Un chat en direct révèle les nouvelles attentes du monde arabe

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  • Plus de 600 participants, du monde entier, ont pris part au dialogue en ligne sur le monde arabe.
  • La Banque mondiale va lancer, à Tunis, un programme régional visant à améliorer la qualité de l'enseignement
  • De nombreux participants avaient insisté sur l'importance que la Banque doit accorder à une éducation de qualité et l'emploi.

Le 10 janvier 2012 — Éducation, emploi, gouvernance et infrastructure : à l’issue d’une année de défis et de changements pour la région MENA, tels sont les mots qui se sont imposés lors d’un chat en direct avec la vice-présidente de la Banque mondiale Inger Andersen.

Parmi les questions qui ont dominé cette discussion d’une heure et vingt minutes (en anglais et en arabe) : comment réformer l’éducation, comment créer des emplois et comment garantir les libertés politiques sans compromettre la stabilité ?

Inger Andersen
Inger Andersen, Vice-présidente de la Banque mondiale

« Dans pratiquement tous les 160 commentaires reçus [avant le chat], le maître mot, c’est l’emploi, l’emploi, encore et toujours l’emploi. J’y souscris tout à fait », a répondu Inger Andersen à l’un des participants. « Mais, et vous le soulignez, les emplois sont tributaires de la croissance et de la stabilité. Donc les gouvernements doivent en permanence jongler entre la création d’emplois à court terme, financés sur les deniers publics, et une croissance à plus long terme, durable et équitable ».

Ce chat a été organisé alors que les pays sont confrontés, dans le sillage du Printemps arabe, à une véritable mutation politique et économique : en Tunisie, en Égypte et en Libye, l’année écoulée a vu le renversement des régimes en place et, dans toute la région, les citoyens ont investi la rue.

« Nous devons nous assurer que le système éducatif impartit effectivement aux jeunes les compétences dont ils ont besoin pour se lancer sur le marché, à l’échelle locale mais aussi internationale.

— Inger Andersen, Vice-présidente de la Banque mondiale

Économistes, militants pour la défense des droits de l’homme et membres d’organisations non gouvernementales et de la société civile : ils ont été 640 à dialoguer avec Inger Andersen, depuis l’Égypte, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Arabie saoudite majoritairement.

Pour Fatima Sallam, du Yémen, « ce qu’il nous faut, ce sont des stratégies de ‘long terme’ pour faire bouger cette région du monde et non des réponses ponctuelles au bon plaisir des gouvernements ! ».

Face au chômage et à l’augmentation de la population jeune, plusieurs ont souligné la nécessité d’accorder la priorité, à court et moyen termes, à une éducation et des emplois de qualité. Même si de nombreux jeunes sont très instruits, les enquêtes internationales sur l’éducation pointent une « importante marge d’amélioration » qualitative pour les pays du monde arabe, a indiqué Inger Andersen.

« Nous devons nous assurer que le système éducatif impartit effectivement aux jeunes les compétences dont ils ont besoin pour se lancer sur le marché, à l’échelle locale mais aussi internationale », a-t-elle poursuivi.

La Banque mondiale inaugurera la semaine prochaine, à Tunis, le premier Programme régional pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement dans le monde arabe (ARAIEQ), dont l’objectif est de former une nouvelle génération de citoyens qualifiés et engagés. Ce programme a déjà obtenu l’aval des ministres de l’Éducation des pays arabes et d’un grand nombre de partenaires.


L'éducation, l'emploi et les libertés politiques ont été les principaux sujets discutés lors du chat en ligne.

Pour Sherine Abdelbaki, « L’ÉDUCATION, c’est LA solution au Moyen-Orient, surtout en Égypte ». Cette représentante du monde des affaires et de la société civile au Caire poursuit : « Outre l’éducation formelle, je pense qu’il faut aussi promouvoir les filières professionnelles (en s’inspirant de ce que l’Allemagne et la France ont fait, par exemple) afin de créer des emplois dont nous serons fiers. Il est également indispensable de rendre l’éducation ‘inventive’ : il faut instaurer des méthodes d’enseignement modernes et innovantes pour obtenir des résultats rapides dans les villages et les zones défavorisées ».

Selon la vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région MENA, la liberté de l’information et la participation de la société civile sont essentielles pour introduire les indispensables réformes, dans l’éducation mais pas uniquement.

« Le Printemps arabe a démontré la vitalité de la société civile et c’est pourquoi, à la Banque mondiale, nous essayons de mettre en place un dispositif destiné à financer des OSC et à travailler avec elles », a-t-elle poursuivi. Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a annoncé la création de ce nouvel instrument dans un discours, au printemps dernier.

Inger Andersen a aussi rappelé les quatre priorités autour desquelles la Banque a ciblé son action actuelle dans la région : (1) créer des emplois ; (2) renforcer l’insertion économique et sociale ; (3) stimuler une croissance durable et équitable ; et (4) renforcer la gouvernance. Avant d’ajouter qu’une plus grande égalité entre les hommes et les femmes permettrait aussi d’accélérer les réformes.

« Je suis moi-même une femme et je pense que ‘les femmes portent la moitié du ciel’. Si les femmes sont exclues des activités économiques, sociales, politiques, commerciales, etc., c’est la moitié de la société qui est mise de côté, et le développement s’en ressent forcément ».

Sur le chat ou sur Twitter, les participants se sont globalement réjouis d’une initiative qui leur a permis de se prononcer et de peser sur les questions actuelles, à l’instar de @BICmena, qui se dit « très impressionnée » et appelle de ses vœux d’autres chats centrés sur un pays ou sur la société civile : « Very impressed w/ @WorldBank #MENA live chat w/ VP Inger Andersen & looking fwd 2 many future country- & issue-specific #CivilSociety chats! »…

D’autres discussions de ce type seront effectivement organisées sur la plateforme Banque mondiale Live, a confirmé Inger Andersen, avec, possiblement, un axe orienté sur une thématique ou un pays.


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