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La volatilité des prix alimentaires mondiaux, toujours forte, pénalise surtout les pays pauvres

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Communiqué de presse n°:2012/134/PRM

Les inondations en Thaïlande renforcent l’incertitude. La crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique se poursuit.

  

WASHINGTON, 1er novembre 2011 – Les prix alimentaires mondiaux restent soutenus. ConjuguĂ©e Ă  une certaine volatilitĂ©, cette situation frappe durement les pays les plus pauvres et accroĂźt les tensions sur l’économie mondiale, selon le nouveau rapport Food Price Watch du Groupe de la Banque mondiale, publiĂ© Ă  la veille du sommet du G20 de Cannes, en France. Alors que l’indice des prix alimentaires de la Banque mondiale a enregistrĂ© un repli marginal de 1 % le mois dernier, s’établissant Ă  5 % de son record de fĂ©vrier, il dĂ©passe encore de 19 % son niveau de septembre 2010.

 

« La crise alimentaire est loin d’ĂȘtre finie », a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, qui exhorte les pays du G20 d’accorder la prioritĂ© Ă  l’alimentation. « Les prix restent volatils et des millions d’ĂȘtres humains en subissent toujours les consĂ©quences. La Banque mondiale s’est rapprochĂ©e de la prĂ©sidence française du G20 et des organisations internationales partenaires pour dĂ©cider d’actions de protection des plus vulnĂ©rables contre les effets dĂ©lĂ©tĂšres de cette volatilitĂ© et pour s’attaquer Ă  certaines racines de ce phĂ©nomĂšne. Il ne suffit pas de s’occuper des banques et de la dette pour conjurer la crise. Des millions d’ĂȘtres humains affamĂ©s et mal nourris vivent une crise au quotidien. Le G20 de Cannes peut et doit prendre des mesures pour rĂ©pondre Ă  leurs besoins ».

 

Les chefs d’État et de gouvernement qui se rĂ©uniront Ă  Cannes les 3 et 4 novembre pour Ă©voquer l’économie mondiale devraient valider un train de mesures concrĂštes : amĂ©lioration de la transparence et de la coordination des politiques afin de dĂ©celer trĂšs en amont les Ă©ventuels problĂšmes ; aide aux pays pour gĂ©rer la fluctuation des prix en s’appuyant sur des instruments plus efficaces de gestion des risques ; promotion d’une agriculture plus productive et plus rĂ©siliente ; et acheminement rapide de vivres aux populations dans le besoin, en puisant dans les rĂ©serves rĂ©gionales d’aide alimentaire d’urgence et en acceptant la levĂ©e des interdictions d’exportation de nourriture pour le Programme alimentaire mondial. Le monde compte dĂ©sormais plus de 7 milliards d’habitants – un chiffre impressionnant qui impose plus que jamais Ă  la communautĂ© internationale de se mobiliser pour renforcer la sĂ©curitĂ© alimentaire.

Selon le rapport trimestriel Food Price Watch, les inondations rĂ©centes en ThaĂŻlande – les pires depuis 50 ans – pourraient renforcer les incertitudes Ă  court terme, avec des pertes totales de production estimĂ©es entre 16 et 24 %. ParallĂšlement, la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique touche dĂ©sormais plus de 13,3 millions d’habitants – un million de plus qu’en aoĂ»t et les perspectives sont prĂ©occupantes.

Selon le rapport, les cĂ©rĂ©ales ont augmentĂ© de 30 % entre septembre 2010 et septembre 2011, le maĂŻs progressant de 43 %, le riz de 26 % et le blĂ© de 16 %. L’huile de soja s’est renchĂ©rie de 26 %. Au dernier trimestre cependant, l’accroissement de 3 % des cours des cĂ©rĂ©ales a Ă©tĂ© plus ou moins compensĂ© par un recul Ă©quivalent pour les matiĂšres grasses.

La volatilitĂ©, plus forte dans les pays Ă  faible revenu, devrait subsister Ă  moyen terme, entretenue par de multiples facteurs intĂ©rieurs et internationaux. La pression dĂ©mographique et la modification des habitudes alimentaires, l’interdĂ©pendance accrue entre les prix alimentaires et les prix Ă©nergĂ©tiques comme le dĂ©veloppement des agro-carburants font partie des facteurs structurels qui entretiennent cette situation. 

Pour autant, des anticipations positives pour les approvisionnements et les stocks pourraient lever une partie des tensions sur les cours alimentaires mondiaux. Les derniÚres prévisions pour 2011-12 tablent sur un niveau record en dix ans des stocks mondiaux de blé, la production mondiale de maïs ayant augmenté de 4 % grùce aux bons résultats en Argentine, au Brésil, en Chine, en Russie et en Ukraine. La production mondiale de riz devrait elle aussi connaßtre une embellie en 2011-12, des précipitations particuliÚrement propices pendant la mousson en Inde ayant entraßné une récolte exceptionnelle.

 

Ces gains de production sur certains marchĂ©s soulignent la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server l’ouverture des marchĂ©s internationaux, d’acheminer des vivres aux populations dans le besoin, de fournir des incitations aux agriculteurs pour augmenter la production et d’éviter les comportements de panique liĂ©s aux interdictions d’exportation.

MĂȘme si les difficultĂ©s Ă©conomiques mondiales attĂ©nuent la demande et provoquent un recul des cours alimentaires, leur impact sur les pays en dĂ©veloppement sera probablement mitigĂ© – les pays exportateurs de denrĂ©es alimentaires et les producteurs pauvres des zones rurales Ă©tant pĂ©nalisĂ©s au profit des importateurs et des consommateurs. Le rapport Food Price Watch met en garde contre les difficultĂ©s que les pays en dĂ©veloppement pourraient Ă©prouver pour protĂ©ger leurs populations vulnĂ©rables, leurs ressources ayant Ă©tĂ© mises Ă  mal par la crise Ă©conomique et les programmes de relance.

En outre, les inquiĂ©tudes liĂ©es Ă  l’état de l’économie mondiale pourraient compromettre les investissements Ă  moyen et long termes dans la recherche agronomique et des techniques agricoles plus productives, surtout si la volatilitĂ© persiste.

 

Soucieux d’amĂ©liorer les informations sur la volatilitĂ©, les ministres de l’Agriculture du G-20 ont officiellement lancĂ© en septembre le SystĂšme d’information sur les marchĂ©s agricoles (AMIS), qui permettra de renforcer la transparence des marchĂ©s sur les perspectives alimentaires mondiales Ă  court terme, en particulier en termes de stocks, et de repĂ©rer des conditions anormales afin de pouvoir rĂ©agir au plus vite.

L’action du Groupe de la Banque mondiale pour faire de l’alimentation la prioritĂ© numĂ©ro un

·         Dans la Corne de l’Afrique, le Groupe de la Banque mondiale met Ă  disposition 1,88 milliard de dollars pour sauver des vies, amĂ©liorer la protection sociale, permettre la reprise Ă©conomique et renforcer la rĂ©sistance des populations Ă  la sĂ©cheresse. Plus de 13 millions de personnes sont touchĂ©es par la crise.

·         Un tout nouveau produit de gestion du risque, Ă©laborĂ© par le Groupe de la Banque mondiale et fourni par la SociĂ©tĂ© financiĂšre internationale (IFC), permettra de lever jusqu’à 4 milliards de dollars pour protĂ©ger les agriculteurs, les producteurs et les consommateurs des pays en dĂ©veloppement face Ă  la volatilitĂ© des cours des denrĂ©es alimentaires.

·         Le Programme d’intervention en rĂ©ponse Ă  la crise alimentaire mondiale (GFRP) soutient prĂšs de 40 millions de personnes, grĂące Ă  une aide de 1,5 milliard de dollars.

·         Le Groupe de la Banque mondiale s’emploie Ă  augmenter ses dĂ©penses dans le domaine de l’agriculture pour les porter autour de 6 Ă  8 milliards de dollars par an, contre 4,1 milliards en 2008.

·         Le Groupe de la Banque mondiale soutient le Programme mondial pour l’agriculture et la sĂ©curitĂ© alimentaire (GAFSP), qu’il a Ă©tabli en avril 2010 (Ă  la demande du G20) afin d’appuyer les plans mis en place dans les pays pour l’agriculture et la sĂ©curitĂ© alimentaire et de favoriser les investissements en faveur des petits agriculteurs. À ce jour, six pays ainsi que la Fondation Bill et Melinda Gates se sont engagĂ©s Ă  fournir environ 971,5 millions de dollars au cours des trois prochaines annĂ©es, sachant que 571 millions ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© levĂ©s.

·         Le Groupe de la Banque mondiale coordonne son action avec les agences des Nations Unies, dans le cadre du Groupe de travail de haut niveau sur la sĂ©curitĂ© alimentaire, de mĂȘme qu’avec les organisations non gouvernementales.

·         Le Groupe de la Banque mondiale soutient le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR), qu’il avait contribuĂ© Ă  crĂ©er en 1971. En 2008, le CGIAR a engagĂ© un processus de rĂ©forme, avec le soutien de la Banque mondiale et d’autres partenaires, qui a dĂ©bouchĂ© sur l’adoption d’une stratĂ©gie globale. Celle-ci redĂ©finit les programmes de recherche internationaux et le modĂšle de financement, afin que le CGIAR puisse obtenir et absorber nettement plus de fonds pour ses programmes – l’objectif Ă©tant d’atteindre un budget annuel de 1 milliard de dollars en 2013. La Banque mondiale apporte son concours Ă  hauteur d’environ 50 millions de dollars par an. L’augmentation du financement de la recherche mondiale par la communautĂ© internationale est indispensable quand on sait que le gain de production agricole devra avoisiner les 70 % d’ici 2050 et que l’on dispose de seulement cinq Ă  dix ans pour Ă©laborer de nouvelles variĂ©tĂ©s et les distribuer aux agriculteurs.

 

Contacts :

À Washington : Alejandra Viveros, (202) 473-4306, aviveros@worldbank.org

Pour les demandes de rediffusion : Natalia Cieslik, (202) 458-9369, ncieslik@worldbank.org

 

Pour consulter, en anglais, le rapport Food Price Watch, cliquez ici : 

http://go.worldbank.org/26VBL9Q3F0

La version française sera publiée jeudi 3 novembre.

 

L'auteur du rapport Food Price Watch author, Jose Cuesta, répondra en ligne à vos questions sur le rapport, les prix alimentaires mondiaux et leurs conséquences sur les pays en développement:
- en anglais le 8 novembre à 15h00 GMT
- en espagnol le 9 novembre Ă  15h30 GMT

Posez, dÚs à présent, vos questions ici : http://live.worldbank.org/qa-global-food-prices-nov-2011

 

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