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Projet d’aide sanitaire et nutritionnelle d’urgence dans la Corne de l’Afrique

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Horn of Africa Emergency Health and Nutrition Project: Delivering emergency health and nutrition services to refugees in the Horn of Africa

Fournir des services sanitaires et nutritionnels d'urgence aux réfugiés dans la Corne de l'Afrique
Soutien aux camps de réfugiés au Kenya et en Éthiopie


En bref

La grave sécheresse qui a frappé la Corne de l'Afrique a entraîné l'afflux, dans des camps aménagés au Kenya et en Éthiopie, de réfugiés somaliens — en particulier des femmes et des enfants— présentant un besoin urgent de services de santé et de nutrition. Ce don régional de l'Association internationale de développement (IDA) a pour but de soutenir l'extension du programme en cours de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) destiné à fournir des services de santé, de nutrition, d'eau et d'assainissement aux principaux camps de réfugiés au Kenya et en Éthiopie. En mars 2013, cette opération d'urgence devrait fournir des services à près de 500 000 bénéficiaires.

Défi

La Corne de l'Afrique est le théâtre de la plus grave crise alimentaire du monde aujourd'hui. Provoquée par la sécheresse, cette crise alimentaire a poussé près de 25 % de la population somalienne à se déplacer à l'intérieur de la Somalie même ou à gagner les pays voisins (principalement le Kenya et l'Éthiopie). Face à l'impossibilité d'accéder à l'aide dans les zones les plus durement affectées du pays, les populations sont contraintes de parcourir de longues distances dans des conditions difficiles. Aussi, quand ils parviennent dans les camps installés au Kenya et en Éthiopie, les réfugiés somaliens — et en particulier les femmes et les enfants — ont-ils un besoin urgent de services de santé et de nutrition. Compte tenu du contexte de crise qui prévaut dans la sous-région, les populations réfugiées dépassent largement les moyens d'intervention disponibles au Kenya et en Éthiopie, eu égard aux urgences alimentaires qui existaient au préalable dans les deux pays. Le Projet d'aide sanitaire et nutritionnelle d'urgence dans la Corne de l'Afrique contribue aux actions entreprises par la communauté internationale pour faire face à la crise grâce à l'octroi de financements destinés à des interventions sanitaires et alimentaires ciblées menées au profit des populations vulnérables des camps de réfugiés de Dadaab (Kenya) et Dollo Ado (Éthiopie).


Démarche

La direction du Groupe de la Banque mondiale a considéré que le caractère exceptionnel de la sécheresse, au regard de son ampleur et de sa gravité, justifiait un certain nombre d'initiatives sans précédent pour permettre une riposte vigoureuse face à la crise. Cette opération a comporté au moins trois précédents importants : a) c'est la première opération à bénéficier d'un financement du mécanisme dédié de riposte aux crises (CRW) établi dans le cadre de la 16e reconstitution des ressources de l'IDA (IDA-16) ; ii) c'est le premier don du CRW en faveur d'une institution régionale ; et c) c'est la première opération de l'IDA dans laquelle a été appliqué, à titre exceptionnel, l'Accord sur les principes fiduciaires (FPA) des Nations unies de 2008 — l'application du FPA a été motivée par la nécessité de mobiliser rapidement des soutiens financiers afin d'assurer les services de santé dans les camps de réfugiés.

Avec un taux de décaissement de 68 % dans les trois mois qui ont suivi son approbation par le Conseil des Administrateurs de la Banque mondiale, le projet a réalisé l'objectif visé d'une intervention rapide.

Le projet a permis au bénéficiaire du don (le HCR) d'accroître son offre de services de santé, de nutrition, d'eau et d'assainissement dans les plus grands camps de réfugiés du Kenya et d'Éthiopie. Compte tenu de l'ampleur de la crise qui sévit dans la Corne de l'Afrique, le projet a été traité dans le cadre de la politique opérationnelle/procédure de la Banque (OP/BP) 8.00 (« Intervention rapide dans les situations de crise et d'urgence »). Le HCR a une longue expérience d'intervention dans les camps de réfugiés des pays concernés, et notamment dans ceux ciblés par le projet. À l'issue de vastes consultations internes menées à l'échelle de la Banque mondiale, il a été convenu que le HCR était le seul organisme capable d'intervenir avec la célérité requise face à l'urgence sanitaire et alimentaire prévalant dans les camps de la Corne de l'Afrique ciblés par le projet. Les décisions et dispositions exceptionnelles mentionnées précédemment ont permis à l'IDA d'apporter une aide d'urgence face au flux massif de réfugiés dans la Corne de l'Afrique par le biais de son partenaire d'exécution, le HCR. Ce projet contribue à la phase d'intervention rapide du Plan d'intervention et de renforcement des capacités d'adaptation à la sécheresse en Afrique.

Résultats

Le Projet d'aide sanitaire et nutritionnelle d'urgence dans la Corne de l'Afrique vise essentiellement à étendre la mise en œuvre d'un ensemble de services de santé et de nutrition. L'exécution du projet a débuté en septembre 2011. Bien que le premier rapport de situation complet ne soit pas attendu avant mai 2012, des résultats importants ont été obtenus durant le premier semestre d'exécution (d'octobre à décembre 2011) :

Dans le camp de Dadaab (Kenya) :

  • 35 449 séances d'alimentation complémentaire ont été organisées au profit des enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition, des femmes enceintes et allaitantes, des malades atteints de la tuberculose et des personnes vivant avec le VIH/sida
  • 8 500 enfants (de 6 à 18 mois) ont bénéficié d'un programme de surveillance de la croissance et ont reçu des compléments nutritionnels lipidiques
  • La prise en charge communautaire de la malnutrition aiguë a été assurée au profit de 18 627 enfants
  • Une campagne de vaccination contre la poliomyélite a été organisée à la suite d'une flambée soudaine de la maladie et a permis d'atteindre 100 % de couverture chez les enfants de 0 à 59 mois
  • 970 réfugiés ont bénéficié de services de santé mentale
  • 61 000 moustiquaires imprégnées d'insecticide à effet rémanent ont été fournies
  • Cinq nouvelles bornes-fontaines et cinq stations de pompage ont été réalisées
  • 47,5 kilomètres de conduites d'eau ont été installés, ainsi que 69 robinets d'urgence et 97 robinets permanents.

Dans le camp de Dollo Ado (Éthiopie) :

  • 15 850 enfants souffrant de malnutrition (âgés de 6 à 59 mois) ont bénéficié de services de réadaptation et de soins nutritionnels dans des centres d'alimentation complémentaire
  • 24 433 enfants de moins de 5 ans ont reçu chaque mois une aide par le biais du programme d'alimentation complémentaire
  • 100 % des nouveaux arrivants en provenance de la Somalie (âges de 6 mois à 30 ans) ont été vaccinés contre la rougeole
  • L'approvisionnement en eau est passé de 10 à 11 litres par personne et par jour
  • Grâce à la construction de nouveaux équipements d'assainissement, le nombre d'utilisateurs par latrine est passé de 150 à 50 personnes en moyenne.

Contribution de la Banque

Le projet comporte un don de l'IDA de 30 millions de dollars en faveur du HCR destiné à soutenir l'extension de ses services de santé, de nutrition, d'eau et d'assainissement.

Partenaires

Compte tenu de l'ampleur de la crise provoquée par l'arrivée massive de réfugiés dans la Corne de l'Afrique, les gouvernements kenyan et éthiopien ont sollicité la mise en place de mécanismes d'exécution alternatifs pour cette opération d'urgence. Dans ce dispositif, le HCR est le bénéficiaire direct des fonds de l'IDA et fait office d'organisme d'exécution. En raison de la longue expérience que possède le HCR dans la fourniture de services dans les camps de réfugiés au Kenya et en Éthiopie, et à l'issue de vastes consultations internes menées à l'échelle de la Banque mondiale, il a été convenu que le HCR était le seul organisme capable d'intervenir avec la célérité requise face à la crise sanitaire et nutritionnelle sévissant dans les camps de la Corne de l'Afrique ciblés par le projet.

En apportant son soutien au programme du HCR, cette opération appuie les efforts d'harmonisation entrepris dans le cadre de la Déclaration de Paris et du Plan d'action d'Accra. En outre, il soutient la première phase du Plan d'intervention et de renforcement des capacités d'adaptation à la sécheresse dans la Corne de l'Afrique de la Banque mondiale, qui comporte trois étapes : intervention rapide (pendant les six premiers mois), relance économique (de six mois à deux ans) et renforcement des capacités d'adaptation à la sécheresse (entre deux et cinq ans).

À ce jour, un plan global de riposte à la sécheresse de 1,88 milliard de dollars a été retenu, comprenant la restructuration de projets existants, un financement additionnel, des contributions provenant de fonds fiduciaires et un soutien annoncé du Mécanisme de riposte. Outre la fourniture de services de santé et de nutrition aux populations réfugiées, la riposte immédiate est axée sur le renforcement des programmes de protection sociale, les transferts monétaires et les programmes argent-contre-travail, suivis par l'appui au rétablissement des moyens de subsistance, la redynamisation de la production agricole et animale, le renforcement des structures sanitaires et la préparation aux catastrophes.


Perspectives

Alors que le programme du HCR est déjà en cours d'exécution, sur le terrain, le nombre de réfugiés arrivant dans les camps pourrait augmenter de manière exponentielle si la sécheresse se poursuit et si la crise alimentaire qui en est la conséquence perdure, avec pour conséquence le surpeuplement des camps et l'absorption totale des capacités du HCR dans les deux pays. À l'heure actuelle, il existe également un déficit considérable de financement. Dans le cadre du Plan de riposte à la sécheresse en Afrique, l'IDA est en train de mobiliser de nouvelles ressources en puisant dans son portefeuille existant au Kenya et en Éthiopie pour faire face aux besoins observés dans les zones en proie à la sécheresse. De nouvelles opérations financées par l'IDA au niveau régional et dans les pays sont en cours de préparation et entreront probablement en vigueur avant la clôture de ce projet.


Bénéficiaires

Fourniture d'une alimentation en eau fiable dans le camp de Dadaab au Kenya

En plein désert, dans un camp balayé par les vents, deux femmes s'insultent copieusement, chacune voulant être la première à remplir d'eau son récipient en plastique. Pendant la plus grande partie de leur existence, les femmes ont été habituées à parcourir plusieurs kilomètres pour aller chercher la précieuse substance : c'est une ressource qui mérite qu'on se batte pour elle. Le chef local, Bashir Abdi Kassim, 38 ans, arrive sur les lieux avant que la querelle ne tourne au pugilat. Il prend à part les deux réfugiées somaliennes et examine le problème avec elles. Nous sommes dans le camp d'Ifo, qui fait partie du gigantesque complexe d'accueil de réfugiés de Dadaab au nord-est du Kenya. Les femmes ne réalisent pas qu'il y a plus d'eau qu'il n'en faut pour satisfaire tout le monde dans la nouvelle extension du camp. Kassim propose une solution qui a l'élégance d'être à la fois évidente et de sauver les apparences. Tous ceux qui veulent de l'eau doivent placer leur jerricane en file indienne. Le resquillage n'est pas toléré. Kassim revient ainsi sur la dispute : « Nous avons tiré suffisamment de leçons des conflits et des affrontements tribaux en Somalie pour savoir qu'aucune querelle n'est bonne ». Il est arrivé à Dadaab il y a plus d'un mois, en provenance de la région de Gedo, dans le sud de la Somalie.

Cette dispute fait partie de l'évolution sociale du camp. Un délicat embryon de lien communautaire a commencé à se créer entre les milliers de réfugiés qui habitent les tentes blanches. L'esprit de voisinage reste encore fragile, ce qui n'a rien d'étonnant sachant que toutes ces individus ne se connaissent pas et qu'ils affluent dans les camps en détresse, fuyant la sécheresse et les conflits. Une atmosphère d'urgence flotte encore autour d'eux, accentuée par les préoccupations persistantes liées à la maladie, à la sécurité et à la fourniture des services de base.

Le Projet d'aide sanitaire et nutritionnelle d'urgence dans la Corne de l'Afrique prend en considération le fait que la fourniture d'eau salubre en quantité suffisante est un volet essentiel des programmes de nutrition et de santé. Les activités financées actuellement par le projet afin d'améliorer la quantité et la qualité de l'eau disponible pour les réfugiés vivant dans les camps de Dadaab et Dollo Ado comprennent : a) la mise à niveau, l'extension et l'entretien des réseaux d'eau existants ; b) la construction d'un plus grand nombre de robinets d'eau ; c) l'accroissement des capacités de stockage de l'eau, des installations de stockage et de traitement ; et la d) distribution de jerricanes pour le transport et la conservation de l'eau.


(a) indique une page en anglais.


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