WASHINGTON, 6 Septembre 2011 â Le Bassin du Congo abrite la deuxiĂšme plus grande forĂȘt tropicale au monde aprĂšs lâAmazonie et reprĂ©sente environ le quart des forĂȘts denses humides. Ce bassin forestier, couvrant un territoire Ă©quivalent Ă environ quatre fois la France, sâĂ©tend sur six pays dâAfrique Centrale : le Cameroun, le Congo, le Gabon, la GuinĂ©e Equatoriale, la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo et la RĂ©publique Centrafricaine. Les forĂȘts du Bassin du Congo reprĂ©sentent un stock considĂ©rable de carbone (les estimations oscillent entre 24 Ă 39 GT de carbone) : elles constituent donc tampon important dans le cadre des changements climatiques. Bien que le taux annuel moyen de dĂ©forestation dans le Bassin du Congo soit faible (0,17%) comparĂ© Ă ceux dâAmazonie ou dâAsie du Sud-est, certains prĂ©disent que la situation pourrait changer avec une acceleration de la disparition des forĂȘts au cours des prochaines dĂ©cennies sous lâinfluence de pressions croissantes. Il sâagit, entre autres, de lâexploitation forestiĂšre, le dĂ©veloppement de routes, lâextension agricole (Ă la fois pour lâagriculture vivriĂšre et commerciale), lâextraction de pĂ©trole et de minerais. Limiter la dĂ©forestation signifie non seulement moins de carbone relĂąchĂ© dans lâatmosphĂšre, mais aussi un habitat prĂ©servĂ© pour de nombreuses espĂšces en voie dâextinction et des services Ă©cologiques essentiels maintenus. A lâĂ©chelle mondiale, on estime que la dĂ©forestation tropicale contribue Ă hauteur de 15 Ă 20 % aux Ă©missions totales de gaz Ă effet de serre, participant ainsi au rĂ©chauffement de la planĂšte et au changement climatique. Câest pourquoi les partenaires au dĂ©veloppement est en train dâĂ©laborer un mĂ©canisme dâincitations visant Ă appuyer les efforts consentis par les pays en dĂ©veloppement pour rĂ©duire la dĂ©forestation et la dĂ©gradation des forĂȘts tropicales. Ce systĂšme dâincitation financiĂšre est connu sous le nom de mĂ©canisme REDD+ (RĂ©duction des Emissions liĂ©es Ă la DĂ©forestation et Ă la DĂ©gradation des forĂȘts) et sera partie intĂ©grante du futur cadre de travail Ă©tabli par la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique. Mais avant de pouvoir profiter dâun tel mĂ©canisme, les pays du Bassin du Congo doivent relever de nombreux dĂ©fis liĂ©s Ă leurs capacitĂ©s institutionnelles et techniques. Une approche rĂ©gionale pour la conservation des ressources forestiĂšre et leur utilisation durable. Pour appuyer les pays du Bassin du Congo, la Banque mondiale a approuvĂ© en aoĂ»t 2011 un projet de 5 ans financĂ© grĂące Ă un don de 13 millions de dollars amĂ©ricains du Fonds pour lâEnvironnement Mondial (FEM) : le projet va renforcer les capacitĂ©s des pays et leur permettre dâatteindre les prĂ©-requis techniques et institutionnels indispensables pour bĂ©nĂ©ficier du futur mĂ©canisme dâincitation REDD+. « Il sâagit clairement dâun de nos projets les plus importants pour soutenir notre engagement Ă appuyer lâAfrique dans les nĂ©gociations sur le climat et lâaider Ă se positionner Ă la fois comme contributeur dans lâeffort dâattĂ©nuation mondial et comme bĂ©nĂ©ficiaire des flux financiers grandissants », a dĂ©clarĂ© M. Yusupha B. Crookes, Directeur en charge lâIntĂ©gration RĂ©gionale en Afrique pour la Banque mondiale. Les pays du Bassin du Congo utilisent une approche rĂ©gionale pour se prĂ©parer Ă cette participation. « LâintĂ©gration rĂ©gionale permet aux pays de se positionner de façon plus stratĂ©gique dans le cadre des nĂ©gociations internationales sur le climat. Elle les aide Ă©galement Ă mettre en commun leurs ressources pour adopter des mĂ©thodologies et technologies de pointe pour le suivi et la mesure de la forĂȘt » a dĂ©clarĂ© Mme Carole Megevand, Responsable du projet. « Cela donne aussi aux pays les moyens de mutualiser les coĂ»ts, et de bĂ©nĂ©ficier de substantielles Ă©conomies dâĂ©chelles. De plus, lâapproche rĂ©gionale permet de limiter les effets de « fuites » qui consistent Ă simplement dĂ©placer les phĂ©nomĂšnes de dĂ©forestation dâun pays Ă lâautre ». Le projet est mis en Ćuvre par la Commission des ForĂȘts dâAfrique Centrale (COMIFAC), une organisation rĂ©gionale ayant pour mandat de coordonner la gestion de la forĂȘt dans le Bassin du Congo. « COMIFAC est en charge dâexĂ©cuter le projet, mais les pays participants ont un rĂŽle prĂ©dominant dans la prise de dĂ©cision et le suivi du projet», indique Mme MĂ©gevand. Le principe de subsidiaritĂ© est un Ă©lĂ©ment fondamental dans le montage du projet. Il assure que le projet rĂ©gional vient en complĂ©ment des autres initiatives finançant des activitĂ©s au niveau des pays pour la gestion de la forĂȘt. Il offre un cadre rĂ©gional permettant de coordonner les rĂ©formes des politiques au sein des 6 pays et de leur permettre dâavancer vers un objectif commun de rĂ©duction de la dĂ©forestation et de la dĂ©gradation des forĂȘts. Mesurer le stock de carbone des forĂȘts dâAfrique centrale Les nĂ©gociations internationales sur REDD+ continuent autour de la notion de âcrĂ©dits carboneâ, un dispositif permettant de rĂ©tribuer les pays pour leurs performances en terme de rĂ©duction des Ă©missions de carbone forestier dans lâatmosphĂšre. ComparĂ© Ă dâautres Ă©cosystĂšmes forestiers mondiaux, le Bassin du Congo fait face Ă un dĂ©ficit de donnĂ©es sur le stock de carbone de ses forĂȘts. Cette incertitude pourrait Ă terme limiter voire empĂȘcher les paiements REDD+. « Le rĂ©sultat clef poursuivi par ce projet sera de rendre disponible des outils pour mesurer avec prĂ©cision et avec confiance la quantitĂ© de carbone contenue dans les forĂȘts dâAfrique Centrale », indique Mme Idah Pswarayi-Riddihough, responsable du secteur Environnement Ă la Banque mondiale. « Savoir la teneur en carbone des forĂȘts sera trĂšs vraisemblablement un prĂ©-requis pour accĂ©der aux futurs paiements REDD+ basĂ©s sur la performance. Les pays participant Ă ce projet pourront mieux se positionner sur les futurs marchĂ©s ». Au sujet des Ă©cosystĂšmes forestiers du Bassin du Congo Plus de 24 millions de personnes vivent dans les forĂȘts du Bassin du Congo. Lâexploitation du bois et des minerais dans la forĂȘt contribue significativement aux exportations et aux revenus fiscaux. Au-delĂ de leur importance Ă©conomique, les forĂȘts tropicales jouent Ă©galement un rĂŽle de premier plan pour la conservation de la biodiversitĂ© mondiale, abritant des animaux et des plantes nâexistant que dans cette rĂ©gion du monde. Les forĂȘts sont Ă©galement le poumon vert du continent africain et fournissent des services Ă©cologiques vitaux aux niveaux rĂ©gional et mondial : protection des eaux, rĂ©gulation du climat et acteur clef du cycle des pluies. Par leur mĂ©tabolisme, les forĂȘts absorbent le dioxyde de carbone de lâatmosphĂšre et le stockent sous la forme de leur abondante vĂ©gĂ©tation. |