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Turquie : Programmes d’inclusion sociale et de crĂ©ation d’emplois par le secteur privĂ©

Disponible en: English, Español
Création d'emplois généré par le secteur privé et programmes d'inclusion sociale

Renforcer l'administration du secteur public et le cadre réglementaire en Turquie


Vue d'ensemble

Avec le soutien en 2006-2011 de trois prĂȘts (sur une sĂ©rie de quatre) de la BIRD en appui aux politiques de dĂ©veloppement (DPL) et de conseils techniques, la Turquie a presque atteint la couverture assurance maladie universelle (contre 86 % auparavant), Ă©largi l'accĂšs Ă  l'Ă©ducation prĂ©scolaire, considĂ©rablement dĂ©veloppĂ© la formation professionnelle (de 30 000 bĂ©nĂ©ficiaires en 2008 Ă  plus de 200 000 en 2010) et augmentĂ© son indice de transparence du budget de 41 Ă  57 %, tout en abordant la crise mondiale de 2008-2009 avec succĂšs.

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Défi

Dans les annĂ©es 2002-2006, afin de se relever de la crise bancaire qui l'avait frappĂ©e en 2001, la Turquie a lancĂ© de vastes rĂ©formes de ses secteurs financier, Ă©conomique et public. Plusieurs annĂ©es de croissance soutenue ont amĂ©liorĂ©, en 2006, l'Ă©tat des finances publiques (la dette publique est tombĂ©e de 78 % Ă  48 % du PIB entre 2002 et 2006) et les indicateurs sociaux (le taux de pauvretĂ© est tombĂ© de 27 % Ă  17 % entre 2003 et 2007). Mais ces progrĂšs soutenus Ă©taient menacĂ©s par une sĂ©rie de difficultĂ©s : l'explosion des coĂ»ts de santĂ© et de sĂ©curitĂ© sociale, les problĂšmes posĂ©s par la mise en Ɠuvre des rĂ©formes de la gestion des finances publiques, un climat d'investissement plombĂ© par des codes et rĂ©glementations dĂ©passĂ©s, la persistance du chĂŽmage et une pĂ©nurie de compĂ©tences sur le marchĂ© de l'emploi. Outre ces dĂ©fis, le pays a Ă©tĂ© confrontĂ© Ă  la brusque dĂ©tĂ©rioration de l'environnement Ă©conomique mondial Ă  partir de 2008.


Démarche

En 2006, la Banque a rĂ©agi avec deux sĂ©ries de prĂȘts, l'une pour appuyer les rĂ©formes du secteur public, l'autre pour soutenir la compĂ©titivitĂ© et les emplois du secteur privĂ©. En 2009, alors que la Turquie faisait face aux effets de la crise Ă©conomique mondiale, son gouvernement a demandĂ© Ă  la Banque de fusionner ces deux sĂ©ries en une seule destinĂ©e Ă  « rĂ©tablir l'emploi et une croissance Ă©quitable  Â» (ce programme est baptisĂ© « REGE Â» d'aprĂšs son nom en anglais). Cette fusion a rationnalisĂ© l'appui de la Banque Ă  la Turquie Ă  un moment critique : le PIB avait chutĂ© de 4,7 % en 2009 et le chĂŽmage culminait Ă  16 %. Elle a permis non seulement de fournir des financements et conseils avec souplesse pour attĂ©nuer l'impact de la crise mais aussi d'assurer la continuitĂ© avec l'appui antĂ©rieur de la Banque en faveur du programme turc pour l'emploi et la croissance durable.

Alors que la Turquie doit continuer Ă  moderniser ses institutions et procĂ©der Ă  une rĂ©vision globale des codes lĂ©gaux et rĂ©glementaires relatifs aux entreprises commerciales, le prĂȘt final de la Banque mondiale (en cours de prĂ©paration) appuiera en 2011 la poursuite des rĂ©formes du secteur public et du cadre rĂ©glementaire pour favoriser une croissance et des emplois durables.


Résultats

Les sĂ©ries de prĂȘts DPL-REGE ont accordĂ© des financements et un appui technique visant plusieurs rĂ©sultats :

  • RĂ©former la sĂ©curitĂ© sociale et l'assurance maladie universelle : un systĂšme d'assurance maladie universelle a Ă©tĂ© instaurĂ© en 2006 et une rĂ©forme complĂšte de la sĂ©curitĂ© sociale a Ă©tĂ© adoptĂ©e en 2008. La Banque a apportĂ© son aide Ă  travers des simulations actuarielles dĂ©taillĂ©es et d'une formation Ă  ses homologues turcs pour moderniser ces modĂšles. La couverture de l'assurance santĂ© a augmentĂ©, passant de 86 Ă  97 %, tandis que le dĂ©ficit combinĂ© des deux systĂšmes, qui avait culminĂ© Ă  4,2 % du PIB en 2009 en raison de la crise, Ă©tait maintenu sous contrĂŽle et par la suite rĂ©duit (Ă  environ 3,9 % en 2010).
  • Investir dans les compĂ©tences : la formation professionnelle a Ă©tĂ© renforcĂ©e (de 30 000 bĂ©nĂ©ficiaires en 2008 Ă  plus de 200 000 en 2010) et un systĂšme de suivi et d'Ă©valuation a Ă©tĂ© Ă©tabli avec l'assistance technique de la Banque ; le gouvernement s'est formellement engagĂ© en faveur de l'Ă©ducation prĂ©scolaire pour tous et dans les 32 provinces ciblĂ©es par la premiĂšre phase du programme, la frĂ©quentation des jardins d'enfants par les enfants de 5 ans est passĂ© de 71 % en 2008/09 Ă  92 % en 2010/11.
  • Moderniser la gestion budgĂ©taire : une sĂ©rie de lois ont remaniĂ© la gestion et le contrĂŽle des finances publiques, l'audit externe et les aides d'État tandis que des rĂ©formes opĂ©rationnelles systĂ©miques ont introduit des mĂ©thodes de gestion modernes telles que l'Ă©tablissement du budget fondĂ© sur les performances, au sujet desquels la Banque a organisĂ© une sĂ©ries de symposiums et fourni des aides techniques plus dĂ©taillĂ©es. L'indice de transparence du budget — un outil de mesure mis au point par l'Open Budget Initiative â€”  de la Turquie s'est amĂ©liorĂ© et est passĂ© de 41 % en 2006 Ă  57 % en 2010.
  • Favoriser la crĂ©ation d'emplois par le secteur privĂ© : la Banque et le gouvernement turc ont entretenu des consultations dĂ©taillĂ©es sur l'impact de la crise mondiale de 2008-09 ; des mesures portant sur le secteur financier et le marchĂ© du travail ont rĂ©ussi Ă  protĂ©ger l'emploi — en 2011, le chĂŽmage est retombĂ© aux alentours de 10 %, son niveau d'avant la crise â€” tandis que l'adoption en 2011 d'un nouveau Code de commerce et d'un nouveau Code d'obligations a modernisĂ© le cadre rĂ©glementaire.

Contribution de la Banque mondiale

À ce jour, la BIRD a allouĂ© 2,2 milliards de dollars aux trois premiĂšres opĂ©rations de la sĂ©rie (PPDPL 1 et 2, et REGE-DPL). Les prĂȘts individuels se sont Ă©levĂ©s Ă  403 millions d'euros (PPDPL, 2006), 255,4 millions d'euros (PPDPL 2, 2008) et 931 millions d'euros (REGE-DPL, 2010).Une quatriĂšme opĂ©ration est proposĂ©e pour 2011.


Partenaires

Si la BIRD est la seule source de financement pour les sĂ©ries DPL-REGE, plusieurs partenariats ont contribuĂ© Ă  la base de connaissances sur laquelle se fondent les opĂ©rations. La Banque a collaborĂ© avec l'UNICEF et TEPAV (un groupe de rĂ©flexion turc) pour des enquĂȘtes de terrain visant Ă  mesurer l'impact des crises mondiales de 2008-09 sur les mĂ©nages. Des subventions du Fonds de dĂ©veloppement institutionnel et du MĂ©canisme de partenariat pour la gouvernance (auquel contribuent la Grande Bretagne, les Pays-Bas et la NorvĂšge) ont financĂ© l'appui technique aux rĂ©formes de l'administration publique en Turquie. Le personnel de la Banque tient Ă©galement des consultations rĂ©guliĂšres avec ses homologues de la Commission europĂ©enne et du FMI sur les politiques concernĂ©es.


Perspectives

Les sĂ©ries DPL-REGE devraient ĂȘtre clĂŽturĂ©es en 2011. L'aide de la Banque Ă  la poursuite des rĂ©formes du secteur public et du cadre rĂ©glementaire visant Ă  favoriser une croissance Ă©quitable et l'emploi devra s'inscrire dans le cadre des discussions relatives Ă  la nouvelle stratĂ©gie de partenariat-pays entre la Banque mondiale et la Turquie pour 2012-2015.


Bénéficiaires

Les mesures destinĂ©es Ă  attĂ©nuer l'impact de la crise financiĂšre mondiale en Turquie ont contribuĂ© Ă  aider les groupes de populations les plus vulnĂ©rables menacĂ©s de pauvretĂ© : main d'Ɠuvre informelle, enfants et jeunes travailleurs. Les analyses Ă©conomiques menĂ©es dans le cadre de cette opĂ©ration montre que sans ces mesures, la pauvretĂ© aurait pu augmenter de 5 points. Le systĂšme d'assurance maladie universelle — un des domaines de rĂ©forme de l'administration public appuyĂ©e par le projet â€” a Ă©largi sa couverture Ă  97 % de la population.

Tuğba Bozkurt, 47 ans, est femme de mĂ©nage depuis 25 ans. Elle souffre d'asthme chronique et doit se rendre frĂ©quemment Ă  l'hĂŽpital. Depuis qu'elle a commencĂ© Ă  travailler, elle n'avait jamais reçu de soins de santĂ© de qualitĂ©, du moins jusqu'Ă  aujourd'hui : « Autrefois, j'avais l'habitude de prendre des jours de congĂ© quand je devais aller Ă  l'hĂŽpital car je devais faire la queue et attendre des heures pour avoir une consultation. Maintenant, recevoir des soins et une prescription de mon mĂ©decin me prend au maximum une heure Â».

(a) indique une page en anglais.