Cap-Vert : fiche-pays

Histoire

Le Cap-Vert est un petit archipel constitué de dix îles volcaniques (dont 9 sont habitées) situées dans l’océan Atlantique à environ 500 km au large de la côte du Sénégal. Les îles sont dispersées sur une vaste étendue, donnant au Cap-Vert une zone maritime de 600 000 km², alors que leur superficie totale est seulement de 4 000 km². Si les conditions varient d’une île à l’autre, la pluviosité est, dans l’ensemble, très faible et irrégulière. En raison de ces conditions, auxquelles il faut associer la rugosité du relief et l’érosion éolienne, seulement 10 % environ de la terre est arable.

Le Cap-Vert a une population estimée à 499 000 habitants, qui connaît toujours une croissance rapide. Bien qu’étant un pays hétérogène au point de vue ethnique et une nation d’immigrants, le Cap-Vert est homogène sur le plan religieux et culturel, avec une population dotée d’un sens élevé de l’identité nationale. Au fil du temps, le manque de débouchés économiques au pays l’a également transformé en un pays d’émigrants. Deux fois plus de Cap-Verdiens habitent à l’étranger et beaucoup maintiennent des liens étroits avec leur patrie. La diaspora résidant aux États-Unis, en Europe, dans les zones continentales de l’Afrique occidentale et au Brésil dépasse de loin la population locale.

Contexte politique

Le Cap-Vert a accédé à l’indépendance en 1975, en même temps que la Guinée-Bissau, pays situé sur la partie continentale de l’Afrique. Suite à un coup d’État survenu en Guinée-Bissau, le Cap-Vert a fait sécession en 1980. Jusqu’en 1991, il fonctionnait comme un État à parti unique. Depuis lors, il s’est doté de gouvernements démocratiquement élus à travers des consultations électorales régulières.

Depuis l’adoption du régime multipartite en 1991, le pouvoir a changé de mains de façon régulière et pacifique. Le Partido Africano da Independência de Cabo Verde (PAICV) qui a gouverné le pays de l’indépendance à 1991 a repris les rênes du pouvoir en janvier 2001. Le Movimiento para a Democracia (MPD) a remporté quant à lui une victoire symbolique lors des élections locales de mars 2004. Ce résultat a conduit le Premier ministre, José Maria Neves (PAICV), à remanier son gouvernement. En janvier 2006, le PAICV a remporté la majorité lors des élections législatives et, en février de la même année, Pedro Pires a été reconfirmé dans ses fonctions de président du Cap-Vert.

En mai 2008, le MPD a remporté une victoire écrasante lors des élections municipales, prenant ainsi le contrôle de onze communes (contre dix pour le PAICV), notamment les trois plus grandes du pays : Praia, Santa Catarina (sur l’île de Santiago) et São Vicente. Les deux partis organiseront chacun un congrès fin 2009 pour sélectionner des leaders et des candidats en prévision des prochaines élections législatives et présidentielles prévues pour le début 2011.

Contexte économique

L’économie du Cap-Vert est dominée par le secteur des services (80 % du PIB). L’agriculture (y compris l’élevage et la pêche) représente environ 11 % du PIB et l’industrie et l’énergie 9 %. Le potentiel touristique est élevé et la croissance du tourisme à grande échelle est un phénomène relativement récent au Cap-Vert. Un des principaux problèmes est que le tissu économique du pays reste peu dense et insuffisamment diversifié. En outre, le Cap-Vert est fortement dépendant en matière d’énergie et le secteur manufacturier en est encore à ses débuts.

Le Cap-Vert a affiché une croissance vigoureuse ces dernières années. Le PIB réel a atteint une moyenne de 7 % pendant les années 2004 à 2007, avec une pointe de 10,8 % en 2006. La bonne performance économique reflète la transformation majeure ’de l’économie, désormais axée sur les services avec en tête le secteur du tourisme. La croissance a été alimentée par un niveau soutenu d’investissements publics et privés (par le biais d’un important volume d’investissements directs étrangers) consacrés en grande partie au développement des infrastructures, du tourisme et ’du secteur des télécommunications. Une politique monétaire saine, visant à renforcer l’arrimage de l’escudo du Cap-Vert à l’euro, a été un des principaux facteurs pour le maintien de la stabilité des prix. La politique fiscale se caractérise également par son attitude prudente.

L’inflation a augmenté en 2008, pour atteindre 6,8 %, principalement suite à la hausse des prix des produits alimentaires et des carburants, ainsi qu’à une augmentation ponctuelle du prix des vêtements et des chaussures. La décélération des pressions inflationnistes exercées sur les prix internationaux depuis la fin 2008 s’est traduite par une baisse des prix sur le marché national. L’inflation en 2009 ne devrait pas dépasser 3,4 %. Les solides antécédents du Cap-Vert en matière de gestion macroéconomique devraient aider à atténuer les effets de la crise économique mondiale. Les autorités ont une marge de manœuvre suffisante pour faire face aux chocs externes du fait que le pays, au fil des années, a su créer un espace fiscal et des réserves internationales.

L’escudo, la monnaie du Cap-Vert, est arrimée à l’euro depuis 1999. Le Cap-Vert a intensifié ses relations avec l’UE et applique actuellement les mesures contenues dans l’accord de « partenariat spécial », notamment une coopération accrue dans les domaines du commerce et des investissements, la lutte contre l’immigration clandestine, le trafic de drogue et la criminalité organisée. Bien que l’UE continue à être le principal partenaire du Cap-Vert, le pays s’emploie à renforcer la coopération Sud-Sud, en particulier avec le Brésil et la Chine. Le Cap-Vert a adhéré en décembre 2007 à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), devenant ainsi le 152e membre de l’organisation, après avoir aligné son dispositif législatif sur les normes de l’OMC, notamment celles en rapport avec les droits d’importation, le code du commerce et la TVA.

Le Cap-Vert a été retiré de la liste des pays les moins avancés (PMA) en janvier 2008, en raison de la stratégie de transformation économique qui a été définie par le gouvernement. En mai 2008, le gouvernement a élaboré le deuxième Document de stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté (GPRSP-II) en consultation avec les autres parties prenantes du pays. Le GPRSP-II s’articule autour des principaux objectifs suivants : réduire le chômage à un taux inférieur à 10 %, atteindre un taux de croissance économique réelle accélérée supérieur à 10 % et réduire de moitié la pauvreté.

Situation de la pauvreté

La croissance rapide enregistrée depuis le début des années 90 a fait fortement reculer la pauvreté, bien que les inégalités demeurent prononcées. La proportion de la population vivant dans la pauvreté absolue a chuté de 49 % en 1988-89 à 37 % en 2001-2002 et à 27 % en 2007. C’est un résultat notoire, résultant de la croissance rapide du revenu réel par habitant. Parallèlement, les inégalités se sont aggravées fortement au cours des années 90 et restent à un niveau élevé depuis cette époque, le coefficient de Gini étant de 0,49 pour la consommation en 2007. Les progrès réalisés pour réduire la pauvreté ont été plus lents en zones rurales, où vivent 72 % des personnes pauvres et où 30 % de la population vit dans une pauvreté absolue, comparé à 12 % de la population urbaine. La situation varie également d’une île à l’autre et d’un groupe socioéconomique à l’autre : les îles avec la plus grande population rurale (Santo Antão, Santiago, São Nicolau et Fogo) affichent les taux de pauvreté et d’incertitude alimentaire les plus élevés.

Le Cap-Vert est en voie de réaliser la plupart des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) à l’horizon 2015. Il se classe 102e sur les 177 pays répertoriés par l’Indicateur 2008 du développement humain du PNUD, ce qui le met au troisième rang des pays africains. La forte réduction de la pauvreté depuis 1990 s’est accompagnée d’une augmentation marquée de l’accès à l’éducation et aux soins de santé. Le taux net de scolarisation pour l’enseignement primaire est passé de 72 % en 1990/1991 à 95 % en 2005/2006, alors le taux de scolarisation dans le secondaire a atteint presque 60 % en 2005/2006. Les taux d’alphabétisation des adultes sont élevés (environ 79 % en 2006, 97 % parmi les jeunes) et l’espérance de vie à la naissance (69 ans) se situe au troisième rang de l’ensemble de l’Afrique. Les inscriptions scolaires montrent que le Cap-Vert a atteint la parité entre filles et garçons. La mortalité infantile a été réduite de 45 à 25 pour 1 000 naissances vivantes depuis 1990, la mortalité maternelle a également baissé du fait que le nombre des accouchements en présence d’un personnel médical spécialisé a fortement augmenté, passant de 54 % en 1995 à environ 90 % et l’espérance de vie à la naissance (71 ans) se situe au troisième rang des pays africains. Le Cap-Vert a fait de gros efforts pour contenir la propagation des maladies infectieuses.

Parallèlement, le Cap-Vert fait face à des défis importants sur le plan social avec le chômage touchant les groupes vulnérables. Bien que la proportion de la main-d’œuvre incapable de trouver un travail officiel soit tombée de 26 à 18 % entre 1998 et 2008, le chômage reste élevé, en particulier parmi les jeunes, les femmes et les populations rurales ; il existe de fortes disparités entre les îles, reflétant le décalage entre les compétences, les perspectives d’emploi et les contraintes des migrations à l’intérieur du pays, même si on note d’importants mouvements en direction des zones urbaines dont l’effet se fait sentir sur la fourniture des services de base.

Coordination entre bailleurs de fonds

Les principaux donateurs bilatéraux traditionnels du Cap-Vert sont le Portugal, les États-Unis, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Autriche. Les principaux partenaires multilatéraux sont l’Union européenne, la Banque africaine de développement, les Nations Unies, la Banque mondiale et le FMI. Le Cap-Vert est en train de renforcer sa coopération Sud-Sud, en particulier avec le Brésil et la Chine, afin de tirer avantage de sa position stratégique privilégiée pour le commerce transatlantique. En 2007, la Chine a désigné le Cap-Vert comme une des six zones économiques spéciales.

Un groupe d’appui budgétaire a été constitué en 2005, comprenant la Banque mondiale, l’Union européenne et la coopération néerlandaise. L’approche coordonnée utilisée par ce groupe afin d’aligner et d’harmoniser son appui au processus de lutte contre la pauvreté par rapport au GPRSP a contribué, par son effet catalyseur, à mobiliser de nouveaux partenaires. C’est ainsi que le groupe est passé en 2007 à six membres au total avec l’arrivée de la Banque africaine de développement, de la Coopération autrichienne et de la Coopération espagnole. Il s’est de nouveau élargi en décembre 2007 avec l’arrivée de la Coopération portugaise. Les donateurs procèdent à des examens conjoints deux fois par an, ce qui permet d’établir un consensus et de réduire le coût des transactions pour le gouvernement. Le gouvernement et les donateurs ont élaboré une matrice conjointe et simplifiée, qui sert de base aux discussions et  décaissements pour les opérations respectives des donateurs.

Suite au reclassement du Cap-Vert dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire en janvier 2008, le gouvernement a mis sur pied un groupe d’appui constitué de représentants de son administration et de ses bailleurs de fonds afin d’assurer une transition sans heurts au statut de pays à revenu intermédiaire. En juin 2007, ce groupe a adopté une déclaration dans laquelle il appelle la communauté internationale à engager un effort sur le long terme pour soutenir le processus de transformation socioéconomique du Cap-Vert, en élargissant son accès aux marchés, en favorisant de nouvelles formes de financement et en fournissant un appui continu à ses programmes de réduction de la pauvreté, ainsi que pour réduire ses facteurs de vulnérabilité.

Le rôle joué par le Groupe de la Banque mondiale

En août 2009, la Banque mondiale avait approuvé pour le Cap-Vert 23 projets d’un montant global d’environ 271 millions de dollars, dont 269 millions avaient été décaissés. Vingt-et-un de ces projets ont été achevés et le volume du portefeuille en cours, qui comprend deux projets, se chiffre à 34,5 millions de dollars, le solde non décaissé s’élevant à 1,9 million environ. Les deux projets en question sont : a) la croissance et la compétitivité et b) l’aide au secteur routier. Dans l’ensemble, la performance du portefeuille au Cap-Vert est bonne.

Une nouvelle Stratégie de partenariat national couvrant la période de 2009 à 2012 a été examinée par le Conseil des directeurs exécutifs de la Banque le 21 avril 2009. L’objectif de la Banque à cet égard est d’aider le gouvernement à soutenir de hauts niveaux de croissance et à réduire le chômage, la pauvreté et les inégalités. Pour obtenir ces résultats majeurs, la Banque fournirait le soutien technique et financier nécessaire pour : a) promouvoir la bonne gouvernance et renforcer les capacités du secteur public, b) améliorer la compétitivité et le climat favorable à l’investissement pour permettre une croissance tirée par le secteur privé et c) renforcer le capital humain et ’l’intégration sociale. La Banque étendra l’éventail de ses instruments de prêt et hors-prêt pour mieux soutenir le Cap-Vert.

Avec un PIB par habitant estimé à 2 927 dollars en 2007 et sur la base d’une analyse de solvabilité, le Cap-Vert est considéré comme un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et, par conséquent, admissible à bénéficier des concours de la BIRD. Une enveloppe équivalente à 44 millions de dollars sur les ressources de la BIRD a été dégagée pour des projets d’investissement pendant la période couvrant la durée d’exécution de la nouvelle stratégie à venir. Le Cap-Vert ayant accès en permanence aux ressources de l’IDA est devenu un emprunteur mixte du Groupe de la Banque mondiale.

Au cours des dernières années, le travail d’analyse a inclus un examen complet des dépenses publiques, une évaluation du climat de l’investissement, un diagnostic des infrastructures, un examen du secteur de la pêche, une évaluation de la pauvreté et une analyse du secteur financier. La Banque a en préparation une évaluation du marché du travail et est en discussion avec les autorités sur ’l’orientation des services hors-prêt.

Société financière internationale (IFC)

La stratégie de l’IFC est axée sur des investissements sélectifs sur les marchés de capitaux, dans les secteurs des télécommunications et du tourisme. En outre, si le gouvernement en fait la demande, l’IFC coopérera avec la Banque mondiale et le Cap-Vert pour l’amélioration du climat de l’investissement. Une telle initiative viendra en complément du programme de développement du secteur privé et d’ouverture à la concurrence et visera à attirer les investissements vers les secteurs stratégiques que sont le tourisme, l’énergie, les marchés de capitaux et l’agro-industrie.

Les projets et programmes futurs de l’IFC ont trait aux marchés de capitaux : dans le secteur financier, l’IFC est en discussion avec une banque sur son Programme mondial de financement du commerce et deux autres banques sont intéressées par un mécanisme de partage des risques destiné à favoriser les prêts aux PME.

Le 31 août 2008, le portefeuille de l’IFC au Cap-Vert se montait à 9,5 millions de dollars, dont 8,94 millions en cours.

Agence multilatérale de garantie des investissements

La MIGA n’a aucun engagement découlant d’investissements au Cap-Vert. Cependant, l’Agence a reçu deux demandes de garanties, de la part d’investisseurs chinois et britanniques, pour des investissements dans des projets touchant à la fabrication et à l’énergie au Cap-Vert pendant l’exercice 2010.

Institut de la Banque mondiale

À ce jour, le Cap-Vert n’a pas été un participant actif aux programmes du WBI. Toutefois, lorsque c’était souhaitable, des participants ont été invités à assister aux activités régionales.

Contacts

Pour les contacts, cliquez ici.




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