Défi
Le projet, conçu en 2004, visait à remédier à l'organisation déficiente des services essentiels, comme l'accès à l'éducation, à l'eau et l'assainissement et aux services de santé, et aux lenteurs constatées dans la mise en œuvre du processus de décentralisation au Bénin. Les difficultés d'accès aux services sociaux de base avaient contribué à un taux d'analphabétisme élevé (68 %), un faible taux d'utilisation des services de santé (36 %), un accès insuffisant à des sources améliorées d'approvisionnement en eau (52 % des ménages ruraux) et un accès limité aux services financiers (seulement 7 % de la population du Bénin avait un compte bancaire en bonne et due forme). S'agissant de la décentralisation, bien qu'en application de la loi de 1999, les communes ont la responsabilité de la préparation et de la mise en œuvre des plans d'aménagement local et de la prestation des services sociaux et des infrastructures de base, elles n'ont pas été en mesure de s'acquitter de leur mandat dans la pratique, faute de ressources et de personnel compétent. Or, si le Bénin avait une expérience vaste et positive du développement piloté par les communautés, cette approche n'avait pas été intégrée dans la nouvelle politique de décentralisation.
Démarche
Conformément à l'approche du développement communautaire participatif, le projet soutient l'amélioration des infrastructures de base au niveau même des communautés en renforçant les capacités d'intervention des collectivités locales pour acheminer les ressources et améliorer les conditions de vie. Dans le même temps, il renforce leurs capacités à intégrer l'approche du développement communautaire participatif dans l'élaboration et la mise en œuvre de leurs plans d'aménagement local. En outre, le projet soutient le programme de décentralisation des pouvoirs publics en aidant les ministères de tutelle (éducation, santé, eau et assainissement, agriculture, élevage et pêche) à déléguer les responsabilités aux collectivités locales qui, pour leur part, en délèguent une partie aux communautés. Enfin, le projet favorise la bonne gouvernance et la responsabilité en fournissant une assistance technique favorisant le renforcement des capacités en matière de processus axés sur la demande (au niveau des communautés et des collectivités locales), de passation des marchés et de gestion fiduciaire.
Résultats
Entre 2004 et 2010, 750 communautés et 32 communes ont réalisé des sous-projets d'infrastructure qui ont permis la construction et la rénovation de 1 629 salles de classe, 84 centres de santé et 37 systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement. Environ 81 450 élèves sont scolarisés dans des établissements construits ou rénovés dans le cadre du projet. Quelque 10 000 personnes ont accédé à une source d'approvisionnement en eau améliorée et 10 000 autres dans 409 communautés non encore desservies ont pu accéder à des services de microfinancement sur la même période. Environ 440 000 personnes représentant 1 500 communautés ont reçu une formation pratique en gestion selon une approche en cascade qui a permis de former 1 804 formateurs. Cette formation comportait des modules sur l'organisation communautaire ; l'évaluation participative de la pauvreté et des besoins ; la planification participative des sous-projets ; la surveillance et l'évaluation participatives ; et la gestion financière des sous-projets. La formation, étape cruciale pour permettre aux communautés de hiérarchiser, planifier, exécuter et suivre leurs sous-projets d'infrastructure, devrait avoir une incidence durable sur l'aptitude des communautés à participer activement à leur propre développement. Enfin, l'approche du développement communautaire participatif — qui a fait les preuves de son efficacité, en termes de rapidité et de rentabilité, dans le cas particulier du développement de petites infrastructures — est de plus en plus intégrée aux efforts déployés par les pouvoirs publics en matière de décentralisation du développement.
Contribution de la Banque
Le concours de l'IDA a consisté en l'équivalent de 50 millions de dollars, montant approuvé en juillet 2004, et en un financement supplémentaire à hauteur de l'équivalent de 12 millions de dollars, approuvé en juillet 2010, lequel visait à : i) permettre l'achèvement des activités initiales du projet en comblant un déficit de financement inattendu lié aux pressions budgétaires induites par la crise économique mondiale ; et ii) soutenir de nouveaux mécanismes d'assistance technique à l'appui de la mise au point d'un système de filets de protection sociale au Bénin.
Partenaires
Les efforts d'harmonisation et de coordination du projet avec les programmes des autres donateurs s'amplifient dans la mesure où le projet évolue pour s'aligner davantage sur le programme de décentralisation du pays. L'assistance technique sur les filets de protection sociale prévue par le projet est assurée en coopération avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF). La phase suivante du projet devrait être préparée en étroite collaboration avec l'Office allemand de la coopération technique (GTZ), l'Union européenne (UE), la Belgique et la France, qui soutiennent activement le système de transferts budgétaires.
Perspectives
L'approche promue par le projet sera étendue lors de la phase suivante, dans le cadre d'une nouvelle opération de l'IDA au début de l'exercice 2012. Tout en continuant de soutenir les investissements communautaires dans les infrastructures de base, cette opération visera i) à aligner le projet sur la stratégie de décentralisation du Bénin et sur l'appui des donateurs partenaires en acheminant les fonds par le nouveau système de transferts budgétaires intragouvernementaux ; et ii) à inclure un programme pilote de transferts sociaux en espèces — conditionnels ou non conditionnels — pour atténuer l'impact de la crise financière mondiale sur le pays.
Bénéficiaires
Selon l'enquête de satisfaction menée en juin 2008 auprès des bénéficiaires, 84 % des participants se sont dits satisfaits de l'impact des nouvelles infrastructures sur leur communauté, 2 % seulement exprimant une opinion négative. Selon un responsable local, l'impact du projet est allé au-delà des aspects matériels : « en dehors des infrastructures que nous avons pu construire avec l'appui du projet, la formation que nous avons reçue a été très importante et valorisante. Les aptitudes que nous avons acquises pour mettre en œuvre nos propres micro-projets nous ont donné les moyens d'être les véritables acteurs de notre développement. »
(a) indique une page en anglais.




