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La téléphonie mobile change la vie des agriculteurs pauvres

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  • Les petits agriculteurs, qui produisent une grande partie de l’alimentation mondiale, n’ont souvent pas accĂšs aux outils et technologies qui les aideraient Ă  prendre des dĂ©cisions.
  • Cette situation Ă©volue avec l’expansion rapide des services TIC qui amĂ©liorent les capacitĂ©s et les conditions d’existence de ces producteurs.
  • Les nouvelles technologies se gĂ©nĂ©ralisant et devenant moins coĂ»teuses, la Banque mondiale peut y investir davantage et agir ainsi plus directement pour la petite agriculture. Sa nouvelle publication, ICT in Agriculture e-Sourcebook, va dans ce sens.

23 fĂ©vrier 2012. Dans l’ouest du Kenya, la tĂ©lĂ©phonie mobile permet Ă  une organisation d’agriculteurs d’accĂ©der Ă  un marchĂ© numĂ©rique et de se passer ainsi des intermĂ©diaires. Depuis que ces agriculteurs traitent directement avec les exportateurs, ils ont vu leur revenu progresser spectaculairement. En Afrique de l’Est, les nouvelles applications mobiles servent aussi Ă  informer rapidement des flambĂ©es Ă©pidĂ©miques, ce qui permet aux Ă©leveurs de se prĂ©parer et de protĂ©ger leur cheptel.

Ce ne sont lĂ  que deux exemples de la capacitĂ© des technologies de l’information et des communications (TIC) Ă  amĂ©liorer le revenu et la productivitĂ© des petits exploitants, dans un contexte oĂč la comprĂ©hension des mutations mondiales — positives et nĂ©gatives — de l’agriculture et l’adaptation Ă  ces Ă©volutions constituent des enjeux cruciaux pour ces agriculteurs. Avec l’essor et la baisse du coĂ»t de la connectivitĂ© et des technologies, en particulier de la tĂ©lĂ©phonie mobile, ainsi que les progrĂšs du stockage de donnĂ©es et du libre accĂšs, les TIC revĂȘtent dĂ©sormais un intĂ©rĂȘt particulier pour l’agriculture.

Un intĂ©rĂȘt dont s’est saisi le DĂ©partement de l’agriculture et du dĂ©veloppement rural (ARD) de la Banque mondiale, en s’unissant aux forces d’infoDev (un programme de partenariat crĂ©Ă© par la Banque en faveur de la technologie et de l’innovation) pour permettre aux petits agriculteurs d’accĂ©der aux savoirs, aux rĂ©seaux et aux institutions.

« Ce qui a toujours manquĂ© aux petits agriculteurs pour se dĂ©velopper, c’est l’accĂšs rapide, efficace et peu onĂ©reux Ă  des informations qui les intĂ©ressent directement : des informations sur l’amĂ©lioration des pratiques agricoles, sur les marchĂ©s et les prix, sur les intrants, sur la mĂ©tĂ©orologie ou encore sur les prĂ©visions de catastrophes », indique Mark Cackler, chef sectoriel pour l’ARD.

Les petits agriculteurs, qui produisent encore une bonne partie des denrĂ©es alimentaires mondiales, ont besoin de ces informations tout autant que les grands. Or, ils n’ont souvent pas accĂšs Ă  des technologies simples qui procurent des informations essentielles sur les prix, les marchĂ©s, les variĂ©tĂ©s, les techniques de production, les services, le stockage ou la transformation des produits. Ils restent donc principalement tributaires du bouche Ă  oreille, de l’expĂ©rience et de la gestion locale.

Mais cette situation est en train de changer grĂące Ă  l’essor rapide des services aux petits agriculteurs basĂ©s sur les TIC. En permettant par exemple de crĂ©er une plateforme d’échange des informations agricoles par SMS, ces services sont de nature Ă  amĂ©liorer les capacitĂ©s et les conditions de vie des agriculteurs pauvres.

Dans dix États de l’Inde, plus de 200 000 petits agriculteurs recourent ainsi aux services de Reuters Market Light. Moyennant 1,50 dollar par mois, cette sociĂ©tĂ© leur envoie chaque jour quatre Ă  cinq SMS qui les renseignent sur les prix des matiĂšres premiĂšres et qui leur donne des conseils Ă  partir d’une base de donnĂ©es couvrant 150 cultures et plus de 1 000 marchĂ©s. Selon les premiĂšres estimations, ces agriculteurs ont ainsi engrangĂ© entre 2 et 3 milliards de dollars de recettes supplĂ©mentaires, et plus de la moitiĂ© d’entre eux achĂštent dĂ©jĂ  moins d’intrants.

La Banque participe activement Ă  l’intĂ©gration des TIC dans de grands programmes d’investissements agricoles. Ainsi, en Uruguay, aprĂšs l’épidĂ©mie de fiĂšvre aphteuse de 2001, elle a apportĂ© 25 millions de dollars (prĂȘts et dons) destinĂ©s Ă  un systĂšme novateur de dĂ©pistage des animaux. Ce systĂšme a permis d’éradiquer cette maladie dans le pays, qui est devenu une rĂ©fĂ©rence mondiale pour la sĂ©curitĂ© et la surveillance alimentaires. D’aprĂšs les Ă©valuations des portefeuilles d’activitĂ©s, 80 % des projets de la Banque axĂ©s sur l’agriculture ont dĂ©jĂ  des composantes TIC, mais dont la plupart ont une finalitĂ© administrative (livraison d’ordinateurs Ă  des bureaux de pays, par exemple). À mesure que les nouvelles technologies deviennent financiĂšrement plus abordables et que leur utilisation s’accroĂźt, la Banque peut y investir davantage et, ainsi, agir plus directement au profit de la petite agriculture.

ICT in Agriculture e-Sourcebook est une publication rĂ©cente de la Banque. Produite par son DĂ©partement ARD et par infoDev, avec un financement du ministĂšre finlandais des Affaires Ă©trangĂšres, cette ressource en ligne donne des orientations techniques ainsi que des conseils sur les politiques publiques aux acteurs et aux autoritĂ©s des pays en dĂ©veloppement, aux organisations internationales et aux agences bilatĂ©rales. Elle vise Ă  prĂ©senter l’environnement des TIC, en Ă©volution constante, comme un facteur de changement crucial pour la productivitĂ© agricole et le dĂ©veloppement rural.

« Les TIC dans l’agriculture font Ă©clore une multitude d’initiatives, ce dont attestent de nombreuses donnĂ©es, affirme Eija Pehu, conseiller scientifique auprĂšs du DĂ©partement ARD et l’un des coordonnateurs de cette publication. Elles peuvent changer la donne. Elles permettent aux petits agriculteurs de s’exprimer et d’accĂ©der Ă  l’information. Les femmes, en particulier, n’avaient jamais encore bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un tel accĂšs direct. »

L’e-Sourcebook se compose de modules couvrant 14 secteurs agricoles. Chaque module dĂ©taille les problĂšmes, les constats et les effets positifs des TIC sur les conditions de vie des petits agriculteurs dans ces secteurs. Plus de 200 exemples et Ă©tudes de cas rĂ©gionaux y sont dĂ©crits. On peut consulter gratuitement l’intĂ©gralitĂ© de cet ouvrage sur le site http://www.ICTinagriculture.org.

« Nous avons optĂ© pour un format Ă©lectronique, puis dĂ©cidĂ© d’accueillir un e-Forum interactif avec des partenaires, explique Tim Kelly, spĂ©cialiste des TIC et l’un des coordonnateurs du projet. Les TIC ne cessent d’évoluer et, pour rester pertinente, cette source d’information doit ĂȘtre en libre accĂšs, avec de multiples possibilitĂ©s d’échange et d’actualisation des donnĂ©es. »

Un impact réel

Au LibĂ©ria, oĂč la forĂȘt (45 % de la superficie totale) est une source de revenus essentielle, les coupes illĂ©gales de bois Ă©taient un vĂ©ritable flĂ©au. La solution a consistĂ© en un partenariat public-privĂ©, LiberFor, qui, par un suivi de la chaĂźne logistique depuis la souche jusqu’au point d’exportation, empĂȘche la vente et l’exportation du bois illĂ©gal. Ce systĂšme a permis l’identification Ă©lectronique et la localisation de quelque 440 000 arbres, et la vĂ©rification des donnĂ©es relatives Ă  environ 180 000 arbres. Il a gĂ©nĂ©rĂ© plus de 11 millions de dollars de recettes. En savoir plus..

Dans les zones rurales du Kenya, les applications TIC rĂ©duisent le coĂ»t des services financiers. Un systĂšme de transfert d’argent, M-PESA, proposĂ© par Safaricom, permet aux Kenyans de faire des dĂ©pĂŽts, d’envoyer ou de retirer des fonds via un tĂ©lĂ©phone portable : une somme est confiĂ©e Ă  un agent ou Ă  un vendeur de tĂ©lĂ©phones agrĂ©Ă©, qui crĂ©dite le compte mobile. La personne qui souhaite envoyer l’argent informe par SMS le destinataire, lequel doit indiquer un mot de passe et s’identifier pour obtenir les fonds. En savoir plus.

Au Kenya Ă©galement, deux femmes ont crĂ©Ă© en 2010 m-Farm. Ce service communique aux agriculteurs, par SMS, les prix des cultures, ainsi que des informations sur le marchĂ©, et les met directement en contact avec les exportateurs de produits alimentaires. m-Farm compte dĂ©jĂ  plus de 2 000 clients, dont de nombreuses petites agricultrices, et a remportĂ© plusieurs prix internationaux qui rĂ©compensent l’innovation. En savoir plus.

Dans 39 pays d’Afrique, l’organisation Radios Rurales Internationales diffuse des informations sur les pratiques amĂ©liorĂ©es de culture et de gestion des terres. Cette ONG canadienne travaille avec 360 stations de radio Ă©coutĂ©es par plus de 200 millions de petits agriculteurs, dans une centaine de langues africaines. Ce programme participatif traite de sujets variĂ©s : gestion du bĂ©tail, innovation agricole, conservation des sols, problĂšmes spĂ©cifiques des femmes en milieu rural... Les agriculteurs participent Ă  la rĂ©daction de scripts radiophoniques, et plusieurs communautĂ©s sont associĂ©es Ă  la mise en Ɠuvre et Ă  l’évaluation. En savoir plus.

En Inde, Digital Green diffuse des informations ciblĂ©es auprĂšs des xploitations agricoles marginales ou de petite taille, via des vidĂ©os numĂ©riques tournĂ©es par des exploitants ou des experts. Les divers thĂšmes sont traitĂ©s d’une façon qui permet aux agriculteurs d’amĂ©liorer progressivement leurs pratiques. . En savoir plus.





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