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Corne de l’Afrique : combattre la sécheresse… « Avant, la vie était bien plus dure »

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Depuis plusieurs décennies, la région du Tigray, dans le nord de l’Éthiopie, subit des dégradations environnementales et est le théâtre de sécheresses et de famines à répétition. Pourtant, la jeune Abeda a confiance dans l’avenir : à 13 ans, elle va à l’école et veut devenir médecin. Sa famille a de quoi manger et investir un peu dans la petite exploitation.« Avant, la vie était bien plus dure », raconte la fillette. « Aujourd’hui, on a des toilettes, une mare, un poulailler, un compost et un réservoir à eaux usées. Et grâce à nos eucalyptus, on peut vendre du bois de chauffage. On vit mieux ».

La famille d’Abeda bénéficie d’un programme de protection sociale destiné à tous ceux qui, sans cela, ne mangeraient pas à leur faim et risqueraient de tomber dans l’engrenage de la pauvreté. Le père, Keshi Wolday Halefom, travaille six mois de l’année sur des chantiers publics qui visent à améliorer les terres agricoles et la capacité de résistance des zones rurales à la sécheresse tout en assurant un revenu régulier à la population — les travaux consistent par exemple à construire des terrasses sur les collines afin de limiter l’érosion et d’améliorer la rétention d’eau.

Ce programme d’amortisseurs sociaux mis en place par l’Éthiopie aide plus de 7,6 millions d’habitants à traverser la pire sécheresse dans la Corne de l’Afrique depuis 60 ans. Pour des millions d’autres, dans la région et le reste du Sahel, la situation vient d’atteindre un stade critique.

La catastrophe en chiffres

En juillet 2011, la sécheresse a frappé plus de 13 millions d’habitants de Somalie, d’Éthiopie, du Kenya, d’Ouganda, de Djibouti, du Soudan et du Soudan du Sud, et, avec elle, la famine, la mort, le bétail décimé et les récoltes détruites. Près d’un million de Somaliens ont fui la sécheresse et les conflits pour chercher refuge ailleurs, surtout au Kenya et en Éthiopie.

Si les conditions météorologiques sont devenues plus favorables à partir de septembre 2011, environ 10 millions d’habitants de la Corne de l’Afrique étaient toujours en situation d’insécurité alimentaire en juillet 2012. Et en Somalie, environ 2,5 millions de personnes survivent grâce à l’aide humanitaire (a).

Les mesures de relèvement

Dans le cadre de la riposte de la communauté internationale, la Banque mondiale et le Dispositif mondial de réduction des effets des catastrophes et de relèvement (GFDRR) ont mobilisé 1,8 milliard de dollars en appui aux filets de protection sociale et à la sécurité alimentaire.

Cette somme recouvrait 30 millions de dollars de décaissement rapide de l’Association internationale de développement (IDA) — le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres — pour financer notamment des compléments nutritionnels destinés à 35 000 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition, 61 000 moustiquaires, l’installation d’un système d’adduction d’eau et une campagne de vaccination dans un camp de réfugiés du Kenya.

En Éthiopie, ces fonds ont permis d’assurer des soins de réadaptation pour 15 850 jeunes enfants dénutris d’un camp de réfugiés, de fournir des compléments alimentaires à 24 433 enfants de moins de 5 ans et d’entreprendre une campagne de vaccination anti-rougeole ainsi que l’installation de nouveaux points d’eau et autres infrastructures sanitaires.

En Somalie, 210 000 agriculteurs ont reçu une aide sous la forme de semences de maïs et de sorgho, d’urée et autres engrais. Un financement de 9 millions de dollars du GFDRR permet de fournir un emploi temporaire à 97 000 personnes, dans le cadre d’un programme « argent contre travail ». Ces fonds appuient par ailleurs le relèvement du secteur de la production vivrière grâce à la remise en état des terres agricoles et la reconstitution du cheptel et des ressources en eau.

La Banque mondiale soutient le Programme de filets de sécurité fondés sur des activités productives (a) lancé en Éthiopie en 2005 et financé par le gouvernement et de nombreux donateurs. Elle a par ailleurs initié un projet destiné aux agriculteurs pauvres, pour améliorer l’accès au crédit (a), aux services agricoles et à des activités rémunératrices. Ce programme devrait couvrir 8,3 millions d’Éthiopiens à l’horizon 2015.

En juin 2012, les principaux donateurs se sont engagés à fournir 4 milliards de dollars pour lutter contre la sécheresse dans la région.

La réduction des risques

Les deux priorités de long terme sont la gestion des risques liés aux aléas climatiques et à la sécheresse ainsi que l’atténuation des impacts sur les populations. Il s’agit donc concrètement d’investir dans la santé et la nutrition, de meilleures prévisions météorologiques, des systèmes d’alerte précoce et tout autre moyen de gestion des risques.

En Éthiopie, le programme Moyens de subsistance, évaluation rapide et protection (a) est un dispositif d’alerte précoce pour la sécurité alimentaire qui calcule les rendements agricoles attendus localement au début de la saison sèche. Ces informations aident les agences humanitaires à anticiper les besoins (a) des communautés dans les zones les plus fragiles et peut servir, en cas de risque de sécheresse prononcée, à élargir les bénéficiaires du programme.

Un dispositif de surveillance par satellite (a) et des initiatives de collecte de données de grandes organisations comme la NASA ou le nouveau programme ITHACA (technologies de l’information au service de l’aide, de la coopération et de l’action humanitaires), qui mobilise les TIC pour s’atteler au changement climatique, participent à cet effort. Le projet de cartographie de la Corne de l’Afrique (a) se propose de partager toutes les données recueillies par des agences humanitaires et des organismes de développement impliqués dans la riposte pour la région.

Quant au projet de transfert des risques pour l’adaptation dans la Corne de l’Afrique (HARITA) (a), il a permis à des agriculteurs d’échanger leur force de travail contre des assurances récoltes, déclenchées automatiquement si les précipitations sont inférieures à un seuil déterminé au préalable. Il est en cours de généralisation sur le territoire éthiopien et dans trois autres pays d’Afrique dans le cadre de l’initiative R4 en faveur de la résilience des communautés rurales (a).

L’initiative R4 (a), qui permet donc aux agriculteurs pauvres de s’assurer contre le risque de récoltes, s’appuie sur les filets de protection sociale pour transférer les risques pendant la période de soudure. Elle s’inscrit dans une volonté de dépasser les réponses à court terme pour construire des filets de sécurité fondés sur des activités productives en Éthiopie. L’initiative, qui couvre pour l’instant 13 000 foyers éthiopiens, est actuellement développée  en Éthiopie et dans d’autres pays (a) africains.

Le Centre d’application et de prévision climatique (ICPAC) de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) (a) a mis au point divers outils qui aident les pouvoirs publics et les agriculteurs à mieux prévoir et anticiper les catastrophes naturelles : logiciel de gestion des catastrophes, système de cartographie sur Internet et dispositif d’alerte précoce par SMS pour les utilisateurs de téléphones portables. L’ICPAC intervient notamment en Ouganda, au Kenya et en Éthiopie.

Données clés

  • En 2011, 13 millions d’habitants de la Corne de l’Afrique ont été victimes de la sécheresse, la pire depuis 60 ans.
  • En Somalie, 210 000 agriculteurs ont reçu ont reçu une aide sous la forme de semences de maïs et de sorgho, d’urée et autres engrais.
  • Dans des camps de réfugiés du Kenya et d’Éthiopie, respectivement 35 000 et 15 850 enfants dénutris de moins de cinq ans ont bénéficié de soins.
  • Le programme éthiopien de filets de sécurité fondés sur des activités productives a bénéficié à 7,6 millions victimes chroniques de l’insécurité alimentaire.
  • Grâce à un dispositif d’alerte précoce pour la sécurité alimentaire, l’Éthiopie dispose d’informations pour mieux faire face.

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