Le 25 septembre 2007 -- Bart Nnaji est âgé de 51 ans et a obtenu un doctorat en organisation industrielle et systèmes informatiques à l'issue de ses études au Virginia Polytechnic Institute and State University, aux États-Unis. Il est par ailleurs professeur titulaire de productique et robotique au Département de génie mécanique et industriel de l’Université de Pennsylvanie, également aux États-Unis.
Dès 2003, Bart Nnaji a commencé à se rendre régulièrement au Nigéria dans l’intention de monter une compagnie d'électricité locale de classe internationale. Il est actuellement président-directeur général de la société Geometric Power Limited (GPL), une centrale intégrée de production et de distribution d'électricité d’une capacité de 140 MW, valant 250 millions de dollars.
Bart Nnaji s’est appuyé sur son expérience du secteur de l’énergie au Nigéria pour créer sa propre entreprise. En 1993, il a occupé la fonction de ministre fédéral des Sciences et de la Technologie au Nigéria. En 2000, en coparticipation avec Renatech International Limited, il a créé et dirigé avec succès une centrale électrique de secours d’une puissance de 15 MW.
Obstacles aux créations d'entreprises
Bart Nnaji, son épouse et ses amis ont dû faire face à des difficultés considérables pour démarrer cette entreprise. Le secteur qu'il a choisi ne se prête généralement pas aux créations d'entreprises et est une chasse gardée des compagnies d'électricité bien en place.
Monopole d'État peu performant, l'énergie est une branche du secteur des infrastructures qui pose beaucoup de problèmes au Nigéria.
Bien que la législation créant le cadre juridique et institutionnel du secteur ait été promulguée en 2005, son application effective tarde et les textes réglementaires nécessaires sont encore en préparation.
À la tête d'une entreprise locale, Bart Nnaji a dû affronter les problèmes propres à l'élaboration d'un tel projet. Il a fallu qu'il se fasse connaître pour se voir attribuer des marchés face à une concurrence expérimentée, qu'il traite avec les filiales de grandes sociétés pétrolières telles que Shell, et qu'il négocie des contrats de ventes d'électricité auprès de grandes entreprises industrielles.
La négociation d’accords de crédits-relais avec les institutions financières locales et l'obtention de financements à long terme auprès d'établissements prêteurs internationaux ne sont pas allées sans difficulté.
Il a parfois été très difficile de concilier la nécessité de s'assurer du soutien politique voulu et de mener à bien les accords-cadres contractuels indispensables à une grande entreprise privée.
Évolution de la situation Nigéria
La consolidation du secteur bancaire en 2005 au Nigéria a entraîné une réduction du nombre de banques qui sont passées de 89 en 2004 à 25 à la fin de 2005, ce qui a permis à ces établissements de s'engager dans des opérations d'une envergure et d'une complexité inenvisageables jusque là. Grâce à l'ouverture de l'économie, les investissements étrangers directs ont augmenté, les recettes pétrolières se sont accrues et le Nigéria est dorénavant classé BB par les agences internationales de notation. Les investisseurs locaux et étrangers sont devenus plus sereins pour investir dans des entreprises nigérianes au rang desquelles figure GPL.
Cette évolution favorable a permis à GPL de boucler son plan de préfinancement et de beaucoup progresser sur la voie d'un financement à long terme.
« J’ai l’intime conviction que le pays n'est pas condamné à rester privé d'une électricité de qualité, à un coût abordable », a déclaré Bart Nnaji. « Notre objectif est de construire des centrales électriques économiquement viables, ayant des retombées sociales positives pour améliorer les conditions de vie de nos clients et de toute la communauté. »
Rôle du Groupe de la Banque mondiale
Le Groupe de la Banque mondiale a aidé le gouvernement fédéral du Nigeria à préparer et faire adopter la loi relative au secteur de l’électricité en 2005, et à dégrouper les prestations de la compagnie nationale d'électricité, la National Electric Power Authority, ouvrant ainsi la voie à la participation du secteur privé. La Société financière internationale (IFC), institution du Groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé, a joué un rôle majeur, accompagnant GPL, dont le personnel manquait d'expérience, tout au long de la procédure d'élaboration du projet. Grâce à des fonds fiduciaires et à l’expertise de l'IFC en matière d’énergie, des consultants externes ont été engagés en vue d'évaluer les aspects commerciaux, juridiques et économiques du projet.
L'IFC a travaillé avec l'entreprise, l'aidant à trouver des partenaires financiers et stratégiques. Son implication a rassuré les investisseurs, initialement méfiants face à un tel projet et au manque d'expérience de ses concepteurs. L'IFC envisage un investissement total d'environ 60 millions de dollars sous forme de prise de participation, de prêt privilégié et de quasi-participation.