Fiche thématique : l'Afrique subsaharienne

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Dernière mise à jour : avril 2008

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Flowers for export L’Afrique brille d’un nouvel éclat. Ce continent connaît sa croissance économique la plus forte depuis les années 1970. Cette année, 15 pays africains sont entrés dans la deuxième décennie dans laquelle ils ont affiché un taux de croissance économique annuel de 5,3 %, taux plus élevé que celui de la plupart des pays industrialisés.

L’essor des produits de base à l’échelon mondial a provoqué un vif intérêt à l’égard des secteurs pétrolier, gazier et minier africains.

En dépit des progrès réalisés, les défis abondent. Par exemple, les grands titres sur la guerre, la famine, la maladie et la misère ont tendance à porter ombrage au genre de reconnaissance que les 13 pays africains qui ont accédé au statut d’économie à revenu intermédiaire et les cinq autres qui sont sur le point de parvenir à ce seuil méritent d’obtenir.

Malgré une solide performance économique, l’essor des produits de base et les tendances positives dans les taux de scolarisation et les secteurs sanitaire, éducatif et social, l’Afrique subsaharienne est la seule région qui ne soit pas en bonne voie d’atteindre les Objectifs de développement pour le Millénaire d’ici 2015.

Les Africains sont convaincus qu’ils sont à l’heure des changements. Un sondage réalisé en Éthiopie, au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Mali, au Nigéria, au Sénégal, en Afrique du Sud, en Tanzanie et en Ouganda a indiqué que la plupart des Africains considèrent qu’ils sont mieux lotis que cinq ans plus tôt.

Les Africains, selon les sondages effectués, sont les plus optimistes au monde. Ce sont aussi ceux qui croient les plus que le meilleur est à venir. Bien que généralisée, la pauvreté est perçue par ceux-ci comme un obstacle temporaire à la future prospérité du continent.

Pour un continent aussi divers que l’Afrique, ces progrès ont été irréguliers et les dérapages sont inévitables. La cinquième édition annuelle du « Doing Business 2008 » – qui classe 178 économies par rapport à la facilité de faire des affaires sur la base de 10 indicateurs de réglementation de l’activité commerciale – a constaté que l’Afrique avait été surclassée par l’Asie du Sud et les régions du Moyen Orient et d’Afrique du Nord dans le classement par région selon le rythme des réformes, passant de la troisième à la cinquième place.

Au niveau des pays, le Ghana - pour la deuxième année consécutive – et le Kenya se classent tous deux parmi les 10 plus grands réformateurs à l’échelle mondiale ; cependant, au Kenya, la violence qui a éclaté au lendemain des élections risque de faire reculer les progrès réalisés. L’Île Maurice a une fois de plus montré qu’elle reste le pays africain dans lequel il est le plus facile de faire des affaires. Confirmant le lien entre les affaires et la bonne gouvernance, l’Île Maurice occupait aussi le haut de l’échelle de l’Indice Ibrahim, le classement élaboré pour la Fondation Mo Ibrahim par la Kennedy School of Government de l’Université de Harvard.

Un rapport de la Banque mondiale intitulé : Les problèmes de  gouvernance, 2007 : Indicateurs de gouvernance dans le monde pour la période 1996-2006 (Governance Matters 2007: Worldwide Governance Indicators 1996-2006), qui mesure la qualité de la gouvernance dans 212 pays, a constaté qu’au cours des 10 dernières années, les nations africaines ont montré les meilleures améliorations et pris les mesures les plus importantes dans la lutte contre la corruption.

Textile Factory by Arne Hoel, World BankL’IDA maintient sa capacité d’accorder des crédits sans intérêt et des dons

Toutes les inquiétudes à propos d’une 15ème reconstitution significative du guichet de prêts concessionnels de la Banque mondiale – l’Association internationale de développement (IDA) – se sont dissipées en décembre dernier. Les pays riches ont promis un montant record de 25,1 milliards de dollars pour appuyer l’IDA, garantissant ainsi que la contribution de l’IDA-15 sera d’un montant total de 41,6 milliards de dollars. Ce montant est une augmentation de 9,5 milliards de dollars par rapport à la précédente reconstitution (IDA-14) qui n’avait mis à disposition que 32,1 milliards de dollars.

Pour la toute première fois, la contribution du groupe de la Banque mondiale à l’IDA a atteint un montant record de 3,5 milliards de dollars, somme fournie à parts égales par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et la Société financière internationale (IFC), la filiale de la Banque en charge du secteur privé.

Ce transfert à l’IDA illustre la ferme résolution de tirer parti des capacités financières du groupe de la Banque dans son ensemble en faveur du programme de réduction de la pauvreté à l’échelon mondial et des efforts visant à bâtir une globalisation inclusive et durable.

La reconstitution significative de l’IDA-15 signifie que la capacité de l’IDA à continuer à accorder des crédits sans intérêt et des dons aux pays les plus pauvres du monde – dont 39 se trouvent en Afrique – ne souffre pas de l’allègement substantiel de dette accordé ces dernières années. Les bailleurs de fonds devaient apporter un financement supplémentaire – estimé à 2,9 milliards de dollars – pour compenser les flux de crédits perdus du fait de l’Initiative d’allègement de la dette multilatérale (IADM). Au titre de cette dernière, 37 milliards de dette, dont le gros était dû par les pays africains, seront effacés au cours des 40 prochaines années pour les pays présentant une bonne gestion financière et engagés à réduire la pauvreté.

En 2007, le groupe de la Banque mondiale avait approuvé la plus grande opération de simplification et de réduction des frais de crédit en neuf ans, pour les 79 pays à revenu intermédiaire solvables qui sont clients et actionnaires de la BIRD. Cette mesure a ramené les taux de prêts aux niveaux appliqués avant leur hausse en 1998.

La Banque mondiale a aussi poursuivi sa campagne pour l’amélioration de la qualité et l’augmentation de l’aide. Il est peu probable que l’aide au développement augmente assez rapidement pour relever les défis énormes qui minent le continent.

À l’heure actuelle, plus de 314 millions d’Africains, soit près du double de 1981, vivent avec moins de 1 dollar par jour. 34 des 48 pays les plus pauvres du monde et 24 des 32 pays qui se trouvent au bas du classement de l’Indice de développement humain du PNUD, se trouvent en Afrique. Plus de trois millions d’Africains décèdent chaque année des suites du VIH/SIDA et du paludisme.

Factory workers by Arne HoelLa Banque mondiale - Le plus gros bailleur de fonds en faveur du développement de l’Afrique

Le groupe de la Banque mondiale demeure le plus gros bailleur de fonds en faveur des projets  de développement en Afrique. Au cours de l’exercice 2007, il a engagé un montant record de 5,7 milliards de dollars par l’intermédiaire des ressources de l’IDA au bénéfice des pays de l’Afrique subsaharienne.

Ce montant est supérieur de 1 milliard de dollars à l’enveloppe de l’exercice 2006 et a permis au groupe de la Banque mondiale de conserver son rang de plus gros fournisseur d’aide en faveur du développement de la région. Les financements de l’IDA courant 2006, soit 1,2 milliard de dollars de dons et 4 milliards de dollars de crédits, constituaient déjà le double de l’aide accordée au cours de l’exercice 2000. De plus, l’IFC a, pour son propre compte, accordé 1,38 milliard de dollars de financement et mobilisé un montant additionnel de 261 millions de dollars pour des financements par le biais de syndications.

Un facteur significatif de l’engagement accru de la Banque est l’augmentation des investissements dans les infrastructures – en particulier la production d’électricité – tant nécessaires pour soutenir une croissance saine dans des pays hautement performants, et relever la productivité des pays à faible croissance. Au courant de l’exercice 2007, la Banque avait engagé 2,4 milliards de dollars de fonds IDA dans des projets d’infrastructures, dont 660 millions sous forme de prêts aux secteurs de l’énergie et des mines, et 870 millions de prêts au secteur du transport.

En 2005, la Banque mondiale adoptait son Plan d’action pour l’Afrique, qui vise à obtenir des résultats en matière de développement dans des domaines clés tels que la bonne gouvernance, à fermer le fossé infrastructurel, à renforcer les États capables, et à s’assurer que les retombées du développement sont partagées de manière plus équitable.

Le Plan d’action pour l’Afrique considère l’intégration régionale comme l’un des principaux piliers de la prospérité sur un continent qui renferme 15 économies enclavées, et dispose d’un produit intérieur brut comparable à celui de la Belgique. Les projets régionaux représentaient un montant record de 707 millions de dollars au cours de l’exercice 2007. En contribuant à l’intégration des petites économies fragmentées, ces projets sont essentiels pour la création d’un espace économique plus large pour les pays de la région, tout en développant des liens vitaux, en particulier pour les pays enclavés économiquement vulnérables.

Le tout nouveau Fonds catalyseur de croissance pour l’Afrique s’est engagé à soutenir cinq projets pour un montant prévisionnel de 148 millions de dollars, en levant des contraintes spécifiques qui pourraient maintenir les pays à la traîne, ou entraver les progrès en vue de la réalisation des ODM.

Le Plan d’action pour l’Afrique encourage l’extension des partenariats public-privé et des approches de financement novatrices pour résoudre certains des problèmes les plus tenaces du continent africain.

Containers at Port by Arne Hoel, World BankSolutions novatrices aux vieux problèmes de développement

Pour faciliter son action dans les zones de conflits, le groupe de la Banque mondiale a adopté, en mars 2007, une nouvelle Politique de réaction rapide dans le cadre de laquelle elle peut rapidement apporter son aide aux pays émergeant ou gravement affectés par des conflits.

Cette politique s’étend aux pays qui émergent à la suite d’un échec socioéconomique grave lié à des crises d’origine anthropique ou naturelle. La Banque a poursuivi sa collaboration avec le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), en vue d’instaurer la paix et la stabilité, qui sont tous deux indispensables pour accélérer la croissance, attirer des investissements et accroître les exportations.

Elle a aussi maintenu son engagement à renforcer la transparence et réduire le commerce illicite de produits tels que le pétrole, le gaz, les diamants, le bois et d’autres ressources précieuses qui attisent les conflits.

La Banque mondiale et l’Office des Nations unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime ont convenu d’une nouvelle initiative pour le recouvrement des avoirs volés en s’engageant à veiller à ce que le trafic transfrontalier des retombées illicites de la corruption et des infractions des entreprises soient interceptés par les pays riches et rendus aux pays pauvres.

L’initiative STAR aide aussi à recouvrer les fonds dissimulés dans des comptes bancaires à l’étranger. Elle vient à la suite d’études récentes sur les mouvements internationaux considérables de fonds illicites, estimés à plus de 1000 milliards de dollars par an. La Banque mondiale estime le manque à gagner annuel de l’Afrique du fait de la corruption à 25 pour cent du PIB, ce qui équivaut à 148 milliards de dollars.

La fuite des capitaux d’Afrique représentait jusqu’à 7,6 pour cent du PIB du continent entre 1991 et 2004, selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, qui a prévenu que le montant des capitaux distraits d’Afrique depuis les années 1970 s’élevait à 400 milliards de dollars environ, un chiffre qui dépasse de beaucoup le fardeau de la dette du continent estimé à environ 215 milliards de dollars.

Le groupe de la Banque mondiale a mis en garde ce qu’il est convenu d’appeler les fonds vautours qui abusent des pauvres et détruisent les retombées de l’initiative d’allègement de la dette. Vers la fin 2005, plus du tiers des pays bénéficiaires de l’allègement de dette faisaient l’objet de poursuites judiciaires intentées par au moins 38 créanciers représentant ces fonds vautours. Les jugements passés dans 26 de ces procédures ont été estimés à un montant d’1 milliard de dollars, et d’autres jugements sont en cours.

Par l’intermédiaire d’un Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier d’un montant de 250 millions de dollars, la Banque mondiale va continuer à encourager l’accroissement des investissements d’organismes publics et privés et de gouvernements de pays en développement en vue de mettre un terme au déboisement en échange de crédits de carbone. Les forêts sont exclues du Protocole de Kyoto, bien que le déboisement, en particulier sous les tropiques, contribue à 20 pour cent environ des émissions anthropiques mondiales de carbone.

ITNs and MalariaPriorité numéro un : des infrastructures

Les hausses significatives des cours des matières premières telles que le cuivre et l’or ont aidé plusieurs pays africains riches en ressources minérales à se protéger contre les effets des prix record du pétrole, alors que des réserves de change plus substantielles et la diminution du fardeau de la dette contribuaient à contenir l’impact provenant des cours élevés de ce produit.

Une des principales menaces qu’a pu faire peser sur le continent africain ce niveau élevé des cours du pétrole a trait aux projets d’infrastructures, y compris de nombreux projets d’énergie thermique en cours, qui ont été planifiés dans l’hypothèse que les prix du pétrole resteraient autour de 25 dollars le baril.

Prenant conscience du défi à relever, la Banque mondiale a lancé un plan visant à fournir de l’éclairage à moindre coût, sans danger et plus propre, à 250 millions de personnes en Afrique subsaharienne qui n’ont pas accès à l’électricité. Le projet est conçu pour remplacer les sources coûteuses et inefficaces d’éclairage à base de combustibles, telles que les lampes à pétrole, qui présentent des risques d’incendie et contribuent à la pollution. Cette initiative va développer l’utilisation de petits systèmes d’éclairage par piles et énergie solaire. Une importante conférence sur « Éclairer l’Afrique » doit se tenir au Ghana du 5 au 8 mai 2008.

Coordination, harmonisation, maîtrise des coûts de transaction

La Banque soutient la mise en œuvre en Afrique de la Déclaration de Paris, qui reconnaît que les gouvernements doivent se fixer et s’approprier des priorités de développement, et leurs partenaires internationaux doivent se mettre à l’échelle et fournir à moindre coût des flux financiers fiables et axés vers les résultats. Cette approche requiert de la part des bailleurs de fonds qu’ils travaillent de concert, en partenariat coordonné, selon des modes qui réduisent la rivalité et évitent la duplication peu économique des efforts.

En parallèle, le groupe de la Banque mondiale prient les bailleurs de fonds d’augmenter l’aide au développement à 0,7 pour cent du PIB, objectif qui a été convenu lors du Sommet de Monterrey.

Les efforts déployés pour réaliser les ODM sont un domaine dans lequel ce travail d’équipe a revêtu une nouvelle dimension. Tout comme d’autres bailleurs de fonds – le Programme des Nations Unies pour le développement, la Banque africaine de développement, la Commission européenne, le Fonds monétaire international, etc. – la Banque mondiale est membre du Groupe de pilotage pour la réalisation des ODM en Afrique créé par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, pour reporter l’attention sur la réalisation des ODM d’ici 2015.

Contacts : Herbert Boh hboh@worldbank.org

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