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L’Initiative pour les adolescentes, ou comment favoriser l’insertion professionnelle des filles

Disponible en: English, 中文, Español
The World Bank and Gender

Les actions novatrices de l'Initiative pour les adolescentes aident les filles à opérer la transition cruciale entre école et travail


En bref

En 2008, la Banque mondiale a lancé l'Initiative pour les adolescentes afin de faciliter le passage de l'école à la vie active pour les jeunes femmes. Ce projet, actuellement mis à l'essai dans huit pays à faible revenu (l'Afghanistan, la Jordanie, le Libéria, Haïti, le Népal, la RDP lao, le Rwanda et le Soudan du Sud), concerne environ 17 000 filles. Ces différents programmes, conçus sur mesure en fonction de la situation du pays concerné, ont en commun de chercher à comprendre ce qui fonctionne le mieux pour aider les jeunes filles à réussir sur le marché du travail. Grâce aux nouvelles connaissances qui en découlent, des mesures efficaces peuvent être reproduites et appliquées à plus grande échelle.

Défi

Nombre de jeunes femmes dans les pays en développement ne parviennent pas à passer effectivement de l'école au monde du travail : plus d'un tiers d'entre elles (34 %) sont sans emploi, c'est-à-dire qu'elles se trouvent hors du marché du travail sans pour autant poursuivre leurs études. Bien que l'écart filles-garçons se réduise en termes de scolarisation, il se creuse en ce qui concerne la participation à la vie active.


Il est fondamental de cibler les filles à l'adolescence, période au cours de laquelle les décisions prises et les comportements adoptés ont des répercussions sur la suite de leur vie. Chez les garçons, l'adolescence se traduit habituellement par une mobilité et une autonomie accrues, tandis que chez les filles, elle est souvent synonyme de plus de restrictions et de moins d'opportunités et de liberté de choix. C'est pourquoi il est décisif de leur fournir, au cours de cette période formatrice de leur vie, les instruments qui leur permettent de devenir économiquement autonomes.


Nous avons la chance d'être indépendantes. J'ai la chance d'apprendre des choses nouvelles et d'avoir un rôle leader au sein de ma communauté, et un jour peut-être, j'enseignerai à d'autres filles. Nous ne devons pas nous laisser dominer par la peur.

— Princess Sheriff, New Kru Town, Libéria


Avant de prendre part à ce projet, je ne savais pas quoi en attendre. Je n'avais aucun don pour la communication. Je ne savais pas rédiger un CV. Maintenant, je sais comment entrer en contact avec les services des ressources humaines et comment négocier.

— Borhan, Irbid, Jordanie


Démarche

L'Initiative pour les adolescentes (a) (ou « AGI », selon son appellation en anglais) vise à faciliter le passage de l'école à la vie active pour les jeunes femmes. Ses interventions vont de l'aide à la création d'entreprises à la formation technique et professionnelle qui cible des compétences très demandées. Tous les programmes prévoient une acquisition des compétences nécessaires pour la vie courante. Chaque projet pilote est adapté au contexte spécifique à un pays donné et cherche à remédier aux contraintes particulières auxquelles sont soumises les filles. Une Ã©valuation très précise de chaque projet pilote permettra de mettre en évidence ce qui fonctionne. L'AGI offre une occasion unique d'ouvrir de nouvelles voies : expérimenter, prendre des risques et s'efforcer de trouver des moyens intelligents de mettre en place des projets de formation professionnelle et d'emploi des jeunes centrés sur les filles.


Atteindre les filles vulnérables

Ce sont souvent les filles les plus vulnérables qui n'ont pas accès aux programmes de formation, par manque de temps ou d'argent. La première démarche, si l'on veut atteindre cette population, consiste à comprendre ses besoins et ses contraintes. Les programmes pilotes de l'AGI cherchent à se rendre accessibles aux plus vulnérables.


Remettre en cause les normes du marché du travail qui désavantagent les filles

Dans bien des cas, les normes sociales tendent à reléguer les femmes dans des métiers mal rémunérés. Les familles de ces dernières, leurs compagnons, leurs employeurs, et parfois elles-mêmes, peuvent penser que certains métiers sont réservés aux hommes, que ce ne sont pas des « métiers pour les femmes ». Les volets des projets pilotes de l'AGI portant sur la formation professionnelle visent à doter les filles de compétences techniques très demandées sur le marché du travail local.


Combler le fossé qui sépare du marché du travail

Beaucoup d'adolescentes et de jeunes femmes connaissent des difficultés dans leur recherche d'emploi car elles sont plus isolées socialement et disposent d'un réseau moins développé pour les aider dans leurs démarches. Les projets pilotes de l'AGI aident activement les filles à élargir leur réseau et à trouver des opportunités d'emploi. Ils explorent également des voies pour inciter les organismes de placement à s'occuper des filles.


Renforcer les atouts des filles en vue d'une création d'entreprise réussie

Les projets pilotes de l'AGI développent les atouts des filles (du point de vue humain, social et financier) et apportent un soutien à celles qui veulent se lancer dans le travail indépendant. Nombre de ces projets leur inculquent les compétences nécessaires à l'établissement d'un budget et à la création d'entreprises et leur donnent la possibilité de s'exercer à épargner.


Aider les filles et les jeunes femmes à s'aider elles-mêmes

En fournissant des formations sur les compétences nécessaires pour la vie courante, les projets pilotes de l'AGI permettent aux adolescentes et aux jeunes femmes d'acquérir les instruments et la confiance requises pour profiter pleinement des nouvelles perspectives économiques. Ces formations se concentrent sur le développement des aptitudes non cognitives des filles dans de multiples domaines (social, émotionnel, personnalité, comportements, attitudes, etc.). Parmi les thèmes spécifiques abordés figurent la santé génésique, la sensibilisation aux droits, les techniques de résolution des problèmes, les compétences en communication et en négociation, ainsi qu'un apprentissage de la gestion des finances personnelles.


C'est une expérience et une chance incroyable pour moi. Le projet auquel je participe met l'accent sur la fabrication d'objets lao artisanaux et sur les possibilités d'emploi des filles séropositives. Je suis très enthousiaste à l'idée de poursuivre cette expérience et de concrétiser mon rêve.

— Phennapha Phommachanh, Vientiane, RDP lao


Avant d'intégrer ce projet, je ne pensais même pas avoir un jour la moindre compétence à faire valoir pour obtenir un travail et un salaire décents. Maintenant, je sais conduire et je vais bientôt être embauchée. En plus, j'ai acquis de nombreuses connaissances pratiques, par exemple sur les moyens de contraception, l'hygiène personnelle, le virus du sida et bien d'autres choses encore, dont ma famille et mes amis ont pu également profiter. À présent, je suis certaine que le changement peut venir de moi.

— Sunday Margaret, Juba, Soudan du Sud


Résultats

État d'avancement et résultats préliminaires de cinq projets pilotes actuellement mis en œuvre :


L'Initiative pour les adolescentes en RDP lao :

multimédia (a)
  • L'origine de ce projet remonte à décembre 2010. Un concours récompensant les meilleurs plans d'activité de jeunes entrepreneurs (a) a rencontré un grand succès : 95 candidats, parmi lesquels deux tiers de femmes, ont été sélectionnés pour suivre les programmes de formation « Monte ta boîte » et « Rédige un plan d'activité ». Le premier concours de ce type a eu lieu le 18 juin 2011, présentant les idées de 50 jeunes entrepreneurs (30 plans d'activité) et récompensant onze d'entre eux par des crédits pour démarrer leur entreprise. La formation est assurée par des conseillers issus du secteur privé qui devront aider les lauréats quand ils créeront leur entreprise.
  • Deux centres d'orientation professionnelle pionniers ont été créés au sein de l'Université nationale du Laos et de l'Institut technique Pakpasak.


Programme d'autonomisation économique des adolescentes et des jeunes femmes du Libéria :

multimédia (a)
  • La formation est déployée en deux sessions (a). Lors de la première session (mars 2010), 1 131 filles ont reçu des formations utiles à la vie professionnelle, mais également des compétences pratiques. Environ 95 % des participantes ont suivi la formation dans son intégralité, et 85 % d'entre elles ont trouvé un emploi ou se sont lancées dans le travail indépendant. La deuxième session de la formation, à laquelle ont pris part 1 300 adolescentes et jeunes femmes, a débuté en juillet 2011. L'insertion dans le monde de l'entreprise, par des stages ou des emplois, a démarré fin janvier 2012 dans le cadre de cette seconde session.
  • Le Programme d'autonomisation économique des adolescentes et des jeunes femmes du Libéria a en outre mis en place un cours rapide d'alphabétisation et d'apprentissage du calcul avant la deuxième session de formation, entre fin mars et début juillet 2011, destiné à 65 filles à Bentol et à 185 à Kakata. Ces filles ont intégré la formation en juillet 2011. Le perfectionnement en lecture et en calcul pour les 1 300 filles ayant participé à la seconde session est actuellement en cours.


De « Nouvelles opportunités d'emploi pour les femmes » en Jordanie :

multimédia (a)
  • Ce projet pilote a été lancé en décembre 2010 (a). Au total, 373 jeunes diplômées de l'université ont pu bénéficier de formations visant à améliorer leur employabilité (45 heures d'enseignement en renforcement de l'esprit d'équipe, en communication, en exposé, en rédaction commerciale, en service à la clientèle, en rédaction de CV ainsi qu'en techniques d'entretien et en pensée positive).
  • Le projet a eu recours à des subventions salariales à court terme (sous forme de bons) dans le but d'inciter les entreprises à engager de jeunes diplômées. Au total, 300 d'entre elles ont trouvé du travail par ce biais. Ces femmes ont vu leur chance d'être embauchées augmenter de 40 % par rapport à celles qui n'avaient pas bénéficié de bons.
  • Environ 57 % des femmes qui ont pu travailler grâce aux subventions salariales à court terme espèrent continuer à le faire au sein de la même entreprise, après l'expiration de la période de subvention.


L'Initiative pour l'emploi des adolescentes au Népal :

multimédia
  • Ce projet est en cours depuis février 2010. En décembre 2010, environ 810 femmes avaient reçu une formation et 96 % (776) d'entre elles ont passé un test de compétences, qu'elles ont réussi pour 90 % d'entre elles. Trois mois après avoir déclaré leur embauche, environ 73 % des jeunes femmes étaient encore en poste, ainsi que l'a montré une enquête de contrôle. Dans le cadre du module « Renforcement institutionnel », l'Initiative pour l'emploi des adolescentes au Népal a permis l'élaboration de nouvelles lignes directrices et d'un système de données en ligne pour ceux qui dispensent des enseignements techniques et professionnels. Ce dernier est actuellement utilisé par le ministère de l'Éducation pour le nouveau projet de l'Association internationale de développement (IDA) concernant l'enseignement et la formation professionnels.


L'Initiative pour les adolescentes au Soudan du Sud :

  • Au total, 100 clubs pour adolescentes ont été fondés dans cinq comtés de quatre États du Soudan du Sud.
  • Environ 3 000 adolescentes suivent à l'heure actuelle une formation sur les compétences pratiques et les moyens de subsistance. En novembre 2011, près de 700 filles avaient reçu leur formation, les autres devant l'achever en 2012. Toutes les filles, soit plus de 1 500 participantes en novembre 2011, bénéficieront par ailleurs d'une introduction aux questions financières. Le volet du projet relatif à l'épargne et au microcrédit a été mis en route en novembre 2011.
  • Des conversations informelles avec les participantes témoignent d'un niveau élevé de motivation et de confiance, comme le montre leur changement d'attitude dans des domaines tels que la prévention contre le viol, les grossesses précoces, la contraception et la planification familiale en général, ainsi qu'une connaissance et une vigilance accrues face au VIH/sida.


Contribution de la Banque mondiale

L'Initiative pour les adolescentes est financée à hauteur de 23 millions de dollars par le fonds fiduciaire de la Banque mondiale pour l'Initiative pour les adolescentes et par le fonds fiduciaire du Plan d'action pour la parité hommes-femmes.


Partenaires

Australie, Danemark, Fondation Nike, Girl Hub, Norvège, Royaume-Uni et Suède.


(a) indique une page en anglais.




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