) , qui milite depuis longtemps pour les « donnĂ©es ouvertes », a dĂ©clarĂ© : « Nous nous fĂ©licitons de la politique de libre accĂšs aux donnĂ©es de la Banque mondiale. Cette tendance en faveur dâune politique dâaccĂšs aux donnĂ©es dĂ©mocratique et ouverte entraĂźne une Ă©volution des mentalitĂ©s au sein des autres organisations et accroĂźt les demandes provenant des utilisateurs ». Un programme de transformation La suite, pour la Banque mondiale et pour dâautres, câest la possibilitĂ© dâexploiter les donnĂ©es pour suivre les rĂ©sultats du dĂ©veloppement et lâaide extĂ©rieure provenant de sources multiples, Ă©trangĂšres et locales. Câest aussi amĂ©liorer la transparence au sein de la Banque mondiale, donner aux citoyens les moyens de rĂ©agir et promouvoir la responsabilisation des pouvoirs publics, un thĂšme qui Ă©tait aussi au centre du rĂ©cent discours de M. Zoellick. « Le libre accĂšs aux donnĂ©es constitue pour nous tous un rĂ©el changement, un vĂ©ritable programme de transformation », a indiquĂ© Shaida Badiee, directrice du Groupe de gestion des donnĂ©es sur le dĂ©veloppement de la Banque mondiale. « Câest un nouveau mode de fonctionnement et, pour rĂ©ussir, il faut se serrer les coudes. Nous nous sommes tous rendus compte de lâimpact et de lâimportance Ă©normes que cette initiative peut avoir dans le rĂšglement des problĂšmes de dĂ©veloppement ». La demande de donnĂ©es augmente, selon elle, en particulier de la part des chercheurs et des universitaires. Bon nombre de personnes sont Ă la recherche de donnĂ©es gĂ©olocalisĂ©es et de donnĂ©es brutes provenant des enquĂȘtes auprĂšs des mĂ©nages et des travaux de recherche de la Banque ainsi que de donnĂ©es infranationales et sous-rĂ©gionales difficiles Ă obtenir. Selon M. Fantom, la Banque dispose actuellement sur son nouveau site web créé Ă cet effet de 378 sĂ©ries de micro-donnĂ©es tirĂ©es dâenquĂȘtes auprĂšs des mĂ©nages effectuĂ©es dans les pays en dĂ©veloppement, portant sur 250 000 variables. La plupart des donnĂ©es disponibles sur le site donnĂ©es.banquemondiale.org sont des donnĂ©es nationales agrĂ©gĂ©es. Il est possible dâaccĂ©der Ă quelques 3 000 indicateurs grĂące Ă lâinterface de programmation dâapplications (API) de la Banque. En plus, les 1 200 indicateurs couverts par les « Indicateurs du dĂ©veloppement dans le monde » peuvent ĂȘtre consultĂ©s en anglais, en français, en espagnol, en arabe et en chinois. La SuĂšde sâassocie Ă la Banque pour cartographier les rĂ©sultats du dĂ©veloppement Ă prĂ©sent, le dĂ©fi consiste Ă avoir une vue « ultralocale » du dĂ©veloppement qui montre notamment si les ressources sont acheminĂ©es vers les zones dont les besoins sont les plus importants, soutient quant Ă lui Aleem Walji, responsable de lâĂ©quipe chargĂ©e des Pratiques pour lâinnovation Ă lâInstitut de la Banque mondiale. « Câest dans ce domaine que nous souhaitons coopĂ©rer avec nos pays membres pour commencer Ă avancer vers lâĂ©largissement de lâaccĂšs aux donnĂ©es infranationales ». Ă cet effet, la SuĂšde sâest associĂ©e Ă lâinitiative « Mapping for Results » en vue de gĂ©olocaliser et ajouter ses propres projets de dĂ©veloppement aux 16 000 lieux dâimplantation de projets de la Banque dĂ©jĂ cartographiĂ©s dans 79 des pays les plus pauvres. La SuĂšde a lancĂ© au cours de ce mois un site web, openaid.se (a) , pour ouvrir lâaccĂšs aux archives publiques et aux donnĂ©es sur lâaide au dĂ©veloppement pour la pĂ©riode 1975- 2010. Elle est lâun des derniers pays Ă se joindre au mouvement en faveur du libre accĂšs aux donnĂ©es. « On pratique la transparence ou on ne la pratique pas », a dĂ©clarĂ© la ministre suĂ©doise chargĂ©e de la coopĂ©ration au dĂ©veloppement international, Gunilla Carlsson, lors dâune manifestation sur le libre accĂšs aux donnĂ©es organisĂ© Ă lâoccasion des RĂ©unions de printemps de la Banque et du FMI. « Câest comme ĂȘtre Ă moitiĂ© enceinte, on ne peut pas ĂȘtre Ă moitiĂ© enceinte. Il sâagit dâun impĂ©ratif pour nous ». « Je pense quâil est trĂšs important que la Banque mondiale soit en premiĂšre ligne », a-t-elle ajoutĂ©. « LâexpĂ©rience de la Banque mondiale a Ă©tĂ© utile et instructive pour nous. Câest un programme qui se dĂ©veloppe. Câest un programme quâon ne peut arrĂȘter, du moins je lâespĂšre. » Le libre accĂšs aux donnĂ©es nâest pas la panacĂ©e Les experts ont dĂ©clarĂ© toutefois craindre que le libre accĂšs aux donnĂ©es proprement dit ne suffise pas Ă rĂ©aliser de bons rĂ©sultats en matiĂšre de dĂ©veloppement. « Câest un outil trĂšs puissant, mais Ă moins de fermer la boucle [de responsabilitĂ©] entre les citoyens et les gouvernements, ce nâest quâune opĂ©ration de prestige », a dĂ©clarĂ© le vice-prĂ©sident de lâInstitut de la Banque mondiale, Sanjay Padhan, « et nous nâavons pas besoin de prestige, nous avons besoin de rĂ©sultats ». Ă terme, la Banque, et dâautres avec elle, souhaiterait pouvoir mettre Ă jour les donnĂ©es des rĂ©sultats du dĂ©veloppement en temps rĂ©el en utilisant les technologies de lâinformation et de la tĂ©lĂ©communication ; on peut imaginer par exemple recourir Ă des tĂ©lĂ©phones portables pour savoir directement auprĂšs des usagers si des services de santĂ© leur ont bien Ă©tĂ© fournis ou si les enseignants sont Ă lâheure aux cours. « Sans une sociĂ©tĂ© civile, sans des citoyens engagĂ©s et des pouvoirs publics rĂ©actifs, les donnĂ©es et les applications ne changeront pas grand-chose », a averti M. Walji. « Mais les pays qui ont mis en place ces institutions rĂ©clament cela : donnez-nous des outils, donnez-nous des informations, montrez-nous comment renforcer notre plaidoyer et notre efficacitĂ©. Les donnĂ©es sont comme du carburant, et un vĂ©hicule puissant alimentĂ© en carburant peut aller loin. Nous voulons cibler le fruit le plus mĂ»r ». |