La flambĂ©e des prix en Somalie est attisĂ©e par la sĂ©cheresse, la guerre et les dĂ©placements de population  WASHINGTON, le 15 aoĂ»t 2011â Les prix alimentaires mondiaux atteignent des sommets. ConjuguĂ©s Ă une volatilitĂ© persistante, ils constituent, selon la derniĂšre Ă©dition du rapport Food Price Watch du Groupe de la Banque mondiale, publiĂ©e aujourdâhui, une menace permanente pour les pauvres des pays en dĂ©veloppement.  Une sĂ©cheresse prolongĂ©e a plongĂ© la Corne de lâAfrique, et en particulier les rĂ©gions comme la Somalie touchĂ©es par des conflits et des dĂ©placements de population, dans une situation dâurgence aggravĂ©e par des prix alimentaires qui frĂŽlent leurs records de 2008. Depuis trois mois, cette crise qui menace la vie et les moyens de subsistance de 12 millions de personnes aurait provoquĂ© la mort de 29 000 enfants de moins de cinq ans en Somalie et plongĂ© dans une situation prĂ©caire 600 000 enfants dans la rĂ©gion.  « Plus que toute autre rĂ©gion du monde, la Corne de lâAfrique est victime dâun mĂ©lange particuliĂšrement dĂ©lĂ©tĂšre entre des prix alimentaires Ă©levĂ©s, la pauvretĂ© et lâinstabilitĂ© », a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident de la Banque mondiale Robert B. Zoellick. « La Banque mondiale intervient avec une aide Ă court terme par le biais de filets de sĂ©curitĂ© pour les pauvres et les personnes vulnĂ©rables au Kenya et en Ăthiopie notamment, et apporte un soutien Ă moyen terme Ă la reprise Ă©conomique. Lâaide Ă long terme sera elle aussi cruciale pour favoriser la rĂ©sistance aux sĂ©cheresses et introduire des pratiques agricoles intelligentes face au changement climatique ».  Selon le rapport Food Price Watch, les prix alimentaires mondiaux relevĂ©s en juillet 2011 restent nettement plus soutenus quâen juillet 2010. Globalement, leur niveau est de 33 % supĂ©rieur Ă celui de lâan dernier, des produits comme le maĂŻs (+ 84 %), le sucre (+ 62 %), le blĂ© (+ 55 %) et lâhuile de soja (+ 47 %) contribuant Ă cette augmentation. Les cours du brut sont supĂ©rieurs de 45 % Ă leur niveau de juillet 2010, ce qui se rĂ©percute sur les coĂ»ts de production et le prix des engrais, qui ont augmentĂ© de 67 % sur la mĂȘme pĂ©riode. Entre avril et juillet, les prix se sont Ă©tablis Ă un niveau infĂ©rieur de 5 % environ Ă la derniĂšre flambĂ©e de fĂ©vrier 2011, grĂące Ă un lĂ©ger recul des cours des cĂ©rĂ©ales, des matiĂšres grasses et dâautres produits alimentaires comme la viande, les fruits et le sucre. Certains produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ© affichent cependant toujours une forte volatilitĂ© sur la pĂ©riode. Ainsi, les prix du blĂ© et du maĂŻs, qui avaient reculĂ© en juin, sont repartis Ă la hausse les 15 premiers jours de juillet et les prix du riz, en baisse entre fĂ©vrier et mai, augmentent Ă nouveau.
 « Compte tenu de la persistance de cours Ă©levĂ©s et de la faiblesse des stocks alimentaires, la situation demeure dangereuse et elle pĂ©nalise particuliĂšrement les plus vulnĂ©rables, poursuit M. Zoellick. Face aux incertitudes et Ă la volatilitĂ© actuelles, notre vigilance doit ĂȘtre totale. Nous nâavons pas de matelas de sĂ©curitĂ© ».  Le rapport trimestriel plaide pour une vigilance accrue, alors que les stocks mondiaux restent faibles et que lâinstabilitĂ© attendue des cours du sucre, du riz et des produits pĂ©troliers pourrait avoir dans les mois Ă venir des effets imprĂ©visibles sur les prix alimentaires. En outre, poursuit le rapport, les incertitudes entourant lâĂ©conomie mondiale et la situation politique dans les pays du Moyen-Orient et dâAfrique du Nord devraient entretenir Ă court terme la volatilitĂ© des cours du pĂ©trole.  La situation Ă lâintĂ©rieur des pays reste marquĂ©e par la volatilitĂ©, avec de grandes variations des prix. En juin, les prix du maĂŻs avaient augmentĂ© de plus de 100 % en douze mois sur les marchĂ©s de Kampala, Mogadiscio et Kigali alors quâils avaient reculĂ© de 19 % Ă Port-au-Prince et Ă Mexico. Plusieurs rĂ©gions du monde, notamment lâAmĂ©rique centrale et du Sud ainsi que lâAfrique de lâEst, ont enregistrĂ© au dernier trimestre une brusque augmentation des prix intĂ©rieurs de produits essentiels. Le rapport souligne aussi quâune augmentation prolongĂ©e des prix alimentaires attise lâinflation dans des pays comme lâĂthiopie et le Guatemala.  En Somalie, les prix des cĂ©rĂ©ales produites localement ont continuĂ© leur progression dans toutes les rĂ©gions depuis octobre 2010 et ont dĂ©sormais dĂ©passĂ© leurs niveaux record de 2008. Le prix des deux principales productions locales â le sorgho rouge et le maĂŻs blanc â a augmentĂ© de respectivement 240 % et 154 %. Les cours des denrĂ©es importĂ©es, comme le riz, le sucre, la farine de blĂ©, les huiles vĂ©gĂ©tales et lâessence, sont eux aussi supĂ©rieurs Ă leur niveau de 2010.  En Somalie, 3,7 millions de personnes sont touchĂ©es par la crise ; parmi elles, 3,2 millions â dont 2,8 millions se trouvent dans le sud du pays â ont besoin dâune aide de toute urgence. Les fermiers pauvres qui nâont ni stocks ni moyens pour acheter des aliments sont les plus durement touchĂ©s, de mĂȘme que les personnes dĂ©placĂ©es, pĂ©nalisĂ©es par des problĂšmes dâaccĂšs aux denrĂ©es. Les pauvres urbains souffrent de lâaugmentation du coĂ»t de la vie et de la baisse des salaires.  Dans ce contexte de crise, le Groupe de la Banque mondiale met Ă disposition 686 millions de dollars pour sauver des vies, amĂ©liorer la protection sociale, permettre la reprise Ă©conomique et renforcer la rĂ©sistance des populations Ă la sĂ©cheresse dans la Corne de lâAfrique. Ses premiers efforts porteront sur les plus vulnĂ©rables, en renforçant les filets de sĂ©curitĂ©, avant de mettre lâaccent, au cours des deux prochaines annĂ©es, sur la reprise Ă©conomique. Ă plus long terme, la Banque mondiale sâattachera Ă renforcer la rĂ©silience climatique Ă travers notamment des investissements dans la rĂ©duction et le financement des risques de sĂ©cheresse mais aussi dans des pratiques agricoles intelligentes face au climat.  « Notre intervention est dictĂ©e par un sentiment dâurgence face Ă cette crise », a dĂ©clarĂ© M. Zoellick qui, depuis le dĂ©but de cette annĂ©e, demande aux pays du G20 dâaccorder la prioritĂ© Ă lâalimentation.  Les ministres de lâAgriculture du G20 rĂ©unis en juin ont acceptĂ© de lever les interdictions dâexportation pour lâaide humanitaire alimentaire et de constituer dans les rĂ©gions, Ă titre pilote, de petites rĂ©serves alimentaires dâurgence pour reconstituer les filets nationaux de sĂ©curitĂ©. Les ministres ont aussi dĂ©cidĂ© dâintroduire plus de transparence et de coordination, dâadopter des instruments plus efficaces de gestion des risques et dâinvestir davantage dans la production. Les chefs dâĂtat du G20 se rencontreront en novembre pour discuter de ces questions.  Lâaction du Groupe de la Banque mondiale pour faire de lâalimentation la prioritĂ© numĂ©ro un ·  Le Groupe de la Banque mondiale met Ă disposition 686 millions de dollars pour sauver des vies, amĂ©liorer la protection sociale, permettre la reprise Ă©conomique et renforcer la rĂ©sistance des populations Ă la sĂ©cheresse dans la Corne de lâAfrique. Plus de 12 millions de personnes sont touchĂ©es par la crise.  ·  Un tout nouveau produit de gestion du risque, Ă©laborĂ© par le Groupe de la Banque mondiale et fourni par la SociĂ©tĂ© financiĂšre internationale (IFC), permettra de lever jusquâĂ 4 milliards de dollars pour protĂ©ger les agriculteurs, les producteurs et les consommateurs des pays en dĂ©veloppement face Ă la volatilitĂ© des cours des denrĂ©es alimentaires.  ·  Le Programme dâintervention en rĂ©ponse Ă la crise alimentaire mondiale (GFRP) soutient prĂšs de 40 millions de personnes, grĂące Ă une aide de 1,5 milliard de dollars.  ·  Le Groupe de la Banque mondiale sâemploie Ă augmenter ses dĂ©penses dans le domaine de lâagriculture pour les porter autour de 6 Ă 8 milliards de dollars par an, contre 4,1 milliards en 2008.  ·  Le Groupe de la Banque mondiale soutient le Programme mondial pour lâagriculture et la sĂ©curitĂ© alimentaire (GAFSP), quâil a Ă©tabli en avril 2010 (Ă la demande du G20) afin dâappuyer les plans mis en place dans les pays pour lâagriculture et la sĂ©curitĂ© alimentaire et de favoriser les investissements en faveur des petits agriculteurs. Ă ce jour, six pays ainsi que la Fondation Bill et Melinda Gates se sont engagĂ©s Ă fournir environ 925 millions de dollars au cours des trois prochaines annĂ©es, sachant que 520 millions ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© levĂ©s.  ·  Le Groupe de la Banque mondiale coordonne son action avec les agences des Nations Unies, dans le cadre du Groupe de travail de haut niveau sur la sĂ©curitĂ© alimentaire, de mĂȘme quâavec les organisations non gouvernementales.  Contacts : Ă Washington : Michael Jelenic, (202) 473-2075, mjelenic@worldbank.org En Australie : Camille Funnell, 0423 606 850, cfunnell@worldbank.org ; Aleta Moriarty, 0409 157 705, amoriarty@worldbank.org; Radios et tĂ©lĂ©visions : Natalia Cieslik, (202) 458-9369, ncieslik@worldbank.org  Pour plus dâinformations : www.banquemondiale.org/ Rejoignez-nous sur Facebook : http://www.facebook.com/banquemondiale Restez informĂ©s avec Twitter : http://www.twitter.com/banquemondiale Notre chaĂźne YouTube : http://www.youtube.com/worldbank  |