Botswana : fiche-pays

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Histoire                                                                        

Le Botswana est considéré dans le monde comme un modèle de réussite en matière de développement. C’est un petit pays enclavé qui compte 1,9 millions d’habitants et qui était l’un des pays d’Afrique les plus pauvres lorsqu’il a acquis son indépendance de la Grande-Bretagne, en 1966 : son PIB par habitant était alors de l’ordre de 70 dollars. Mais dans la période de 40 ans qui a suivi cette indépendance, il a fait une mutation, en accédant au statut de pays à revenu intermédiaire et en prenant place parmi les économies les plus dynamiques du monde, dépassant même les fameux « Tigres » de l’Asie avec un taux de croissance annuel moyen de près de 9 %.

Le Botswana est fier d’être une démocratie évoluée. Des élections libres et justes ont été organisées périodiquement et la constitution garantit les droits fondamentaux et les libertés fondamentales des citoyens. La scène politique est remarquablement stable. Le BDP (Botswana Democratic Party - Parti démocratique du Botswana) est au pouvoir depuis les premières élections organisées à la veille de l’indépendance du pays en 1965. L’ancien vice-président et fils du premier président du Botswana Seretse Khama, le lieutenant général Seretse Khama Ian Khama a prêté serment en qualité de quatrième président de la République en avril 2008. Les prochaines élections sont prévues en octobre 2009.

2007*

Population, total (millions)

1,9

Croissance démographique (% annuel)

1,3

Espérance de vie à la naissance, total (années)

56

Indice de pauvreté par habitant à 2 dollars par jour (PPP)

N/D

PIB (au cours actuel du dollar) (millions)

12 311

Croissance du PIB (taux annuel)

5,3

Revenu national brut par habitant, par la méthode Atlas (au cours actuel du dollar)

6 120

Inflation, prix à la consommation (taux annuel)

7,1

Investissements étrangers directs, entrées nettes (% du PIB)

N/D

Chômage, total (% de l’ensemble de la population active)

17,5

Délai nécessaire pour créer une entreprise (nombre de jours)

78

Utilisateurs d’Internet (pour 100 personnes) (chiffres de 2006)

3

Source : Indicateurs du développement dans le monde

* Données les plus récentes disponibles entre 2001-2007

C’est surtout au cours des années ayant suivi l’indépendance que les autorités du Botswana ont adopté des stratégies portant des fruits, qui ont façonné l’avenir de la nation et établi une société multiraciale et démocratique. Dix ans à peine après l’indépendance du pays, les recettes tirées de l’industrie du diamant ont commencé à s’accumuler. Le gouvernement a pris de bonnes décisions et a convenablement investi les recettes minières dans l’amélioration de la situation économique et des conditions sociales, notamment par la construction d’infrastructures, ainsi que la mise en place de systèmes de santé et d’éducation. Très vite, l’industrie du diamant s’est érigée en moteur principal de la croissance et la stratégie de développement impulsée par l’État a continué à donner une impulsion au développement rapide du pays.

Les résultats antérieurs du Botswana en matière de bonne gouvernance et de croissance économique, favorisés par une gestion macroéconomique et budgétaire prudente contrastent avec les niveaux encore élevés de pauvreté et d’inégalité dans le pays et avec les indicateurs du développement humains qui sont de manière générale peu satisfaisants. Si les progrès économiques accomplis par le Botswana au cours des quarante dernières années ont considérablement relevé le niveau de vie de près des deux tiers de la population, un tiers ou davantage de sa population reste à la traîne. Bien que les dépenses dans le domaine de l’éducation soient élevées et représentent 10 % du PIB, et que des acquis importants en matière d’éducation aient été réalisés, notamment l’instauration d’une éducation quasiment universelle et gratuite, les résultats globaux n’ont pas créé les compétences et la main-d’œuvre qu’il faut au Botswana. De manière persistante, le taux de chômage a culminé à près de 20 % et les revenus des ménages sont bien plus bas dans les zones rurales que dans les zones urbaines (HIES 2002/03). Si le taux de pauvreté en zone rurale a baissé, il demeure sensiblement plus élevé que dans les zones urbaines. En conséquence, le Botswana est, en termes d’inégalité de revenu, le cinquième pays le plus mal classé au monde (avec un coefficient de Gini de 60,5 %, selon le classement établi par les Nations Unies). La pandémie du VIH/SIDA n’a fait qu’aggraver encore la situation : le pays affiche aujourd’hui le deuxième taux le plus élevé de prévalence adulte au monde, et ses résultats en matière de santé et d’éducation sont inférieurs à ceux des autres pays figurant dans le même groupe en termes de revenu. Il y a déjà au Botswana 131 000 orphelins du sida. L’espérance de vie a brusquement chuté, passant de 60 à 56 ans (2007). La mortalité infantile a augmenté, passant de 45 pour 1 000 naissances en 1990 à 90 en 2007. Le nombre de tuberculeux a augmenté, passant de 236,2 pour 100 000 en 1990 à 556 en 2005, à cause notamment du VIH/SIDA. Le classement du Botswana en ce qui concerne l’index de développement humain s’est détérioré, passant de 72 e sur 130 pays en 1990 à 126 e sur 179 pays en 2008, ce qui s’explique en grande partie par la baisse de l’espérance de vie du fait de l’épidémie du VIH/SIDA. Si le Botswana peut encore envisager d’atteindre certains des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM), il est peu probable qu’il parviendra à celui consistant à réduire de moitié la pauvreté d’ici 2015.

Économie

Performance économique

L’économie du Botswana repose sur une base étroite — la production des diamants — qui soutient en grande partie l’expansion économique et les dépenses relatives aux programmes sociaux. Au cours des vingt dernières années, le Botswana a néanmoins commencé à réduire sa dépendance économique vis-à-vis du diamant : les revenus tirés de l’industrie minière représentaient bien plus de 55 % des recettes publiques totales à la fin des années 90 ; aujourd’hui, les chiffres représentent moins de 40 %. Actuellement, la balance des paiements est moins tributaire des exportations de diamant que ce n’était le cas au début des années 90, avec les exportations hors diamants couvrant près de 60 % des importations du Botswana avant la crise économique mondiale. Les antécédents de saine gestion et de bonne gouvernance du Botswana ainsi que l’attention qu’il accorde à présent au renforcement de sa compétitivité au plan régional devraient également lui être d’une grande utilité au moment où il poursuit ses efforts de diversification.

GDP Botswana

Mais sur le court terme, le défi pour le Botswana est de savoir comment surmonter la crise économique actuelle. Du fait qu’il est tributaire du secteur du diamant pour un tiers de son PIB, 40 % de ses recettes publiques et près des deux tiers de ses exportations, la baisse globale de la demande et du crédit disponible aura sur lui un impact important. On s’attend à ce que, sous l’effet de l’effondrement de la demande de diamants et d’autres minéraux, la croissance de son PIB fléchisse nettement sur la période 2008-2011 par rapport au taux de 3,3 % affiché en 2007/2008. Déjà, la baisse de la demande et du cours des diamants a provoqué la fermeture de quelques mines et, par voie de conséquence, des licenciements. Les projections laissent entrevoir d’importants déficits budgétaires, et la balance des paiements va se réduire de façon substantielle par rapport à l’excédent de 19 % qu’elle présentait en 2007.

Le Botswana est néanmoins dans une situation plus solide que beaucoup d’autres pays africains producteurs de minéraux, du fait de la prudence dont il fait preuve en matière de politiques budgétaires. Ses réserves de change représentent l’équivalent de près de deux années de couverture des importations, et ses excédents budgétaires des années précédentes lui ont permis d’économiser l’équivalent d’une année de dépenses. Un autre élément qui joue en sa faveur est le très faible niveau de sa dette extérieure publique, estimée à près de 3 % du PIB. Les économies ainsi réalisées lui procureront la marge voulue pour lui permettre d’opérer un ajustement graduel plutôt que subit face à une conjoncture défavorable. Mais le financement de son déficit commercial et budgétaire est un problème qui prendra de l’ampleur si la baisse de ses exportations se prolonge à moyen terme.

La crise actuelle fournit à certains égards une préfiguration d’un avenir dans lequel les recettes tirées de l’industrie du diamant ne constitueront plus le pilier de l’économie locale. On ne saurait démontrer plus crûment la nécessité pour cette économie de se diversifier pour ne plus dépendre entièrement de ses ressources minérales. Pour le Botswana, la priorité essentielle à moyen terme est donc d’assurer cette diversification afin de créer les possibilités d’emploi nécessaires pour permettre à ses habitants d’échapper à la pauvreté et pour réduire les inégalités. Il doit pour cela améliorer sa compétitivité et inverser la tendance de ses indicateurs de développement humain (notamment en matière d’éducation et de santé). Mais dans le même temps où il s’attaque à ces objectifs à long terme, il fait face à des défis plus immédiats et plus pressants, comme ceux consistant à surmonter la crise de l’électricité de même que la crise économique mondiale, défis qu’il lui faudra régler s’il veut que son économie maintienne ses profils de croissance antérieure et se prépare dans l’optique d’un redressement global.

Programme du groupe de la Banque mondiale

État actuel du programme

Depuis l’approbation de la première opération en 1964, le Groupe de la Banque mondiale a financé 28 opérations au total. Les activités portaient essentiellement sur l’éducation, le transport, l’eau et le développement rural. Au fur et à mesure que l’économie du Botswana se développait, le pays s’est de plus en plus tourné vers ses propres ressources pour le financement de son développement, et il a cessé de recourir à l’aide extérieure. Avec l’arrêt progressif de l’activité de prêt, les interventions de la Banque au Botswana se sont réduites, et elle a reporté son attention sur un travail limité d’analyse et d’apport de services consultatifs, principalement sous forme de services fiduciaires et d’analyse comparative, tels qu’une évaluation du climat des investissements (Ex. 07), une évaluation de la stabilité du système financier (Ex. 07), un rapport sur l’observation des normes et codes de comptabilité et d’audit (Ex. 07) et une évaluation de la passation des marchés (Ex. 07) dans le contexte de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (AML/CFT). À la demande des pouvoirs publics, le programme d’acquisition des connaissances du Groupe de la Banque mondiale comprenait également une étude sur la diversification des exportations (Ex. 05), élaborée en collaboration avec un groupe de réflexion local, une analyse d’impact sur la pauvreté et la situation sociale (Ex. 06), et une étude de stratégie de développement du secteur de l’élevage (Ex. 06), laquelle a été en grande partie financée par le gouvernement. À ce jour, la Société financière internationale (IFC) a eu à intervenir de manière limitée au Botswana, tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) n’y a mené aucune opération. Un examen des dépenses publiques (PER) est en cours.

Le Botswana a adhéré à la Société financière internationale (IFC) en 1979 et à l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) en 1990. L’IFC appuie le programme de renforcement de la compétitivité à travers des interventions stratégiques sélectives. En plus de leur participation éventuelle au développement du secteur de l’électricité, les services consultatifs de l’IFC ont été retenus par le gouvernement à titre de conseiller pour une opération de partenariat public-privé pour la nouvelle Université de science et de technologie du Botswana (BIUST) et la privatisation du Service des télécommunications du Botswana (BTC). L’IFC étudie également la possibilité de fournir des fonds pour la valorisation des ressources minières, et des services consultatifs dans le secteur de la santé. Son appui sera peut-être également nécessaire pour le Projet d’énergie indépendante de Mmamabula, qui nécessitera un volume important d’emprunts à long terme s’il va de l’avant.

La MIGA appuiera également le programme de renforcement de la compétitivité grâce à la fourniture de garanties contre les risques politiques, en fonction des besoins, aux investisseurs étrangers actifs dans le pays. À ce jour, peu d’investisseurs ont sollicité un appui de sa part sous cette forme, principalement du fait que le Botswana est perçu par le marché comme présentant un niveau limité de risque politique. Mais cela pourrait changer sous l’effet de la crise financière, surtout à mesure que les prêteurs commerciaux qui financent des projets revoient leur propension au risque. Les services d’assurance de la MIGA peuvent en particulier servir d’outil de renforcement du crédit (pour améliorer les conditions et modalités des prêts accordés dans le cadre des projets mis en œuvre par le secteur privé) dans des pays à revenu intermédiaire comme le Botswana. À cet égard, la MIGA continuera à travailler en étroite collaboration avec la Banque et l’IFC, surtout pour ce qui concerne les projets dans les secteurs des infrastructures et de l’industrie extractive, compte tenu du fort impact qu’ils ont sur la croissance.

Un engagement renouvelé

La Stratégie nationale de partenariat (CPS), dont l’examen par le Conseil de la Banque est a priori prévu pour mai 2009, présentera le programme indicatif du Groupe de la Banque mondiale pour le Botswana au cours des exercices 09 à 13. Cette toute première stratégie de la Banque pour le Botswana vient en réponse à l’intérêt accru manifesté par le gouvernement pour un programme à plus grande échelle du Groupe de la Banque mondiale, après le niveau limité d’activité que celui-ci avait eu dans le pays au cours des quinze dernières années. Cette stratégie a été mise au point en concertation avec le gouvernement, et est directement liée aux priorités de développement du pays définies dans son document de stratégie de développement à long terme « Vision 2016 », ainsi que dans ses Plans nationaux de développement (PND). Elle permettra de financer la dernière année du neuvième PND (2003-2008) et les quatre premières années du dixième PND (2009-2016).

Le programme du Groupe de la Banque mondiale pour le Botswana mettra l’accent sur quatre éléments des programmes de développement du pays sur le court et le long terme qui sont énumérés ci-dessous. La Banque devra combler un certain nombre de lacunes en matière d’analyse, afin de mieux comprendre l’apparente contradiction qui existe entre, d’une part, les solides résultats antérieurs du pays en matière de gouvernance, de gestion macroéconomique et budgétaire et de croissance et, de l’autre, ses hauts niveaux de pauvreté et d’inégalité ainsi que ses faibles indicateurs de développement humain, et de continuer à cerner les principaux facteurs faisant obstacle à la diversification de l’économie locale.

  • Améliorer l’efficacité du secteur privé
  • Lutter contre le VIH/SIDA et améliorer les réalisations en matière d’éducation
  • Renforcer la compétitivité — en termes d’infrastructure, de climat des investissements et de croissance
  • Promouvoir l’environnement

Contacts

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