Lutter contre la fraude, la corruption et la collusion dans le secteur routier

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  • Les pays dĂ©veloppĂ©s ou en dĂ©veloppement ont du mal Ă  assurer l’intĂ©gritĂ© des projets routiers.
  • Les formes les plus courantes d’actes rĂ©prĂ©hensibles dans le secteur routier sont la collusion des entreprises soumissionnaires ainsi que la fraude et la corruption dans l’exĂ©cution des contrats.
  • Les pauvres sont particuliĂšrement vulnĂ©rables Ă  la corruption dans le secteur routier. En l’absence de routes bien construites et correctement entretenues, leurs produits sont privĂ©s d’accĂšs aux marchĂ©s, leurs enfants sont privĂ©s d’accĂšs aux Ă©tablissements scolaires, et les blessĂ©s et les malades sont privĂ©s d’accĂšs aux soins de santĂ©.

Le 1er juin 2011 — Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale consacrĂ© Ă  la lutte contre la fraude, la corruption et la collusion dans le secteur routier (Curbing Fraud, Corruption and Collusion in the Roads Sector), le problĂšme se pose tant dans les pays dĂ©veloppĂ©s que dans les pays en dĂ©veloppement, mais les pauvres sont les plus gravement touchĂ©s en raison de ce que cela implique en termes d’opportunitĂ©s Ă©conomiques et sociales manquĂ©es.

Le rapport propose des conseils pratiques Ă©prouvĂ©s sur une gamme de mesures prĂ©ventives en s’appuyant sur les enseignements tirĂ©s par la Banque mondiale de ses enquĂȘtes dans le secteur routier et sur l’expĂ©rience de ses partenaires de dĂ©veloppement et de ses pays clients.

« Aucun pays n’est Ă  l’abri », a dĂ©clarĂ© Leonard McCarthy, vice-prĂ©sident de la Banque mondiale chargĂ© des questions de dĂ©ontologie institutionnelle. « La Banque mondiale dispose d’outils pour lutter contre les infractions — examen des processus de passation des marchĂ©s, audits financiers et contrĂŽles sur le terrain — mais les pays doivent s’employer plus rĂ©solument Ă  faire en sorte qu’aucun acte rĂ©prĂ©hensible n’échappe Ă  la loi. Nous espĂ©rons que ce rapport encouragera le dialogue avec les partenaires de dĂ©veloppement, les adjudicataires, les pays clients et notre rĂ©seau de lutte contre la corruption pour trouver des moyens de rĂ©primer la fraude, la corruption et la collusion dans le secteur routier. »

Le rapport a Ă©tĂ© Ă©tabli par la cellule des services de prĂ©vention de la vice-prĂ©sidence chargĂ©e des questions de dĂ©ontologie institutionnelle Ă  la Banque, qui fournit des services de conseil et de formation au personnel de l’institution et aux pays clients sur les moyens de lutte contre la fraude et la corruption dans les projets de dĂ©veloppement.

Soumissions concertĂ©es et fraude dans l’exĂ©cution des contrats

La collusion des entreprises soumissionnaires, ainsi que la fraude et la corruption dans l’exĂ©cution des contrats, constituent les formes les plus communes d’actes rĂ©prĂ©hensibles dans le secteur routier. Comme l’indique le rapport, la frĂ©quente manipulation des offres soumises pour des projets routiers trahit l’influence des cartels sur le secteur.

« Face Ă  l’ampleur du phĂ©nomĂšne, il faut appliquer des mesures collectives de rĂ©pression Ă  l’échelle mondiale pour dĂ©manteler les cartels », souligne Galina Mikhlin Oliver, directrice chargĂ©e de la stratĂ©gie et des services essentiels au sein de la vice-prĂ©sidence pour les questions de dĂ©ontologie institutionnelle.

« Lorsque la collusion ou la corruption sont systĂ©miques, il devient nĂ©cessaire, pour briser le cercle vicieux, de recourir Ă  une entitĂ© extĂ©rieure — un service des poursuites, une agence anticorruption, une entitĂ© chargĂ©e de l’application du droit de la concurrence, une institution supĂ©rieure d’audit ou, dans le cas d’une collectivitĂ© locale, l’administration centrale. Mais lorsque des hauts fonctionnaires sont de connivence, le recrutement d’un agent extĂ©rieur peut s’avĂ©rer particuliĂšrement difficile », ajoute-t-elle.

Évaluer la passation des marchĂ©s

Sur la base de l’expĂ©rience acquise, le rapport recommande des mesures Ă  court terme, par exemple le recours Ă  un Ă©valuateur indĂ©pendant pour les passations de marchĂ© ou Ă  un auditeur technique lorsque la corruption est profondĂ©ment enracinĂ©e. Des mesures plus draconiennes pourraient aussi s’imposer, et le rapport en examine trois : Ă©tablissement de plafonds pour les soumissions, nĂ©gociations concurrentielles et transfert de la gestion du systĂšme de passation des marchĂ©s Ă  un organisme indĂ©pendant.

Autre recommandation importante, les pays devraient adopter des lois qui pĂ©nalisent les offres frauduleuses, le partage des marchĂ©s et les autres formes de comportement collusoire ; il faut aussi qu’ils aient la volontĂ© et les moyens d’appliquer ces lois. D’autres mesures dĂ©pendront des conditions du marchĂ© ainsi que d’autres circonstances et risques propres Ă  chaque pays.

« La corruption n’est pas toujours systĂ©mique et les rĂ©formes Ă  mettre en place n’exigent donc pas toujours des mesures aussi draconiennes », prĂ©cise Richard Messick, spĂ©cialiste senior pour les questions opĂ©rationnelles au sein de la vice-prĂ©sidence chargĂ©e des questions de dĂ©ontologie institutionnelle et auteur du rapport. « Pour le projet d’infrastructures urbaines appuyĂ© par la Banque mondiale Ă  Bali, il a suffi d’étendre la diffusion des avis d’appel d’offres Ă  d’autres provinces pour dĂ©jouer les activitĂ©s d’un cercle local de soumissionnaires. Aux Philippines, des contrĂŽleurs de la sociĂ©tĂ© civile ont dĂ©masquĂ© des manƓuvres frauduleuses dans divers marchĂ©s publics, et dans la deuxiĂšme phase du projet national d’amĂ©lioration et d’entretien des routes, des groupes de la sociĂ©tĂ© civile contrĂŽleront toutes les tranches de travaux. »

Les mesures recommandĂ©es dans le rapport vont de lĂ©gĂšres modifications dans les procĂ©dures de passation des marchĂ©s Ă  des changements plus radicaux lorsque la corruption est particuliĂšrement enracinĂ©e. Le rapport souligne qu’aucune de ces mesures ne devrait ĂȘtre adoptĂ©e sans une analyse approfondie des conditions du marchĂ©, de la soliditĂ© des institutions nationales, de la volontĂ© politique de rĂ©forme et d’autres facteurs propres Ă  chaque pays.

Les dix indicateurs pour identifier des soumissions concertées

  • 1. Nombre de marchĂ©s attribuĂ©s Ă  la mĂȘme entreprise
  • 2. Tableaux comparatifs des offres pour un projet
  • 3. Entreprises soumissionnaires qui obtiennent ensuite un contrat de sous-traitance pour le projet
  • 4. Rotation des soumissionnaires les moins-disants
  • 5. Écart systĂ©matique en pourcentage entre les offres
  • 6. Proportion spĂ©cifique des travaux proposĂ©s dans une zone gĂ©ographique Ă  une ou plusieurs entreprises sur une pĂ©riode donnĂ©e
  • 7. Écart systĂ©matique en pourcentage entre l’offre la plus basse et les estimations de l’ingĂ©nieur
  • 8. Adresse du soumissionnaire le moins-disant et de ceux classĂ©s deuxiĂšme et troisiĂšme
  • 9. DiffĂ©rents prix unitaires proposĂ©s par un soumissionnaire pour diffĂ©rents projets au mĂȘme endroit
  • 10. Écart entre le nombre d’entreprises ayant demandĂ© un dossier d’appel d’offres et le nombre effectif de soumissionnaires

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