Washington, 20 mars 2012 â Toutes les deux secondes, une surface forestiĂšre comparable Ă la superficie dâun terrain de football est coupĂ©e Ă blanc dans le monde par des exploitants opĂ©rant de maniĂšre illĂ©gale. Un nouveau rapport de la Banque mondiale, publiĂ© aujourdâhui, montre comment les pays peuvent lutter efficacement contre lâexploitation illĂ©gale des forĂȘts avec lâaide des systĂšmes de justice pĂ©nale, rĂ©primer les activitĂ©s criminelles organisĂ©es et dĂ©pister et confisquer les gains illicites tirĂ©s de lâabattage des arbres.  IntitulĂ© « Justice pour les forĂȘts : renforcer la lutte des systĂšmes de justice pĂ©nale contre les exploitations forestiĂšres illĂ©gales », le rapport souligne que, pour mener une action efficace, les services de rĂ©pression de la criminalitĂ© doivent enquĂȘter au-delĂ des petits criminels et sâefforcer dâidentifier les destinataires des profits tirĂ©s de lâabattage illĂ©gal. En suivant la piste de lâargent et en utilisant les outils mis au point dans quelque 170 pays pour chercher lâ« argent sale », les appareils de justice pĂ©nale peuvent pourchasser les organisations criminelles qui se livrent Ă des opĂ©rations dâabattage illicite Ă grande Ă©chelle et confisquer les gains mal acquis.  Selon les estimations de la Banque mondiale, les coupes illĂ©gales reprĂ©sentent jusquâĂ 90 % de lâensemble des activitĂ©s dâexploitation forestiĂšre dans certains pays et produisent entre 10 et 15 milliards de dollars de revenus illicites par an. Ces capitaux, contrĂŽlĂ©s principalement par la criminalitĂ© organisĂ©e, Ă©chappent Ă lâimpĂŽt et servent Ă verser des pots-de-vin aux fonctionnaires corrompus Ă tous les Ă©chelons de lâadministration. Le rapport publiĂ© aujourdâhui contient des conseils sur lâaction Ă mener ainsi que des recommandations opĂ©rationnelles Ă lâintention des responsables de lâaction publique et des responsables de la gestion des forĂȘts et de lâapplication de la loi. Lâobjectif est de les aider Ă intĂ©grer la question de lâexploitation illĂ©gale des forĂȘts dans les stratĂ©gies de justice pĂ©nale, de promouvoir la coopĂ©ration internationale et nationale parmi les dĂ©cideurs publics, les organismes chargĂ©s de lâexĂ©cution de la loi et dâautres parties prenantes importantes, et de mieux exploiter les renseignements financiers disponibles.  « Nous devons lutter contre la criminalitĂ© organisĂ©e dans le domaine de lâexploitation illĂ©gale des forĂȘts de la mĂȘme façon que nous combattons les malfaiteurs qui vendent de  la drogue ou se livrent Ă des extorsions de fonds », dĂ©clare Jean Pesme, chef de lâunitĂ© de promotion de lâintĂ©gritĂ© des marchĂ©s financiers Ă la Banque mondiale, dont la mission consiste Ă aider les pays Ă mettre en place des cadres juridiques et opĂ©rationnels efficaces de lutte contre les flux financiers illĂ©gaux.  MalgrĂ© lâexistence de preuves accablantes montrant que lâabattage illĂ©gal est une Ă©pidĂ©mie dâampleur mondiale, la plupart des dĂ©lits forestiers passent inaperçus, ne sont pas signalĂ©s ou sont ignorĂ©s. Par ailleurs, lâĂ©valuation des bĂ©nĂ©fices illicites engendrĂ©s par ces dĂ©lits ne rend pas compte de lâĂ©norme coĂ»t environnemental, Ă©conomique et social de ceux-ci : menaces sur la diversitĂ© biologique, accroissement des Ă©missions de carbone, rĂ©percussions nĂ©gatives sur les moyens de subsistance des populations rurales et enrichissement des criminels aux dĂ©pens des pauvres.  « Il est essentiel de prendre des mesures prĂ©ventives contre lâexploitation illĂ©gale des forĂȘts, mais nous savons aussi que cela nâest pas suffisant », commente Magda Lovei, chef sectoriel Ă la Banque mondiale. « Une fois mises en Ćuvre, les recommandations de ce rapport peuvent avoir le puissant effet de dissuasion qui fait dĂ©faut Ă de nombreuses mesures prises contre les exploitants forestiers opĂ©rant de maniĂšre illĂ©gale ».  Les rĂ©seaux de criminalitĂ© organisĂ©e qui se trouvent derriĂšre les opĂ©rations dâabattage illĂ©gal Ă grande Ă©chelle participent Ă la corruption des plus hauts Ă©chelons de lâĂtat. Les enquĂȘtes sur les dĂ©lits forestiers sont compliquĂ©es aussi par la dimension internationale de ces opĂ©rations. Conscients de ces difficultĂ©s, les auteurs du rapport recommandent de concentrer les actions de rĂ©pression sur les « cerveaux » qui se cachent derriĂšre ces rĂ©seaux ainsi que sur les fonctionnaires corrompus qui les protĂšgent et leur permettent de mener leurs activitĂ©s.  Le texte intĂ©gral du rapport est disponible sur le site www.worldbank.org/amlcft.  à Washington: Beata Plonka, 1-202-458-5991, bplonka@worldbank.org Xenia Zia Morales, 1-202-473-9027, xmorales@worldbank.org   |