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Rwanda : Projet de réhabilitation d’urgence du réseau électrique

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Rwanda: Projet de réfection urgente des infrastructures électriques
Résoudre les pénuries d'électricité
L'expérience du Rwanda

Vue d'ensemble

Le financement et l'expertise de l'Association internationale de développement (IDA) ont contribué à venir à bout des graves pénuries d'électricité au Rwanda (a) en finançant la construction d'une nouvelle centrale électrique de 21 mégawatts (MW), la centrale au fioul lourd de Jabana, en modernisant et en restaurant les équipements de transport électrique autour de Kigali, la capitale du pays, en ajoutant un nouveau poste principal et en améliorant les systèmes urbains de sous-transmission qui alimentent en électricité 500 000 usagers de la zone urbaine. Les investissements réalisés ont contribué à améliorer la distribution d'électricité et à éliminer les délestages en développant la production électrique qui est passée de 41 MW en 2004 à 75 MW en 2010, tandis que les délestages, qui avoisinaient les 50 % aux heures de pointe en 2004, avaient complètement disparu en 2010.

Défi

La reprise économique au Rwanda enregistrée après la fin de la guerre s'est traduite par une forte croissance de la demande d'électricité entre 1995 et 2004. Cette poussée croissante de la demande, associée au niveau inhabituellement bas des lacs dû aux sécheresses prolongées qu'a connues la région entre 2003 et 2005, a rapidement conduit à l'épuisement des réservoirs hydroélectriques dont le Rwanda était dépendant pour son approvisionnement électrique. Les pénuries d'électricité et l'approvisionnement erratique assuré par le réseau délabré de la Compagnie d'électricité ont vite entraîné des coupures de courant longues et généralisées dès le début de 2004. Pendant 2004 et 2005, les délestages ont augmenté jusqu'à représenter quelque 50 % aux heures de pointe, et la quasi-totalité des ménages étaient privés d'électricité tous les jours pendant des heures d'affilée. Les coupures d'électricité et l'imprévisibilité de l'alimentation augmentaient le coût des affaires, réduisaient les perspectives d'attirer de nouveaux investissements, et obligeaient la compagnie d'électricité à recourir à des pompes à eau alimentées au diesel pour assurer au prix fort l'approvisionnement en eau potable des zones urbaines.

Le projet a donc été monté pour résoudre les trois grands problèmes rencontrés dans le secteur énergétique : remédier à l'insuffisance des équipements et aux déficits d'investissement, renforcer les capacités des intervenants du secteur, et mettre en place des conditions propices à l'exploitation des ressources énergétiques locales, à un coût moindre que celui des importations de combustibles, pour assurer la viabilité du secteur énergétique.


Démarche

Il a été décidé de réparer le réseau national pour éliminer les délestages, tout d'abord à Kigali, le premier centre de croissance économique, et d'investir dans de nouvelles centrales thermiques au pétrole afin de développer rapidement la distribution d'énergie, et d'engager une diversification hautement nécessaire qui permettrait de se dégager de la dépendance aux ressources hydroélectriques. Dans l'optique de renforcer les capacités du secteur et d'aider le Rwanda à instaurer une stratégie d'approvisionnement énergétique à long terme, au plan intérieur et régional, une formation a été dispensée aux agents de la Compagnie d'électricité et du ministère des Infrastructures, et des spécialistes internationaux sont intervenus pour accélérer la réforme du secteur énergétique, permettre au pays de mieux planifier son développement futur et ouvrir le secteur à l'investissement privé en vue de la création de nouvelles centrales.


Résultats

Le Projet de réhabiliation d'urgence du réseau électrique avait pour objet de réduire les coupures d'électricité et de développer les capacités des institutions énergétiques du Rwanda. Il a contribué à jeter les bases de la réorientation du secteur de l'électricité et à mettre fin aux délestages qui étaient extrêmement préjudiciables pour l'économie nationale. Il a permis de financer des améliorations dans plusieurs domaines essentiels :

  • Réduction des coupures d'électricité : le projet a contribué à éliminer les délestages en finançant la mise en place d'une capacité additionnelle de production de 21 MW avec la centrale au fioul lourd de Jabana qui est entrée en service en mai 2009. Cet investissement, auquel s'ajoutent les initiatives propres de l'État, a fait grimper la capacité de production électrique du Rwanda de 41 MW en 2004 à 75 MW en 2010, tandis que les délestages qui intervenaient près de la moitié du temps en période de pointe en 2004 avaient été totalement éliminés en 2010 ; parallèlement, l'accès au réseau, la fiabilité et la qualité de la distribution électrique se sont considérablement améliorés pour 750 000 habitants du Rwanda.
  • Élaboration d'un cadre énergétique révisé visant à promouvoir la participation du secteur privé : l'assistance technique et le développement des capacités dans le cadre du projet ont favorisé la préparation de nouvelles lois sur l'électricité et le gaz qui sont à l'étude par le Parlement. Les services consultatifs apportés au Gouvernement rwandais lui ont également permis de mener à bien des négociations en vue de la construction de la première centrale électrique du pays (d'une capacité de production de 100 MW),exploitée par des opérateurs privés qui en sont propriétaires, et alimentée au méthane provenant du lac Kivu. La participation du secteur privé permettra d'avoir accès à une expertise technique hautement nécessaire pour développer les ressources gazières du pays, sans compter les importants volumes d'investissements étrangers directs (IED) qui viendront soulager le budget national (la première phase du projet, pour une capacité de production de 25 MW, devrait attirer près de 100 millions de dollars d'IED).
  • Remise en état du réseau de transport et de distribution d'électricité : l'aide de l'IDA et du Fonds nordique de développement, acheminée par le projet, a permis à la Compagnie d'électricité de remettre en état le réseau électrique national, de construire une nouvelle artère de distribution urbaine (20 kilomètres de lignes nouvelles de 15 kilovolts et quatre nouveaux postes électriques) ainsi qu'une nouvelle sous-station (Birembo) pour la zone de distribution de Kigali. Le projet a aussi permis l'achèvement de cinq autres sous-stations clés de 110/15 kV dans l'ensemble du pays.


Contribution de la Banque

L'IDA a alloué au Projet de réhabiliation d'urgence du réseau électrique l'équivalent de 25 millions de dollars. Sur cette somme, 15 millions de dollars ont servi à financer la construction de la centrale de Jabana, avec un cofinancement public qui a porté le budget total de cette centrale à 23 millions de dollars. Par ailleurs, une somme de 6 millions de dollars a été allouée aux investissements dans les équipements de distribution, pour accroître la fiabilité du réseau de distribution de Kigali.


Partenaires

Un solide partenariat unit les principaux partenaires du développement dans le secteur énergétique du Rwanda. La coordination repose sur une démarche sectorielle, le groupe de travail sectoriel se réunit régulièrement, avec la participation de représentants clés du gouvernement, des partenaires du développement et des intervenants du secteur. L'aide de l'IDA est associée à un cofinancement d'environ 10 millions de dollars apporté par le Fonds nordique de développement, et par un financement de contrepartie de même volume de la part du gouvernement rwandais. Le financement apporté par le projet est complété par d'autres opérations financées par les gouvernements des Pays-Bas, du Japon, de la Belgique ainsi que par des organisations multilatérales telles que l'Union européenne (UE), la Banque africaine de développement (BafD), le Fonds de l'OPEP pour le développement international (OFID) et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA).


Bénéficiaires

Le Projet de réhabiliation d'urgence du réseau électrique a modifié la vie quotidienne au Rwanda, notamment dans les villes, en contribuant à éliminer les coupures d'électricité auxquelles des milliers de ménages étaient confrontés tous les soirs pendant des heures. La disparition de ces coupures généralisées a aussi permis aux entreprises d'améliorer leur compétitivité puisqu'elles n'ont plus besoin d'avoir recours à de coûteuses génératrices diesel, et a rendu le Rwanda plus attractif pour les investisseurs.

(a) indique une page en anglais.


Pour en savoir plus, veuillez consulter le site des Projets.



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