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Améliorer l’accès aux financements pour les petites et micro-entreprises égyptiennes

Améliorer l’accès aux financements pour les petites et micro-entreprises égyptiennes

Améliorer l’accès aux financements pour les petites et micro-entreprises égyptiennes


En bref

Bien que représentant la principale source d’emplois dans le secteur privé et le plus important segment d’entreprise en Égypte, les petites et micro-entreprises ont de grandes difficultés à accéder à des financements. Les travaux d’analyse effectués par la Banque montrent que la taille des entreprises est le facteur le plus déterminant dans leur accès ou non à un crédit et l’on estime qu’environ 2,1 millions de petites et micro-entreprises en Égypte n’ont pas accès au financement. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet d’amélioration de l’accès des petites et micro-entreprises aux financements: financé par un prêt d’investissement de 300 millions de dollars accordé à l’Égypte, ce projet met à la disposition du Fonds de développement social (SFD) une ligne de crédit. Ce fonds, qui est la principale institution de financement des petites et micro-entreprises en Égypte, rétrocède les ressources à des banques et organisations non gouvernementales (ONG) de microfinance éligibles, qui les prêtent à leur tour aux entreprises en privilégiant les zones géographiques les plus marginalisées ainsi que les femmes et les jeunes.

Depuis son premier décaissement en avril 2011, le programme a desservi plus de
4 00 petites et micro-entreprises, dont un millier environ est dirigé par des femmes. Par ailleurs, la préparation de ce prêt s’est révélée un important catalyseur de réforme en ce qu’il a permis de redéfinir le mode de fonctionnement du SFD et, plus généralement, les activités de financement des petites et micro-entreprises.

Défi

Les petites et micro-entreprises égyptiennes pâtissent d’un accès limité aux produits financiers. Dans la plupart des villages pauvres, il n’existe aucune banque ou ONG opérant à une échelle suffisamment réduite pour servir ces entreprises. La seule institution connue des habitants qui offre un service de ce type est le bureau de poste. En outre, l’accès des femmes entrepreneurs aux financements est sérieusement entravé par les barrières géographiques et culturelles. Un autre obstacle majeur auquel sont confrontés les petites et micro-entreprises concerne le manque de produits financiers conformes à la charia (la loi islamique). .


Démarche

À la demande du nouveau gouvernement égyptien qui souhaitait continuer de donner la priorité à la création d’emplois et répondre aux besoins de financement des petites et micro-entreprises, les décaissements au profit du Fonds de développement social (SDF) ont été accélérés. Un mécanisme de prêt structuré autour des guichets des bureaux de poste a été conçu à l’intention des petites et micro-entreprises même dans les zones les plus reculées. Le fonds a également ciblé la fourniture de services financiers aux femmes défavorisées vivant dans les villages les plus pauvres d’Égypte. De plus, l’opération a également comporté un produit de financement islamique qui vise les petites et micro-entreprises opérant actuellement en dehors du système financier formel.

Un certain nombre de solutions innovantes ont été examinées, notamment l’octroi aux ONG et aux petites et micro-entreprises bénéficiant des prêts directs du SFD d’une période de grâce de trois mois qui leur permettra de mettre de l’ordre dans leurs activités et de ne pas être catégorisées de facto comme des mauvais payeurs. Le ministère des Finances, qui a manifesté un grand intérêt pour le soutien aux petites et micro-entreprises, a été encouragé à subventionner une partie des taux d’intérêt — élevés — imposés au bénéficiaire final. Ce faisant, le SFD peut aider les MPE à réduire leurs coûts sans imposer un plafonnement des taux ni engendrer des distorsions du marché.


Résultats

Le projet a débuté ses décaissements en avril 2011. En janvier 2012 :

  • 412,5 millions de livres égyptiennes (environ 68 millions de dollars) ont été versés à des ONG et à des banques ;
  • Des prêts d’un montant total de 367,5 millions de livres égyptiennes (environ 61 millions de dollars) ont été accordés à des petites et micro-entreprises, environ 25 % de ces bénéficiaires étant des femmes ;
  • Le projet a rendu service à plus de 4 000 petites et micro-entreprises, dirigées pour un millier d’entre elles environ par des femmes vivant dans des zones urbaines et rurales situées dans les différents gouvernorats et villages à travers l’Égypte.

En outre, ce projet a eu un fort impact sur le développement du secteur des petites et micro-entreprises en enclenchant des réformes essentielles, notamment :

  • la suppression du plafonnement des taux d’intérêt applicables aux bénéficiaires finaux par les institutions de microfinance (IMF) et les ONG;
  • le relèvement à 25 millions de livres égyptiennes du plafond appliqué sur les prêts aux ONG, contre 5 millions de livres égyptiennes auparavant.

Bénéficiaires


J’ai créé cette entreprise pour subvenir aux besoins de ma famille au lendemain de la révolution du 25 janvier et alors que l’entreprise de mon mari subissait les effets de la baisse de l’activité touristique.

— À 26 ans, Marwa Essam, mère de trois enfants, habite à Qenna, un des gouvernorats les plus pauvres de Haute-Égypte. Avant de recevoir un prêt d'environ 16 800 dollars pour ouvrir sa supérette, elle arrivait à peine à joindre les deux bouts.



Sans cette micro-entreprise, je n’aurais pas été en mesure d’assurer les frais de scolarité de mes enfants.

— Naima Bassiouni, mère de quatre enfants, réside à Alexandrie. Elle a reçu un microcrédit de l’Association des entrepreneurs d’Alexandrie. Elle a utilisé l’argent du prêt pour créer son atelier de couture.


Contribution de la Banque mondiale

La contribution de la Banque a été fournie sous la forme d’un prêt d’investissement d’un montant de 300 millions de dollars complété par des services d’assistance technique et de conseil. Cette opération a été préparée par une équipe conjointe composée de la Banque mondiale, de la Société financière internationale (IFC) et du Groupe consultatif pour l’aide aux populations les plus pauvres (CGAP) (CGAP) et dont la collaboration fournit un excellent modèle de partenaria.



Partenaires

Dans le souci de créer des synergies et d’éviter les dédoublements, l’équipe de la Banque mondiale a agi en coordination avec de nombreux partenaires de développement et bailleurs de fonds qui offrent une assistance technique aux prestataires de services financiers aux petites et micro-entreprises et aident à la fourniture de services non financiers. Les partenaires de développement concernés sont l’Agence pour le développement international des États-Unis (USAID), la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne (UE), l’Agence canadienne pour le développement international (ACDI), la Banque allemande de développement (KfW), l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), la Banque arabe de développement et le Fonds international de développement agricole (FIDA). La Banque préside le Sous-groupe des bailleurs de fonds pour l’appui aux micros, petites et moyennes entreprises, qui regroupe en son sein des représentants de tous les organismes mentionnés ci-dessus, se réunit une fois par mois et vérifie l’utilisation optimale des ressources de don et de prêt.


Perspectives

L’équipe de projet s’emploie actuellement à recenser l’ensemble des enjeux liés au projet en tenant compte des enseignements déjà disponibles et à la lumière des récents événements survenus après la révolution. Le projet intégrera ces enseignements pendant la mise en œuvre du projet et dans la conception des autres projets d’appui aux petites et micro-entreprises menés dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ainsi que dans d’autres pays en développement ou émergents.


Pour en savoir plus, veuillez consulter le site des Projets.



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