Ghana : fiche-pays

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Introduction

En janvier 2009, le Ghana a montré l’exemple d’une démocratie adulte par le transfert du pouvoir à l’opposition, malgré des résultats très serrés. Les institutions de l’État, en particulier le Pouvoir judiciaire et la Commission électorale, ont résisté à de fortes tensions. La nouvelle administration ghanéenne a déjà nommé ses ministres et le processus de confirmation par le Parlement est presque terminé. Parmi les personnes désignées, figurent un éventail de personnalités expérimentées (notamment les ministres des Finances et de la Planification économique, de l’Énergie et de l’Agriculture) ainsi que de nouveaux visages dont plusieurs femmes, honorant ainsi la promesse faite durant la campagne de nommer des femmes à au moins 40 % des postes. Le nouveau Gouvernement a rapidement concentré son attention sur la situation macroéconomique délicate du pays et a élaboré un budget pour l’année 2009 qui a reçu l’approbation du Parlement et qui vise à stabiliser l’économie nationale et à engager une nouvelle vague de réformes structurelles.

Évolution de la situation politique

Le processus démocratique, du moins en ce qui concerne les élections, est bien consolidé au Ghana. Le pays a encore réalisé récemment un transfert paisible du pouvoir, malgré un processus électoral long et dont les résultats ont été très serrés. À travers ces élections, le Ghana a donné au reste de l’Afrique, et aussi au monde entier, un exemple de bonne pratique de la démocratie. C’est ainsi que, en termes de droits politiques, de libertés civiles et de liberté de la presse, le Ghana figure non seulement parmi les pays les mieux classés en Afrique, mais soutient la comparaison avec des nations d'un niveau de revenu largement supérieur. Le Ghana a abrogé la loi sur la diffamation dans les medias et a libéralisé les ondes, instaurant ainsi une société plus ouverte, dotée de médias actifs et où le débat public est solidement enraciné.

Le renforcement des systèmes de responsabilisation permettra au Ghana de mieux enraciner sa démocratie. Malgré des élections réussies et des avancées dans le domaine des libertés civiles, le Ghana a mis longtemps à adopter une loi sur la liberté de l’information. L’absence d’un cadre permettant aux populations d’accéder librement à l’information complique l’exercice par les citoyens de leurs droits et obligations, notamment ceux de demander des comptes au Gouvernement. Le Ghana est considéré comme un modèle de démocratie hybride avec un Président et un Parlement. Dans les faits, cependant, le fonctionnement des institutions politiques continue d’être assez marqué par un style présidentiel où les contre-pouvoirs restent encore faibles.

Le gouvernement est conscient de la nécessité de consolider les acquis politiques, et participe activement au Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP), une initiative de gouvernance de l'Union africaine. Le Ghana est le premier pays à être évalué dans le cadre de cette initiative, puis à élaborer un programme d’action. Des rapports sur l’état d’avancement de la mise en œuvre du programme d’action sont établis tous les ans.

Les autorités traditionnelles, désignées par le vocable d’institution de la chefferie, occupent une place importante dans l’unification des populations et leur mobilisation pour le développement socioéconomique. Le cadre juridique du pays reconnaît l’application du droit coutumier par les autorités traditionnelles, et à ce titre, les autorités traditionnelles ont un rôle reconnu dans la gestion des conflits, le règlement des différends par la médiation et dans les mécanismes alternatifs de résolution des différends. En tant que gardiens de la terre dans la majorité des régions du pays, les autorités traditionnelles répartissent les terres dans le but répondre aux impératifs de développement.

Résumé des principaux indicateurs

Indicateur 2005 2006 2007 2008
CPIA 3,9 3,9 4,0 3,9
Croissance du PIB (%) 5,9 6,4 6,3 7,2
Incidence de la pauvreté (%) s.o 28,5 s.o s.o
Incidence de la pauvreté extrême (%) s.o 14,3 s.o s.o
Taux net de scolarisation primaire 59,1 69,1 81,1 83,4
Ratio filles/garçons dans l’enseignement primaire 0,93 0,95 0,96 0,96
Mortalité infantile (pour 1 000) s.o 71 s.o s.o
Mortalité des enfants de moins de 5 ans (pour 1 000) s.o 111 s.o s.o
Incidence du VIH (%) 2,9 3,2 2,6 2,6
Taux de mortalité maternelle (pour 100 000 naissances vivantes) s.o s.o s.o s.o
Population rurale ayant accès à l’eau potable (%) 50,7 52,8 54,7 56,4
Classement par Transparency International 65/169 70/169 69/180 67/180
Classement selon l’indice Doing Business 102/175 94/175 87/178 82/178

Évolutions macroéconomiques récentes

  • Les bons rĂ©sultats Ă©conomiques enregistrĂ©s par le Ghana sont maintenus en 2008, nonobstant les chocs extĂ©rieurs liĂ©s Ă  l’envolĂ©e des cours du pĂ©trole brut et des denrĂ©es alimentaires. La croissance Ă©conomique a atteint près de 7,2 % en 2008, contre 6,3 % en 2007. Cette croissance a Ă©tĂ© induite par la bonne performance des exportations et par la forte activitĂ© Ă©conomique au niveau national. Les recettes d’exportation en dollars ont augmentĂ© de 33 % en 2008, grâce au niveau Ă©levĂ© des prix de l’or et du cacao. En outre, l’on observe une activitĂ© Ă©conomique nationale en pleine croissance favorisĂ©e par le boom des secteurs de la construction et du logement, l’expansion du crĂ©dit et les dĂ©penses publiques.
  • Toutefois, les pressions exercĂ©es par une demande excĂ©dentaire ont considĂ©rablement creusĂ© le dĂ©ficit budgĂ©taire et le dĂ©ficit du compte courant. En particulier, les dĂ©penses publiques ont enregistrĂ© une augmentation rapide pour s’établir Ă  près de 41 % % du PIB (contre 37 % en 2007) en raison des hausses substantielles des salaires dans le secteur public, des dĂ©penses d’investissement, des subventions Ă  l’énergie et du service de la dette. Entre-temps, les impĂ´ts indirects et les dons ont rĂ©gressĂ© en pourcentage du PIB, ce qui a eu pour consĂ©quence d’accentuer le dĂ©ficit budgĂ©taire  (après les dons), qui est passĂ© Ă  14 %, contre 9 % en 2007. En raison des pressions concomitantes exercĂ©es par une demande Ă©levĂ©e, le dĂ©ficit du compte courant (y compris les transferts officiels) a aussi augmentĂ© de 1,2 milliard de dollars en 2008, atteignant
    18 % du PIB (2,9 milliards de dollars).
  • Les lourds dĂ©ficits des finances publiques et du compte courant extĂ©rieur exposent l’économie du Ghana Ă  une forte correction car leur financement devrait se rĂ©vĂ©ler difficile en 2009 et en 2010. En effet, le double dĂ©ficit des finances publiques et du compte courant en 2008 a Ă©tĂ© financĂ© surtout grâce Ă  l’utilisation des ressources gĂ©nĂ©rĂ©es par les privatisations (Ghana Telecom), le reste des Euro-obligations Ă©mises en 2007, les rĂ©serves de change et l’emprunt national Ă  court terme. Si des mesures ne sont pas prises rapidement pour les rĂ©sorber, ces dĂ©ficits risqueraient de provoquer une augmentation de la dette publique et de la dette extĂ©rieure Ă  des niveaux insoutenables et rogner davantage les rĂ©serves en devises. Face Ă  cette situation, l’analyse des services indique que les recettes pĂ©trolières attendues prochainement ne suffiraient vraisemblablement pas Ă  stabiliser la situation macroĂ©conomique si l’orientation budgĂ©taire actuelle Ă©tait maintenue.
  • La situation intĂ©rieure dĂ©jĂ  peu reluisante est aggravĂ©e par un environnement extĂ©rieur extrĂŞmement difficile et qui n’est guère favorable Ă  des emprunts extĂ©rieurs additionnels. La demande extĂ©rieure pour les produits d’exportation du Ghana et les envois de fonds en provenance des GhanĂ©ens de la diaspora subiront en 2009 le contrecoup de la rĂ©cession en cours dans les pays de l’OCDE. Par contre, le faible niveau des cours du pĂ©trole et la bonne saison pluvieuse enregistrĂ©e en 2008 (qui a reconstituĂ© les rĂ©serves d’énergie hydraulique) pourraient effectivement limiter les subventions Ă  l’énergie et la facture des importations en 2009. Face Ă  ces dĂ©fis, la Banque mondiale classe le Ghana dans le groupe des pays les plus exposĂ©s et ayant le moins de marge de manĹ“uvre budgĂ©taire pour faire face. Ayant chutĂ© de 6 Ă  8 % au cours des trois dernières annĂ©es, le taux de croissance rĂ©elle du PIB pourrait baisser Ă  4 % en moyenne en 2009 et en 2010, et atteindre Ă©ventuellement des niveaux plus bas dans le cas oĂą la situation au niveau international viendrait Ă  se dĂ©tĂ©riorer davantage, avant de marquer une reprise en 2011 avec le dĂ©but de l’extraction pĂ©trolière.
  • Le Projet de loi de crĂ©dits pour l’annĂ©e 2009 a Ă©tĂ© adoptĂ© par le Parlement au mois de mars. Il table sur un dĂ©ficit budgĂ©taire (après les dons) de 9 % du PIB. La consolidation des finances publiques procĂ©dera surtout d’une contraction des dĂ©penses ordinaires (salaires, subventions Ă  l’énergie) et d’investissement (les dĂ©penses d’investissement ponctuelles effectuĂ©es en 2008 ne devront pas ĂŞtre poursuivies en 2009), qui sera complĂ©tĂ©e par l’instauration d’une nouvelle taxe aĂ©roportuaire, un meilleur effort de recouvrement des impĂ´ts et la crĂ©ation d’un compte unique du TrĂ©sor. En revanche, la loi de crĂ©dits prĂ©voit la rĂ©duction des taxes sur les carburants pĂ©troliers. Les dons provenant des partenaires de dĂ©veloppement devrait baisser considĂ©rablement en 2009, tombant de 4,6 Ă  6,1 % du PIB. Les autoritĂ©s prĂ©voient d’intensifier les efforts de stabilisation des finances publiques dans les annĂ©es Ă  venir, tablant sur un dĂ©ficit budgĂ©taire de 6 % du PIB en 2010 et de 3 % en 2011.
  • Les risques de dĂ©rapage budgĂ©taire demeurent importants. Les dĂ©rapages budgĂ©taires croissants constatĂ©s au cours des dernières annĂ©es font peser quelques doutes sur la capacitĂ© du Ghana de faire appliquer sa loi de crĂ©dits, malgrĂ© les intentions exprimĂ©es par la nouvelle administration. Les nĂ©gociations sur les salaires dans le secteur public influeront significativement sur les rĂ©alisations budgĂ©taires. Les risques fiduciaires (passation des marchĂ©s, mesures de contrĂ´le des recrutements) restent Ă©galement importants. La Loi de finances 2009 repose finalement sur des prĂ©visions de croissance optimistes (une croissance rĂ©elle de 5,9 % du PIB) et reste sujette aux variations des cours du pĂ©trole, en l’absence d’une rĂ©forme du secteur de l’énergie. Après 2009, une meilleure stabilisation des finances publiques passera nĂ©cessairement par l’application d’un certain nombre de rĂ©formes structurelles sensibles (rĂ©forme de la fonction publique, des subventions Ă  l’énergie) pour lesquelles l’on n’observe actuellement aucun indice public d’un engagement politique.
  • Questions liĂ©es au financement. L’on considère que le dĂ©ficit budgĂ©taire et le dĂ©ficit du compte courant extĂ©rieur pour 2009 pourront ĂŞtre financĂ©s par le FMI grâce Ă  des appuis additionnels sous forme de soutien au budget et Ă  la balance des paiements de 400 millions de dollars (2009) et de 350 millions de dollars (2010) de la part de la communautĂ© internationale, qui viendront s’ajouter aux financements dĂ©jĂ  promis par les bailleurs de fonds extĂ©rieurs. Subsidiairement, les autoritĂ©s pourraient recourir au financement intĂ©rieur pour combler l’écart de financement, mĂŞme si cela pourrait accroĂ®tre les risques d’éviction de la demande de crĂ©dit par le secteur privĂ©, de mĂŞme que le service de la dette publique et les pressions exercĂ©es sur la balance des paiements et les objectifs de maĂ®trise de l’inflation. Depuis septembre 2008, le cedi ghanĂ©en a perdu 31 % de sa valeur par rapport au dollar. Au cours des 12 derniers mois, l’inflation des prix Ă  la consommation a augmentĂ© rapidement d’une annĂ©e sur l’autre de 13 Ă  20 %.

Notation du Ghana en termes de politiques

  • La notation du Ghana selon l’indice provisoire d’évaluation des politiques et du cadre institutionnel par pays de 2008 est de 3,9, ce qui signifie qu’il figure parmi les pays les mieux classĂ©s en Afrique subsaharienne, avec le Botswana, le Cap-Vert, l’Île-Maurice et l’Afrique du Sud, le SĂ©nĂ©gal, la Tanzanie et l’Ouganda. Un rĂ©sumĂ© des rĂ©sultats enregistrĂ©s par le Ghana et des dĂ©fis Ă  relever est prĂ©sentĂ© ci-après :
  • Politiques macroĂ©conomiques et budgĂ©taires (3,7) – la notation des politiques macroĂ©conomiques et budgĂ©taires du Ghana a Ă©tĂ© rĂ©duite (contre 4,0 en 2007) en raison des dĂ©rapages budgĂ©taires Ă©voquĂ©s plus haut. La politique budgĂ©taire a continuĂ© nĂ©anmoins d’être axĂ©e sur la croissance et la lutte contre la pauvretĂ©, avec des investissements publics financĂ©s sur les ressources intĂ©rieures de 10,4 % du PIB Ă  la fin de l’annĂ©e 2008 (contre 9,2 % en 2007) et des dĂ©penses de rĂ©duction de la pauvretĂ© de 9,2 % du PIB Ă  la fin de l’annĂ©e 2008 (contre 9,4 % en 2007). Les dĂ©penses de santĂ© et d’éducation ont reprĂ©sentĂ© respectivement 7,9 et 13,3 % des dĂ©penses budgĂ©taires en 2008.
  • Politiques structurelles (4,0) – DotĂ© d’une structure tarifaire relativement simple et Ă©valuĂ©e en moyenne Ă  près de 14,5 %, le Ghana est l’un des pays les mieux classĂ©s dans la sous-rĂ©gion en termes de politiques commerciales. Des rĂ©sultats positifs sont enregistrĂ©s concernant les autres Ă©lĂ©ments de l’environnement des affaires, notamment des rĂ©ductions dĂ©clarĂ©es du dĂ©lai nĂ©cessaire Ă  la crĂ©ation d’une nouvelle entreprise et pour l’enregistrement des droits de propriĂ©tĂ© ainsi la facilitation du commerce transfrontalier. L’accès du secteur privĂ© au crĂ©dit a Ă©tĂ© Ă©galement facilitĂ© ; en tĂ©moignent le rapport Doing Business et l’augmentation de la part du secteur privĂ© dans le crĂ©dit intĂ©rieur total. Le coĂ»t liĂ© Ă  la crĂ©ation d’une nouvelle entreprise a baissĂ©, tandis que le traitement par les tribunaux de commerce des cas de faillite et de recouvrement de crĂ©ances accroĂ®t la probabilitĂ© de survie des entreprises. En consĂ©quence, le Ghana a progressĂ© dans l’indice Doing Business, passant du 102è rang sur 175 pays en 2005 Ă  la 82è place sur 178 pays en 2008.
  • Politiques sociales et Ă©quitĂ© sociale (4,1) – Le Ghana a accompli des progrès considĂ©rables dans la rĂ©duction de la pauvretĂ©. Les estimations les plus rĂ©centes tirĂ©es de l’EnquĂŞte 2006 sur les conditions de vie au Ghana (GLSS) indiquent que l’indice numĂ©rique de la pauvretĂ© est tombĂ© Ă  28,5 % contre 39,5 % en 1998 et les estimations de la Banque mondiale laissent penser que cet indice continuera de baisser. La rĂ©duction de la pauvretĂ© peut ĂŞtre attribuĂ©e Ă  la croissance, tandis que la redistribution y a aussi contribuĂ©, notamment dans les zones rurales. Les facteurs de redistribution ont Ă©tĂ©, entre autres, l’éducation, les services de santĂ© et la propriĂ©tĂ© foncière.
  • Gouvernance et lutte contre la corruption (4,0) – depuis 1992, le Ghana a organisĂ© cinq Ă©lections multipartites, dont 4 qui ont Ă©tĂ© acceptĂ©s par les observateurs nationaux et Ă©trangers comme Ă©tant libres, justes et transparents au vu des rĂ©sultats proclamĂ©s. En dĂ©cembre 2008, le Ghana a connu une autre alternance pacifique et rĂ©ussie par le transfert du pouvoir d’un parti Ă  un autre au terme du second mandat de l’ex-PrĂ©sident Kufuor. Les Ă©lections de 2008 qui ont Ă©tĂ© sanctionnĂ©es par un second tour de scrutin ont tendu les institutions de gouvernance Ă  l’extrĂŞme. En fin de compte, le prĂ©sident de la Commission Ă©lectorale a annoncĂ© le nom du vainqueur le 3 janvier 2009. Un nouveau PrĂ©sident (Professeur John E. A. Mills) a Ă©tĂ© ainsi investi le 7 janvier 2009. Les droits de propriĂ©tĂ© sont protĂ©gĂ©s, les contrats sont exĂ©cutĂ©s et le système juridique gagne en efficacitĂ©. La qualitĂ© de l’administration publique reste cependant insuffisante et la masse salariale reprĂ©sente encore une proportion importante des dĂ©penses publiques (30 %). La corruption et l’accaparement de l’État par des intĂ©rĂŞts en place sont des problèmes surmontables au Ghana, grâce Ă  l’existence d’un dĂ©bat public fĂ©cond sous l’impulsion de mĂ©dias indĂ©pendants.

RĂ´le du Groupe de la Banque mondiale

La stratégie suivie par le Groupe de la Banque mondiale pour appuyer la deuxième phase de la stratégie du Ghana pour la croissance et la réduction de la pauvreté repose sur trois objectifs essentiels : accélérer la croissance, faire reculer la pauvreté et réduire les inégalités. Dans cette optique, la Banque cherche également à approfondir ses liens de collaboration avec les autres partenaires de développement par le biais du Programme multidonateurs d'appui budgétaire, ainsi qu'avec d’autres programmes de partenariat tels que ceux en place dans une multitude de secteurs : santé, éducation, énergie, agriculture et développement rural, gouvernance environnementale et gestion des ressources naturelles, développement du secteur privé, réforme du secteur public, gestion des finances publiques, eau et assainissement.

Pour la période correspondant aux exercices 09 et 10 de la Banque, le programme de prêts envisagé appuie les objectifs définis dans la Stratégie d'assistance-pays par le biais de trois projets à l'appui des politiques de développement dans différents domaines : i) agriculture ; ii) gouvernance environnementale ; iii) série de crédits en cours à l'appui de la réduction de la pauvreté ; à cela viennent s'ajouter des projets d'investissement dans le secteur des transports et celui des technologies de l'information et de la communication, ainsi que dans les secteurs de l’eau et l’assainissement, l’énergie, la gestion urbaine et foncière. Ces projets sont assujettis aux discussions entre la Banque et le nouveau gouvernement.

Programme de la Banque mondiale

Le portefeuille de la Banque mondiale est très étendu. Il représente plus de 1 milliard de dollars (1,050 USD) et fait intervenir 37 instruments financiers différents (crédits de l’IDA et dons provenant de fonds fiduciaires). La performance des projets financés par la Banque est moins bonne qu’on pourrait le prévoir pour un pays ayant reçu la notation obtenue par le Ghana concernant l’évaluation des politiques et du cadre institutionnel (CPIA). Les décaissements sont en baisse et seulement 59 % des projets évalués ont atteint leurs objectifs.

Nombre total des Projets en cours de la Banque (y compris ceux financés par le Fonds pour l’environnement mondial) ventilés selon le secteur, le pourcentage et le niveau de financement :

Réseau Identification du projet   IDA FONDS FIDUCIAIRES
         
FPD P000970 GH-PSI Porte d’accès au commerce et invest. (Ex. 99) 50,50  
  P092986 GH- CB Gestion économique 35,00  
  P092986 Contributions au fonds commun EMCB (DFID)   5,24
  P085006 Initiative sur les MPME 45,00  
HDN P050620 GH-Prêt d’inv. Sect. Educ. (Ex.04) 78,00  
  P088797 GH-Projet multisectoriel VIH/SIDA - M-SHAP (Ex. 06) 20,00  
  P101852 GH- Projet d’assurance-maladie (Ex. 08) 15,00  
  P105092 GH- Lutte contre Nut. & paludisme Survie de l’enfant (Ex. 08) 25,00  
  P082613 3A- Prj régional sur le traitement VIH/SIDA (Ex. 04) 14,90  
SDN P067685 GH- projet FEM Savane nord (Ex. 02) 7,60  
  P070970 GH- prj FEM d’accès à l’énergie en milieu rural 5,50  
  P092509 GH- Projet FEM sur le transport urbain 7,00  
  P050623 GH- Prgm Dév. Sect. routier (Ex. 02) 220,00  
  P071157 GH Administration foncière (Ex. 04) 20,50  
  P071157 Projet ACDI de cofinancement de l’administration foncière au Ghana   0,99
  P082373 GH- prj 2 d’assainissement de l’environnement urbain (Ex. 04) 62,00  
  P081482 GH- Dév rural à base communautaire (Ex. 05) 60,00  
  P084015 GH-Appr. eau et ass. dans les petites villes (Ex. 05) 36,00  
  P093610 YGH-PSI eGhana (Ex. 07) 40,00  
  P100619 GH- PSI Projet Transport urbain (Ex. 07) 45,00  
  P074191 GH-PSI Dév. de l’énergie et accès (Ex. 08) 90,00  
  P074191 GH-Energy Dev & Access (ACGF)   50,00
  P056256 GH-PSI Hydr. Urbaine (Ex. 05) 103,00  
  P075994 3A-WAPP Phase 1 APL (Ex. 05) 40,00  
  P094084 3A- PPE Prgm prod agric Afr. de l’Ouest (Ex. 07) 15,00  
  P094917 3A- Projet PPE 1 WAPP (Phase 2 CTB) 45,00  
  P082502 3A-Gazoduc oust-afr. [IDA S/UP] (FY05) 12,50  
  P085734 FEM3 MSP- GHANA: Projet gestion intégrée des ressources naturelles à base communautaire   0,85
  P102971 GHANA : Projet gest. ressources naturelles et gouvernance environnementale   0,60
  P092317 Renforcement des capacités pour la productivité agricole en Afrique (FARA)   0,48
  P102675 OPD Services agricoles (AgSSIP II)   0,52
  P102977 IDF pour le renforcement des capacités de l’Assemblée métropolitaine de Kumasi pour la mise en place de PPP   0,50
QK P103927 IDF de soutien à l’Agence de contrôle interne pour améliorer les compétences des contrôleurs internes   0,50
  P104416 IDF pour le renforcement des capacités en matière d’audits spécialisés de l’Inspection générale du Ghana   0,25
  P109174 IDF pour le renforcement des capacités du Centre africain de services consultatifs pour la transformation de économique   0,99
  P101451 IDF pour le renforcement des capacités de suivi et d’évaluation du GPRS II   0,47
  P096851 (TFSCB II) Plan institutionnel du Service de la statistique du Ghana   0,40
PREM P103741 IDF pour le renforcement des capacités d’adjudication des autorités traditionnels   0,38
    TOTAL 1 092,5 61,8

Rôle de l’IFC dans l’exécution de la Stratégie par pays : la stratégie de l’IFC au Ghana consiste, entre autres : le soutien à des projets d’infrastructure, la mise en place d’outils appropriés pour consolider et densifier le secteur financier, l’extension des services de financement et de conseils aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME), notamment en faveur des produits d’exportation non traditionnels et l’amélioration de l’environnement des affaires par la fourniture de services de conseil.

Le portefeuille total de l’IFC au Ghana se chiffre actuellement à 185,7 millions de dollars (ce qui représente l’investissement le plus important) dont un prêt de 75,0 millions de dollars octroyé à Newmont Ghana pour le financement de la mine d’or d’Ahafo. Il comprend aussi un prêt de
215 millions de dollars approuvé en février 2009 visant à soutenir les activités en amont de Tullow Oil et Kosmos Oil. En outre, l’IFC dispose d’une réserve de projets de 106,7 millions de dollars comprenant des projets d’investissement dans des secteurs stratégiques comme la santé et l’éducation, l’agro-industrie, les télécommunications et les marchés de capitaux.

Actuellement, l’IFC compte trois banques au sein de son programme mondial pour le financement du commerce (Ecobank Ghana, Merchant Bank et la Trust Bank), des lignes de crédit liées au commerce d’un montant total 40 millions de dollars. L’IFC envisage actuellement d’accroître les lignes de crédit et d’étendre le programme à d’autres banques au Ghana. Dans le cadre du programme MPME IDA/IFC, un Mécanisme de partage des risques de 6,25 millions de GH¢ a été conclu en novembre 2008 entre l’IFC et Ecobank dans le cadre du projet. Il est prévu d’étendre ce programme à d’autres banques.

Un Projet de loi sur les prêts hypothécaires à l’habitation parrainé par l’IFC a été promulgué en décembre 2008. L’Initiative de création d’un marché primaire de prêts hypothécaires de l’IFC/ Seco au Ghana enregistre des progrès remarquables vers l’achèvement de ses activités qui est prévu d’ici à la fin septembre 2009.

Le Programme de crédit-bail de l’IFC/Seco, un programme de services consultatifs sur deux ans a officiellement pris fin à la fin du mois de février 2009. Le programme était l’unique projet de renforcement des capacités et est devenu l’axe central autour duquel ont tourné les autres principales activités en matière de crédit-bail. Des acteurs importants du secteur ont essentiellement attribué le développement du marché au programme. Le programme a contribué à la mise en place du nouveau texte de loi, à savoir le « Projet de loi portant réglementation des Institutions non bancaires », qui a été adopté récemment par le parlement en remplacement de la Loi sur les institutions financières (non bancaires) de 1993 (PNDCL 328).

Lighting Africa, une initiative commune de la Banque mondiale et de l’IFC, a été lancée en septembre 2007 pour fournir un éclairage moderne à 250 millions de personnes dépourvues d’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne. Lighting Africa a organisé sa première rencontre mondiale annuelle, la « Conférence Éclairer l’Afrique 2008 » ainsi qu’un concours du Development Marketplace à Accra en mai 2008, qui a vu la participation de plus de 500 représentants du secteur privé, des ONG, des pouvoirs publics, des bailleurs de fonds et des organismes de financement issus d’environ 50 pays.

Dans le cadre du Programme d’appui aux écoles privées du Ghana, l’IFC fournit des instruments de partage des risques d’un montant atteignant 6,6 millions de GH¢ (représentant la contre-valeur de 7 millions de dollars) à la Trust Bank pour des prêts à moyen terme accordés à des écoles privées admissibles. En outre, l’IFC, par le biais de son programme parallèle de Services consultatifs, identifie et recrute des consultants chargés d’aider les écoles admissibles à élaborer des plans d’activité comportant un diagnostic. À ce jour, le programme a fourni des services de conseil à 60 écoles privées dont 25 ont pu accéder à des financements d’une valeur totale de 4,88 millions de GH¢ auprès de TTB dans le cadre du mécanisme de partage des risques.

La société AMSCO (African Management Services Company) soutenue par l’IFC fournit une expertise en matière de gestion et des services de renforcement des capacités à des PME dans le cadre du Projet de services de formation et de gestion en Afrique (ATMS) du PNUD. Le projet ATMS IV a démarré en janvier 2008 pour une période de 5 ans. Actuellement, dix-sept des entreprises basées au Ghana comptent au total 39 cadres placés par AMSCO.

Le rôle de la MIGA dans l’exécution de la stratégie-pays : À l’avenir, la MIGA sera capable et disposée à intervenir dans un certain nombre de secteurs au Ghana. Les principaux secteurs concernés sont l’infrastructure et l’agro-industrie. La MIGA a déjà émis des garanties en faveur du projet de Gazoduc ouest-africain (75 millions de dollars) et du plus vaste projet de télécommunications au Ghana, le projet MTN (110 millions de dollars). La MIGA coopère étroitement avec la Banque et l’IFC à la mise en place d’accords de PPP dans le secteur des infrastructures et l’Agence pourrait jouer un rôle dans trois « projets d’infrastructure basés sur l’avantage du premier » au cours des 12 prochains mois (la route à péage Accra-Kumasi, la ligne de chemin de fer de l’Ouest du Ghana et le grand projet de fourniture de services de distribution de gaz du pays). D’autres projets se profilent, notamment plusieurs projets portés par des IPP (producteurs indépendants d’électricité)) que la MIGA est disposée, en principe à soutenir, idéalement en associant des instruments de la Banque et de l’IFC. Dans le domaine agro-industriel, plusieurs vastes projets semblent se profiler, notamment des projets axés sur les exportations que la MIGA est disposé en principe à soutenir.

Engagements : le Ghana représente pour la MIGA le troisième pays par ordre d’importance en Afrique subsaharienne. L'Agence a fourni des garanties pour trois investissements à l'appui de projets dans le secteur financier ainsi que dans les secteurs des infrastructures et du pétrole et du gaz. Financés par des investisseurs des Bermudes, de France et du Luxembourg, ces projets représentent un engagement brut combiné de 185 millions de dollars.

Projets à l’étude : Pour le troisième trimestre de l’exercice 09, la MIGA étudie attentivement une nouvelle demande de garantie relative au projet Northern Ghana Groundnuts Ltd (NGGL) qui représentera pour la MIGA un engagement additionnel de 140 millions de dollars, ce qui portera l’engagement de l’Agence vis-à-vis du Ghana à 325 millions de dollars. Le promoteur de ce projet est la société de souscriptions privées Helios du Royaume Uni. Le projet porte sur la construction et l’exploitation d’une usine de transformation de l’arachide située près de Buipe, au nord du Ghana. Le projet améliorera la consommation locale des huiles comestibles et créera une nouvelle installation de production destinée à l’exportation.

Rôle du WBI dans l’exécution de la stratégie-pays :

Le WBI a engagé un processus de renouveau stratégique qui a abouti à la définition de quatre thèmes transversaux prioritaires qui répondent à la fois aux priorités de l’institution et à la forte demande exprimée par les pays : États fragiles et touchés par des conflits, Crise économique mondiale, Gouvernance et Changement climatique. Trois thèmes sectoriels retiendront également l’attention : Systèmes de santé, Partenariats public-privé dans le domaine de l’infrastructure et Développement urbain durable. Plusieurs nouveaux secteurs opérationnels viendront appuyer ces thèmes : programmes d’apprentissage structurés ; échanges de connaissances à la carte entre les spécialistes (échanges Sud-Sud ; échanges PRI-OCDE) ; et des plateformes d’innovation pour identifier et mûrir des idées novatrices et appuyer les solutions aux défis de développement générées par les spécialistes et susceptibles d’être reproduites ailleurs. L’Institut étendra son champ d’action et facilitera les contacts entre les experts à travers le monde en établissant des partenariats avec les organisations nationales et régionales et des réseaux de praticiens et en appliquant à une échelle plus large les nouvelles technologies d’apprentissage. Les programmes en cours d’exécution au Ghana sont : Renforcement de l’institution parlementaire, PPPI, Éducation et Gouvernance. Des Ghanéens participent également à différentes rencontres et activités régionales dans des domaines comme la science, la technologie et l’éducation, le changement climatique et le développement des collectivités locales.

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