| Le 25 septembre 2007 -- De retour d’exil en 1990, Samuel Rugambwa et son épouse durent affronter le chômage. Ils décidèrent alors de prendre en main leur destin et se mirent à travailler à leur compte. Résolus à réussir, ils ont réalisé une évaluation des besoins dans la ville de Kampala pour déterminer les produits qui faisaient défaut. Le pays, qui venait de retrouver sa stabilité politique, manquait d'articles de première nécessité tels que le savon et d'autres produits de lavage. Les Rugambwa ont décidé de fabriquer des détergents.  Obstacles aux créations d'entreprises Les Rugambwa ont fait de leur domicile une entreprise artisanale, SAMEG Chemical Products, la première en Ouganda à fabriquer des produits de lavage et de nettoyage autres que le savon. Le couple a démarré cette entreprise avec un capital de 400 000 shillings ougandais (400 dollars) prélevés sur ses économies. La commercialisation des produits et la pénétration du marché comptait parmi les principaux défis à relever par le couple. Les Rugambwa se sont alors tournés vers le projet de développement des entreprises en Ouganda (BUDS), une composante du projet sur la compétitivité du secteur privé (PSC), financé par la Banque mondiale depuis 1995. Ce dernier vise à promouvoir la création et l'expansion de micro, petites et moyennes entreprises en améliorant la productivité, la qualité, les normes et la fiabilité des exportateurs aux différents stades de la chaîne des valeurs ajoutées. Dans le cadre de ce projet, de nouveaux volets ont été mis au point pour i) améliorer les technologies ; ii) renforcer les compétences ; iii) accompagner la création de produits innovants et de nouvelles branches d'activité en octroyant des dons aux entreprises lauréates de concours récompensant les meilleurs plans stratégiques ; et iv) renforcer la gestion financière des micro, petites et moyennes entreprises pour améliorer leur accès au crédit. Rôle de la Banque mondiale dans SAMEG
BUDS a remboursé à SAMEG 50% des frais engagés pour participer à trois salons professionnels régionaux qui lui ont ouvert les portes du secteur et lui ont permis de commercialiser ses produits. BUDS a aussi octroyé un don à l'entreprise pour l'aider à améliorer le conditionnement et l’étiquetage de ces produits, et les rendre plus compétitifs. Par ailleurs, SAMEG a reçu des ordinateurs et des programmes de gestion financière, ce qui a amélioré ses moyens informatiques. La croissance de l'entreprise des Rugambwa a été de 50%. Cette unité de production artisanale est aujourd'hui devenue une petite entreprise fabriquant une vaste gamme de produits, dont des détergents, de l'eau de Javel, de la vaseline, des produits de soins corporels, des shampooings, des savons liquides et des gels de douche. Au 31 décembre 2006, son chiffre d'affaires atteignait 400 000 000 shillings ougandais (400 000 dollars). En raison de la vive concurrence et du marché commun régional qui regroupe cinq pays de l'Afrique de l'Est – le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, SAMEG met l’accent sur la qualité de la production, l’étiquetage, la commercialisation et la livraison sans retard des produits tant en Ouganda que dans des pays voisins comme le Rwanda. L’ouverture de marchés régionaux offre de nouvelles opportunités, avec de nouveaux défis à relever. « Nous devons améliorer notre productivité pour satisfaire la demande croissante. Des initiatives doivent être prises pour aider les entreprises locales, notamment au niveau des équipements. Tout reste à faire dans ce domaine », a ajouté Samuel Rugambwa. Malgré leurs nombreux succès, les Rugambwa se heurtent toujours à des obstacles. Ils saluent la décision du gouvernement de créer une zone industrielle à Namanve, près de Kampala, mais regrettent de n'avoir pas pu y acquérir un lot. « J’ai sollicité un lot dans la zone industrielle classée il y a cinq ans. Je voulais m'agrandir pour pouvoir me développer, mais ma demande est restée lettre morte. Je lance un appel au gouvernement pour qu'il mette en place des mesures de protection des industries locales contre la concurrence des produits étrangers et pour qu'il donne accès au crédit à des taux moins élevés », a déclaré Samuel Rugambwa.
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