Défi
Le Burkina demeure l'un des pays les plus pauvres au monde, avec un revenu par habitant d'environ 460 dollars. Face aux défis qui se posent dans l'éducation et la santé, et à la suite des crises climatique et financières récente dont les effets se font toujours sentir, le Burkina Faso devra remédier à une série de contraintes et vulnérabilités fondamentales pour préserver ses acquis économiques et sociaux. Le taux de croissance annuelle a fléchi, passant de 5,2 % en 2008 à 3,2 % en 2009 sous l'effet conjugué des chocs climatiques, de la crise énergétique, des fluctuations des prix des produits de base et de la crise financière mondiale. Cette baisse s'est traduite par une plus grande vulnérabilité des pauvres.
Démarche
La politique de développement du Burkina Faso est présentée en détail dans sa nouvelle Stratégie de croissance accélérée et de développement durable, adoptée en décembre 2010. Celle-ci repose sur quatre piliers : (i) le développement de pôles de croissance accélérée ; (ii) la consolidation du capital humain et la promotion de filets de sécurité ; (iii) le renforcement de la gouvernance et ; (iv) l'intégration de questions transversales dans les politiques et programmes de développement.
Cette politique vise à consolider l'ensemble des stratégies nationales et sectorielles. Sur le plan économique, les principaux défis qui se font jour sont : (i) le développement rural ; (ii) le développement du secteur privé ; (iii) le développement du secteur financier ; (iv) la modernisation et le développement de l'infrastructure ; et (v) la gouvernance économique. Sur le plan social, les principaux défis portent sur : (i) la transition démographique ; (ii)la performance du système éducatif ; (iii) l'accès aux services d'électricité, d'eau et d'assainissement ; (iv) la création d'emplois ; (v) la protection sociale ; (vi) la promotion des droits de l'homme et des valeurs culturelles et morales ; (vii) la parité hommes-femmes ; et (viii) la consolidation de la gouvernance politique, administrative et locale. De nouveaux domaines comme la règlementation de la protection environnementale et l'intervention publique dans des secteurs tels que les prix du pétrole et la crise alimentaire sont également couverts dans la nouvelle stratégie.
L'action de l'IDA au Burkina Faso est guidée par la stratégie d'aide-pays (CAS) de 2010 qui s'inscrit dans le droit fil des priorités du document de stratégie pour la réduction de la pauvreté du gouvernement. Au cours des dix dernières années, sur la période couvrant les exercices 2000 à 2010, l'IDA a engagé 1,5 milliard de dollars pour financer des projets d'investissement et des opérations de soutien budgétaire liés aux priorités de développement du pays
Résultats
Conformément à la stratégie d'aide de la Banque mondiale pour le Burkina Faso, l'IDA s'est attachée à obtenir des résultats tangibles dans divers secteurs, en promouvant la croissance par la transformation économique, en réduisant la vulnérabilité économique et en améliorant la prestation de services sociaux.
Développement privé :
- L'appui apporté à une réforme du secteur des télécommunications a permis un accroissement du nombre de lignes téléphoniques pour 100 habitants de 1,5 en 2003 à 31 en 2010 ;
- 6 670 nouveaux emplois avaient été créés dans le secteur formel au 30 juin 2010, tandis que 16 085 nouvelles entreprises étaient enregistrées ;
- Le soutien fourni aux réformes de l'environnement d'affaires a permis d'abaisser les délais nécessaires pour créer une entreprise à 3 jours (contre 45 en 2004) et le nombre de jours nécessaires pour obtenir un permis de construire à 30 jours (contre 260 en 2006).
Santé :
- La mortalité infantile a baissé de 219 à 104 pour 1 000 entre 1999 et 2009 ;
- La vaccination des enfants et les soins prénataux sont devenus gratuits (depuis 2002 et 2003 respectivement) — avec le soutien des crédits pour l'allègement de la dette et la réduction de la pauvreté ;
- Le taux d'infection au VIH dans les zones urbaines a chuté de 7 % en 1997 à 1,9 % aujourd'hui.
Eau :
- Les 70 millions de dollars alloués par l'IDA au Projet pour l'eau à Ouagadougou ont permis d'accroître l'accès à l'eau courante dans les zones urbaines couvertes par l'organisme public de l'eau (ONEA) de 57 % en 2001 à 73 % en 2008 ;
- À Ouagadougou, le nombre de personnes qui ont directement accès à l'eau courante dans leur foyer a plus que triplé en six ans, passant de 300 000 en 2001 à 1 040 000 en 2007 ;
- Le service en eau, qui souffrait de coupures chroniques en 2001, est maintenant assuré 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 à 94 % de la population de Ouagadougou.
Routes :
- L'IDA fait partie d'un consortium de bailleurs de fonds qui aide le gouvernement pour la réhabilitation et la maintenance de l'infrastructure essentielle des transports. Le financement de l'IDA a permis de remettre en état plus de 1 100 kilomètres de routes rurales, reliant les zones de production agricole aux marchés.
Mines :
- Un soutien technique et financier a été fourni au cours des dix dernières années pour éliminer le monopole d'État sur les mines, ouvrir le secteur à la concurrence et faciliter l'exploration et l'investissement privés dans les mines d'or, de manganèse, de phosphates et de zinc.
- Les investissements dans le secteur ont augmenté de 700 millions de dollars entre 2006 et 2009, tandis que les nouveaux investissements pour les deux prochaines années s'élèvent à 250 millions de dollars.
Éducation :
- Le taux brut de scolarisation dans le primaire est passé de 60 % en 2006 à 85,9 % en 2010 ;
- Le taux d'achèvement est passé de 40 % à 45,9 % sur cette même période.
Partenaires
Depuis 2000, l'IDA a contribué à l'élaboration d'un nouveau pacte d'aide axé sur les stratégies de réduction de la pauvreté, l'allègement de la dette, l'harmonisation de l'aide et le leadership des pays bénéficiaires. Dix bailleurs de fonds sont signataires d'un cadre général de soutien budgétaire. Le CSRP est fermement ancré dans ce processus et la Banque en 2009/2010 a dirigé la troïka de bailleurs de fonds pour la coordination du cadre d'évaluation conjointe de la performance.
(a) indique une page en anglais.






