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Arménie : Réformer le secteur de l’énergie

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 Arménie : Deuxième génération de réformes du secteur énergétique

Promouvoir des moyens de chauffage sains et propres et intensifier la production d'énergie renouvelable en Arménie


Vue d'ensemble

La deuxième génération de réformes du secteur de l'énergie en Arménie visait à promouvoir l'emploi de moyens de chauffage sûrs, propres et abordables ainsi que la production d'énergie renouvelable. Les réformes appuyées par l'IDA ont augmenté la part de ménages urbains utilisant un chauffage au gaz sain et propre, dont la proportion est passée de 13 % en 2005, à 71 % en 2010. Le nombre d'explosions, d'intoxications et d'incendies dus au gaz a été divisé par quatre fois. Dans le secteur privé, la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables s'est accrue de 137 GWh à 417 GWh.

Défi

En 2004, environ 36 % des Arméniens vivant dans des immeubles d'habitation se chauffaient au bois, avec des déchets domestiques ou d'autres combustibles polluants, ce qui était néfaste pour la santé et l'environnement. Le pays était caractérisé par une forte incidence des incendies, explosions et intoxications causés par le gaz du fait de l'utilisation de fourneaux et de cuisinières inadaptés. Les systèmes de chauffage modernes et le raccordement au gaz de ville représentaient des coûts prohibitifs. Les appareils de chauffage et les chaudières modernes étaient inabordables, même pour les familles à revenu intermédiaire, et aucun prêt à la consommation n'était consenti dans ce domaine. Par manque de chauffage suffisant, de nombreuses écoles étaient fermées en hiver, ou devaient tenir leurs cours dans des salles de classe froides ou polluées, d'où une baisse de la qualité de l'enseignement et un impact négatif sur la santé des élèves.

En 2004, le potentiel d'énergie renouvelable du pays était estimé à environ 740 MW. Ce potentiel n'était que très partiellement exploité faute de financements abordables et de longue durée et du fait d'obstacles sans lien avec le financement, en particulier la pénurie d'information à la population sur l'énergie renouvelable, l'absence d'estimations fiables du potentiel des technologies adaptées, et autres obstacles d'ordre légal et réglementaire.


Démarche

Le succès du programme Énergie tient à sa démarche exhaustive qui visait à lever les obstacles réglementaires et légaux, à remédier au manque d'information et à favoriser la participation du secteur privé.

Le Projet de chauffage urbain, porté par la demande et fondé sur les pratiques éprouvées d'intermédiation financière, a permis la mise en place d'un nouveau produit de prêt à la consommation qui fait depuis figure de norme en la matière. Les prêts subsidiaires aux ménages et les mécanismes novateurs de dons axés sur les résultats, mis en place au profit des ménages pauvres des zones urbaines, ont contribué à l'installation de dispositifs de chauffage au gaz sûrs et propres et/ou au raccordement de ces ménages au gaz de ville.

Le Projet d'énergie renouvelable a permis de mobiliser un prêt non souverain de 7 millions de dollars auprès de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), ainsi que d'un financement de 3 millions de dollars par une organisation de la diaspora arménienne. Pour les petits porteurs de projets d'énergie renouvelable, le projet a favorisé l'accès à un financement abordable et de longue durée, et a confirmé la viabilité de ces emprunts. Plusieurs institutions financières locales offrent désormais des prêts de ce type.

La Note sur les problématiques du secteur de l'énergie fait le point sur les possibilités de production d'énergie en vue de satisfaire la future demande d'électricité, les coûts de production et la sécurité énergétique.


Résultats

  • La proportion de ménages vivant dans des immeubles d'habitation équipés d'un chauffage au gaz sûr est passée de 13 % en 2005 à 71 % en 2010. Environ 7 000 ménages ont contracté des prêts secondaires pour acheter des appareils de chauffage ou des chaudières individuelles, et les taux de remboursement atteignent quasiment 100 %. Plus de 8 000 ménages pauvres des zones urbaines ont reçu des dons en vue de l'achat d'appareils de chauffage individuels et/ou de leur raccordement au gaz de ville.
  • À compter de 2011, la température moyenne s'établissait à 18o dans les classes de 119 écoles urbaines dont les installations de chauffage avaient été rénovées, ce qui a permis de ne plus interrompre les cours pendant l'hiver, et a profité à quelque 53 000 élèves et 3 000 enseignants. En 2003-2004, les températures dans les salles de classe de ces écoles étaient nettement inférieures, et nombre d'entre elles avaient dû fermer pendant plus de 30 jours.
  • Le nombre de cas d'intoxication, d'incendie et d'explosion est tombé de 37 pour 1 000 abonnés au gaz en 2004 à 10,4 en 2010.
  • La capacité de production installée exploitant des sources d'énergie renouvelable et raccordée au réseau électrique s'est accrue de 47 MW en 2005 à 137 MW en 2010. La production électrique fondée sur les énergies renouvelables est passée de 137 GWh à 417 GWh. Vingt-sept prêts subsidiaires ont été approuvés au titre du Projet d'énergie renouvelable, avec un taux de remboursement de 95 % sur l'ensemble du portefeuille.
  • L'analyse des défis à relever dans le secteur énergétique et des solutions envisageables a orienté la politique de prêts à ce secteur dans le cadre de la stratégie d'aide-pays pour les exercices 2009-2013. L'analyse comprenait : a) une évaluation de la future demande d'électricité et le déficit de l'offre correspondant ; b) une analyse des avantages et inconvénients des différentes solutions de production électrique envisageables dans le pays, compte tenu des coûts de production et de la sécurité énergétique; b) une estimation des besoins en matière d'investissement total ; c) la mise en évidence des faiblesses du réseau de transport et de distribution électrique ayant une incidence sur la fiabilité de l'offre; et d) des recommandations sur le traitement des questions tarifaires visant à favoriser l'accès à une énergie abordable.

Contribution de la Banque mondiale

Au titre du Projet de chauffage urbain, la Banque mondiale a fourni un crédit de 15 millions de dollars par le biais de l'IDA et un don de 3 millions de dollars provenant du Partenariat mondial pour l'aide basée sur les résultats (GPOBA) afin de développer le recours à des technologies de chauffage sûres, propres et abordables dans le pays. Dans le cas du Projet d'énergie renouvelable, un crédit de l'IDA de 5 millions de dollars et un don du FEM de 3 millions de dollars sont venus financer les projets d'investissement dans les énergies renouvelables et la mise en place d'un climat porteur dans ce secteur. La Note sur les problématiques du secteur de l'énergie disposait d'un budget de 40 000 dollars.


Partenaires

Le PNUD/FEM ont apporté une assistance technique au Projet de chauffage urbain financé par la Banque mondiale, et ont appuyé financièrement les activités de mobilisation des populations et du secteur privé, ainsi que les démarches visant à lever certains obstacles légaux au développement du chauffage urbain.

Le Projet d'énergie renouvelable a bénéficié d'un cofinancement de 7 millions de dollars de la BERD et d'un apport de capital de 3 millions de dollars par la Cafesjian Family Foundation, propriétaire de l'institution financière mettant en œuvre la ligne de crédit du projet.


Perspectives

L'Arménie est aujourd'hui confrontée à trois grands défis pour atteindre ses objectifs énergétiques :

Parer au déficit de l'offre : Elle devra générer des capacités nouvelles d'au moins 850 MW à mesure que les anciennes installations de production électrique, vétustes et mal entretenues, seront démantelées, et que la demande continuera d'augmenter régulièrement.

Garantir la sécurité énergétique : La forte dépendance aux combustibles importés ainsi que la vétusté et le manque d'entretien de ses installations de transport et de distribution électrique accroissent les risques d'interruption de l'offre, de fluctuation des prix et de coupures.

Préserver une tarification abordable : La hausse des prix des combustibles et la nécessité de construire de nouvelles installations de production, plus coûteuses, augmenteront le coût de l'électricité pour les consommateurs à faible revenu. Le programme Énergie de la Banque mondiale appuie les efforts des pouvoirs publics pour régulariser l'offre énergétique en améliorant les principales infrastructures de transport électrique, réduire le déficit de l'offre d'énergie et améliorer la sécurité énergétique par une meilleure exploitation du potentiel de maîtrise énergétique dans le pays.


Bénéficiaires

Projet de chauffage urbain : Le gaz assure aux pauvres des zones urbaines un chauffage propre, efficace et bon marché. «  Avant, on se chauffait au bois, mais le gaz est bien plus propre et plus pratique. Ça a considérablement amélioré notre existence, et atténué les problèmes au quotidien », témoigne Sara Badalyan, une femme au foyer qui vit dans un petit studio de la ville de Masis (région de l'Ararat) avec son époux au chômage et leur fille de 18 ans. Bénéficiaires du projet, ils se chauffent au gaz depuis septembre 2009.

Projet d'énergie renouvelable : « Nous avons une petite entreprise de jardinage. Comme on avait installé un système d'irrigation, on a pensé qu'on pourrait aussi construire une microcentrale hydroélectrique et exploiter cette arrivée d'eau », explique Marcos Gharibyan, propriétaire et directeur de Goght-1 et Goght-2, deux microcentrales hydrauliques en cascade. Il a obtenu un prêt pour réaliser cet investissement. La compagnie a également construit une ligne de transport électrique de 10 km de long pour raccorder les microcentrales au réseau électrique haute tension.

(a) indique une page en anglais.




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