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Kenya : Un nouveau réseau mondial pour aider plus efficacement les pays en proie à un conflit

Disponible en: English
  • Plus de 1,5 milliard de personnes vivant dans plus de 30 pays, principalement en Afrique, sont touchĂ©es par des cycles rĂ©pĂ©titifs de conflits et de violence
  • BasĂ© Ă  Nairobi, un nouveau centre sur les conflits permettra Ă  la Banque mondiale d’aider Ă  soutenir les communautĂ©s de ces pays avec une aide plus flexible et plus transparente
  • Les pays fragiles et touchĂ©s par des conflits sont des prioritĂ©s dans la lutte contre la pauvreté 

NAIROBI, le 23 fĂ©vrier 2012 – Alors que plus de 1,5 milliard de personnes vivent dans des pays touchĂ©s par des cycles rĂ©pĂ©titifs de conflits et de violence, la Banque mondiale a ouvert aujourd’hui un nouveau Centre mondial sur les conflits, la sĂ©curitĂ© et le dĂ©veloppement afin de permettre Ă  son aide financiĂšre et son expertise de servir plus efficacement les personnes pauvres et vulnĂ©rables vivant dans des pays fragiles. Le centre Ă©tablira Ă©galement une communautĂ© plus solide de pratiques et de partage de connaissances au sein du rĂ©seau mondial de spĂ©cialistes qui travaillent sur les enjeux du dĂ©veloppement auxquels sont confrontĂ©s les pays fragiles et touchĂ©s par des conflits.     

La Banque mondiale affirme que plus de 30 pays, dont la majorité se trouve en Afrique, sont touchés par un conflit et que son nouveau centre situé dans la capitale du Kenya, Nairobi, lui permettra de fournir aux communautés de ces pays une aide plus flexible et plus transparente.

Lors de la cĂ©rĂ©monie d’ouverture du centre Ă  Nairobi Ă  laquelle assistait le ministre des Finances de la Sierre Leone, les ministres de divers gouvernements, des agences de l’ONU ou Ɠuvrant dans le domaine du dĂ©veloppement, des ONG actives dans le  domaine du dĂ©veloppement post-conflit, la Banque mondiale a dĂ©clarĂ© que le monde assiste actuellement Ă  la sortie d’une guerre ou de conflits d’un certain nombre de pays (la Sierra Leone, le Liberia, le Timor Leste et la Bosnie), lesquels s’empressent de restaurer leurs services sociaux principaux, tels que l’éducation et la santĂ© tout en crĂ©ant des gouvernements Ă©lus stables, attirant ainsi de l’aide au dĂ©veloppement ainsi que des investissements locaux et Ă©trangers. Toutefois, selon la Banque mondiale, des millions de personnes en Afrique, en Asie du sud et dans d’autres rĂ©gions souffrent toujours de vies pĂ©rilleuses, isolĂ©es et ravagĂ©es par des guerres.

« La violence politique et criminelle ne devrait pas constituer des chaĂźnes qui emprisonnent les gens Ă  vie. Nous savons que la violence ne s’arrĂȘte pas aux frontiĂšres. Nous savons Ă©galement que l’impact de la violence peut perdurer pendant des gĂ©nĂ©rations Â», a dĂ©clarĂ© Caroline Anstey, Directrice gĂ©nĂ©rale des opĂ©rations de la Banque mondiale, qui a officiellement inaugurĂ© le centre.  « Notre dĂ©fi consiste Ă  fournir davantage d’aide et Ă  effectuer notre travail de dĂ©veloppement de maniĂšre plus efficace dans des endroits fragilisĂ©s et souvent violents. Ne pas le faire reviendrait Ă  abandonner notre mission de dĂ©veloppement. Â»

Mme Anstey a dit que, trop souvent, face Ă  la violence et au conflit, « la communautĂ© internationale a offert de l’aide fragmentĂ©e, Ă  court terme et Ă  des fins spĂ©cifiques Â» et que la plateforme de Nairobi mettra en relation diverses agences et groupes travaillant dans des pays fragiles et touchĂ©s par des conflits Ă  travers le monde entier tout en renforçant ses partenariats et pratiques innovantes sur le terrain, amĂ©liorant ainsi la coordination du dĂ©veloppement. 

Mme Anstey a soulignĂ© que la Banque mondiale a mobilisĂ© un effectif de plus de 690 personnes pour travailler dans les pays fragiles Ă  travers le globe et a fourni, depuis l’an 2000, plus de 5,9 milliards de dollars Ă  taux d’intĂ©rĂȘt zĂ©ro pour soutenir la reconstruction dans ces pays par le biais de son fonds pour les pays les plus pauvres, l’Association internationale de dĂ©veloppement (IDA), et du Fonds pour la consolidation de la paix et de l’État, lequel favorise la consolidation de la paix dans les pays fragiles ou touchĂ©s par des conflits.

« Notre plateforme de Nairobi constitue un changement stratĂ©gique dans la maniĂšre dont nous aidons les pays fragiles et touchĂ©s par des conflits, et cela nous rendra plus flexibles et plus Ă©clairĂ©s quant Ă  la façon dont nous pouvons amĂ©liorer la vie des personnes se trouvant dans des situations dĂ©sespĂ©rĂ©es Â», a soulignĂ© Mme Anstey.

Pour la Banque mondiale, les pays fragiles et touchĂ©s par des conflits sont une prioritĂ© clĂ© dans la lutte contre la pauvretĂ©. Ces pays sont confrontĂ©s Ă  des dĂ©fis redoutables en matiĂšre de dĂ©veloppement (gouvernements faibles, corruption, instabilitĂ© politique et, souvent, une violence continue ou les rĂ©percussions de violences passĂ©es). Bien que les pays fragiles et Ă©mergeant de conflits n’abritent que 15 % de la population mondiale, ils reprĂ©sentent plus de 30 % de l’ensemble des personnes vivant dans l’extrĂȘme pauvretĂ©. Leur taux de pauvretĂ© est prĂšs de deux fois plus Ă©levĂ© que celui des personnes vivant dans d’autres pays Ă  faible revenu. « La Sierra Leone a fait d’importants progrĂšs pour se reconstruire suite Ă  ses conflits et pourrait offrir des leçons utiles Ă  d’autres pays dans la mĂȘme situation et aux partenaires de dĂ©veloppement. Par consĂ©quent, nous fĂ©licitons la Banque mondiale pour cette nouvelle plateforme de Nairobi et, Ă  l’avenir, nous espĂ©rons que cela incitera d’autres partenaires et communautĂ©s Ă  nousfournir davantage de flexibilitĂ© dans leur aide financiĂšre et leurs conseils, et que cela nous aidera Ă  renforcer les institutions locales et nationales dont les pays ont besoin pour ĂȘtre en mesure de poursuivre leur route vers une sĂ©curitĂ© et une paix durables Â», a dĂ©clarĂ© le ministre des Finances de la Sierra Leone, Samura Kamara, lors de l’inauguration qui s’est tenue Ă  Nairobi aujourd’hui.

Le rĂ©seautage est essentiel Ă  l’obtention de meilleurs rĂ©sultats

Le directeur de la plateforme de Nairobi soutient qu’il est essentiel pour la Banque mondiale de travailler en Ă©troite collaboration avec un vaste Ă©ventail de partenaires expĂ©rimentĂ©s, notamment les agences d’aide et les ONG, ainsi qu’avec les pays et communautĂ©s touchĂ©s par des conflits, afin de produire des rĂ©sultats meilleurs et durables pour les personnes vivant dans la turbulence de conflits.

« Les questions relatives Ă  la sĂ©curitĂ© des citoyens, Ă  la justice, Ă  l’emploi et Ă  l’élimination de la corruption sont des enjeux hautement politisĂ©s et complexes dans les pays fragiles et, si nous voulons faire une diffĂ©rence, nous devons nous allier Ă  d’autres partenaires et communautĂ©s expĂ©rimentĂ©s dans le domaine de la consolidation de la paix et de l’État Â», a dit Joel Hellman, directeur du nouveau Centre mondial sur les conflits, la sĂ©curitĂ© et le dĂ©veloppement de la Banque mondiale.

Les bureaux du centre de Nairobi seront situĂ©s au sein du siĂšge social de la plus importante ONG pour le logement abordable sur le continent africain, Shelter Afrique. Le centre dĂ©voilera Ă©galement un nouveau portail web de partage de connaissances en ligne et en personne appelĂ© The Hive (« la ruche Â»), dont le but est de mettre en relation les spĂ©cialistes, les chercheurs, les dĂ©cideurs politiques ainsi que les rĂ©seaux de personnes et d’organisations travaillant dans les domaines de la violence, des conflits et de la fragilitĂ© dans le monde.

M. Hellman affirme que The Hive se mettra fréquemment en lien avec des groupes clés, tels que les dirigeants de mouvements populaires, les représentants de gouvernements locaux et les experts travaillant pour des ONG, des groupes de réflexion et le secteur privé, afin de les consulter au sujet des nouveaux développement et de tirer parti de leurs conseils et suggestions pour obtenir de meilleurs résultats en matiÚre de développement dans des situations de fragilité et de post-conflit.