Zambie : fiche-pays

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Histoire

La Zambie est un pays paisible et démocratique qui dispose d’un énorme potentiel économique lié à ses richesses naturelles. Depuis 1991, elle a tenu cinq élections multipartites réussies pour 10 scrutins au total depuis son indépendance en 1964. Le premier Président du pays, Kenneth Kaunda, est resté au pouvoir pendant 27 ans. En 1973, la Zambie est devenue un régime unipartite suite à l’interdiction de tous les partis politiques. L’économie zambienne, qui dépend principalement du cuivre, s’est détériorée après la chute des cours de ce métal dans les années 80. La nationalisation des mines de cuivre et la mauvaise gestion de l’économie toute entière ont fait de la Zambie l’un des pays les plus pauvres du continent africain.  

Lorsque les partis d’opposition ont à nouveau été légalisés en 1990, Frederick Chiluba, le dirigeant du MMD (Movement for Multiparty Democracy — Mouvement pour la démocratie multipartite), a battu Kaunda aux élections présidentielles de 1991.  Le président Chiluba a introduit une série de réformes économiques, dont la privatisation de l’industrie du cuivre, qui ont remis l’économie sur les rails et renforcé les liens avec la communauté des bailleurs de fonds. Malgré les réformes économiques introduites par Chiluba, son régime a été entaché par  une mauvaise gouvernance que le président Levy Patrick Mwanawasa, décédé en 2008, a cherché à corriger. Suite au décès du Président Mwanawasa, Rupiah Banda, qui était son vice-président, est devenu le quatrième Président du pays après avoir remporté une élection partielle en 2008. Le prochain scrutin est prévu pour 2011. La Zambie est dotée d’une presse libre et d’une société civile dynamique. 

Économie

La Zambie a accédé au bénéfice des initiatives en faveur des pays pauvres très endettés (IPPTE) et d’allègement de la dette multilatérale (IADM) en 2005 et en 2006 respectivement, ce qui a eu pour effet de ramener la dette du pays de 7,2 milliards de dollars à 0,5 milliard de dollars, créant ainsi un espace fiscal pouvant servir à financer le développement. Connue pour ses performances bien en-deçà de son potentiel, la Zambie a transformé son image par une bonne gestion économique et plusieurs années de forte croissance. D’excellentes performances macroéconomiques couplées à une croissance rapide de l’industrie minière, du bâtiment, des télécommunications et du tourisme, ont contribué à doper la croissance du PIB, avec une moyenne de 4,9 % entre 2001 et 2008, et un taux record de 6,3 % en 2007. 

Cela dit, la croissance économique zambienne ne s’est pas traduite en une réduction significative de la pauvreté, avec 64 % de la population au-dessous du seuil de pauvreté et 51 % considérée comme vivant dans une pauvreté extrême, selon des données de 2006. Ces chiffres montrent néanmoins une légère amélioration par rapport à 1998, quand l’on estimait à 73 % la population vivant en-deçà du seuil de pauvreté, et 58 % celle dans une pauvreté extrême.  

Tout comme de nombreuses économies minières, la Zambie n’a pas échappé à la crise économique mondiale. Les cours du cuivre ont considérablement chuté dès le début de la crise, entrainant la fermeture de mines  et une réduction des investissements. Ils se sont raffermis depuis lors, sans pour autant atteindre les niveaux record d’antan. Au fur et à mesure que l’économie mondiale se relève, la Zambie aura pour lourde tâche de remonter son taux de croissance autour de 6 à 7 %, par rapport au taux actuel de l’ordre de 5 %, afin de réaliser les Objectifs de Développement pour le Millénaire (ODM), s’attaquer aux niveaux élevés de pauvreté, à la diversification insuffisante de l’économie, à l’incidence dévastatrice du VIH/SIDA et du paludisme, et traduire en réalité la vision nationale qui consiste à devenir une économie à revenu intermédiaire d’ici à 2030. 

Pire encore, la croissance demeure vulnérable aux fluctuations et à la chute des cours du cuivre. En 2009, le taux de croissance de l’économie pourrait être de l’ordre de 4 % seulement. L’on sait d’expérience que les emplois et les revenus générés par l’exploitation du cuivre n’atteignent pas les niveaux requis pour la réalisation des objectifs du pays.  

Pour atteindre et pérenniser une croissance de plus de 7 à 8 %, la Zambie devra démontrer sa capacité à devenir compétitive sur le plan international et à intégrer l’économie régionale et mondiale. Actuellement, la Zambie se classe au 117ème rang de l’indice de compétitivité mondiale, sur 128 pays. Par ailleurs, en dépit des efforts déployés pour assurer la stabilité macroéconomique et diversifier l’économie, le monde rural a souffert d’avoir été exclu des plans de développement pendant de nombreuses années. 

A la base de la lente marche vers le développement se trouvent l’absence chronique d’investissements dans les infrastructures - massives (routes, énergie, technologies de l’information et de la communication) et souples (compétences, santé, marchés) – et les services publics, ainsi que le mauvais climat des investissements, toutes choses dues aux lenteurs dans la mise en œuvre des indispensables réformes structurelles. 

RĂ´le du groupe de la Banque mondiale

La Stratégie d’assistance-pays (CAS) de la Banque mondiale pour la Zambie respecte les principes convenus avec les autres bailleurs de fonds soutenant les efforts de développement de la Zambie, tels que présentés dans la Stratégie d’assistance commune pour la Zambie (JASZ). Elle comprend des interventions ciblées et hautement sélectives qui maximisent l’impact des efforts de développement du gouvernement. 

La Zambie a défini son propre programme de développement dans sa Vision 2030 et le Cinquième plan national de développement (FNDP). Le FNDP est organisé autour du thème : « Pour une richesse largement répartie et la création d’emplois par la participation des citoyens et le progrès technologique ». Les objectifs de développement spécifiques sont de promouvoir une économie compétitive et ouverte sur l’extérieur afin de réduire significativement la faim et la pauvreté et d’accéder au rang de pays à revenu intermédiaire.  

La Stratégie d’assistance-pays de la Banque mondiale pour la Zambie est alignée pour l’essentiel sur le FNDP. Au 30 juin 2009, les engagements nets de l’IDA en Zambie s’élevaient au total à 305 millions de dollars pour huit projets et deux subventions du Fonds pour l’Environnement mondial (FEM) destinées à des programmes dans les infrastructures, l’environnement, l’agriculture, les finances et le développement du secteur privé, le secteur public et le développement humain. 

Depuis 1955, la Banque mondiale a financé 250  projets par des crédits concessionnels de l’IDA et des dons. Au 30 juin 2009, les engagements nets de l’IDA en Zambie s’élevaient au total à 305 millions de dollars pour huit projets et deux subventions du Fonds pour l’Environnement mondial. Les infrastructures demeurent le plus gros secteur du portefeuille, représentant 48 % de celui-ci, suivies par l’environnement (13 %), l’agriculture (12 %), les finances et le développement du secteur privé (11 %), le secteur public (10 %) et le développement humain (6 %). 

Les concours financiers en faveur de la Zambie ont augmenté après l’atteinte par le pays du point d’achèvement de l’IPPTE en 2005. Au titre de l’IADM et de l’IPPTE, la Banque mondiale a accordé, au total, 2,7 milliards de dollars d’allègement de dette à ce pays. Grâce à ces initiatives, entre 2000  et 2007, la Zambie a épargné 233 millions de dollars d’obligations au titre du service de la dette, ce qui s’est traduit par une diminution de ces obligations en pourcentage du PIB, de 4,2 % en 2000 à 0,8 % en 2006. 

Depuis 2005, la Banque mondiale a été l’un des neuf bailleurs de fonds qui accordent une aide budgétaire directe au Gouvernement zambien. L’aide budgétaire permet de financer la Stratégie de réduction de la pauvreté du gouvernement, tel qu’il est indiqué dans les documents de stratégie, y compris le Cinquième plan national de développement. 

La Banque mondiale accorde aussi une diversité de services d’analyse et de conseil à la Zambie pour lui apporter des expériences du monde entier afin de l’aider à améliorer son cadre politique et à accélérer ses efforts de développement. Ce programme d’assistance technique sans prêt a permis d’augmenter la capacité du gouvernement à fournir un appui rapide à la mise en œuvre des réformes politiques. Des études et des activités d’assistance technique sont sélectionnées et préparées en collaboration avec les autorités, des partenaires au développement et d’autres parties prenants, et font l’objet d’une large consultation et diffusion dès leur finalisation. Ce type d’activités est financé par le budget administratif de la Banque mondiale, avec, souvent, le concours d’autres partenaires au développement. 

A titre d’exemples de rapports d’analyse et de services de conseil, l’on peut citer : une évaluation de la pauvreté et de la vulnérabilité en 2005 qui a aidé à identifier les défis politiques que la Zambie doit relever en vue de réduire la pauvreté ; et des évaluations périodiques du climat des investissements qui offrent à la Zambie des repères régionaux et internationaux sur la base desquels elle s’évalue afin de corriger ses problèmes de compétitivité. La Banque a aussi aidé les ministères de la Santé et de l’Éducation à conduire une revue des dépenses publiques et une étude sur la performance des services publics pour mieux comprendre les liens qui existent entre les ressources publiques et les performances dans ces deux secteurs sociaux clés. 

Une étude sur « l’impact économique réel de l’écotourisme en Zambie » (2007) démontre que l’impact économique de l’écotourisme est bien plus important qu’on le pensait antérieurement. Plus précisément, l’écotourisme génère 2 300 dollars par touriste (y compris les associations directes et indirectes), ce qui, dans l’ensemble, représente 3,1 % du PIB direct et près de 10 % de l’emploi dans le secteur formel zambien. Ces conclusions permettent aux autorités de définir une stratégie par laquelle le tourisme pourrait apporter une plus grande contribution à la croissance économique et la réduction de la pauvreté. L’étude a été menée en collaboration avec des organisations locales et des partenaires techniques et financiers. 

La CAS touche de nombreux secteurs.

Routes : L’IDA a investi considérablement dans l’amélioration du réseau routier en Zambie. Au cours de la décennie écoulée, le montant total des investissements dans le secteur routier s’élevait à 120 millions de dollars. Ce financement a permis la construction d’autoroutes nationales importantes telles que la route de montagne Lusaka-Chirundu, ainsi que l’amélioration de routes de desserte à Luapula et dans les provinces du Nord-Ouest et du Nord. Dans le cadre du Projet d’appui à l’expansion et la diversification de l’économie (SEED), la Banque mondiale a accompagné la réhabilitation de l’infrastructure routière à Livingstone et la réfection des routes, des ponts et des pistes d’atterrissage dans le parc national de Kafue pour rendre les zones touristiques plus accessibles, par exemple les Chutes Victoria. La réhabilitation de nombreuses routes communautaires a aidé à réduire significativement la durée des déplacements et permis aux communautés rurales d’accéder aux marchés, améliorant ainsi la compétitivité et les sources de revenu. La Banque mondiale a aussi appuyé d’importantes réformes institutionnelles dans ce secteur par l’élaboration et la promulgation de la loi de 2002 sur la voie publique, qui s’est traduite par la création de l’Agence d’aménagement des routes, du Fonds routier national et de l’Agence de transport et de prévention routiers.  

Énergie : L’IDA s’est pour la première fois engagée dans le secteur en investissant dans le barrage de Kariba, qui demeure la principale source d’électricité en Zambie. Depuis lors, la Banque a été un partenaire de poids qui a accompagné les efforts du gouvernement en vue de réhabiliter et moderniser les principales installations hydroélectriques de la Zambie, ainsi que son réseau de transmission. A travers la Société financière internationale, l’IFC, le groupe de la Banque mondiale aide à présent le gouvernement à s’attaquer à la pénurie d’énergie en préparant le projet hydroélectrique Kafue Gorge Lower. La Banque soutient aussi un programme d’expansion de l’accès à l’électricité qui devrait durer cinq ans pour un montant de 75 millions de dollars (IDA, 33 millions de dollars ; FEM, 4,5 millions de dollars et Fonds fiduciaire de l’UE, 15 millions). Le but de ce projet est de fournir de l’électricité à 65 000 nouveaux abonnés, dont des ménages, des écoles, des dispensaires et des fermes, et toucher ainsi 550 000 Zambiens au total. La Banque mondiale a aussi mis à disposition plus de 400 millions de dollars pour soutenir des projets de transmission et de production de l’électricité dans le Pool énergétique d’Afrique australe auquel participe la Zambie. 

Eau et assainissement : Depuis 1995, la Banque mondiale a accordé à la Zambie plus de 90 millions de dollars pour améliorer ses services d’adduction d’eau et d’assainissement, contribuant ainsi à améliorer la santé des Zambiens et, plus précisément, le bien-être des femmes et des enfants qui ne sont plus obligés d’aller puiser de l’eau dans des sources non potables. Un projet d’approvisionnement en eau en zone urbaine qui a réhabilité et étendu les installations d’adduction d’eau et d’assainissement a touché 1,2 millions de personnes dans neuf villes du pays. Au moins 71 000 résidents de zones périurbaines auparavant négligées ont aussi bénéficié directement d’un meilleur accès à l’eau potable. Ce projet a aussi soutenu des réformes dans le secteur de l’eau, qui ont abouti à la création de services publics à vocation commerciale. Le projet d’amélioration des performances dans le secteur de l’eau, qui est actuellement mis en œuvre avec un cofinancement de l’IDA, aide à améliorer l’approvisionnement en eau de 2 millions de personnes à Lusaka et 130 000 résidents des districts urbains de Chongwe, Kafue et Luangwa. 

La Stratégie d’assistance-pays pour la Zambie relative aux ressources en eau a été finalisée en 2009. Elle a offert une base analytique fondée sur l’étude économique de la mise en valeur de l’eau à des fins multiples pour l’identification, après consultation des parties prenantes, de secteurs dans lesquels la Banque pourrait soutenir le gouvernement en vue de la mise en valeur des ressources en eau. Ce projet vise désormais à soutenir la mise en place d’une plateforme d’infrastructures et d’un cadre de gestion de l’eau qui améliorent le rendement de l’approvisionnement en eau, accroissent la fiabilité de la disponibilité de l’eau pour des besoins de production, et renforcent la résistance des communautés face à la variabilité du climat. 

Agriculture : L’IDA a joué un rôle d’appui en dopant la productivité dans le secteur agricole zambien. De 1992 à 1996, le deuxième Projet Café a aidé à réaliser les objectifs d’expansion de la base agricole et de diversification des sources de devises en soutenant la création de 1 550 hectares de fermes de café et 20 hectares de production de fleurs coupées avec des systèmes d’irrigation et de transformation à la pointe de la technologie. Le Programme d’investissement dans le secteur agricole a réorienté les activités des services de vulgarisation du ministère de l’Agriculture et des Coopératives, d’une approche verticale onéreuse à un système participatif organisé autour de groupes. Le projet a soutenu un certain nombre de programmes de recherche spécifiques et octroyé des ressources en vue de la création du Golden Valley Agricultural Research Trust (GART), qui, en ce moment, est l’un des groupe de recherche agricole les plus importants en Zambie. En 1998, à travers le Projet de développement des entreprises, l’IDA a accordé une ligne de crédit et de prêts à terme pour un montant de 35 millions de dollars à des fermiers à un moment où les banques commerciales n’accordaient que des prêts à court terme, contribuant ainsi au développement de l’agriculture commerciale.  

Développement du secteur privé : Pendant la décennie1990, les projets de l’IDA visaient à soutenir le programme de réforme économique du gouvernement, appuyer les entreprises et redynamiser le secteur minier. Plus tard, la Banque a entrepris des études qui ont aidé le gouvernement à identifier et lever les contraintes à l’activité des entreprises qui décourageaient les investisseurs et plombaient la croissance. Faisant fond sur cette analyse, le gouvernement a lancé le Programme de réforme pour le développement du secteur privé (PSDRP) afin de faciliter l’établissement et le développement des entreprises dans le pays.  

Avec l’appui du secteur privé et d’un consortium de partenaires au développement, le PSDRP a obtenu des résultats importants tels que la réduction du temps d’enregistrement d’une entreprise, l’élaboration d’une politique pour les partenariats public-privé, le lancement d’une agence de notation et la création d’une cour des petites créances pour le règlement des différends commerciaux. Le groupe de la Banque mondiale soutient actuellement les efforts du Gouvernement zambien visant à réduire les coûts d’établissement d’une entreprise, et la récente décision du Conseil des ministres de fermer 170 des 517 entreprises zambiennes marque le premier pas vers la réalisation de cet objectif. Pour aider les entreprises privées à réduire les coûts, un projet de facilitation du commerce régional financé par l’IDA a permis de créer un mécanisme crédible d’assurance contre les pertes induites par les risques politiques. Ce type d’assurance n’était pas disponible pour le secteur privé.  

Appui Ă  la diversification

Le projet d’appui à l’expansion et la diversification  de l’économie (SEED) offre 28 millions de dollars pour l’amélioration du cadre des affaires pour l’industrie touristique et des pierres précieuses, y compris les petites entreprises qui opèrent dans ces secteurs, afin d’assurer la croissance d’une économie de moins en moins dépendante.  

Dans le secteur minier, le groupe de la Banque mondiale s’est allié à l’Union européenne pour financer un cadastre minier informatisé qui simplifiera le processus d’obtention des permis miniers et offrira une diversité de services destinés à améliorer la productivité des exploitants miniers artisanaux de Mapatizya et Ndola. 

Dans le secteur touristique, le SEED soutient le programme de réforme du processus de création des entreprises en vue de réduire les coûts de création d’une entreprise touristique. A Livingstone, capitale de l’industrie touristique zambienne, le SEED est en train de rénover des routes, des musées et des bâtiments historiques, et d’installer l’éclairage public sur les routes prioritaires. De plus, le SEED dispense des formations et permet un meilleur accès au marché pour les petites et moyennes entreprises hôtelières (lodges) et de vente d’objets rares. En partenariat avec la Norvège, le SEED aide à améliorer la gestion du parc national de Kafue afin de protéger les ressources naturelles qui s’y trouvent, de promouvoir le tourisme et de rendre le parc financièrement autonome. Le SEED est en train de réhabiliter 200 km de routes et de pistes d’atterrissage dans le parc, d’étoffer les patrouilles de protection de la faune et de soutenir la transformation du parc en centre commercial. L’une des principales contributions du SEED est intangible : il a facilité la communication entre les principaux acteurs du secteur touristique, tant publics que privés. Les « Forums des acteurs du tourisme » se tiennent désormais chaque trimestre dans trois provinces, ce qui permet à l’industrie de hiérarchiser et de cibler des objectifs essentiels, ainsi que de mieux définir les responsabilités pour leur réalisation.  

L’IFC, l’institution de la Banque mondiale qui traite avec le secteur privé, a accru ses programmes en Zambie ces dernières années. Un objectif clé est de créer un cadre propice aux affaires qui attire plus d’investisseurs dans l’économie et, en particulier, dans les petites et moyennes entreprises et des secteurs autres que l’industrie minière. L’IFC soutient activement le Programme de réforme du processus de création d’entreprises du Gouvernement zambien et, dans la Copperbelt, la zone cuprifère, elle a initié un programme d’association des micro, petites et moyennes entreprises minières. En novembre 2006, l’IFC a engagé 2 millions de dollars en participant au capital de l’un de ses premiers investissements immobiliers en Afrique, une entreprise immobilière régionale dénommée Areco. Areco investira dans des projets résidentiels destinés à des ménages à revenu moyen et dans des infrastructures connexes. Elle commencera par la Zambie, avant de s’étendre aux pays voisins.  

Environnement : La Zambie fait face à un certain nombre de problèmes écologiques qui vont d’un déboisement intense à la pollution de l’air, de l’eau et des sols, en passant par la perte de la biodiversité dans les zones urbaines et minières. La perte des services écosystémiques liée à cette dégradation de l’environnement génère des obligations pour les investisseurs, et présente pour les citoyens de sérieux risques pour la santé, la sécurité alimentaire et l’énergie. Elle rogne aussi la base du développement touristique. 

La Banque mondiale a adopté des mesures de sauvegarde strictes pour l’environnement qui sont applicables à tous les projets. Elle aide la Zambie à faire appliquer plus fermement sa législation sur l’environnement, en particulier par les industries extractives. Des projets ont aidé à atténuer les risques écologiques liés à la pollution des sols et des eaux souterraines dans les zones de production du cuivre en Zambie, et réhabilité et étendu les installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans cinq municipalités minières de la Copperbelt. Ces activités ont donné lieu à une augmentation de la capacité de production de l’eau et à des améliorations du milieu. En plus, la Banque mondiale et la Norvège se sont associées pour soutenir les efforts du gouvernement visant à réhabiliter les systèmes de gestion et la biodiversité du parc national de Zambie à travers des crédits IDA et des dons du Fonds pour l’Environnement mondial. Une meilleure infrastructure et l’augmentation des populations de faune dans le parc national de Kafue ont attiré des investisseurs, qui ont augmenté le nombre de lits disponibles, avec pour conséquence un accroissement de 37 % de visiteurs et 50 % de recettes. 

Renforcement de la fonction publique et de la gestion économique : En collaboration avec un consortium de partenaires au développement, la Banque mondiale soutient le Programme de gestion de la dépense publique et de responsabilité financière (PEMFA) qui vise à améliorer l’efficacité et les capacités institutionnelles du secteur public. L’introduction d’un cadre de dépenses à moyen terme et d’un budget fonctionnel a aidé à améliorer la crédibilité de la gestion budgétaire. Le programme aide le gouvernement à améliorer la gestion et la performance des agents de l’État et des ministères et institutions pour lesquels ceux-ci travaillent. Le système d’information financière a aussi été amélioré.  

Santé : L’IDA aide la Zambie à s’attaquer aux problèmes de santé, en particulier au VIH/SIDA, au paludisme et aux problèmes de santé maternelle et infantile. Par ses contributions au Fonds de développement social, la Banque a financé la construction de 88 centres de santé rurale, et donc la fourniture de 1 445 lits qui ont profité à 647 959 patients. 

En 2002, l’IDA était l’un des premiers partenaires à investir dans la lutte contre le VIH/SIDA en octroyant à la Zambie un don de 42 millions de dollars. Ce don n’est pas seulement important du point de vue financier, il l’est aussi par le fait qu’il apporte des connaissances, de l’expertise, des leçons et des expériences d’ailleurs. Cet apport particulier a donné à cet argent un aspect catalytique en attirant plusieurs donateurs dans le secteur. Pendant la durée du projet, 1 milliard de dollars au total ont été mis à disposition par l’IDA et d’autres donateurs pour la lutte contre le VIH/SIDA en Zambie. 

Entre autres, le don pour la lutte contre le VIH/SIDA a soutenu des stratégies communautaires de lutte contre le VIH/SIDA et financé 1 080 initiatives communautaires. Le projet a aussi aidé les ministères et services publics à adopter des politiques sur le VIH en milieu professionnel et soutenu le renforcement des capacités du Conseil national de lutte contre le SIDA (NAC). En 2002, le NAC n’était qu’un squelette. Aujourd’hui, c’est une institution viable capable de remplir son mandat de coordination, suivi et évaluation de programmes. Dans l’ensemble, le programme national a obtenu un certain succès. Les chiffres du DHS de 2007 et les statistiques de surveillance de 2006 montrent que le taux de prévalence du VIH chez les femmes n’ayant pas encore accouché (moins de 20 ans) a été réduit de 12,6 % en 2002 à 8,7 % en 2007 ; de 16 % en 2002 à 14,3 % en 2007 chez les adultes ; et de 18,6 % en 2004 à 16,6 % en 2006 chez les femmes enceintes (âgées de 15 à 39 ans) qui fréquentent des centres de santé prénatale. L’on voit aussi des signes de changement positif de comportement parmi les jeunes. 

Le paludisme est la principale cause de morbidité et la deuxième cause de mortalité en Zambie, particulièrement chez les femmes et les enfants. Cette maladie est à l’origine de 50 000 décès par an et près de la moitié de la fréquentation totale des services d’hospitalisation et de consultation externe. L’IDA soutient la stratégie nationale de lutte contre le paludisme du gouvernement (2006-2011) à travers le projet Zambia Malaria Booster. Les activités incluent l’extension de la campagne de pulvérisation intra-domiciliaire résiduelle, la distribution de masse de moustiquaires imprégnées durables, le renforcement de la lutte communautaire contre le paludisme, et l’amélioration du suivi et évaluation du programme de lutte contre le paludisme. Ces interventions, qui bénéficient aussi de l’appui d’autres partenaires au développement, ont eu pour résultat l’utilisation accrue de moustiquaires par les femmes enceintes ; une meilleure couverture des domiciles pulvérisés ; et une plus grande consommation de médicaments antipaludéens pendant la grossesse. Entre 2006 et 2008, des analyses des données nationales HMIS (système national de gestion de l’information sanitaire) pour la Zambie, qui couvrent tous les hôpitaux et dispensaires, montrent un déclin de 29 % de cas de paludisme chez les enfants de moins de cinq ans, et moins de 33 % de décès liés à cette maladie dans la même tranche d’âge. Les baisses correspondantes en pourcentage pour tous les groupes d’âge étaient de 31 % pour les cas de paludisme et 37 % pour les décès liés à cette maladie.  

Grâce au succès du Programme national de lutte contre le paludisme et au Projet Malaria Booster, un don additionnel de 6,85 millions de dollars a été octroyé par la Fédération de Russie pour poursuivre cette lutte efficace contre le paludisme dans le pays. Par ailleurs, le Gouvernement norvégien a accordé à la Zambie 11 millions de dollars supplémentaires en 2008 pour l’aider à réaliser les ODM 4 et 5 dans le cadre d’un financement basé sur les résultats. Puisque le fonds fiduciaire de Norvège devait être rattaché à une opération efficace de l’IDA, les performances remarquables du Programme national de lutte contre le paludisme ont été l’une des raisons pour lesquelles ce financement additionnel a été attribué. 

Éducation : Des progrès significatifs ont été réalisés en termes de taux brut d’inscription scolaire et de parité entre les sexes en Zambie. L’aide de l’IDA au secteur de l’éducation s’est traduite par la construction de 2 924 nouvelles salles de classe et 1 945 logements d’enseignants, ainsi que la réhabilitation de 2 992 salles de classes et 1 366 logements d’enseignants, surtout dans les zones rurales. Les ressources de l’IDA ont financé plus de 6 millions de manuels scolaires et guides de l’enseignant entre 2000  et 2006. A travers le Fonds d’investissement social, l’IDA a aussi financé la construction de salles de classe supplémentaires et l’achat de pupitres pour le compte de 100 000 écoliers. De plus, l’IDA a octroyé un crédit de 25 millions de dollars à la Zambie pour améliorer la formation technique et professionnelle. 

Intégration régionale : La Zambie étant un pays sans littoral, son potentiel de développement économique est lié au sort et à l’évolution de ses huit pays voisins, ainsi qu’à d’autres pays de la région. En tant que membre du Marché commun pour l’Afrique australe et de l’Est (COMESA) et de la Communauté de développement de l’Afrique de l’Est (SADC), elle reconnait l’importance de l’intégration régionale pour le développement de son infrastructure économique et la promotion du commerce régional et de la compétitivité internationale. 

La Banque mondiale a promis d’affecter 2 milliards de dollars des ressources de la 15ème reconstitution de l’IDA pour soutenir les efforts d’intégration régionale en Afrique subsaharienne. La stratégie soutient l’intégration de l’infrastructure régionale, la coopération institutionnelle en vue de l’intégration économique, et des interventions coordonnées pour fournir des biens publics régionaux. Cet appui inclura aussi un programme régional de lutte contre le VIH/SIDA pour l’Afrique australe, le développement du Corridor de Nacala reliant la Zambie au Malawi, et un programme d’infrastructures de communication pour aider la Zambie à se raccorder au câble sous-marin d’EASSY et à étendre son accès large bande.

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