Les progrès de l’Afrique pour atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire sont tributaires de la croissance de la région et de la viabilité de l’environnement

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WASHINGTON, le 8 avril 2008 — Un nouveau rapport de la Banque et du FMI signale que la plupart des pays d’Afrique ne réussiront pas à atteindre la plupart des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM), un ensemble de huit objectifs de développement mondialement acceptés à atteindre d’ici 2015.

Même si plusieurs pays d’Afrique subsaharienne ont enregistré une croissance solide et s’il peut encore y avoir une importante réduction de la pauvreté au cours de la décennie à venir, il est fort probable que la région ne réussira pas à atteindre le premier objectif qui est de réduire l’extrême pauvreté de moitié d’ici 2015. Les pays dont la situation est fragile sont ceux qui accusent le plus de retard dans ce domaine.

Le rapport intitulé Global Monitoring Report: MDGs and the Environment—Agenda for Inclusive and Sustainable Development (Rapport mondial de suivi : les ODM et l’environnement ; un programme pour un développement inclusif et durable) souligne que des facteurs tels que les prix élevés des matières premières pourraient nuire aux perspectives de la région.

La hausse des prix des produits alimentaires et de l’essence fait diminuer les revenus des ménages qui ne produisent pas ces matières, forçant les pauvres à manger de plus petites quantités d’aliments ou des aliments à prix moindres qui sont moins nutritifs. Il s’agit d’un risque grave pour les pays pauvres tels que l’Éthiopie, la Sierra Leone et la Zambie où les taux de mortalité et de malnutrition sont déjà élevés chez les enfants de moins de cinq ans.

Le rapport note que des progrès sont cependant enregistrés dans plusieurs domaines. À titre d’exemple, le taux national de prévalence du VIH s’est stabilisé ou a diminué dans bon nombre de pays de l’Afrique subsaharienne ; le nombre d’inscriptions à l’école primaire n’a pas cessé d’augmenter depuis 1990 et le taux de vaccination contre la rougeole a fortement augmenté, passant de 50 % en 1992 à 71 % en 2006.

Le rapport soutient qu’il faut redoubler les efforts actuels dans ces domaines de développement mais également dans d’autres domaines pour multiplier les chances de succès de la région. Les donateurs devront également honorer plus rapidement les promesses d’aide faites lors de forums internationaux tels que le Sommet de Gleneagles.

« En cette année d’action relative aux ODM, je suis particulièrement inquiet de la possibilité que nous n’arrivions pas à atteindre l’objectif qui est de réduire la faim et la malnutrition, cet ODM ‘oublié’ », déplore Robert B. Zoellick, président de la Banque mondiale. « Comme le démontre le rapport, réduire la malnutrition a un effet positif sur l’atteinte d’autres ODM relatifs à la santé maternelle, à la mortalité infantile et à l’éducation. »

Le rapport appelle à l’action pour faire face au changement climatique qui pourrait aggraver l’insécurité alimentaire en Afrique. Des maladies telles que le paludisme et la diarrhée sont également liées à des facteurs environnementaux et au changement climatique. Les pays d’Afrique auront besoin de soutien pour gérer les liens entre la croissance, le développement et la durabilité de l’environnement.

Une des principales préoccupations évoquées par le rapport est la capacité de pays tels que la Sierra Leone à atteindre des objectifs en matière de gestion des ressources naturelles et de contrôle de la pollution. Si un pays n’est pas en mesure de fournir de l’eau potable et des infrastructures d’assainissement adéquates à la majorité de ses citoyens, il ne sera pas non plus en mesure d’atteindre la majorité des ODM, note le rapport.

« Ce rapport constitue un rappel de l’ampleur des défis que devra surmonter l’Afrique subsaharienne pour atteindre ses objectifs de développement et de protection environnementale », explique Obiageli Ezekwesili, vice-présidente de la Banque mondiale pour la région de l’Afrique. « L’un ne va pas sans l’autre et le moment est venu d’agir de manière vigoureuse et concertée. »

Pour atteindre les ODM, les auteurs du rapport proposent un programme en six volets qui met l’accent sur une croissance solide et inclusive ; davantage d’aide ; un aboutissement favorable des discussions sur le commerce du Cycle de Doha ; un renforcement accru des programmes de santé, d’éducation et de nutrition et du soutien pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.

« Les réunions de grande envergure qui auront lieu cette année à mi-chemin de l’échéancier des ODM constituent une opportunité pour convenir des actions prioritaires et des échelons permettant de suivre les progrès », affirme Zia Qureshi, l'auteur principal du rapport.

À MI-CHEMIN DE L’ÉCHÉANCE DE 2015 – FAITS SAILLANTS

  • Même si la plupart des pays d’Afrique subsaharienne ne sont pas sur la bonne voie pour réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim d’ici 2015, des pays tels que le Ghana, le Mozambique, la Tanzanie et l’Ouganda font néanmoins de solides progrès en vue d’atteindre les ODM.
  • Le taux de pauvreté en Éthiopie était de 39 % en 2005 ; en 2004, ce taux était de 68 % en Zambie et au Sierra Leone, 70 % des citoyens vivaient sous le seuil de la pauvreté.
  • La croissance économique de l’Afrique a progressé, passant de 2,1 % dans les années 1990 à une moyenne de 5,6 % entre 2003 et 2007. Un groupe de 20 pays ayant une faible croissance ou une croissance négative fait face aux défis les plus importants, comme assurer la sécurité, créer des opportunités pour le secteur privé et renforcer la capacité de base des gouvernements à faire bon usage de l’aide internationale. Ce dont l’Afrique a besoin est d’une longue période de croissance soutenue.
  • L’aide accordée à l’Afrique a augmenté, même si la majorité de cette aide prend la forme d’allégement de la dette. Dans l’ensemble, les flux d’aide provenant du CAD ou de donateurs multilatéraux ont atteint plus de 40 milliards de dollars dans la région en 2006, ce qui représente une hausse de 6,9 milliards de dollars en termes réels par rapport à 2005 et de 12,4 milliards de dollars par rapport à 2004. L’aide demeure essentielle pour la plupart des pays de la région. De nouveaux donateurs tels que la Chine jouent un rôle de plus en plus grand.
  • Certains pays d’Afrique ont réussi à renforcer leur stratégie de développement et à mettre en place les cadres institutionnels nécessaires à leur exécution. Au nombre des pays qui sont de bons candidats pour recevoir une aide accrue, on compte le Burkina Faso, le Ghana, Madagascar, le Mozambique, le Rwanda et la Tanzanie, tandis qu’une augmentation modérée de l’aide serait la bienvenue au Mali.
  • Dix des 11 pays qui ont un taux de mortalité de plus de 200 sur 1 000 chez les enfants de moins de cinq ans sont situés en Afrique subsaharienne, notamment l’Angola et la Sierra Leone. Seuls 2 des 33 États fragiles ont atteint ou sont en voie d’atteindre l’objectif qui est de réduire de deux tiers le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans d’ici 2015.
  • La malnutrition nuit aux résultats scolaires et peut entraîner une diminution à vie des capacités cognitives. Au Zimbabwe, en milieu rural, les déficits nutritionnels des enfants attribuables à la guerre civile de la fin des années 1970 et à la sécheresse de 1982-1984 a entraîné un retard de leur scolarisation et une diminution estimée de 14 % de leurs revenus à vie.
  • De toutes les naissances enregistrées dans la région, seulement 45 % étaient supervisées par du personnel qualifié en 2006, une hausse de seulement 1 % depuis 1992. L’Afrique subsaharienne affiche le plus haut taux de mortalité maternelle parmi les régions en développement.
  • La proportion de la population de la région vivant avec le VIH a diminué de 1 % depuis 2000.
  • Des 37 pays de la région pour lesquels des données existent, 18 ne sont pas en voie d’atteindre l’égalité des sexes dans l’éducation primaire et secondaire.
  • Parmi les pays pour lesquels des données sont disponibles, 80 % ont fait des progrès médiocres en matière d’assainissement, et 44 % de la population de ces pays n’a toujours pas accès à de l’eau potable.
  • En 2007, les flux concessionnels bruts provenant des banques multilatérales de développement ont dépassé le cap des 12 milliards de dollars. L’Afrique a reçu 44 % de ces fonds en 2007, comparativement à 37 % en 2000.

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