- Le versement des fonds en appui aux programmes publics sera subordonnĂ© Ă lâatteinte de rĂ©sultats vĂ©rifiables et dâindicateurs de performance
- Le programme sâefforce de contribuer au renforcement des capacitĂ©s institutionnelles pour les programmes de dĂ©veloppement
- Des évaluations en amont permettent de préserver les systÚmes fiduciaires, environnementaux et sociaux
3 janvier 2012 — Une augmentation des taux de vaccination infantile et une diminution des taux de dĂ©crochage scolaire. Des routes plus sĂ»res et des Ă©coles mieux gĂ©rĂ©es â c’est ce type de rĂ©sultats que la Banque mondiale et d’autres institutions de dĂ©veloppement s’efforcent d’obtenir au quotidien. Dans l’espoir, commun Ă tous, d’amĂ©liorer les rĂ©alisations du dĂ©veloppement et de parvenir Ă des rĂ©sultats tangibles. Cet accent mis sur les rĂ©sultats caractĂ©rise dĂ©jĂ deux types de financement de la Banque mondiale : les prĂȘts, dons ou crĂ©dits Ă l’appui d’objectifs politiques et les prĂȘts d’investissement, pour des projets de dĂ©veloppement spĂ©cifiques. Ces instruments â au cĆur de l’action de la Banque mondiale â permettent d’apporter des moyens financiers et une expertise Ă tous les pays en dĂ©veloppement. Mais la donne ne cesse d’Ă©voluer. Les pays membres dĂ©veloppent leurs propres programmes dans le domaine de l’Ă©ducation, de la santĂ©, de l’emploi, des infrastructures afin de pouvoir sortir leurs populations de la pauvretĂ©. Ces programmes rencontrent encore parfois des obstacles qui compromettent l’atteinte des rĂ©sultats visĂ©s. Telle Ă©cole a Ă©tĂ© construite, mais il n’y a pas d’enseignants formĂ©s. Tel dispensaire a reçu de nouveaux Ă©quipements, mais il n’est pas approvisionnĂ© en mĂ©dicaments. Il importe de fournir des incitations pour l’obtention de rĂ©sultats. Dans bon nombre de cas, aucune solution n’existe pour atteindre un rĂ©sultat final. L’Ă©volution du paysage du dĂ©veloppement va de pair avec une demande gĂ©nĂ©rale â des responsables publics aux investisseurs privĂ©s, en passant par les parlementaires, les groupes de la sociĂ©tĂ© civile et, surtout, les citoyens â de faire en sorte que les programmes produisent des rĂ©sultats solides. Une rĂ©union du PrĂȘt-Programme axĂ© sur les rĂ©sultats Ă Abuja, au Nigeria. Pour la premiĂšre fois en 30 ans, la Banque mondiale propose d’introduire un nouvel instrument, le PrĂȘt-programme axĂ© sur les rĂ©sultats (PforR). Il s’agira â et c’est une premiĂšre â de subordonner le versement des fonds directement Ă l’atteinte de rĂ©sultats dĂ©finis et vĂ©rifiables. La demande pour ce type de prĂȘt-programme Ă©mane de pays de toutes catĂ©gories de revenu et de toutes rĂ©gions. Les responsables politiques recherchent une approche programme intĂ©grĂ©e, globale et axĂ©e sur la mesure des performances et les rĂ©sultats. Certains souhaitent aussi disposer d’un mĂ©canisme permettant d’amĂ©liorer la coordination de l’aide de tous les partenaires extĂ©rieurs, y compris Ă©ventuellement par le biais de financements conjoints. Ă l’issue de deux annĂ©es de prĂ©paration et de vastes consultations internationales, le PrĂȘt-programme axĂ© sur les rĂ©sultats va ĂȘtre soumis au Conseil des administrateurs de la Banque mondiale, le 24 janvier 2012, pour approbation. Pour Joachim Von Amsberg, vice-prĂ©sident, Banque mondiale, « l’objectif de ce nouvel instrument est d’associer directement les financements de la Banque mondiale Ă l’atteinte de rĂ©sultats, de produits ou de rĂ©alisations pour le dĂ©veloppement. Il s’agit de subordonner le versement des fonds aux Ă©coles construites, aux vaccinations des enfants, aux emplois créés â les rĂ©sultats mĂȘmes des efforts dĂ©ployĂ©s par les gouvernements partenaires ». Comment accĂ©der au PforR ? Plusieurs facteurs permettront de savoir si tel ou tel programme est Ă©ligible au PforR. Les discussions dĂ©marrent dans le cadre de la stratĂ©gie d’assistance pays et de l’Ă©valuation gĂ©nĂ©rale des politiques et des programmes effectuĂ©e par la Banque mondiale. Les rĂ©sultats seront dĂ©finis par le pays partenaire en consultation avec la Banque. SpĂ©cifiques au programme, ils pourront porter sur une large palette de rĂ©alisations ou de produits. Ils pourront aussi prendre la forme d’actions Ă engager pour lever des contraintes et des risques qui entraveraient l’atteinte des objectifs. Au besoin, les pays recevront une avance, afin de pouvoir lancer un programme. Le PforR cherche aussi Ă renforcer l’aptitude de la Banque mondiale Ă nouer des partenariats avec d’autres institutions de dĂ©veloppement. Dans certains cas, seule une petite proportion du budget global d’un pays consacrĂ© Ă un programme de dĂ©veloppement sera allouĂ©e Ă travers le PforR. La Banque mondiale pourra aider ce pays Ă renforcer ses capacitĂ©s de gestion du programme, en collaboration Ă©ventuellement avec d’autres partenaires. La mesure et la vĂ©rification des rĂ©sultats seront dĂ©finies en fonction des particularitĂ©s du projet couvert par le PforR. Selon la situation du pays, les dĂ©tails et autres facteurs, ce processus de vĂ©rification pourra impliquer des agences officielles, des organismes statistiques, des bureaux d’audit et des tiers, Ă l’instar d’organisations non gouvernementales et de reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile. Le PforR respectera les principes et les normes Ă©dictĂ©s par la Banque mondiale. Des Ă©tudes amont sur l’impact environnemental et social de tout projet faisant appel au PforR seront effectuĂ©es. Les lignes directrices pour la lutte contre la corruption s’appliqueront Ă ce nouvel instrument. La Banque mondiale devrait, avec ce nouvel instrument, devenir un partenaire plus efficace, qui privilĂ©gie les rĂ©sultats, le renforcement des capacitĂ©s et des partenariats de qualitĂ©. —Joachim Von Amsberg, vice-prĂ©sident Banque mondiale L’Ă©ligibilitĂ© Ă ce nouvel instrument comprendra quelques exceptions importantes. Les projets considĂ©rĂ©s comme prĂ©sentant un risque Ă©levĂ© en termes d’impact sur l’environnement ou les populations â Ă savoir les projets de « catĂ©gorie A » (grands barrages, ports ou centrales Ă©lectriques) â ne pourront pas ĂȘtre financĂ©s dans ce cadre. En outre, des contrats dont les montants dĂ©passeront des seuils spĂ©cifiques seront exclus de ce nouvel instrument. « Le PforR nous aidera Ă dĂ©multiplier l’impact du financement de la Banque mondiale en contribuant Ă obtenir des rĂ©sultats de meilleure qualitĂ© dans de vastes programmes nationaux de dĂ©veloppement », souligne Paul Bermingham, directeur, Banque mondiale. Consultations et rĂ©flexion Deux ans de rĂ©flexion et de consultations internationales ont permis d’affiner la proposition relative au PforR. Les consultations se sont dĂ©roulĂ©es en deux Ă©tapes : une phase de consultations externes, du 1er mars ou 30 juin 2011, par le biais d’Internet ou en face Ă face, dans plus de 33 pays clients, six pays donateurs et avec des reprĂ©sentants de dix pays partenaires (consulter les archives complĂštes du processus de consultation (a)). « Le fait de prĂȘter en fonction de rĂ©sultats mesurĂ©s (a posteriori) prĂ©sente d’immenses avantages », a estimĂ© Nancy Birdsall, du Center for Global Development, dans un billet (a) paru le 1er novembre 2011. « Je pense notamment Ă ‘l’appropriation’ : les pays emprunteurs devront assumer les risques liĂ©s Ă l’obtention de rĂ©sultats dont ils seront responsables. Je pense aussi Ă l’appui Ă une meilleure gouvernance, puisque les pouvoirs publics deviendront comptables de leurs rĂ©sultats vis-Ă -vis de leurs citoyens et non plus des donateurs ». « Comme toute nouvelle stratĂ©gie, la mise Ă disposition en temps utile de donnĂ©es ouvertes et la transparence du suivi seront cruciales », poursuit-elle. La seconde phase â qui a pris fin le 30 septembre 2011 â a mis Ă la disposition du public, sur le site web de la Banque mondiale, plusieurs documents clĂ©s relatifs Ă ce nouvel instrument financier. « Nous avons beaucoup appris Ă travers ces consultations, ce qui nous a permis d’affiner la proposition d’origine pour le PforR, souligne Fadia Saadah, Banque mondiale. Nos partenaires, surtout les pays clients, ont affirmĂ© vouloir un soutien financier de la Banque mondiale pour leurs programmes : ils souhaitent que la Banque les aide Ă conforter leurs capacitĂ©s Ă obtenir des rĂ©sultats et Ă construire des institutions solides, Ă renforcer les modes de gouvernance, la surveillance des flux financiers, la lutte contre la corruption ainsi que les dispositifs de protection de l’environnement et des populations, mais aussi Ă amĂ©liorer la transparence et la redevabilitĂ© des programmes publics ». Prochaine Ă©tape Le Conseil de la Banque mondiale examinera la proposition relative au PforR le 24 janvier prochain. Une section actualisĂ©e du site de la Banque mondiale permet de consulter les derniers documents disponibles (a) ainsi que des informations sur la stratĂ©gie dĂ©ployĂ©e. Pour M. Von Amsberg, « la Banque mondiale devrait, avec ce nouvel instrument, devenir un partenaire plus efficace, qui privilĂ©gie les rĂ©sultats, le renforcement des capacitĂ©s et des partenariats de qualitĂ©. Nous avons recueilli un large Ă©ventail d’opinions, intĂ©grĂ©es dans cette nouvelle proposition qui nous tient particuliĂšrement Ă cĆur ». -- (a) indique une page en anglais. |