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Mali: Énergie domestique et généralisation de l'accès à l'électricité

Disponible en: Español, English
Mali : Énergie domestique et généralisation de l'accès à l'électricité en zone rurale
Développer l'accès aux services énergétiques de base au Mali
Comment l'électricité stimule le développement
économique et social

Vue d'ensemble

Dans les zones rurales du Mali (a) (Afrique de l'Ouest), seulement 13 % environ de la population avaient l'électricité en 2009, ce qui limitait le potentiel de développement. L'Association internationale de développement (IDA) s'est associée au gouvernement, aux communautés locales et au secteur privé pour remédier à cette situation et, en mai 2010, les opérateurs privés locaux étaient parvenus à raccorder au réseau 43  311  foyers, soit quelque 650  000  personnes. En outre, le projet a permis d'apporter l'électricité à 803 établissements publics, dont 172  écoles et 139  centres de santé.

Défi

Le Projet sur l'énergie domestique et la généralisation de l'accès à l'électricité (baptisé « HEURA » selon son nom en anglais) avait pour objet d'accompagner le Gouvernement malien dans l'action menée pour fournir des services énergétiques de base aux populations isolées à faible revenu et contribuer ainsi à la réalisation des objectifs de croissance économique et de réduction de la pauvreté. Dans les campagnes du Mali, le taux d'accès à l'électricité est faible. Selon la Direction nationale de l'énergie, seuls quelque 13 % des ruraux avaient l'électricité en 2009. Compte tenu de ce faible taux d'électrification, le pays n'a pas été en mesure d'exploiter pleinement son potentiel économique et d'entrer en concurrence sur les marchés internationaux dans des conditions équitables. Pour la plupart, les ménages ruraux ont recours au pétrole, aux piles sèches et aux batteries de voitures pour s'éclairer et satisfaire leurs besoins d'énergie.

L'enjeu était de mettre en place un mécanisme novateur de prestations de services couvrant toute la gamme des besoins, avec la participation active des populations, des organisations non gouvernementales (ONG) et du secteur privé. Les avancées marquées grâce au projet durant les quatre dernières années doivent être maintenues et développées pour multiplier le nombre de raccordements au réseau et s'assurer que les services énergétiques contribuent à favoriser la compétitivité des petites et moyennes entreprises ainsi que les programmes sociaux.


Démarche

Le projet HEURA a adopté une démarche double. Tout d'abord, il a permis au Mali d'aborder la problématique de l'énergie rurale à plusieurs niveaux, en associant l'octroi de petites concessions spontanées aux communautés de base (selon une approche ascendante) à des interventions planifiées reposant sur de grandes concessions d'électrification (approche descendante). Deuxièmement, il a contribué à la mise en place et au renforcement d'un mode de gestion communautaire des zones forestières, pour assurer un approvisionnement durable en bois de feu, conjugué à des initiatives de substitution progressive grâce à l'introduction de fourneaux améliorés.

Le projet a par ailleurs aidé le Gouvernement à créer l'Agence malienne pour le développement de l'énergie domestique et pour l'électrification rurale (AMADER), un établissement spécialisé dépendant de l’État et tenant lieu de guichet unique pour l’approvisionnement énergétique des ménages et l’électrification des zones rurales à travers le pays Il a en outre contribué à la mise en place d’un fonds d’électrification rurale pour le financement des dépenses d’équipement initiales des sous-projets entrepris dans ce domaine. Grâce à ce fonds et à cet organisme, les opérateurs privés sont devenus les éléments moteurs du projet en apportant un cofinancement de l’ordre de 25 % en moyenne pour les sous-projets en question.


Résultats

  • Participation du secteur privé local. Le projet a donné lieu au financement d’environ 80 sous-projets gérés par 46 opérateurs privés. Au 15 mai 2010, quelque 43 311 branchements hors réseau avaient été effectués pour les ménages et pour l’éclairage public, donnant ainsi accès à l’électricité à 650 000 personnes environ. En outre, environ 803 établissements publics, dont 172 écoles et 139 centres de santé, ont bénéficié d’un accès à l’électricité hors réseau dans le cadre du projet.
  • Renforcement du rôle des femmes. Le projet a permis aux associations féminines de jouer un rôle important comme prestataires de services énergétiques au niveau des communautés isolées. Formées — dans les langues locales — aux notions comptables de base par des ONG financées par le projet, ces associations assurent désormais la gestion de plateformes multifonctionnelles exploitant des moteur diésel installés dans les villages. Les plateformes combinent la production d'électricité à d'autres services tels que l'usinage, le décorticage, le pompage de l'eau, le chargement des batteries, l'éclairage et l'utilisation d'outils. À ce jour, ces plateformes polyvalentes ont été installées dans 64 communautés rurales, permettant ainsi 7 200 branchements individuels.
  • Introduction des nouvelles technologies exploitant les énergies renouvelables dans la combinaison énergétique rurale du Mali. En six ans, plus de 7 926  ménages ont été équipés de systèmes solaires domestiques, tandis que des systèmes solaires photovoltaïques ont été installés dans plus de 500 institutions à travers le pays.
  • Promotion de la gestion durable du bois de feu et d'un processus de substitution de combustibles.Afin de contribuer à assurer un approvisionnement durable en bois de feu, principal matériau utilisé pour la cuisine et le chauffage, le projet a entrepris (en partenariat avec la Direction nationale de la conservation de la nature) de placer environ 874 000 hectares de forêts sous gestion communautaire. Par le biais d’ONG et d’opérateurs locaux privés, il a également donné lieu à la distribution d’environ 748 500 foyers et fourneaux améliorés, et d’environ 51 385 réchauds à gaz. Le recours accru à des foyers et fourneaux améliorés est censé contribué à réduire la pollution de l’air dans les habitations, qui est l’un des principaux facteurs de risque sanitaire auxquels sont exposés les femmes et les enfantss. La pollution de l'air à l'intérieur des habitations provoque des maladies aiguës de l'appareil respiratoire, des conjonctivites et des insuffisances de poids à la naissance.


Contribution de la Banque

Le projet HEURA repose sur un crédit de l'IDA de 35,7 millions de dollars et un financement de 3,5 millions de dollars du Fonds pour l'environnement mondial (FEM). Il a été présenté au Conseil en novembre 2004. Compte tenu des bons résultats obtenus, un crédit supplémentaire de l'IDA, d'un montant de 35 millions de dollars, a été présenté pour approbation au Conseil en septembre 2008.


Partenaires

Durant l'exercice 2011, un second financement additionnel sera approuvé. Par l'association de divers fonds fiduciaires, il se montera au total à quelque 9 millions de dollars apportés par le Gouvernement russe et le Gouvernement néerlandais, et contribuera à l'introduction des technologies d'énergies renouvelables et à la promotion des utilisations énergétiques productives. Les bons résultats du projet ont attiré l'attention d'autres bailleurs de fonds, tels que la KfW allemande et la Banque africaine de développement, sur le secteur de l'électrification rurale. Le Mali a été sélectionné comme pays pilote du Programme de valorisation à grande échelle des énergies renouvelables dans les pays à faible revenu (SREP) qui est financé par différents donateurs bilatéraux dans le cadre des Fonds d'investissement climatique afin de promouvoir les initiatives favorisant un développement sobre en carbone et à l'abri des chocs climatiques.


Prochaines étapes

Le projet s'emploie à relever trois grands défis: i) poursuivre l'introduction des technologies de faible coût afin de réduire le coût de l'électricité en zone rurale ; ii) veiller à la pérennité des initiatives engagées  ; et, iii) mobiliser des financements à long terme pour maintenir l'intérêt des opérateurs privés locaux pour la prestation de services énergétiques. 


Bénéficiaires

Les communautés rurales ciblées par le projet ont vu leurs conditions de vie très considérablement améliorées par l'introduction de services énergétiques modernes : des enfants qui peuvent désormais faire leurs devoirs le soir aux femmes qui accouchent ou aux villageois qui se déplacent la nuit dans des conditions plus sûres. On voit également apparaître toute une série d'activités rémunératrices allant de la fabrication de glace à la transformation des aliments en passant par la boulangerie, la confection de vêtements, la téléphonie rurale et la banque commerciale. Les marchés peuvent rester ouverts la nuit, et les manifestations de la vie sociale se prolonger plus tardivement. Mieux organisés, les marchés de bois de feu apportent aux bénéficiaires un revenu complémentaire et prévisible. Enfin, dans les ménages concernés, les poêles améliorés contribueront sans aucun doute à réduire la pollution à l'intérieur des habitations, et donc les troubles respiratoires, les conjonctivites et l'insuffisance pondérale à la naissance qui lui sont associés.

Yorosso est une ville cotonnière du sud du Mali. Pendant longtemps, ses habitants n'ont pu compter que sur la lumière du soleil pour s'éclairer, soit une douzaine d'heures par jour. Le maire, Kalifa Goïta, témoigne : « Quand on n'a pas de soleil, il faut en chercher. Ici, c'est la lumière électrique que nous cherchions ». Le projet financé par la Banque mondiale a fait briller la lumière nuit et jour dans sa maison comme dans sa ville. Selon lui, depuis le début de la mise en œuvre du projet en 2004, l'électricité a déjà stimulé l'activité socio-économique dans la ville . « Maintenant que nous avons l'électricité, nous espérons attirer davantage d'investisseurs locaux pour lutter contre le sous-emploi à la fin de la campagne agricole. » L'électricité a amené la lumière, mais elle a aussi permis à la population de communiquer plus efficacement grâce aux appareils électriques. « Avec le téléphone, nous savons ce qui se passe dans le monde. Grâce l'électricité, on pourra suivre tout cela à la télévision », se réjouit le maire. Le projet a déjà permis de construire une petite centrale électrique qui alimente un réseau de 157 usagers, et exploite également l'énergie solaire pour produire 10 heures d'électricité et éclairer 42  lampadaires. À terme, c'est un nombre d'usagers bien supérieur qui en bénéficiera.

(a) indique une page en anglais.


Pour en savoir plus, veuillez consulter le site des Projets.



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