L’Afrique fait des progrès dans Doing Business

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Le 25 septembre 2007— Faire des affaires en Afrique était perçu auparavant comme une entreprise difficile et complexe. Les raisons évoquées étant les multiples procédures liées à la gestion des entreprises, associées à un climat des investissements fragile et des infrastructures insuffisantes.
Mais, avec moins de conflits, plus d’élections démocratiques et des taux de croissance économique qui soutiennent de plus en plus la concurrence avec d’autres régions en développement, l’Afrique prouve une fois de plus qu’elle est un continent qui évolue de manière positive.

Dans Doing Business 2008, la cinquième édition d’une série de rapports annuels publiés par la Banque mondiale et la Société financière internationale, deux pays africains – le Ghana et le Kenya – se classent parmi les dix meilleurs pays du monde en termes de réformes, ayant fait les progrès les plus significatifs dans l’ensemble pour améliorer leur environnement des affaires.

Les Kenyans tirent avantage des réformes

Les réformes au Kenya comprenaient un ambitieux programme pour l’immatriculation des entreprises, au terme duquel 110 licences ont été annulées et huit simplifiées. Ces changements, entre autres, associés à l’assistance financière et technique des partenaires au développement, ont favorisé l’essor d’entreprises telles que Kimemia Engineering Company Limited. 

Il y a plus de dix ans qu’Eddy Kimemia et son épouse, Diana Ndungu, ont crée leur entreprise. Avec leurs deux fils, ils espéraient investir dans le bâtiment et le génie civil, y compris les travaux routiers. Ils possédaient une petite entreprise familiale qui rencontrait les difficultés normales d’une petite et moyenne entreprise au Kenya : accès limité aux financements en raison d’un manque de sécurité et des risques perçus par les prêteurs potentiels.

La société Kimemia Engineering devait aussi supporter la contrainte des délais interminables des procédures d’immatriculation des entreprises et d’inscription au registre du commerce, et les retards considérables des paiements, en particulier relatifs aux marchés publics.

Kimemia Engineering Company


Société Kimemia Engineering

Les Kimemias ont été introduits au Centre de solutions pour les petites et moyennes entreprises (SSC) de la Société financière internationale (IFC) qui, à travers son Fonds de capital-risque pour les PME, offre des produits financiers flexibles et uniques aux entreprises prometteuses. Le couple a ainsi pu obtenir le fonds de roulement requis pour un marché de construction de route d’un montant de 6,6 millions de dollars dont il était adjudicataire, ainsi qu’une assistance technique pour améliorer leurs systèmes financiers.

De plus en plus, les entreprises kenyanes bénéficient du programme de l’IFC qui vise à redynamiser les activités qui ont un potentiel de croissance. À travers le Centre de solutions pour les PME et les réformes relatives à l’immatriculation des entreprises soutenues par la Banque mondiale, le coût des affaires au Kenya a considérablement diminué.

Nosy Be ouvre sa première blanchisserie

D’autres réformes viennent modifier le climat des affaires sur le continent.

En 2006-2007, 24 pays africains ont mis en œuvre 49 réformes qui ont facilité la création des entreprises. Ils ont renforcé l’exercice des droits de propriété intellectuelle et les protections pour les investisseurs, amélioré l’accès au crédit, allégé la charge fiscale, et accéléré les transactions commerciales tout en réduisant leur coût.

Cette vague de réformes a déferlé sur Madagascar, où les délais de création des entreprises ont été ramenés à sept jours par la suppression de cinq procédures et la rationalisation des transactions. Cela a permis d’attirer les investissements et de promouvoir la création de petites entreprises privées.

Bruno Randriamialijaona, cinquante-quatre ans, est l’heureux propriétaire de la toute première et unique blanchisserie de la zone touristique de Nosy Be, à Madagascar. En février 2006, avec son épouse Brigitte, Bruno décidait de prendre une retraite anticipée de la banque pour laquelle il avait travaillé pendant 33 ans pour ouvrir une blanchisserie dénommée Classic Clean.

Bruno


Bruno Randriamialijaona, premier blanchisseur installé à Nosy Be.

Elma Ross, la Présidente de l’Office de tourisme de Nosy Be, explique le caractère novateur de cette idée : « L’expansion du tourisme international crée de réelles opportunités d’affaires à Nosy Be, et il ne fait aucun doute que les hôtels et les restaurants de classe internationale ont besoin de services de blanchisserie professionnels ».

Mais, cette idée a été entravée par les difficultés que l’on rencontre habituellement pour faire des affaires en Afrique. En 2006, l’année pendant laquelle Randriamialijaona décidait de créer son entreprise, le rapport Doing Business de la Banque mondiale classait Madagascar au 149e rang sur 175 pays au titre de l’indice sur la facilité de l’activité économique, et 159e en termes d’accès au crédit.

La solution de Classic Clean est venue du projet de Pôles intégrés de croissance (PIC) du gouvernement malgache financé par la Banque mondiale pour un montant de 129,8 millions de dollars. Ce projet avait pour but de créer un environnement propice aux affaires en vue de stimuler la croissance économique et de permettre aux entreprises malgaches de jouer un plus grand rôle dans l’économie.

Dans le cadre de ses activités à Nosy Be, le projet PIC a mis en place un programme de garantie partielle de portefeuille en collaboration avec la SFI et les banques locales. Ce projet fournit 50 % de la garantie nécessaire pour obtenir un prêt bancaire. En tant qu’un des bénéficiaires de ce projet à Nosy Be, Randriamialijaona a contracté deux emprunts à travers le programme.

Classic Clean emploie actuellement 13 personnes, et traite 1 000 pièces de linge chaque jour, pour une clientèle constituée entre autres d’hôtels et de restaurants de la zone de Nosy Be.
« Je suis réellement fier de montrer que de petites entreprises formelles malgaches peuvent prendre des risques pour renforcer leur capacité à fournir des services professionnels », a déclaré Randriamialijaona.

Le projet de développement des entreprises en Ouganda

Il existe de nombreux autres cas de réussite de chefs d’entreprise africains qui prouvent qu’avec un peu d’aide financière et un environnement propice aux affaires, on peut faire énormément pour promouvoir l’investissement privé et combler l’écart de pauvreté en Afrique.

SAMEG Chemical Products, the first company to produce wide-ranging cleaning detergents in Uganda.


SAMEG Chemical Products, la première entreprise de production d’une large gamme de détergents en Ouganda.

L’Ouganda, qui a révisé avec succès son code du travail en 2007, en même temps qu’il prenait de nombreuses autres réformes, a réalisé des progrès impressionnants.

L’histoire de Samuel Rugambwa et son épouse Margaret est un des nombreux exemples de l’impact de ces réformes. De retour d’exil en 1990, les Rugambwa ont retrouvé une économie empêtrée dans des difficultés, avec une offre limitée de produits de première nécessité tels que le savon et d’autres produits de nettoyage. Ils ont exploité cette niche pour commencer à produire des détergents.

Avec une épargne de 400 dollars environ, ils ont transformé leur habitation en SAMEG Chemical Products, la première entreprise de production d’une large gamme de détergents en Ouganda. L’expansion de leur entreprise a crée un besoin de fonds de roulement et de conseil en entreprise pour atteindre un marché plus vaste.

Les Rugambwa se sont alors tournés vers le Projet de développement des entreprises en Ouganda (BUDS), une composante du projet de compétitivité du secteur privé financé par la Banque mondiale. Le but de ce dernier projet est de promouvoir la création des entreprises et la croissance des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) en augmentant leur productivité et en relevant la qualité, les normes et la fiabilité des producteurs concernés.

L’entreprise a pris part à trois foires commerciales régionales, ce qui lui a ouvert un marché plus vaste. BUDS a remboursé la moitié des dépenses effectuées par SAMEG pour sa participation à ces foires commerciales, lui permettant ainsi de réinvestir l’épargne ainsi constituée pour développer ses activités. BUDS a aussi accordé un financement à SAMEG pour l’aider à améliorer son conditionnement et son étiquetage en vue de rendre ses produits plus compétitifs. Les capacités technologiques de l’entreprise ont aussi été renforcées avec des ordinateurs et des logiciels de gestion financière.

Aujourd’hui, les Rugambwa sont les heureux propriétaires d’une petite entreprise prospère et en expansion, qui fabrique une gamme variée de produits dont des détergents, de l’eau de javel, de la vaseline, des produits capillaires, des shampoings, du savon liquide pour les mains et du gel douche. Vers la fin de l’année 2006, leur revenu total était passé de 400 à 0,25 million de dollars.

« Nous devons accroître notre productivité pour satisfaire la demande croissante », déclare Rugambwa. « Nous avons besoin d’initiatives qui aident les industries locales, notamment en leur fournissant des équipements… J’en appelle au gouvernement pour qu’il prenne des mesures pour protéger les industries locales contre les produits étrangers et leur donner accès au crédit à moindre coût. »

Le Nigeria et le Malawi entreprennent des réformes pour aider les entreprises locales

Au Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, les réformes ont permis l’informatisation du registre de commerce national, l’accélération de la recherche des désignations des entreprises et l’amélioration de l’efficacité du système. Les opérateurs économiques peuvent désormais créer une entreprise en 34 jours, et l’autorité chargée de la planification délivre dorénavant des permis de construire dans un délai de 30 jours.

Ces mesures ont attiré les investisseurs et permis le retour de certaines personnes hautement qualifiées qui avaient fui le pays pour d’autres verts pâturages du monde en développement.
En 2003, M. Bart Nnaji, un ancien Ministre fédéral nigérian des sciences et des technologies, et ses partenaires, étaient en concurrence avec des multinationales plus expérimentées pour la construction de Geometric Power Limited (GPL), une entreprise locale de production d’énergie électrique qui, aujourd’hui, est le fier titulaire d’une centrale de production et de distribution d’électricité d’une puissance de 140 MW et d’une valeur de 250 millions de dollars.

Le défi : un pays extrêmement pauvre en infrastructures énergétiques, avec une réglementation commerciale inadaptée, et ne disposant pas de moyens pour s’engager dans des initiatives d’une telle ampleur.

Pour permettre le démarrage de GPL, avec le soutien du Groupe de la Banque mondiale, le gouvernement fédéral du Nigeria a préparé et promulgué la loi sur l’électricité en 2005, qui a permis de démanteler le monopole de l’État et ouvert la voie à la participation des opérateurs privés dans le secteur énergétique. La SFI a aussi joué un rôle important en fournissant une assistance financière et technique à GPL pendant sa phase de démarrage.

L’implication de la SFI, qui envisage actuellement un investissement d’un montant total d’environ 60 millions de dollars dans une combinaison de prises de participation, de créances privilégiées et de créances assimilables à des prises de participation dans GPL, a dopé la confiance des investisseurs et donné à GPL les moyens de devenir l’une des entreprises locales les plus importantes du Nigeria.

Ufulu Garden


Ufulu Gardens au Malawi.

Le Malawi est aussi un pays qui va de l’avant. Ses réformes propices aux affaires ont permis le lancement de la division commerciale de son tribunal de grande instance et la désignation de juges commerciaux spécialisés. Il s’agit là d’une avancée majeure des réformes au Malawi, qui visent à créer un cadre propice au développement du secteur privé et à l’accroissement des investissements.

L’un des bénéficiaires de ces réformes est Ivy Gondwe qui, avec son époux, a transformé une vaste superficie de terre en friche dans la capitale, Lilongwe, en luxueux Ufulu Gardens Hotel.

« Tout a commencé par l’idée de rentrer au Malawi, et le désir d’y bâtir quelque chose, » a déclaré Gondwe. « Un jour, pendant le dîner, nous parlions d’acheter un terrain et de le mettre en valeur. Un ami a dessiné un quartier américain type de banlieue. Aujourd’hui, je gère une entreprise. »

En 1996, quand les Gondwe créaient leur entreprise, faire des affaires au Malawi était loin d’être chose aisée. Ils s’aventuraient dans l’industrie hôtelière sans expérience aucune ; ils n’avaient ni des connaissances, ni des informations sur la réglementation relative à la création d’une telle entreprise ; et n’avaient pour seule ressource financière que leur épargne. Aucune banque locale n’était prête à financer leur projet.

Les Gondwe ont finalisé leur projet en 1999 après avoir obtenu le soutien de l’IFC. Aujourd’hui, ils ont étendu leur domaine en y adjoignant un hôtel de 25 chambres, un restaurant, un bar et un centre de conférences.

Article par Steven Shalita, Chargé des communications
Banque mondiale




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