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Népal : Renforcer les filets de protection sociale

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Améliorer l'accès à des aliments nutritifs et créer des opportunités pour les agriculteurs népalais


En bref

Au Népal, la Banque mondiale a cherché à accroître la sécurité alimentaire et la production agricole. Résultat, 91 % des ménages visés dans les districts couverts par le projet ont indiqué pouvoir mieux satisfaire leurs besoins alimentaires. Par ailleurs, 100 % des engrais subventionnés sont parvenus aux petits exploitants concernés. À travers son volet portant sur les travaux publics, le projet a fourni environ 58 jours de travail par an aux ménages, tout près de l'objectif de 60 jours.

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Défi

Comme un peu partout dans le monde, les prix alimentaires ont flambé au Népal en 2007-2008. Alors que la production agricole demeurait pratiquement constante, ce renchérissement a lourdement pénalisé de nombreux ménages népalais, surtout dans les districts en situation d'insécurité alimentaire. L'absence de filets de protection sociale ou de tout autre mécanisme d'adaptation à ce type de crise a empêché de nombreux ménages de se nourrir correctement pendant plusieurs mois. Tel est le contexte qui prévalait au lancement du Projet de filets de protection sociale, dont le principal objectif est d'apporter à court terme une aide alimentaire aux familles menacées et, à plus long terme, de renforcer la productivité agricole et la sécurité alimentaire.


Démarche

À travers son programme de « nourriture/argent contre travail », le projet a immédiatement pu soulager les ménages en situation d'insécurité alimentaire dans les districts visés, grâce à trois modèles de participation à des travaux publics : un modèle où les participants sont rémunérés en nourriture ; un modèle où ils sont rémunérés en argent ; et un modèle où une partie de la compensation salariale est distribuée sous forme de nourriture, l'autre étant versée en espèces. Ces programmes de travaux publics, soutenus par des fonds dédiés aux filets de protection sociale, les autorités népalaises et d'autres donateurs, sont réalisés dans le cadre d'un accord de partenariat entre le ministère du Développement local et le Programme alimentaire mondial (PAM). Ces chantiers visent à améliorer les infrastructures et les activités agricoles ainsi que l'accès aux marchés et à atténuer la vulnérabilité aux inondations.

Par son soutien au Conseil national de recherche agricole pour produire des semences de qualité et ses subventions aux engrais dans les districts éloignés, le projet a aussi insisté sur la nécessité d'augmenter la production pour remédier aux problèmes de sécurité alimentaire à plus long terme. Enfin, il a appuyé un fonds d'encouragement communautaire sur la nutrition expérimental, censé aider les communautés à identifier les actions requises pour améliorer l'état nutritionnel des femmes et des enfants. Cette expérience s'appuie sur le Fonds pour la lutte contre la pauvreté pour pouvoir toucher les communautés marginalisées et les autorités locales chargées d'organiser des programmes de protection sociale destinés aux populations pauvres et vulnérables.


Résultats

En deux ans (2008-2009), le programme a soutenu plus d'un million de personnes sur l'ensemble du pays, dont environ 756 000 dans les districts de l'Extrême-Ouest et du Moyen-Ouest, et employé 168 263 travailleurs. Pour les ménages les plus fragiles, cette aide prolonge les niveaux d'autosuffisance alimentaire de deux à deux mois et demi supplémentaires. Des projets de relance après les inondations dans la zone de Koshi, à Saptari et Sunsari, menés entre 2008 et 2009, ont soutenu plus de 7 500 familles grâce à la remise en état des infrastructures détruites. Plusieurs projets et formations professionnelles ont permis de développer des activités de subsistance, avec notamment la création de dispositifs d'irrigation et d'acheminement d'eau potable ou encore la construction ou la réhabilitation de bâtiments communaux, de ponts en bois et de routes rurales, notamment. Le programme a aussi soutenu dans 33 districts la distribution de micronutriments en poudre, riches en vitamines et minéraux essentiels, pour les enfants âgés de six à 59 mois. Plusieurs autres résultats sont à mettre à l'actif du projet :

  1. Les biens créés pour la production agricole ont bénéficié directement à 180 758 ménages sur l'exercice 2008/2009, à 226 028 ménages sur l'exercice 2009/2010 et à 142 434 ménages sur l'exercice 2010/2011.
  2. La distribution de semences et d'engrais a bénéficié à 7 775 ménages sur l'exercice 2008/2009, à 21 525 ménages sur l'exercice 2009/2010 et à 43 300 ménages sur l'exercice 2010/2011.
  3. 851 km de routes ont été construits et remis en état, dont 675 km dans le cadre du projet initial de filets de protection sociale (2008-2009) et 176 km grâce à un financement additionnel en 2010-2011.
  4. Un large éventail d’activités de production agricole et de transfert de technologie ont été menées à bien : irrigation de 8 088 hectares de terre grâce à la construction de dispositifs adéquats ; construction de 16 083 fosses à compost ; plantation de 2 272 hectares de terre ; et mise en valeur de 247 hectares de terre à des fins agricoles.
  5. 405 dispositifs d’acheminement d’eau potable ont été installés.
  6. 692 tonnes de semences primaires ont été produites et les capacités nettement renforcées en la matière au niveau du Conseil national de recherche agricole. Dans la région de l’Extrême-Ouest, en situation d’insécurité alimentaire, cette augmentation des capacités a permis d’accroître la production de semences de blé en un an.
  7. 390 tonnes de semences et 7 410 tonnes d’engrais ont été acheminées dans 23 districts isolés.
  8. Des sachets de micronutriments en poudre ont été distribués à 12 000 enfants de six à 59 mois dans le cadre du projet initial de filets de protection sociale, un financement additionnel permettant de toucher 122 000 autres enfants.
  9. Près de 58 % des bénéficiaires directs sont des femmes.

Témoignages


Mon groupe d'agriculteurs a pu multiplier par cinq la production de semences. C'est pourquoi j'aimerais bien le développer.

——Shyam Prakash Yadav, agriculteur


Contribution de la Banque mondiale

Ce projet bénéficie du soutien du programme de réponse à la crise alimentaire au Népal, qui comprend une dotation de 21,7 millions de dollars pour le Projet de filets de protection sociale. Un financement additionnel de 47,8 millions de dollars a été approuvé par le Conseil des Administrateurs de la Banque mondiale en 2010. Le projet, lancé en septembre 2008, prendra fin (dans sa version étendue) le 30 septembre 2013. En outre, des ressources du fonds fiduciaire du Programme d'intervention rapide dans le secteur social ont permis de financer une assistance technique en appui à l'analyse des systèmes de transfert en espèces.


Partenaires

Le projet a permis de nouer un solide partenariat entre le ministère du Développement local, le ministère de l'Agriculture et des Coopératives et le PAM. Le ministère du Développement local travaille également avec le Fonds de lutte contre la pauvreté (un organisme officiel semi-autonome) pour s'attaquer aux problèmes de nutrition chez les jeunes enfants et les femmes enceintes. D'autres agences d'aide, comme le DfID britannique, l'USAID américain, la DDC suisse et Helvetas, ont examiné le concept du projet avant de décider de leurs propres contributions. Des évaluations conjointes de l'insécurité alimentaire par les donateurs et le gouvernement ont permis de mieux définir les zones d'intervention.

Perspectives

Les actifs agricoles créés ainsi que les dispositifs d'irrigation construits et remis en état grâce à ce projet devraient contribuer à la sécurité alimentaire à plus long terme dans les districts vulnérables. Un transfert de technologie a lieu, à travers la construction de dispositifs d'irrigation ou de fosses à compost, qui devrait pousser les agriculteurs à se convertir à des approches durables, pratiques et locales pour se prémunir contre l'insécurité alimentaire. En assurant un meilleur accès à des semences de qualité, le projet incite les agriculteurs à adopter des variétés améliorées et donc à faire évoluer positivement les activités agricoles dans les zones en situation d''insécurité alimentaire.

Les fonds du projet ont permis de finaliser une analyse des programmes de transfert en espèces et de préparer un plan de mise en œuvre de systèmes améliorés de suivi et de transfert monétaire dans douze districts. Si le financement de ce sous-volet est relativement modeste (coût actuel prévu inférieur à 3 millions de dollars), il soutiendra des améliorations dans les programmes de transfert en espèces financés par l'État népalais de plus de 8 milliards de roupies (environ 20 millions de dollars) par an et contribuera à optimiser le ciblage et l'adaptation aux prochaines crises. De même, les discussions autour du fonds d'encouragement communautaire pour susciter des changements de comportement dans les communautés afin de lutter contre la malnutrition des enfants se sont révélées cruciales dans la décision du ministère du Développement local et du Fonds de lutte contre la pauvreté de constituer un partenariat pour aider les communautés à résoudre ce problème par elles-mêmes. Les conclusions de cette initiative pilote seront intégrées dans les programmes de nutrition et des activités de mobilisation du ministère du Développement local et du Fonds de lutte contre la pauvreté.

 

(a) indique une page en anglais.




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