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Programmes régionaux d’infrastructures de communication en Afrique de l'Ouest et Centrale

Disponible en: English
Delivering High-Speed Affordable Broadband Connectivity to West and Central Africa through the Africa Coast to Europe (ACE) Submarine Cable: The ACE cable has landed, and will start operations in 2012

Assurer une connectivité haut débit et bon marché en Afrique de l'Ouest et centrale, grâce au câble sous-marin ACE (Africa Coast to Europe) : désormais posé, le câble devrait être opérationnel courant 2012.


En bref

Les gouvernements d'Afrique de l'Ouest cherchent à approfondir leur intégration économique pour doper la croissance de la région. L'Association internationale de développement (IDA) a fourni des financements à trois pays (Libéria, São Tomé et Príncipe et Sierra Leone) dans le cadre d'accords de partenariat public/privé (PPP) pour leur permettre de participer au projet de câble sous-marin ACE qui relie la côte occidentale de l'Afrique à l'Europe et au reste du monde. Pour ces pays, c'était sans doute la dernière occasion avant des années de se raccorder à ce type de câble. Le passage d'une connexion par satellite à la fibre optique devrait considérablement faire baisser les prix et sensiblement améliorer la qualité des services. Pour ces trois pays, l'enjeu est donc de pouvoir exploiter le pouvoir de transformation des technologies de l'information et de la communication (TIC).

Défi

Des services de communication difficilement accessibles, surtout pour les télécommunications internationales, une dépendance extrême à l'égard des technologiques satellitaires coûteuses et l'absence de solutions alternatives et concurrentielles grâce à des câbles sous-marins sont autant de contraintes qui limitent sérieusement les perspectives de croissance et de développement des pays d'Afrique de l'Ouest et centrale. Le Libéria, la république démocratique de São Tomé et Príncipe et la Sierra Leone font partie des pays qui affichent les coûts de communication les plus élevés du monde. En Sierra Leone, une offre à débit limité coûtait 200 dollars par mois en 2011, soit 56,8 % du produit intérieur brut (PIB) par habitant. Au Libéria, les usagers payaient deux à trois fois plus que la moyenne régionale pour se connecter. Ces pays qui étaient raccordés au réseau mondial par le biais de technologies satellitaires extrêmement coûteuses s'orientent désormais, à l'instar de la plupart des nations africaines, vers la technologie du câble sous-marin à fibre optique, autrement abordable et de meilleure qualité.


Démarche

Le câble sous-marin ACE (Africa Coast to Europe) — un consortium emmené par le secteur privé — a une longueur d'environ 17 000 kilomètres et la capacité d'assurer la connectivité de 23 pays au total, de l'Afrique du Sud à l'Europe. Il représente un investissement de plus de 700 millions de dollars, auquel chaque pays contribue à hauteur de 25 millions de dollars environ pour obtenir un point d'atterrissement sur son territoire. Pour un certain nombre de pays, le câble ACE constitue l'offre la plus séduisante et la plus viable pour garantir une connectivité internationale le long de la côte de l'Afrique de l'Ouest et avec le reste du monde — et, dans certains cas, la seule option valable envisageable avant de nombreuses années.

Sollicitée par les gouvernements de la Sierra Leone, du Libéria et de São Tomé et Príncipe, l'IDA a pu réunir des ressources en moins de quatre mois afin de leur permettre d'effectuer les versements initiaux indispensables pour participer dans les délais au projet ACE. Il a fallu pour cela mobiliser plus que les fonds normaux de préparation d'un projet (5 millions de dollars par pays) dans les projets concernés : le Programme régional ouest-africain d'infrastructures de communication (WARCIP, APL1) pour le Libéria et la Sierra Leone (P116273) et le Programme du réseau dorsal de l'Afrique centrale (CAB, APL2) pour São Tomé et Príncipe (P117652).

Les ressources de l'IDA ont permis de couvrir les frais d'adhésion pour les pays participants, en faisant appel au Fonds catalytique et à des accords PPP visant à réduire au maximum les investissements publics. Aucun des trois pays ne voulait rater l'occasion de participer au projet de câble ACE et tous ont exprimé ouvertement leur volonté de libéraliser le secteur des télécommunications, de mobiliser et de fédérer leurs opérateurs privés autant que possible pour participer à cet investissement et de respecter les principes de l'accès ouvert aux capacités sous-marines afin que n'importe quel autre opérateur dans le pays puisse se positionner sur le marché. Les projets visaient à mettre en place un environnement sectoriel porteur, à garantir la libéralisation, à assurer un accès ouvert et non discriminatoire aux installations et à renforcer les capacités des régulateurs pour garantir l'application de règles équitables de concurrence dans le secteur.


Résultats

Le projet est officiellement entré en vigueur en avril 2011. Les résultats obtenus à ce jour sont préliminaires :

  • Recrutement de compétences clés pour le projet et de capacités de gestion fiduciaire ;
  • Respect du calendrier des versements au consortium ACE ;
  • inalisation du cadre PPP pour le Libéria, avec création d'un organe ad hoc et signature d'un pacte d'actionnaires ;
  • Atterrissement physique du câble dans les trois pays avec entrée en fonctionnement prévue au dernier trimestre 2012. Grâce à l'installation du câble, le prix des capacités installées en 2015 devrait être deux à cinq fois inférieur aux tarifs actuels de 2012. L'amélioration de la connectivité internationale à travers le câble sous-marin contribuera à réduire le coût des communications internationales tout en généralisant l'utilisation d'Internet par des tarifs moindres, ce qui devrait avoir un impact sensible sur le développement.

 

Contribution de la Banque

L'aval de l'IDA à un versement de 71,5 millions de dollars pour l'ensemble des projets concernés devrait servir de déclencheur à la mobilisation de ressources privées destinées à fournir aux citoyens de ces pays des services haut débit bon marché et à placer ces derniers sur un pied d'égalité avec d'autres nations. Le câble sous-marin fera baisser les prix pour les entreprises et le secteur privé en général, en leur fournissant des outils de communication numériques indispensables pour devenir de véritables acteurs de l'économie, en Afrique et dans le reste du monde. En plus de développer les infrastructures, l'IDA aidera les pays à actualiser leurs cadres politiques et réglementaires et à instaurer des cadres PPP pour poursuivre la mobilisation des investissements privés en faveur du secteur des télécommunications. Par ailleurs, le projet de São Tomé et Príncipe contribuera à l'arrivée d'un deuxième opérateur global de télécommunications. En Sierra Leone, l'IDA soutiendra la privatisation de l'opérateur public Sierratel et la libéralisation des lignes internationales du pays. Enfin au Libéria, une aide sera accordée pour instaurer des règles et des réglementations permettant aux opérateurs d'élargir leurs réseaux aux zones jusque-là mal desservies.


Partenaires

L'organe de financement établi pour le câble sous-marin ACE a pris la forme d'un PPP dans chaque pays afin de mobiliser autant que possible les ressources privées. Des fonds publics sont également venus combler le déficit et ont contribué à concrétiser le projet, un type de financement qui garantit un accès ouvert au câble à tous les opérateurs à des conditions équitables et non discriminatoires. En Sierra Leone, un partenariat supplémentaire avec la Banque islamique de développement (BIsD) œuvre au développement de la connectivité à l'échelle du pays.


Perspectives

En 2007, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont finalisé une stratégie régionale conjointe de réduction de la pauvreté pour l'Afrique de l'Ouest — une première du genre en Afrique subsaharienne. Consciente que la région n'atteindra pas les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), cette stratégie régionale souligne la nécessité de resserrer la coopération entre pays d'Afrique de l'Ouest et d'accélérer l'intégration régionale pour doper la croissance, réduire la pauvreté et améliorer les résultats en direction des OMD. Elle prévoit quatre domaines stratégiques d'intervention : (i) améliorer la gouvernance, prévenir et gérer les conflits et faciliter la libre circulation des personnes au sein de la sous-région ; (ii) intégrer les marchés pour renforcer la compétitivité et la croissance économique ; (iii) construire et relier entre elles des infrastructures ; et (iv) développer le capital humain. L'intégration et l'ouverture du marché régional devraient améliorer la compétitivité du secteur des services mais aussi des secteurs agricole et industriel, qui bénéficieront d'un meilleur accès à des services de base plus efficaces et moins coûteux (transport, télécommunications, banques et assurances). La stratégie d'aide à l'intégration régionale pour l'Afrique subsaharienne de la Banque mondiale (2008) et le Plan d'action pour la mise en œuvre en Afrique de l'Ouest (2010) appuient ces initiatives et cherchent à instaurer un espace économique unifié.

L'IDA ayant facilité la participation de ces trois pays au consortium ACE, d'autres lui ont depuis demandé un financement. De nouveaux projets sont donc en préparation pour le Gabon (mars 2012, dans le cadre du CAB) et pour le Bénin (juillet 2012 dans le cadre du WARCIP). Ces deux projets WARCIP et CAB sont une illustration de l'appui de l'IDA au développement du haut débit et d'une connectivité à un prix abordable en Afrique. D'autres initiatives notables en matière de connectivité ont été engagées au Tchad, au Cameroun et en République centrafricaine (dans le cadre du CAB), au Burundi (dans le cadre du Programme régional d'infrastructures de communication pour l'Afrique [RCIP]) et au Burkina Faso (dans le cadre du WARCIP).

 

Bénéficiaires

Le WARCIP devrait bénéficier à l'ensemble de la population d'Afrique de l'Ouest. Sur tout le continent, entrepreneurs, dirigeants politiques, enseignants, médecins, agriculteurs et pêcheurs utilisent les TIC pour communiquer, partager des informations, améliorer la productivité et les services rendus, trouver de meilleurs prix, élargir l'accès aux marchés et renforcer leur pouvoir de négociation. Mais ce projet devrait aussi permettre à toute l'Afrique de l'Ouest d'accéder à de nouveaux services de communication, à des sources d'informations et de savoir inédites, à des offres d'emplois supplémentaires et plus diverses, à des services publics et privés de meilleure qualité, à des administrations plus productives et plus transparentes mais aussi à une réponse plus rapide et mieux coordonnée en cas d'urgence. Globalement, la région devrait y gagner en termes de compétitivité, d'insertion sociale, de diversification économique et d'intégration régionale.

« Le Libéria fera partie intégrante de la communauté mondiale grâce à une connectivité Internet plus rapide », souligne Angelique Weeks, présidente de l'Autorité des télécommunications du Libéria. « Cela simplifiera les vidéoconférences, améliorera l'accès aux bases de données en établissant des passerelles entre plusieurs entités pour la gouvernance en ligne, l'apprentissage en ligne, le commerce en ligne et la santé en ligne. Cela va aussi optimiser les services rendus par l'administration ». Si l'évolution technologique devrait profiter aux entreprises et au gouvernement, elle fera aussi une vraie différence pour les consommateurs. C'est le cas de Steven Nyalay par exemple. Aujourd'hui, son budget est plombé par le coût des communications. M. Nyalay est l'un des patrons d'une coopérative de producteurs de cacao dans le district oriental de Kailahun, en Sierra Leone. À ce titre, il contacte en permanence ses partenaires internationaux pour se tenir informé des dernières évolutions des cours mondiaux de cacao. « Cette information détermine notre prix de vente des fèves de cacao et les profits ou les pertes que nous faisons », analyse-t-il. « Mais communiquer par portable ou via Internet est extrêmement onéreux ». Pour des gens comme lui, le raccordement au câble ACE est une bonne nouvelle : les prix devraient chuter et simplifier ainsi le quotidien des entrepreneurs et les communications, entre eux et avec le reste du monde.




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