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La Banque mondiale veut enclencher une dynamique mondiale en faveur de la révolution géothermique

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 Geothermal plant in iceland

STORY HIGHLIGHTS

  Une quarantaine de pays dans le monde ont un potentiel géothermique suffisant pour satisfaire une part significative de leurs besoins énergétiques.

•  La Banque mondiale défend un Plan mondial de développement de la géothermie pour alimenter des millions d’habitants des pays en développement.
 
  En 2012, les prêts de la Banque mondiale pour le développement de la géothermie ont atteint 336 millions de dollars, soit pratiquement 10 % de son portefeuille total de prêts aux énergies renouvelables.


6 mars 2013

Quand il a colonisé l’Islande voici un millier d’années, Ingólfur Arnarson a baptisé la future capitale du pays du nom de Reykjavik, ou « baie des fumées », en raison des vapeurs provenant des sources d’eau chaude qui parsèment l’île. Un millénaire a passé et l’Islande exploite toujours cette ressource : elle tire plus de 25 % de son électricité de l’énergie géothermique et neuf bâtiments sur dix sont chauffés par les rejets des centrales géothermiques.


L’Islande fait partie de la quarantaine de pays dans le monde au potentiel géothermique suffisant pour satisfaire une part significative de leurs besoins énergétiques. À l’échelle planétaire, ce potentiel reste largement sous-exploité : les capacités mondiales géothermiques ne représentent actuellement que 11 gigawatts, soit 0,3 % seulement de l’énergie produite dans le monde.

Le principal frein aux projets de géothermie est lié à la phase initiale de forage, onéreuse et risquée. Prouver la viabilité d’un seul champ géothermique peut coûter entre 15 et 25 millions de dollars : un investissement à fonds perdus si le site se révèle sans intérêt.

Soucieuse de faire bouger les choses, la Banque mondiale a pris l’initiative de lancer un Plan mondial de développement de la géothermie (a). Il s’agit de mobiliser bailleurs de fonds et prêteurs multilatéraux autour d’un programme d’investissement visant à déployer l’énergie géothermique dans les pays en développement. Ce plan porte principalement sur la réalisation de forages d’essai, dans l’objectif de constituer un portefeuille de projets commercialement viables susceptibles d’attirer des investisseurs privés.

Sri Mulyani IndrawatiLa géothermie pourrait procurer un triple dividende aux pays en développement, parce que c’est une énergie propre, fiable et produite localement. Une fois les installations construites, c’est une énergie bon marché et pratiquement inépuisable. || Sri Mulyani Indrawati, Directrice générale, Banque mondiale

Lors d’une conférence sur la géothermie organisée à Reykjavik le 6 mars dernier (Iceland Geothermal Conference (a)), Mme Sri Mulyani Indrawati a appelé les bailleurs de fonds, les banques multilatérales, les gouvernements et le secteur privé à participer au Plan promu par la Banque mondiale afin de faire de cette source d’énergie, actuellement marginale, la première source d’approvisionnement énergétique pour des millions d’individus.

« La géothermie pourrait procurer un triple dividende aux pays en développement (a), parce que c’est une énergie propre, fiable et produite localement. Une fois les installations construites, c’est une énergie bon marché et pratiquement inépuisable », a souligné la directrice générale de la Banque mondiale.

Mme Sri Mulyani Indrawati a rappelé que « le Groupe de la Banque mondiale et bon nombre de [ses] partenaires soutiennent les objectifs de l’initiative Énergie durable pour tous (a), lancée par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim ». Alors que deux de ces objectifs concernent l’accès universel à des services énergétiques modernes et le doublement de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique mondial, « la géothermie permettra des avancées majeures sur ces deux fronts », a-t-elle souligné.

De l’Afrique de l’Est à la région des Andes en passant par l’Asie du Sud-est et l’Amérique centrale, de nombreuses régions en développement ont un réel potentiel géothermique. La Banque mondiale et l’Islande travaillent d’ores et déjà dans le cadre d’un « Plan géothermie » pour soutenir des études d’exploration superficielle et apporter une assistance technique aux pays de la vallée du Rift, en Afrique. La Zambie devrait bientôt rejoindre les premiers pays participants : Tanzanie, Burundi, Rwanda, Ouganda et Éthiopie.

En prenant appui sur ces initiatives antérieures, le nouveau Plan lancé par la Banque a une envergure désormais mondiale et il met l’accent sur le développement des forages d’essai. Il va consister à identifier les sites prometteurs et lever des fonds pour ces explorations, afin de parvenir à des projets commercialement viables. Initialement, le Plan entend mobiliser 500 millions de dollars. Les bailleurs de fonds peuvent y contribuer en identifiant des projets viables et par le biais de l’aide bilatérale. Ils peuvent aussi acheminer leur aide via les canaux existants, à l’instar des Fonds d’investissement climatique (a) ou du Fonds pour l’environnement mondial (a).

Le Plan sera administré par le Programme d’assistance à la gestion du secteur énergétique (a) de la Banque mondiale, et bénéficiera à ce titre de la longue expérience que ce programme a à son actif. La Banque mondiale réunira les bailleurs de fonds cette année afin d’évoquer le financement de plusieurs projets géothermiques inscrits dans le Plan.

Le Groupe de la Banque mondiale finance le développement de la géothermie depuis les années 1970 et a porté ses investissements de 73 millions de dollars en 2007 à 336 millions en 2012, ce qui représente 10 % de son portefeuille total de prêts aux énergies renouvelables.

La géothermie est aussi la source d’énergie à avoir la plus faible empreinte au sol par kilowattheure, ce qui constitue un atout particulièrement convaincant pour les pays en développement où la terre est précieuse et les densités de population élevées.

« Jusqu’ici, nous avons œuvré au niveau des pays et au niveau régional, a déclaré Mme Sri Mulyani Indrawati. Ces efforts, importants, doivent être poursuivis, mais nous devons désormais enclencher une dynamique mondiale. Seule une initiative internationale pourra donner à la géothermie la place qui lui revient en tant que principale source d’énergie pour de nombreux pays en développement. Seule une initiative mondiale pourra mutualiser les ressources — et les risques. Ce faisant, nous pourrons tirer les leçons de nos échecs et de nos succès respectifs et avancer en connaissance de cause ».

Ressources

(a) indique une page en anglais.




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