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Les TIC offrent des solutions de développement endogènes en Afrique

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Traders conduct business at the Ghana Stock Exchange. Jonathan Ernst/World Bank

6 décembre 2012

En Afrique, des innovations dans le domaine des technologies de l'information et des communications (TIC) donnent naissance à des solutions endogènes qui transforment les entreprises et dynamisent l'entrepreneuriat, l'innovation et la croissance économique. C'est le constat d'un rapport conjoint publié par la Banque mondiale et Banque africaine de développement (BAD), avec l'appui de l'Union africaine.


Dans les cinq dernières années, le marché de la téléphonie mobile en Afrique s’est agrandi rapidement et il compte aujourd’hui environ 650 millions d'abonnements, chiffre qui fait de l'Afrique un marché plus important que celui de l'UE ou des États-Unis dans ce secteur.  En même temps, la bande passante ouverte à plus de un milliard de citoyens africains est devenue 20 fois plus large qu’en 2008. 

Ce nouvel accès est en train de transformer la vie des Africains, de dynamiser l’entrepreneuriat, en partie à travers des centres technologiques basés sur la collaboration, et de donner naissance à des innovations et a des solutions endogènes pour le continent africain.

Dans le rapport intitulé eTransform Africa: The Transformational Use of Information and Communication Technologies in Africa, les auteurs suivent ces évolutions et font le point sur les progrès entrepris dans les TIC ainsi que l’amélioration de l’accès aux TIC parmi la population.

Grâce à l'installation de 68 000 km de câbles sous-marins et plus de 615 000 km de réseaux de dorsales nationales, la bande passante couvre un territoire 20 fois plus vaste aujourd'hui qu'en 2008. (Chapitre 1) 

Le rapport eTransform Africa insiste sur la nécessité de bâtir un secteur des TIC suffisamment concurrentiel pour promouvoir l'innovation, créer des emplois et dynamiser le potentiel d'exportation des sociétés africaines. 

Jamal Saghir, directeur du Développement durable de la Banque mondiale pour la région Afrique, explique : « Le réseau Internet et les téléphones portables transforment les perspectives de développement en Afrique. Ils introduisent un nouveau dynamisme dans des secteurs clés.  Le défi désormais consiste à faire passer ces innovations et ces réussites à l'échelle supérieure afin qu'elles exercent un impact social et économique plus visible sur le continent au cours des dix prochaines années. Â»

Des innovations dans huit secteurs clés

Le rapport eTransform Africa énumère les pratiques exemplaires d'utilisation des TIC dans huit secteurs clés : l’agriculture, le changement climatique, l’éducation, les services financiers, le gouvernement, la sante, les TIC et la compétitivité, et la facilitation du commerce et l’intégration régionale.  Par exemple (les liens ci-dessous sont en anglais) :

  • Agriculture : au Kenya, le programme Kilimo Salama est un programme d'assurance des cultures qui tire parti du système de transfert d'argent par téléphone M­PESA et permet aux exploitants agricoles de mieux gérer les risques naturels tels que les sécheresses ou la surabondance de précipitations.
  • Adaptation au changement climatique : au Malawi, un projet de déforestation forme les communautés locales, à l'établissement de relevés des villages sur GPS et à l'élaboration de stratégies d'adaptation en fonction de leurs besoins.
  • Services financiers : au Sénégal, l'opérateur SONATEL (filiale d'Orange) a lancé récemment un service d'envoi de fonds, permettant à ses 200 000 abonnés d'envoyer et de recevoir de l'argent par le biais de leur téléphone portable.
  • Santé : au Mali, la télémédecine contribue à pallier le manque de travailleurs et de spécialistes de la santé dans les zones rurales, grâce notamment au programme de télé-radiologie IKON.

« Ce rapport présente la voie dans laquelle l'Afrique s'est engagée et encourage l'esprit créatif concernant la manière d'utiliser les TIC au profit du plus grand nombre Â», explique Gilbert Mbesherubusa, vice-président suppléant des opérations de la Banque africaine de développement.

De la facilitation du commerce aux centres technologiques

Le rapport décrit de quelle manière des pays comme le Kenya et le Sénégal mettent en œuvre des initiatives de facilitation du commerce grâce aux TIC. Il précise aussi le rôle prépondérant que les communautés économiques régionales peuvent jouer en favorisant une plus grande intégration régionale à laquelle arrimer la croissance économique à coût réduit.

Le rapport eTransform Africa fournit également des informations sur le développement des centres technologiques en Afrique - tels que iHub et NaiLab au Kenya, Hive CoLab et AppLab en Ouganda, Activspaces au Cameroun, BantaLabs au Sénégal, Kinu en Tanzanie ou infoDev’s mLabs au Kenya et en Afrique du Sud.  Ces centres créent de nouveaux espaces de collaboration, d'innovation, de formation, de développement d'applications et de contenu et de pré-incubation des entreprises africaines de demain.

« L'Afrique prend rapidement l'étoffe d'un chef de file dans le domaine des TIC. Les innovations qui ont connu leur essor en Afrique – comme les téléphones portables à deux cartes SIM ou les envois de fonds par téléphone - se répandent sur tout le continent et au-delà Â»Â Â 
Tim Kelly, expert en politique des TIC à la Banque mondiale et l'un des auteurs du rapport.

Il rajoute que « Le défi à relever pour l'avenir du continent est de réussir à faire en sorte que les innovations en matière de TIC profitent à tous les Africains, y compris les pauvres, les plus vulnérables et les habitants des régions les plus reculées. Â»

Des sources d’enseignements pour les dirigeants politiques

D'après le rapport eTransform Africa, les expériences recensées jusqu'à présent sont sources d'enseignements importants pour les dirigeants politiques africains qui cherchent à optimiser l'impact des TIC sur la transformation du continent.  Par exemple :

  • Il est nécessaire d'ancrer le déploiement des TIC et le développement des applications informatiques aux réalités des circonstances locales et à la diversité africaine.
  • Les États ont un rôle important à jouer. Ils doivent à la fois réunir les conditions favorables au développement des innovations et à l'augmentation des investissements, et tenir lieu de pionniers dans l'adoption des produits, services et technologies novateurs.
  • Pour être efficace, l'utilisation des TIC nécessite de faire preuve d'un esprit de collaboration transectoriel et d'adopter une approche multi-partenaires, fondée sur l'ouverture des données et une innovation transparente.
  • La plupart des applications de TIC novatrices en Afrique sont issues de programmes pilotes.  Le rapport avance qu'il est temps de procéder à une évaluation rigoureuse des meilleures pratiques en vigueur, de les copier et d'en généraliser l'usage.

Le rapport eTransform Africa compte plus de 20 Ã©tudes de cas sur la transformation en cours en Afrique grâce aux TIC ainsi qu'une annexe statistique qui présente les données les plus récentes sur l'accès à la téléphonie mobile et à la large bande dans les pays africains.  L'étude a bénéficié du financement du Fonds spécial de Corée du Sud - BAD et du Fonds d'affectation spéciale Banque mondiale - Pfizer.

Liens connexes :

(en anglais)

(en français)




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