WASHINGTON, 6 avril 2005 — L’économie de l’Afrique subsaharienne a enregistré une croissance estimée à 3,8 % en 2004, presque tous les pays faisant état de croissance positive. La croissance dans la région devrait s’accélérer en 2005 pour atteindre 4,1%, grâce aux avantages des réformes antérieures et à un climat plus pacifique qui contribueront à l’expansion de l’activité économique, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale. Le rapport Financement du développement dans le monde 2005 estime que les prix relativement élevés des métaux et des minéraux permettront d’obtenir de bons résultats dans de nombreux pays, notamment en Afrique du Sud, alors que les pays exportateurs du pétrole de la région, tels que le Nigeria, tireront partie de la persistance des pressions à la hausse sur les prix du pétrole. La transition vers la paix dans un certain nombre de pays améliore les perspectives de croissance, ce qui devrait permettre notamment à l’Éthiopie et à la Sierra Leone d’obtenir des résultats exceptionnels. La reprise prévue en Europe, principal partenaire commercial de la région, devrait aussi favoriser la croissance, et les exportations croissantes vers la Chine joueront un rôle grandissant. Le rapport prévient, cependant, que malgré des résultats sensiblement améliorés, la croissance du PIB par habitant dans la région restera nettement à la traîne du reste du monde, ce qui laisse supposer que les disparités des revenus continueront à se creuser. “Les résultats de 2004 sont encourageants. La croissance économique en Afrique a traditionnellement été insuffisante, mal partagée et éphémère. Le fait qu’un certain nombre de pays africains enregistrent des taux de croissance relativement robustes témoigne des possibilités d’une accélération de la croissance économique à travers le continent,” a déclaré Gobind Nankani, Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique subsaharienne. Il a ajouté qu’il est indispensable que les pays se dotent de stratégies permettant aux pauvres de participer et de contribuer à une expansion constante de l’économie. Le rapport Financement du développement dans le monde, fait état d’une croissance de l’économie mondiale de 3,8 % en 2004—la plus forte en 4 ans—mais prévoit une décélération de la croissance à 3,1 % en 2005, suite aux augmentations escomptées des taux d’intérêt aux États-Unis, au resserrement budgétaire et aux effets de l’appréciation effective de l’Euro de 25 %. Le rapport établit à 6,6% la croissance en 2004 dans les pays en développement —la plus forte croissance en 30 ans—tout en prédisant un ralentissement de la croissance à 5,7 % en 2005. Le rapport estime que deux risques en particulier pèsent sur la présente conjoncture favorable. Tout d’abord, la forte dépréciation du dollar américain, qui pourrait se traduire par d’importantes pertes de capitaux pour les pays en développement qui ont des réserves substantielles en dollars. Ensuite, l’augmentation des taux d’intérêt dans le monde, qui pourrait contribuer à accroître les marges sur les obligations des marchés émergeants. La reprise des apports de capitaux aux pays en développement s’est poursuivie, mais à un rythme plus lent Les flux nets de capitaux privés, notamment les capitaux d’emprunt et les prises de participation, qui se sont dirigés vers les pays en développement, ont progressé de 51 milliards de dollars EU pour s’établir à 301,3 milliards de dollars EU en 2004. Sur ce montant, l’investissement direct étranger (IDE) net s’est chiffré au total à 165,5 milliards de dollars EU, ce qui représente une augmentation de 13,7 milliards de dollars EU en 2004. Les apports d’IDE aux pays en développement se sont accrus en 2004, annulant partiellement le fléchissement enregistré les 2 années précédentes. La concentration des apports d’IDE demeure élevée (5 économies de marché émergeantes représentent 60 % de l’IDE et 88 % de l’augmentation), et la part revenant aux pays à faible revenu a atteint 11 %, le niveau le plus élevé en 15 ans. L’augmentation traduit entre autres les solides gains enregistrés dans les secteurs du pétrole et du gaz de quelques pays africains (Angola, Guinée Équatoriale, Soudan et Tchad). L’IDE en provenance des pays en développement a atteint 40 milliards de dollars EU en 2004, contre 16 milliards de dollars EU en 2002. Ces flux proviennent, pour la plupart, des mêmes pays qui reçoivent l’essentiel des apports de capitaux privés, à savoir le Brésil, la Chine, le Mexique et la Russie. Les pressions qui s’exercent sur les flux d’aide représentent la plus grande menace pour les pays les plus pauvres Pour les pays à faible revenu, les risques que comporte l’environnement mondial actuel ne tiennent pas tant à l’évolution des taux d’intérêt et des taux de change (puisque l’accès de ces pays aux marchés est de toute façon limité) qu’à l’impact possible sur les flux d’aide (des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux) et d’autres sources de financement. Si le déblocage d’une APD suffisante pour aider ces pays à atteindre les ODM représente toujours une gageure importante, il y a des signes de progrès encourageants puisque plusieurs bailleurs de fonds ont augmenté le niveau de leurs engagements, et que les flux d’APD ont repris une tendance ascendante. Mais ce qui reste préoccupant, c’est l’augmentation des flux « nets » et la question de savoir si des flux suffisants s’orientent vers des régions cruciales telles que l’Afrique. Les niveaux d’APD restent bien inférieurs à ceux atteints au début des années 90. Le rapport signale que l’Afrique subsaharienne a reçu 60 % des augmentations des décaissements de l’APD au cours des 5 dernières années. Toutefois, ces fonds ayant principalement servi à faire face aux situations de pays sortant d’un conflit, l’augmentation de l’aide au développement a été minime. En outre, certaines augmentations ont revêtu la forme de contributions à la réduction de la dette et d’assistance technique, se traduisant en nouvelles ressources pouvant être investies dans le développement par les pays africains. Le rapport sur le Financement du développement dans le monde 2005 souligne aussi que de plus en plus, les flux financiers autres que l’aide semblent devenir une source de financement plus importante pour les pays pauvres—de l’expansion rapide de l’IDE présentée plus haut, aux dons des ONG, qui ont augmenté de 5 milliards de dollars EU entre 1990 et 2003, passant ainsi de 10 à 17 % de l’aide publique au développement. Les envois de fonds des travailleurs expatriés ont augmenté aussi, pour passer de 116 milliards de dollars EU en 2003 à 125,8 milliards de dollars EU en 2004. De façon plus générale, les liens sud-sud apparaissent comme un élément clé dans les pays pauvres — qu’ils prennent la forme d’IDE, d’envois de fonds, ou même d’aide au développement. Ces flux ne peuvent et ne sauraient se substituer à une aide officielle soutenue et ciblée, mais ils mettent en évidence le fait que l’éventail des options et opportunités qui s’offrent aux pays à faible revenu s’élargit. |