Le partenariat public-privé au service du secteur de la santé en Guinée

Le 29 avril 2008 — « Dans nos pays, les politiques de santé sont construites essentiellement autour du secteur public, n’accordant qu’une place marginale au secteur privé. Cet état de fait est entretenu par un certain nombre de mythes : qui sont qu’il faut s’intéresser d’avantage au secteur public car celui-ci est fait pour les pauvres ; que la santé des populations est financé essentiellement par les pouvoirs publics ; que le secteur privé dans sa répartition géographique et paquet d’activité n’est pas développé en Afrique ; ou encore que la réglementation est le meilleur moyen d’améliorer les performances du système de soins. ».

Voilà les propos de Mme Sangaré Maimouna Bah, ministre de la Santé publique dans son discours d’ouverture lors d’un atelier sur le partenariat public privé dans le secteur de la santé en Guinée.

À l’analyse, il s’avère que tous les mythes mentionnés par Mme Bah sont sans fondement. En effet : une bonne partie de la population en Guinée utilise les structures privées (formelles et informelles).

Les dépenses de santé dans le pays  sont supportées à 81% par les ménages à causes de la faiblesse des systèmes de mutualisation et d’assurance risques.

Le nombre de structures privées formelles et informelles est considérable.

Enfin la Guinée a un dispositif réglementaire très contraignant mais qui ne garantit pas toujours le respect des normes et procédures. Ce diagnostic prouve que le secteur privé est mal connu et peu maitrisé, selon les termes de madame le Ministre.

Le  rôle donc croissant et important  du secteur privé dans la fourniture des services de santé, doit interpeller les autorités et les amener à intégrer ce facteur lors de l’élaboration des politiques gouvernementales.

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 Les participants à l'atelier

Atelier national sur le partenariat public privé dans le secteur de la santé en Guinée

Un atelier sur le partenariat public-privé (PPP) s’est tenu à Conakry du 14  au 18 avril 2008. Il était organisé par le ministère de la Santé publique de la Guinée en collaboration avec la Banque mondiale à travers l'Institut de la Banque mondiale (WBI) et avec un appui technique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Il était placé sous la présidence d’honneur de Madame le ministre de la Santé publique, et des représentants résidents de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale de la santé.
 
Dr Gaston Sorgho, spécialiste  senior de la santé publique de la Banque mondiale et M. Jean Perrot de l’OMS ont animé cet atelier, le troisième du genre en Afrique francophone, après celui de Dakar en juin 2007 et de Ouagadougou en décembre 2007.

Il a regroupé pendant cinq jours une cinquantaine de cadre de la santé appartenant aux structures et directions centrales, aux hôpitaux, aux organisations professionnelles, et autres entités en charge de promouvoir le PPP.

L’objectif était le renforcement des capacités des participants dans l’art et la science de composer judicieusement avec le secteur privé notamment à travers la contractualisation, la formation et l’information, le soutien de la demande de soins, le marketing social, la franchise en santé et d’autres formes de partenariat dans le domaine de l’offre des services de santé.

Il aura permis de faire comprendre aux acteurs les enjeux du PPP dans le développement sanitaire et particulièrement dans l’atteinte des Objectifs de développement pour le Millénaire (ODM).

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  Une vue de la salle

Politique sanitaire  bénéfique pour la population guinéenne

Cet atelier entre dans le cadre des efforts du ministère de la Santé pour le développement d’une politique sanitaire nationale qui tire avantage des meilleures stratégies possibles pour rendre les services encore plus disponibles et accessibles aux populations.

Ceci doit se faire en intégrant pleinement le secteur privé dans le dispositif sanitaire national et en faisant usage de divers outils et instruments de partenariat.

Selon Dr Gaston Sorgho « Il s’agit  pour l’État de bien considérer les meilleurs options avec le secteur privé pour mieux remplir sa mission  d’assurer la meilleure santé possible aux populations. »

Il s’agira bien sûr de penser à une réglementation, mais une réglementation qui servirait à appliquer des règles justes, à corriger les disfonctionnements du marché et à protéger ainsi les consommateurs.

Les aspects à réglementer sont entre autres : l’entrée dans les différentes professions, la qualité des services ou des produits, les prix des services ou produits, les déploiement des technologies médicales et les normes de construction des infrastructures, les relations et rapports acheteur-vendeur, la viabilité financière des plans d’assurance maladie, et plus largement les relations contractuelles.

Au cours de ces cinq jours de travail intense, des thèmes très importants ont été abordés comme : le cadre d’analyse et application des politiques publiques de PPP ; l’évaluation du secteur  privé de la santé en appui de l’action gouvernementale ; la typologie des contrats dans les systèmes de santé, la motivation du secteur privé et l’autorégulation notamment professionnelle comme compléments à la réglementation et au contrôle, analyse des organisations professionnelles et la définition de leur contribution à la politique nationale de santé etc.

Au final, cet atelier a jeté les bases pour une meilleure concertation afin d’aboutir à une politique sanitaire  bénéfique pour la population guinéenne.

 

Par Tabara Barry
Chargée de la communication




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