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Une question au cœur du dialogue de Sendai : comment optimiser la gestion du risque de catastrophes ?

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  • Le dialogue de Sendai (9 et 10 octobre) souligne la nécessité de mieux protéger les populations dans un monde toujours plus dangereux où le nombre de catastrophes a doublé en 30 ans.
  • La manifestation devrait attirer les ministres des Finances et du Développement qui convergent vers le Japon pour les Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale
  • Des représentants de haut-niveau discuteront de la nécessité de faire de la gestion du risque de catastrophes une priorité dans l’ordre du jour du développement.

3 octobre 2012 - Le 11 mars 2011, un tsunami colossal s’abattait sur 650 kilomètres de côtes, au nord-est du Japon, rasant tout sur son passage et faisant quelque 20 000 morts ou disparus. Cette catastrophe sera dans les esprits des dirigeants politiques, des experts et des survivants qui participent au dialogue de Sendai (a) afin de réfléchir à des solutions pour mieux protéger les populations dans un monde toujours plus dangereux : en 30 ans, le nombre de catastrophes a doublé et les préjudices économiques ont triplé.

Le dialogue de Sendai se déroule les 9 et 10 octobre dans une ville qui, comme les cités voisines, a été dévastée par le séisme et le tsunami. Co-organisée par le gouvernement japonais et la Banque mondiale, la manifestation devrait attirer les ministres des Finances et du Développement qui convergent vers le Japon pour les Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale organisées à Tokyo plus tard dans la semaine.

Ces deux journées reviendront sur les enseignements de cette catastrophe et d’autres événements dramatiques survenus dans le reste du monde. Il s’agit aussi d’appeler à l’intégration de la gestion des risques dans la planification du développement, pour permettre aux pays, aux communautés et aux citoyens d’être plus résilients aux catastrophes.

Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, le ministre des Finances du Japon, Koriki Jojima, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, la commissaire européenne Kristalina Georgieva, et la ministre des Finances du Nigéria, Ngozi Okonjo-Iweala, font partie des personnalités qui participeront à une session de haut niveau organisée le 10 octobre sur la nécessité de faire de la gestion du risque de catastrophes une priorité dans l’ordre du jour du développement.

La veille, la vice-présidente des îles Kiribati, Teima Onoria, ainsi que des responsables du Japon, de l’Union européenne, du Maroc et du Pakistan notamment, discuteront de la nécessité d’accroître l’aide internationale à la prévention et d’intégrer la gestion des risques dans les processus, les politiques, les réglementations et les budgets du développement. Consulter l’intégralité du programme (a).

Cette manifestation, retransmise en direct sur le web, offrira aussi une tribune à des jeunes voulant témoigner et sera l’occasion de rendre hommage aux survivants et à tous ceux qui œuvrent à la reconstruction. Le public pourra partager ses expériences, photos et autres messages via Facebook et Twitter (hashtag #1000voices) (a).

Une manifestation TEDxSendai (a), organisée indépendamment, sera aussi retransmise sur le web (a) le 10 octobre, pour réunir des intellectuels et des dirigeants de tous horizons — monde des affaires, art, politique, science — afin de « partager un message sur le relèvement après une catastrophe, la résilience et l’espoir ».

Les populations pauvres et vulnérables sont les premières victimes des catastrophes

Les deux manifestations mettent en exergue un problème mondial : l’augmentation, en fréquence et en coût, des catastrophes. Au cours des 30 dernières années, le nombre de catastrophes a doublé et le coût des dégâts triplé, pour un impact total estimé à 3 500 milliards de dollars, selon Munich Re, l’un des premiers réassureurs internationaux. Ce travail est cité dans le rapport Sendai remis au Comité du développement des Assemblées annuelles de 2012.

Impact des catstrophes (infographie) Le préjudice économique est plus lourd dans les pays à revenu intermédiaire à forte croissance : en moyenne, les catastrophes y ont représenté 1 % du PIB entre 2001 et 2006, soit environ dix fois plus que le fardeau moyen supporté par les pays à revenu élevé.

Depuis 1980, les pays à faible revenu n’ont été victimes que de 9 % des catastrophes – mais représentent 48 % des morts. De nombreux pays plus petits et plus pauvres — comme les petits États insulaires ou les pays enclavés — peuvent subir des pertes dépassant 100 % de leur PIB.

Ainsi, le séisme de 2010 en Haïti aura provoqué la mort de 230 000 personnes et un préjudice économique équivalant à 120 % du PIB. La plupart des victimes vivaient dans des quartiers illégaux où les habitations n’avaient pas été conçues pour résister à un tremblement de terre.

Les experts constatent que l’impact des catastrophes est particulièrement lourd pour les populations pauvres et vulnérables, car elles ont plus de probabilités de vivre dans des zones fragiles et dangereuses et sont moins capables de rebondir après coup.

La situation ne peut qu’empirer puisque l’explosion incontrôlée des villes fait courir des risques à toujours plus de monde. D’ici 2050, le nombre de citadins exposés aux seuls séismes et tempêtes pourrait doubler, pour atteindre 1,5 milliard.

Les coûts des catastrophes = un tiers de l’aide

Moins de 4 % de l’aide internationale liée aux catastrophes ont été consacrés à des activités de prévention et de préparation dans les pays en développement entre 1980 et 2009. Mais ces 30 dernières années, les catastrophes ont provoqué pour environ 1 200 milliards de dollars de dégâts dans les pays à revenu faible et intermédiaire, soit environ un tiers de toute l’aide au développement accordée pendant cette période.

« La communauté internationale doit de toute urgence privilégier l’intégration de la gestion des risques de catastrophes », souligne le rapport Sendai, où l’on peut lire aussi que le fait de s’attaquer à la racine du mal plutôt que d’en gérer les conséquences présente de multiples avantages et peut véritablement changer la donne.

Selon Rachel Kyte, vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement durable, « les dividendes qui découleront d’une action tournée non seulement vers le financement de la réponse aux catastrophes mais aussi vers l’investissement en faveur de la résilience seront très — et de plus en plus — considérables en termes de croissance économique et de bien-être pour les populations ».

Les pays réduiront le risque de catastrophes en renforçant leurs capacités de résistance, de réaction et de relèvement face à un choc naturel. Ainsi, le programme de protection sociale mis en place en Éthiopie pour les familles en insécurité alimentaire chronique (et soutenu par de nombreux donateurs) a limité les souffrances des populations pendant la sécheresse qui s’est abattue sur la Corne de l’Afrique en 2011.
L’aide internationale au développement — à la fois technique et financière — peut apporter le soutien tant attendu aux investissements nationaux dans la gestion des risques de catastrophes. Elle peut fournir des capitaux d’amorçage pour engager des programmes nationaux, apporter un appui technique dans les grandes zones à risque et impulser une gestion globale des risques.

« La prévention des risques est possible et peut se révéler rentable à long terme », affirme Francis Ghesquière, responsable du Dispositif mondial de réduction des effets des catastrophes et de relèvement (GFDRR) en charge du groupe des meilleures pratiques pour la gestion du risque de catastrophe à la Banque mondiale. « La catastrophe du 11 mars 2011 au Japon a rappelé au monde entier qu’aucun pays ne pouvait se prémunir totalement de catastrophes de grande ampleur. Mais les conséquences du séisme et du tsunami auraient pu être exponentiellement pires si le Japon n’avait pas accordé de priorité aux activités de prévention et de préparation ».




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