Améliorer les conditions de vie tout au long du troisième fleuve le plus long d’Afrique, le Niger

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Le 9 juillet 2007 — Le Niger, troisième fleuve africain par sa longueur, sillonne l’Afrique de l’Ouest, et conditionne la vie et la subsistance de quelque 110 millions de personnes dans neuf pays.

 

Or, cette immense ressource est mise à rude épreuve. La dégradation des écosystèmes du bassin fluvial est généralisée ; les sédiments limitent la navigation, la pêche et la production d’électricité. Seuls 20 % des terres agricoles disponibles sont irriguées. L’hydroélectricité est sous-exploitée. De plus, sous l’effet de la croissance démographique au long des 4 200 kilomètres du fleuve, la pauvreté atteint des niveaux critiques. 

 

Unfinancement de 500 millions de dollars récemment approuvé par la Banque mondiale (le programme Gestion des écosystèmes et mise en valeur des ressources en eau du bassin du Niger) s’impose comme le projet-phare des services responsables de l’intégration régionale de la Région Afrique, et l’un des programmes de gestion des eaux les plus ambitieux jamais engagé. La première phase prévoit des opérations au Bénin, en Guinée, au Mali, au Niger  et au Nigéria. Dans une seconde phase, le programme sera étendu au Burkina Faso, au Cameroun, à la Côte d’Ivoire  et au Tchad.

 

Le programme appuiera la remise en état des infrastructures hydrauliques régionales, dont deux barrages existants ; il financera en outre les opérations visant à améliorer la gestion des écosystèmes, notamment le contrôle de l’érosion, l’agroforesterie et la restauration du bassin versant ainsi que des petites infrastructures hydrauliques qui fournissent un revenu conséquent aux populations rurales pauvres. L’Autorité du bassin du Niger (ABN), basée à Niamey (Niger), est au centre de ces opérations. Le programme appuie les mesures destinées à renforcer la capacité de cet organisme régional de manière à ce qu’il soit en mesure de mieux planifier et coordonner les activités entre les pays participants.  

 

carte du bassin du Niger

Carte du bassin du Niger. Cliquez sur la carte pour la voir en plus grand (PDF).
© Banque mondiale

En février, Ousmane Dione, chef d’équipe du projet, et son équipe ont suivi le Niger sur quelque 3 000 kilomètres au cours d’un voyage qui l’a conduit de Bamako, au Mali, à Niamey, au Niger, puis à Kainji et Jebba, au Nigéria. Il a conclu de ses discussions avec les pêcheurs, les pasteurs, les dirigeants locaux, les négociants, les agriculteurs et les hautes autorités que des efforts majeurs s’imposent pour préserver durablement les moyens de subsistance le long du fleuve. La vulnérabilité de la région est d’autant plus criante que plus de la moitié de la population est constituée de femmes et d’enfants de moins de 15 ans.

 

« Ils savaient qu’il ne s’agissait pas pour la Banque mondiale de venir leur expliquer ce dont ils ont besoin », dit M. Dione. « Depuis des siècles, leur vie dépend du fleuve, et ils ont vu celui-ci se dégrader à tel point qu’ils se demandent si leur civilisation peut survivre ».

 

M. Dione s’inspire d’un programme similaire conduit dans le bassin du fleuve Sénégal l’année dernière : il a travaillé avec son équipe sur l’inclusion de la Guinée dans l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS). C’était le second traité sur les eaux internationales que la Banque mondiale a facilité, après celui qui concernait le fleuve Indus  dans les années 60.  Dans le cadre de ce programme, quatre pays (Guinée, Mali, Mauritanie  et Sénégal) planifient conjointement le développement et l’exploitation des ressources du bassin du fleuve Sénégal. M. Dione va prochainement effectuer des missions de supervision des deux programmes. « Le transfert de connaissances et de pratiques optimales nous sera très utile », prédit-il.

 

Le Nigéria, où quelque 80 millions de personnes sont directement tributaires des ressources du fleuve, a beaucoup à gagner de la réussite du programme. Les barrages de Kainji et Jebba vont être remis en état, ce qui se traduira par une hausse substantielle de la production d’électricité et, partant, à une diminution de l’abattage d’arbres pour se fournir en combustible domestique.

 

le Bassin du Niger

Le Niger conditionne la vie et la subsistance de quelque 110 millions de personnes dans neuf pays.
© Banque mondiale

La gageure consistera à mettre en œuvre un programme multinational pluridimensionnel, dans le cadre duquel plusieurs institutions seront responsables de la planification et de la coordination des projets selon des modalités nouvelles. « Elles n’ont jamais rien fait de tel », dit M. Dione. « L’un de nos premiers gestes a été de soutenir un audit institutionnel et les réformes ultérieures » qui ont entraîné l’adaptation de certaines structures et des modes de travail pour permettre la préparation et l’exécution de ce programme de plus grande envergure. L’une des difficultés consistera à assurer une communication transparente et continue entre l’Autorité du bassin du Niger et les agences nationales de coopération.

 

M. Dione souligne que les bassins des fleuves Sénégal et Niger ne sont que deux des soixante grands systèmes fluviaux d’Afrique subsaharienne. Aucun des autres fleuves ne fait pour l’instant l’objet d’une gestion coordonnée de cette nature.

 

L’expertise d’Ousmane Dione et son intérêt pour les voies navigables africaines n’ont rien de fortuit. Il a grandi au Sénégal pendant la sécheresse qui a marqué le début des années 70, et a vu sa mère, comme d’autres, perdre une grande partie de son troupeau. Elle a inculqué à son fils que, pour changer le cours des choses, il devrait chercher à prendre en charge « n’importe quel projet associé à l’eau ».

 

Article écrit par Tim Carrington, Chargé des communications senior, avec l'aide d'Ousmane Dione, Spécialiste de la gestion des ressources hydrauliques, Banque mondiale.

 




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